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- Nous deux, c'était juste ce matin parce que tu avais bu et que j'étais désirable ? - Non. - T'y avais pensé avant ? - Non. - Tu regrettes ? - Non, dis-je en souriant et en l'embrassant. Je me lève, le café est prêt, je passe un pantalon et un t-shirt dans le but de sortir à la boulangerie. - Pourquoi tu ne mets pas de sous vêtement ? - Pour faire du gringue à la boulangère ! Non je déconne, pour mieux me déshabiller en revenant ! - Fais vite ma chérie. Entendre ce mot dans sa bouche, quelle sensation étrange, si on me l'avait prédit, jamais je ne l'aurai cru. Dans la rue, on devine bien à ma tête et ma dégaine de ce qui a bien pu se passer. Mais j'assume totalement. La boulangère me fait même un clin d'œil en me tendant les croissants, il faut dire que j'en prends le double de d'habitude et elle fait son métier depuis assez longtemps… Même les commerçants du quartier sont au courant de ma vie privée ! Il est 17h, nous descendons au parc prendre un peu l'air, de toute façon a cette heure, les mioches du samedi après-midi sont partis. Une couverture sous le bras, les lunettes de soleil sur le nez, mes doigts enlacés aux siens, c'est comme ça que nous arrivons. La couverture étalée, elle pose sa tête contre mon ventre, et ferme les yeux. Les miens ne vont pas tarder a faire de même, ma main caresse ses cheveux, tendrement. Un geste d'amour qui ne semble pas lui déplaire, un sourire apparait sur son visage paisible. Vue de l'extérieur, on pourrait nous prendre pour un couple, vue de l'intérieur, nous sommes un couple fraichement formé. La jeune femme des deux derniers jours me fixe, je croise son regard alors que je relève la tête du visage de Marilène. Cette jeune femme qui m'intrigue tellement, ai-je bien fait de céder à mon amie de longue date, cela signifie abandonner l'idée de faire connaissance avec cette demoiselle. Mais cela signifie aussi partager la vie avec une femme qui sait tout de moi et me connaît comme personne. Elle reste à me fixer, et moi de soutenir son regard. Nous nous parlons au travers de cet échange. Un cri vient du chemin, la miss aux yeux bleus translucides tourne la tête, ce devait être son prénom qui viens d'être hurlé. Une jeune furie déboule de la route, se colle à la jeune inconnue, et lui roule une grosse pelle. J'éclate de rire, Marilène se redresse étonnée de la secousse, je lui fais un rapide résumé de l'agression qui vient d'avoir lieu sous les yeux, elle se recouche apaisée. L'inconnue me jette un dernier regard, mi-amusée par son amie, mi-désolée de nos deux couples. Je lui souhaite plein de bonheur intérieurement. La beauté qui est contre mon ventre vaut plus que toutes les inconnues aux yeux bleus. Mon ventre se noue à la vue de son visage endormi, mon cœur se serre d'avoir sa main dans la mienne. Notre histoire risque de durer longtemps. Je sais que toi, oui toi qui a plongé dans ma vie pendant quelques jours, tu te dis que tant d'informations en trois jours, pourquoi avoir choisi l'amie plutôt que la jeune femme intrigante ? Je ne pourrais te répondre que par cette phrase : la vie est faite de choix, certains plus censés que d'autres, mais c'est aussi une succession d'opportunités, le tout dicté par le destin. |
