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La vie ne se résume pas au nombre de battements de cœur, mais au nombre de moments qui nous ont coupé le souffle. Les mains couvertes de sang, je me demande si mon sourire lui a apporté un peu de lumière dans les ténèbres de sa douleur. Je lui ai offert le peu de choses que j'avais pour lui dessiner des souvenirs riches en sentiments et en couleurs. Je sais que dans les vastes palais de la mémoire, là où se trouvent les trésors des images innombrables*, son âme n'oubliera pas les instants passés à s'aimer. Le temps gardera intact ce "nous" qui donne un sens à ma vie et qui donnera un sens à ma mort. Mes yeux sont secs. Cela ne sert à rien de la pleurer puisque pour avoir vécu l'Enfer ici-bas, c'est le paradis qui va l'accueillir avec ses anges. Il fait froid dans son cœur, mais le mien brûle encore de passion. Je pose mes lèvres une dernière fois contre les siennes pour m'imprégner de leur goût. Je lui ferme ensuite délicatement les yeux pour qu'elle puisse s'envoler vers les cieux où son étoile éclairera chacune de mes nuits. La seule chose à cultiver sur cette terre est la souffrance qu'engendre nos erreurs et nos regrets. Mais ce soir, cela n'a plus d'importance, car je lui ai rendu sa liberté comme elle le souhaitait. La vie a ses raisons que seule la Mort connaît, et Kallista ne supportait simplement plus de rester dans l'ignorance.
* Citation de St Augustin extraite de son œuvre Les Confessions
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