J'ai tant besoin de toi

Chapitre Unique




 

Première partie

 

 

   - Ne touche jamais à mon cheval, cria Xena en lui arrachant les sacoches des mains. <br><br>

 

   - Je voulais juste aider, pardon je ne le ferai plus promis, répondit Gabrielle confuse. <br><br>

 

            Elles voyageaient depuis déjà plusieurs lunes, et Gabrielle ne cessait de supporter les excès de colères injustifiées de la part de la grande guerrière, qu'elle avait suivi en abandonnant tout ; son village ses parents et surtout sa sœur Lila. Gabrielle avait été fascinée par la force et le charisme que dégageait cette femme qui les avait tous sauvés d'une mort certaine. Malgré l'air toujours sombre de Xena, Gabrielle ne pouvait pas la quitter malgré le refus de communiquer de la guerrière. Gabrielle pouvait parler pour deux et elle savait que malgré son air toujours renfrogné, Xena l'écoutait car en de rares fois elle avait  vu un semblant de sourire étirer ses lèvres lorsque l'histoire était drôle. C'est ce qui avait retenu Gabrielle et surtout l'attachement réel qu'elle éprouvait pour son aînée. Mais le mutisme et l'air fermé et froid de  Xena la décourageaient souvent. Elle laissa couler une grosse larme qu'elle avait retenue depuis des jours. <br><br>

 

            Xena partit dans la forêt chercher du bois pour le feu et peut être quelque gibier. <br><br>

 

            Gabrielle la regarda tristement, disparaître derrière les arbres. Elle aurait tant voulu aider la belle guerrière à sortir de son mutisme et de sourire plus souvent, mais elle savait au fond d'elle qu'il n'y avait rien à faire, si seulement la puissante femme pouvait l'aimer juste un tout petit peu, tout serait alors différent.  Mais aujourd'hui Gabrielle savait qu'il était temps de prendre la décision qui s'imposait. Elle devait repartir chez elle et laisser la grande guerrière à ses démons et à sa solitude. Laissant les larmes couler librement sur ses joues, elle empaqueta ses maigres affaires et faisant vite pour être partie avant le retour de l'impressionnante femme en armure. Elle griffonna quelques mots sur un parchemin et le laissa en évidence et après un dernier coup d'œil elle partit le cœur ravagé. <br>

            Quand Xena revint enfin, elle sut que quelque chose ne tournait pas rond, un rapide coup d'œil au campement l'avertit que la barde était partie car il n'y avait aucune trace de ses affaires qui traînaient ça et là habituellement. Elle remarqua enfin le parchemin et le prit, le cœur menaçant de se rompre dans sa poitrine. Un lourd pressentiment lui enserra les entrailles. Elle ouvrit doucement le papier plié soigneusement, priant les dieux pour que celui - ci ne renferme pas les paroles qu'elle soupçonnait avec un vague sentiment de panique. <br><br>

 

                        <b>Chère Xena,     <br>

   Je vois aujourd'hui que tu ne peux plus supporter ma présence. Alors j'ai décidé de repartir chez moi. C'est le cœur gros que je te laisse derrière moi mais tu ne m'as pas laissé le choix. Sache que les quelques lunes que nous avons passées ensemble ont été les plus belles de ma vie. Je ne t'oublierai jamais, et tu seras à jamais dans mon cœur. <br>

   Adieu Xena. <br>

   Gabrielle. </b><br><br>

 

           

 

 

 

 

           

            Xena demeura un long moment sans bouger serrant le parchemin dans ses mains. Xena se rendit compte mais un peu tard combien Gabrielle qui venait de partir était importante pour elle et combien elle lui manquait le son de sa voix qui était devenu pour elle le chant des oiseaux qui avaient été longtemps banni de son univers froid et sombre. Elle regarda autour d'elle pour voir à quel point l'espace rempli par la jeune blonde était à ce moment d'un vide mortelle. Elle se sentit seule pour la première fois depuis si longtemps. <i>Je dois la retrouver, je ne peux pas la laisser croire que sa présence m'était insupportable. Gabrielle si tu savais ! Quelle idiote j'ai été. Elle faisait tout pour être agréable et moi je l'ai traité comme une  moins que rien. </i><br><br>

 

            Xena dut admettre qu'elle avait été odieuse avec la jeune femme si pleine de vie. Jamais elle n'avait pensé que Gabrielle se lasserait un jour. Et pourtant le silence autour du feu prouvait le contraire. Même le son de la plume grattant sur le parchemin était devenu précieux. <i>Demain j'irai la chercher, je sais qu'elle n'a nulle part où aller à part à son village, je ne peux pas envisager la vie sans elle. Voila seulement quelques heures qu'elle est partie et déjà je me sens tellement seule. On ne se rend compte de ce qui est important que lorsqu'on l'a perdu. J'avais mille occasions de lui dire combien elle comptait pour moi. Pourquoi je ne l'ai jamais fait. Tu peux combattre des centaines d'hommes armés jusqu'aux dents mais tu n'as pas le courage d'avouer des sentiments, c'est pathétique. Qu'est ce que je vais lui dire pour la convaincre de revenir? Je suis nulle en ce qui concerne les discours sentimentaux, mais il va me falloir être éloquente ça c'est sûr. </i><br><br>

 

            Elle se coucha enfin le cœur serré dans un étau. Le sommeil fut long à venir. Le lendemain, elle s'apprêtait à partir juchée sur Argo, quand une femme se précipita sur vers elle, essoufflée.  <br><br>

 

   - Que les dieux soient loués je t'ai enfin trouvée. On m'a dit que maintenant tu aidais les gens. Xena il faut que tu viennes vite dans notre village, un seigneur de guerre y a élu domicile avec son armée. Et ils se servent dans nos réserves et de nos filles aussi, je t'en supplie tu dois les arrêter. <br><br>

 

            Xena était partagée entre le devoir et Gabrielle, le devoir l'emporta. Si elle voulait la rédemption elle devait effacer les années sombres en faisant le bien sans compter. Elle se dit que Gabrielle pouvait attendre un jour ou deux du moins elle l'espérait. <br><br>

 

   - Conduis moi vite à ton village. <br><br>

 

   - Soit bénie, grande princesse guerrière. <br><br>

 

            Amusée Xena suivit la jeune femme jusqu'à son village. Plusieurs chandelles plus tard elles arrivèrent sur la place où le chef de guerre avait aligné plusieurs villageois hommes, attachés entre eux pour une exécution.  Xena poussa son cri de guerre et lança son chakram qui coupa net toutes les épées brandies, puis elle fonça dans le tas.  <br><br>

 

    - Tiens, tiens, tiens, qui je vois là. La grande Xena reconvertie en sauveuse de village, s'amusa le chef de la bande. Tu ne peux rien contre moi Xena, nous sommes beaucoup plus nombreux. Je te conseille donc de repartir si tu veux sauver ta peau. <br><br>

 

   - J'allais te dire exactement la même chose, ironisa la grande femme, laisse ces gens tranquille et va faire mumuse ailleurs. <br><br>

 

   - Je t'aurais prévenue, rétorqua le chef sûr de lui. <br><br>

 

            Il brandit son épée et fonça sur elle. Les villageois encouragés par cette aide miraculeuse, prirent leur courage à deux mains et foncèrent sur leurs assaillants. Xena n'eut aucun mal à désarmer le chef et à l'assommer. En quelques marques de chandelles le village était débarrassé des pillards. <br><br>

 

            Xena satisfaite s'apprêtait à partir quand soudain apparut devant elle dans un éclair de lumière Ares le dieu de la guerre. <br><br>

 

   - Je vois que tu ne perds jamais la main Xena toujours prompte à aider les démunis. <br><br>

 

   - Tout à fait Ares, que veux - tu ? Je suis plutôt pressée. <br><br>

 

   - Je vois que ma tentative de te retarder n'a pas réussi, ricana-t-il sèchement. <br><br>

 

   - Hé bien non tu vois, rien de ce que tu feras ne me feras changer d'avis Ares prends le toi pour dit une fois pour toute. <br><br>

 

   - Tu crois vraiment que je vais renoncer à ma guerrière préférée, tu te trompes lourdement Xena. Ce n'est pas ta petite blonde qui va me faire reculer. Et pour te dire franchement elle ne fera jamais le poids devant moi. <br><br>

 

   - Tu peux toujours rêver, Ares ! Tu peux toujours rêver. Elle engagea Argo sur la route et partit sans se retourner. <br><br>

 

            Ares la regarda partir avec un sourire de triomphe : " C'est ce que tu crois Xena, mais quand tu arriveras ce sera trop tard et tu n'auras d'autre choix que de te tourner vers moi ". <br><br>

 

            Xena arriva au crépuscule aux abords du village. Son cœur battait fort dans sa poitrine, elle n'avait jamais fait de longs discours et encore moins supplier une jeune femme de revenir dans sa vie. Elle resta là à se demander de quels mots elle allait user pour convaincre sa jolie blonde de la suivre de nouveau. Elle eut un sourire désabusé. Dire qu'il y a à peine quelques lunes elle dissuadait cette même personne de rester avec elle. Et voila qu'à présent elle ferait tout pour qu'elle la suive. Elle s'arma de courage et poussa sa monture vers le village. <br><br>

 

            La place du village était vide, elle héla un jeune garçon qui passait par là. <br><br>

 

    - Toi là ! Approche. Tu peux faire quelque chose pour moi ? <br><br>

 

    - Oui, si tu veux ? Tu es Xena, la princesse guerrière n'est ce pas ? <br><br>

 

    - Oui, tu peux aller dire à Gabrielle que je souhaiterais la voir ici s'il te plait. <br><br>

 

    - D'accord j'y vais. <br><br>

 

            Xena vit Gabrielle arriver en courant vers elle. <i>Elle est si belle, avec les derniers rayons de soleil, qui l'illuminaient telle une apparition.</i> Elle descendit de son cheval le cœur serré et s'apprêta à accueillir son amie. Elle aurait tant voulu la prendre dans ses bras et ne plus la lâcher. Gabrielle exauça ce vœu en se jetant dans ses bras. Xena la serra de toute la force de son amour pour elle. Gabrielle se rendit compte trop tard de ce qu'elle venait de faire et se dégagea prête à s'excuser. Mais le sourire radieux qui lui fit face la rassura. <br><br>

 

 

 

   - Xena ? Par les Dieux qu'est ce que tu fais ici ? S'étonna Gabrielle secrètement ravie que la magnifique brune soit venue jusqu'à elle, est ce que j'aurait oublié quelque chose ? <br><br>

 

    - Hum, non, je… Je…<br><br>

 

   - Tu quoi, Xena ? <br><br>

 

   - Je suis venue te dire que je regrettais mon comportement Gabrielle, et te dire que tu m'as manquée à la minute où j'ai su que tu étais partie. Et… Et surtout pour… Hum… Pour te dire de… Hum… De revenir dans ma vie. <i>Voila je l'ai dit alors que vas - tu répondre ma douce Gabrielle ? Dis oui, je t'en prie dis oui. </i><br><br>

 

   - Xena, j'aurais tant aimé entendre ça plus tôt. Mais vois tu le soir de mon arrivée, Perdicus, qui était mon fiancé avant mon départ m'a demandé de l'épouser et pensant que tu ne voulais pas de moi j'ai accepté. Le mariage sera célébré après demain. Gabrielle cru voir de la douleur dans les yeux de Xena mais cela disparut si vite qu'elle crut qu'elle l'avait imaginé<br>

   - Mais pourquoi si vite Gabrielle, est ce à cause de moi. <br><br>

 

   - Non, Xena, c'est juste que il n'y avait pas de raison de retarder plus longtemps l'échéance, finit Gabrielle en baissant les yeux regrettant soudain d'avoir agit sur un coup de tête. <br><br>

 

 

  

 

 

 

             

 

  

 

 

   - Je vois, eh bien je te souhaite tout le bonheur du monde Gabrielle, tu le mérites. Sois heureuse Gabrielle. Xena habituée à cacher ses sentiments arriva même à sourire. <br><br>

 

   - Xena puis-je te poser une question<br><br>

 

   - Bien sûr ! <br><br>

 

   - Est ce que j'étais vraiment un fardeau pour toi<br>

   - C'est ce que tu as cru ? Que tu l'étais ? Gabrielle je suis désolée de te l'avoir fait croire inconsciemment. <br><br>

 

   - Est ce que nous étions amie ? <br><br>

 

   - Gabrielle je n'ai jamais eu d'amie mais je crois que toi tu m'as fait réaliser que ce lien était encore possible pour moi, alors oui,  je crois que je n'ai jamais eu d'amie comme toi<br><br>

 

   - Alors pourquoi tu ne m'as rien dit avant? <br>

   - Parce que je ne voulais pas influencer ta décision et je ne croyais pas à ce moment que je pouvais mériter une personne au cœur pur comme toi, mon côté sombre et mes remords ne me le permettaient pas, mais sache que je suis heureuse pour toi aujourd'hui tu méritais mieux que la compagnie d'une femme comme moi<br><br>

 

   - Xena tu es la femme la plus noble que je connaisse,  je veux que tu restes pour mon mariage et que tu sois mon témoin. Je t'en prie, ne me dis pas non. <br><br>

 

Xena accepta sans s'en rendre compte, Gabrielle folle de joie lui prit la main et l'attira vers sa maison inconsciente du démon qui rongeait le cœur de la grande guerrière. <i>Je partirais juste après la cérémonie mon amie et tu n'entendras plus parler de moi sauf si j'apprends que l'homme que tu as choisi t'as  fait du mal et alors là il aura affaire à un ex seigneur de guerre des plus féroces.</i><br><br>

 

   - Allez viens. <br><br>

 

   - Heu Gabrielle, je préfère aller à l'auberge j'y serai plus à l'aise. <br><br>

 

   - Tu es sûre, Xena tu es la bienvenue chez moi tu le sais, n'est ce pas ? <br><br>

 

   - C'est gentil mais je voudrais être au calme. <br><br>

 

   - D'accord je t'accompagne alors. Je suis heureuse que nous ayons parlé toi et moi. <br><br>

 

   - Oui, moi aussi, dit Xena le cœur en miettes, elle avait tenté le tout pour le tout mais elle avait perdu. Perdu Gabrielle pour toujours et cela lui brisait le cœur. <br><br>

 

            Le lendemain Gabrielle se présenta à l'auberge et demanda après son amie. L'aubergiste lui apprit que la guerrière était partie tôt le matin. <br><br>

 

   - Est-ce qu'elle a laissé quelque chose pour moi ? Demanda Gabrielle paniquée à l'idée que son amie soit partie pour toujours et qu'elle ne la reverrait plus jamais. <br>

   - Non, mais elle m'a dit de te dire qu'elle sera revenue dans quelques chandelles. <br>

   - Ah, merci, souffla Gabrielle soulagée. Xena n'était pas vraiment partie. <br><br>

 

            Gabrielle prenait part aux préparatifs du mariage qui aurait lieu le lendemain, mais l'esprit n'y était pas. Préoccupée par le départ de la guerrière, elle n'entendit pas sa mère l'appeler plusieurs fois, cette dernière cria fort : <br><br>

 

   - Gabrielle ! <br>

   - Quoi, tu m'as fait peur. <br>

   - Gabrielle, je t'ai posé une question trois fois, je t'ai appelée trois fois et tu ne m'as pas entendue, j'ai du crier. <br>

    - Désolée maman, je pensais à autre chose. <br>

    - Ca je l'avais remarqué, Gabrielle, tout se passera bien rassure-toi. <br>

    - Je le sais maman, qu'est ce que tu m'as posé comme question. <br>

    - Je t'ai demandé si tu étais prête pour demain et si tu savais ce qui allait se passer, le soir avec Perdicus. <br>

    - Heu… Oui je crois, répondit Gabrielle en rougissant. <br>

    - Ma fille tu n'as pas à rougir, ce sont des choses naturelles. <br>

    - Oui, je sais on peut parler d'autre chose, éluda la jeune blonde qui n'avait nulle envie d'aborder ce sujet avec sa mère. <br>

    - Gabrielle, appela sa sœur Lila de l'extérieur de la maison, les rubans pour la décoration du temple sont arrivés. Tu veux les voir. <br>

    - J'arrive, elle courut vers la porte, heureuse d'échapper à la conversation avec sa mère. <br><br>

 

            Gabrielle, tout en aidant les jeunes filles du village, à orner le temple, pensait à sa grande guerrière. Elle se demandait où celle-ci pouvait bien être. Le soleil avait presque disparut, et la grande femme n'était toujours pas revenue. Elle rentra chez elle, le cœur déchiré de n'avoir pas vu son amie. Elle se dit que demain elle sera revenue. <br><br>

 

            Au milieu de la nuit, Xena entra enfin dans le village, accompagnée d'une troupe, sa surprise pour Gabrielle. Elle voulait lui offrir une fête digne de ce nom et était allée chercher des chanteurs qu'elle avait rencontrés deux ans plutôt. Ils seront installés à l'auberge, où aura lieu la soirée. Xena avait tout organisé, elle en avait parlé à la mère et la sœur de Gabrielle qui étaient ravie de ce merveilleux cadeau de noce. <br><br>

 

           

 

 

 

 

            Le lendemain la première chose que fit Gabrielle en se levant c'est de penser à son amie. Elle se demanda avec angoisse si la guerrière était revenue. Elle allait courir vers l'auberge quand sa mère la retint en lui serrant le poignet. <br><br>

 

   - Où cours -tu comme ça de bon matin, tu oublies que c'est le jour de tes noces et que tu dois être prête avant 11 heures. Tu dois aller au bain puis…<br>

   - Je sais maman, la coupa sa fille, je ne vais pas tarder, je veux juste vérifier quelque chose rapidement. <br>

   - Fais vite alors, si tu n'es pas revenue dans un quart d'heure j'irai moi-même te chercher. <br>

   - Promis je fais vite. <br><br>

 

            Elle courut jusqu'à l'auberge et fut soulagée de voir Xena assise à l'une des tables avec… Une femme. Gabrielle stoppa net sa course. Son cœur rata un battement puis repartit en lui coupant presque le souffle. Elle se posta devant la grande femme sans regarder sa compagne et sur un ton froid demanda à Xena de bien vouloir la suivre pour lui parler. Sa mauvaise humeur s'envola comme par magie en voyant le sourire radieux que lui offrait son amie. <br><br>

 

   - Bonjour Gabrielle, alors comment tu te sens, c'est le grand jour. Xena cacha tant bien que mal sa douleur à cette évocation. <br>

   - Bien, je crois. Mais où étais-tu ? Je t'ai attendue hier. <br>

   - Je sais, j'avais juste une affaire à regler. <br>

   - Et ça ne pouvait pas attendre…<br>

   - Non, la coupa la guerrière, c'était plus ou moins urgent. <br>

   - Je vois, dit Gabrielle d'une toute petite voix, elle pensait que Xena ne voulant pas rester seule, était allée chercher quelqu'un pour lui tenir compagnie et peut être plus encore. Et cela la peinait au plus haut point. <br>

   - Tu avais besoin de quelque chose Gabrielle. <br>

   - Oui, Gabrielle ne savait pas quoi inventer, puis une idée folle lui vint et elle en fit part à Xena. Je… Je voudrais te poser quelques questions importantes pour moi, et comme je n'aurai plus le temps après, je voudrais que tu… Tu… Enfin que tu viennes partager mon bain. Voila elle l'avait dit, elle s'attendait à entendre un rire moqueur, mais il ne vint pas. <br>

   - Bien sûr, ce sera avec plaisir que je répondrais à tes questions.  Sitôt sortis de sa bouche que Xena regretta ses mots. Comment avait-elle pu accepter de prendre un bain avec la personne qu'elle désirait le plus au monde. Elle se traita de folle mais il était trop tard pour reculer. <br>

   - Alors allons-y avant que ma mère ne fasse une attaque, je lui ai promis de revenir vite. <br>

   - Oui, allons -y, se contenta de dire Xena encore sous le choc d'avoir accepté une chose pareille. Mais elle réussit à sourire à son amie qui n'en menait pas large non plus. <br><br>

 

            Gabrielle sentit un vrai changement chez Xena, celle-ci était différente, plus douce et plus gentille. Xena avait sourit plus de fois en quelques chandelles, qu'elle ne l'avait fait pendant tout le temps où elles voyageaient ensemble. Gabrielle se dit qu'elle était heureuse de se débarrasser d'elle donc elle n'avait plus besoin d'être grincheuse. Cette idée la rendit très triste. <br><br>

 

            Elles pénétrèrent dans la salle d'eau. Elles étaient toutes deux silencieuses. Conscientes de la proximité qu'elles allaient avoir et nues de surcroît. En voyant la grande femme se déshabiller avec un naturel désarmant, Gabrielle regretta sa proposition. Le magnifique corps de la guerrière lui coupa le souffle. Elle se lécha inconsciemment les lèvres. Sa gorge était sèche et elle ne pouvait détacher son regard des magnifiques seins à la peau douce et halée.      Xena avec un sourire en coin pénétra dans le large bac et sans perdre son sourire fit un geste signifiant qu'elle était prête. Gabrielle se reprit et commença à ôter ses vêtements et sauta rapidement dans le bassin. <br><br>

 

           

            Toutes deux étaient troublées par cette nouvelle proximité et se taquinèrent pour oublier l'érotisme de ce moment. Elles commencèrent à se laver mutuellement. Xena se plaça derrière la jeune blonde et savonna son dos. Gabrielle se dit que c'était le moment de lui poser les questions qui la taraudaient. <br>

   - Xena ? <br>

   - Oui, Gabrielle. <br>

   - Xena, je…<br>

   - Qu'est ce que tu veux savoir Gabrielle, ne sois pas gênée, on est amies, non ? <br>

   - Oui, c'est vrai. En fait, je n'ai jamais fais l'amour, ni embrassé qui que ce soit, dit-elle rapidement dans un murmure. <br>

   - Je le sais Gabrielle. <br>

   - Tu le sais, s'exclama Gabrielle en se retournant pour faire face à la grande brune, et comment…<br>

   - Cela se voit Gabrielle, que tu es pure. <br>

   - Ah bon, c'est marqué sur mon front ? <br>

   - Non, dans ton regard. <br>

   - Ah ! Xena ? <br>

   - Oui, Gabrielle. <br>

   - Apprends moi. <br>

   - Quoi, cria presque Xena, mais… Mais c'est impossible Gabrielle. <br>

   - Pourquoi ? Tu viens de me dire qu'on est amies, alors apprends-moi. <br>

   - Gabrielle, ces choses là viennent naturellement, on ne les apprend que sur le tas, je veux dire, ça viendra naturellement, c'est instinctif, tu me comprends Gabrielle. <br>

   - Non, je ne comprends pas ce qui te dérange tant. Je te demande juste de m'embrasser pour savoir comment on fait ce n'est pas si difficile, je te répugne à ce point. <br>

   - Gabrielle, calme toi, comment peux-tu penser que tu me répugnes. <br>

   - Ca se voit, tu es heureuse de te débarrasser de moi. La preuve tu souris tout le temps. Et je sais que tu n'auras pas tant de mal à embrasser l'autre là qui t'attends à l'auberge, d'ailleurs tu peux aller la rejoindre, je suis sûre qu'elle n'at…<br>

            Xena la tira brusquement à elle, et colla ses lèvres aux siennes, elle voulait juste la faire taire, mais le désir prit le dessus et elle donna un vrai baiser à sa compagne. Elle l'attira plus à elle et approfondit le baiser en allant à la rencontre de la langue de Gabrielle qui ne se fit pas prier et qui y répondit avec ferveur. Elles ne s'arrêtèrent que quand elles eurent  besoin de respirer. Elles se détachèrent l'une de l'autre encore tremblantes par l'intensité du moment. Leurs regards demeurèrent rivés l'un dans l'autre. Aucune n'osant prononcer la moindre parole. Prenant conscience de la signification de ce moment magique et unique. Elles seraient encore restées longtemps ainsi, envoûtées l'une par l'autre, si Lila n'était pas entrée gaiement pour leur signifier qu'elles ne devaient s'éterniser car on attendait Gabrielle pour l'habiller. Xena se leva, s'habilla à la hâte et sortit sans un regard pour la jeune blonde hagarde qui la regardait faire les yeux perdus. Gabrielle avait désiré ce baiser mais elle n'était pas prête pour la puissante vague qui avait déferlé sur son corps en emportant au loin ses convictions. Elle se leva enfin la mort dans l'âme, car à cet instant elle savait qu'en épousant Perdicus, elle sacrifiait son bonheur et son amour pour l'ex seigneur de guerre. Si elle pouvait soupçonner un tant soit peu que Xena avait le moindre sentiment pour elle, elle laisserait tout tomber et s'enfuirait avec elle. Mais elle se raisonna, Xena n'avait sûrement rien ressenti, elle l'avait juste embrassé comme elle le ferait avec n'importe qui. Elle suivit donc sa sœur Le cœur lourd et avec le sentiment que son âme serait à jamais perdue dans les méandres d'un amour impossible. <br><br>

 

            Xena entra dans sa chambre et envoya au loin sa tenue de cuir encore furieuse de sa conduite irresponsable et de ses conséquences sur son vieux cœur. Elle se traita de folle à lier en se disant qu'elle venait de se briser elle-même le cœur. Elle savait à présent que ce serait une torture de voir le prêtre unir, la seule personne qui comptait plus que sa vie, à un autre. Elle se dit que cela faisait certainement partie de sa rédemption et qu'il fallait qu'elle souffre comme elle avait fait souffrir tant de gens. Résignée, elle mit son caftan rouge et s'apprêta à se rendre au temple, la mort dans l'âme. <br><br>

 

    <br>

Quand Xena pénétra dans le temple, un oh général se fit entendre et tous les regards convergèrent vers elle. Il faut dire qu'elle était époustouflante dans son beau caftan cramoisi. Xena habituée à ce genre de manifestation à son égard les ignora. Elle n'avait d'yeux que pour Gabrielle. Celle-ci avait l'air d'un ange dans sa robe blanche. Elle aussi regardait la grande guerrière. Leurs regards  s'accrochèrent un long moment. Elles repensaient toutes deux au baiser qu'elles avaient échangé dans le bain. <br><br>

 

 

 

 

 

 

 

            Gabrielle frissonna sous le regard de son aînée et pour la première fois de sa vie elle ressentit un désir violent pour la belle guerrière. Elle n'avait jamais été mise à si rude épreuve, elle regarda vers son futur mari, et celui-ci lui parut fade et sans intérêt. Le baiser qu'il lui avait donné il y a quelques minutes à peine faisait pâle figure devant celui passionné et plein de vive émotion qu'elle avait partagé avec Xena. Elle se surprit à souhaiter que le prêtre soit atteint d'un malaise ou autre, mais il était trop tard, celui-ci s'avança vers le couple en souriant. Gabrielle réalisa au moment où elle disait " oui " qu'elle venait de gâcher sa vie à jamais. <br><br>

 

            La jeune mariée osa à peine lever les yeux vers son amie quand celle-ci s'avança vers elle pour la féliciter. <br><br>

 

 

 

 

            Elles avaient toutes deux les larmes aux yeux. Xena ouvrit grand ses bras et Gabrielle s'y jeta désespérément. Elle se cramponna à la grande brune et ne voulut plus la lâcher. Perdicus souriait de toutes ses dents, et regardait tendrement sa moitié embrasser son amie, ignorant la grande douleur qui les habitait. Xena s'arracha doucement des bras qui la serraient à l'étouffer : <br><br>

 

   - Gabrielle il est temps d'aller à l'auberge pour le déjeuner, dit doucement Xena. <br>

   - Oui tu as raison, allons -y. <br>

            Mais avant de partir elle donna un baiser chaste à la grande guerrière mais assez près des lèvres pour en goûter encore la douceur et le bonheur de le faire. <br><br>

 

 

 

            Elle prit la main de Xena au lieu de celle de son mari et ils partirent tous trois vers l'auberge. La salle principale était bondée. Gabrielle fut étonnée de voir une estrade et des musiciens jouant une musique douce. <br><br>

 

   - Qui a fait venir ces musiciens ? Interrogea Gabrielle. <br>

   - C'est ton amie Xena, ma chérie, répondit sa mère, elle voulait te faire une surprise, c'est pour ça qu'elle s'était absentée. <br>

   - Et nous allons danser jusqu'au soir, renchérit sa sœur, Xena sait que tu adores danser. <br><br>

 

            Gabrielle baissa la tête sans répondre, en d'autres circonstances elle aurait été ravie par cette surprise, mais là, elle n'avait pas le cœur à danser. De sombres pensées avaient envahi son esprit, comme le départ imminent de son amie. Car elle savait au fond d'elle qu'elle ne reverrait plus jamais la grande guerrière, celle-ci ne reviendrait jamais dans son insignifiant petit village. Elle leva les yeux et se perdit dans les profondeurs azures sentant son cœur se déchirer seconde après seconde. <br><br>

 

            Une femme s'avança et monta sur l'estrade, elle souhaita rapidement un heureux mariage au couple et commença à chanter. Ainsi, se dit Gabrielle, Xena était partie chercher cette femme pour qu'elle chante à mon mariage, elle n'en aima que plus son amie et un vif sentiment de regret l'habita. Pourquoi avait -elle accepté si vite la proposition de Perdicus ? Se lamenta-t-elle. Au fond d'elle, elle le savait pourtant.  Elle avait dit oui au jeune homme car elle avait peur de se sentir trop seule, elle l'aimait bien après tout. Elle ne s'était jamais attendue à ce que La Grande Xena la suive, elle. Pourtant elle l'avait fait. Et maintenant Gabrielle assistait à sa fête comme si celle-ci était célébrée pour une autre.           Plongée dans ses pensées moroses Gabrielle regardait autour d'elle d'un œil vide. Puis un mouvement sur l'estrade attira son attention. Xena avançait en tendant un bouquet de roses rouges à la chanteuse blonde. Gabrielle en ressentit un pincement désagréable au cœur. Mais quand elle vit l'artiste attirer à elle la guerrière et l'embrasser sur la bouche une rage inexpliquée s'empara d'elle.  <br><br>

 

 

 

 

            Elle prit violemment le bras de Perdicus et l'attira vers la sortie : <br><br>

 

   - Allons-nous en, j'en ai assez de cette fête. <br><br>

 

            Perdicus même si il n'y comprenait rien, la suivit docilement. Xena eut un rictus satisfait. Elle s'était laissée délibérément faire, elle voulait que Gabrielle ait aussi mal qu'elle. Et elle savait qu'elle avait réussi, elle l'avait vue du coin de l'œil quitter précipitamment l'auberge en entraînant son mari. Mais cela lui fit encore plus mal. Gabrielle allait connaître l'amour dans d'autres bras. Elle partit à son tour, incapable de rester une minute de plus. Dans sa chambre à l'abri des regards elle se permit de pleurer son amour perdu à jamais. Elle imaginait Gabrielle découvrant les délices de l'amour charnelle et cela lui brisa le cœur en mille morceaux.  <br><br>

             

 

           

           

            Malgré les douces caresses de Perdicus, Gabrielle n'arrivait pas à s'ôter de la tête le baiser échangé sous ses yeux. Perdicus au lieu de l'exciter l'agaçait au plus haut point. Elle le repoussa gentiment en prétextant la fatigue : <br><br>

 

   - Je suis désolée Perdicus, mais ce soir je suis vraiment trop fatiguée, on n'est pas obligés de le faire ce soir, nous avons toute la vie devant nous, n'est-ce pas ? <br>

   - Bien sur ma chérie, dors, tu as raison nous avons toute la vie pour ça, ne t'en fais pas, j'attendrai que tu sois prête. <br>

   - Merci Perdicus, bonne nuit. <br><br>

 

            Elle s'éloigna des bras de son mari et lui tourna le dos, et la elle permit aux larmes de couler silencieusement. Elle avait comprit que la vie avec le jeune homme serait aussi fade qu'une sauce sans épices. Elle se remémora les sensations qu'avait éveillé dans son corps le baiser de Xena, et elle réalisa avec tristesse que c'était la première et dernière fois qu'elle le ressentait. Les baisers et les caresses de Perdicus l'avaient laissée de marbre et elle pleura de plus belle. <br><br>

 

            Prise d'une envie subite et irrésistible, Gabrielle se tourna vers son mari, celui-ci dormait dans les bras de Morphée. Elle se leva avec précaution, puis sortit dans la nuit éclairée par la pleine lune. Elle courut vers l'auberge espérant qu'elle  fut encore ouverte. La lumière filtrant des fenêtres la rassura. Quelle ne fut sa déception lorsque l'aubergiste lui dit que Xena était partie depuis quelques chandelles. Elle faillit pleurer de dépit. <i>" Que vais-je faire à présent. Me résigner à la perdre ou la suivre, avec un peu de chance elle n'aura pas été bien loin. Eh bien il est temps de tester mes connaissances. Elle m'a appris à pister, essayons de voir si j'ai bien appris ma leçon. "</i><br><br>

 

            Elle n'eut pas à marcher longtemps, elle avança vers la lueur d'un feu de camp. Elle ne fit pas de bruit, comme le lui avait appris la guerrière, au cas où ce ne serait pas Xena au bout. Son cœur se remplit de tendresse quand elle aperçut la grande et fière femme prostrée face au feu. Elle arriva par derrière et s'agenouilla doucement pour ne pas l'effaroucher et murmura son nom avant de se coller à elle. <br><br>

 

 

   - Xena, c'est moi. Mais tu pleures ! Oh Xena pardonne moi. J'ai été stupide. <br>

   - Non, Gabrielle, c'est de ma faute, j'ai été odieuse avec toi. Je comprends pourquoi tu as épousé Perdicus, il est bien meilleur que moi et je sais que lui te rendra heureuse, bien plus que moi. Lui au moins t'offre un foyer, un vrai. Qu'ai-je à te donner moi sinon un sol dur, des ennuis, et le danger permanant. Crois moi Gabrielle tu es bien mieux auprès de lui. Et qu'est ce que tu fais ici en pleine nuit. <br>

   - Je suis venue te chercher, et Xena, si cela avait été quelqu'un d'autre ? Tu étais si plongée dans tes pensées que n'importe qui aurait pu t'atteindre mortellement. <br>

   - Gabrielle, je reconnaîtrais ton pas entre mille, je savais que c'était toi. Pourquoi venir me chercher en pleine nuit Gabrielle ? <br>

   - Parce que je t'aime Xena, je sais que je ne pourrai pas vivre sans toi. J'ai tant besoin de toi ma grande guerrière au cœur fière. Xena, Perdicus m'offre un foyer certes, mais je ne l'aime pas, c'est pour toi que vibrent mon cœur et mon corps, et c'est auprès de toi que je veux vivre, je ne supporterai pas d'être éloignée de toi, je t'aime tant. <br><br>

 

 

 

   - Gabrielle, si tu savais comme j'ai espéré ces mots. Mais il est trop tard tu es la femme de Perdicus…<br>

   - Au diable Perdicus. Xena ne comprends -tu pas que c'est toi que je veux corps et âme. <br>

   - Oui, mais tu as fait l'amour avec…<br>

   - Non, Xena, il ne s'est rien passé. Xena c'est avec toi que je veux faire l'amour, je veux que tu sois la première, je veux que ce soit toi qui me déflores. <br>

   - Gabrielle, dit Xena dans un souffle, elle était inexplicablement soulagée, tu ne l'as pas fait ? <br>

   - Non, je ne l'ai pas fait, Xena ? Est-ce que tu… Est-ce que tu m'aimes ? <br>

   - Oh oui, je t'aime, cria-t-elle en se tournant et prenant Gabrielle dans ses bras, je t'aime à la folie, je m'en suis rendue compte quand j'ai lu le mot que tu m'avais laissé, moi aussi je ne pourrai pas vivre sans toi. Et quand tu m'as trouvée tout à l'heure je me demandais ce que j'allais devenir sans ta présence si douce, si réconfortante et si chaude. J'ai tellement besoin de toi Gabrielle. <br><br>

 

            Gabrielle émerveillée et heureuse prit le visage de son amie entre ses mains et colla ses lèvres aux siennes dans un baiser où elle laissa s'exprimer toute sa passion. Quelques instants plus tard, la jeune femme haletante, supplia Xena : <br>

  - Xena, fais le maintenant ! <br><br>

           

            Xena la regarda droit dans les yeux puis fit pénétrer ses long doigts profondément déchirant la fine barrière. Gabrielle frémit de désir et non de douleur. Xena fit aller et venir son poignet de plus en plus vite puis se coulant le long du corps de sa compagne elle posa sa langue sur le bouton hyper sensibilisé et le suça avec délice. La jeune blonde sursauta violemment avant de crier son plaisir aux étoiles. Elle se baissa et attira le grand corps sur elle en le serrant de toutes ses forces. <br>

   - Xena, je t'aime tellement. <br><br>

           

            La guerrière ravie et baignant dans un océan de bonheur l'entoura de ses bras. Gabrielle roula sur elle et entreprit de lui rendre ce qu'elle avait reçu avec tant de générosité. Elle se coula sur le grand corps sculpté, et de sa langue aidée de ses mains alla à son exploration. Lorsqu'elle prit un des tétons dans sa bouche, la guerrière émit un son de contentement qui ravit la jeune blonde. Gabrielle ne savait pas trop quoi faire, mais fit confiance à son instinct. Xena tremblait de désir, elle prit la main de Gabrielle et la posa sur son intimité dégoulinante, lui intimant quasiment l'ordre de la soulager. Gabrielle trouva cette antre merveilleusement mouillée et prête, elle y introduisit d'emblée trois doigts, devinant que la guerrière n'était pas aussi étroite qu'elle, Xena râla de plaisir. Gabrielle mit toute son énergie à mener son amante vers les cimes entrevues quelques instants plus tôt. Lorsqu'elle sentit Xena au bord de l'extase, elle mordit un téton ce qui fit décoller le puissant corps et crier la femme dans ses bras.   <br><br>

 

            Xena mit du temps de se remettre de la tempête qui avait ravagé son corps et son esprit. Elle était encore émerveillée par ce miracle. Comment Gabrielle ignorante quelques instants plus tôt des choses de l'amour avait -elle pu l'emmener là où des femmes plus expérimentées et averties avaient échoué. <br><br>

 

   - Xena ? Ca va ? demanda la jeune blonde, inquiète du silence de sa compagne. Est-ce que je t'ai déçue ? <br>

   - Gabrielle ! Comment peux-tu penser une chose pareille ? Cela fait trop longtemps que je n'avais pas joui de la sorte. Rassure-toi Gabrielle tu as été parfaite. <br>

   - C'est vrai ! Ou est ce que tu dis ça juste pour me rassurer ? <br>

   - Oh non, c'est la pure vérité, assura-t-elle en entourant la jeune femme de ses bras, c'était merveilleux mon cœur, plus que je ne saurais le dire. <br>

   - Alors pourquoi as-tu cet air si triste et abattu ? <br>

   - Parce que demain tu vas retrouver ton mari et me quitter, tu es mariée Gabrielle et attachée à cet homme. <br>

   - Xena, tu crois vraiment que je vais retourner auprès de lui après ce qui vient de se passer ? Tu le crois vraiment. <br>

   - J'ose espérer que non. Mais je n'ai rien à t'offrir Gabrielle…<br>

   - Chut, l'interrompit la jeune blonde en mettant ses doigts sur la bouche aimée, tu m'offres bien plus que ne pourra jamais me donner Perdicus. Avec toi Xena j'aurai l'amour et le bonheur de vivre et ça, ça Xena c'est tellement rare que des gens mettent toute une vie pour le trouver. Et nous avons la chance de l'avoir. Tu crois que je vais renoncer au paradis pour un foyer triste et sans vie. Xena, demain je ferai annuler mon mariage puisqu'il n'a pas été consommé. Et c'est toi que je suivrai même dans la mort. Je t'aime Xena de toute mon âme. <br>

   - Que diraient tes parents Gabrielle, ils ne te le pardonneront peut être jamais. <br>

   - Ils oublieront forcément Xena. Un jour ils comprendront que c'est toi l'amour de ma vie, tu es mon âme sœur Xena je l'ai sentit quand tu m'as embrassée pour la première fois dans le bain. Cela me donne le courage d'affronter quiconque s'opposera à notre bonheur, même les géants s'il le faut. <br>

   - Mon brave petit chevalier sans peur. Je serai auprès de toi et je défierais quiconque voudrait te faire du mal. Je t'aime Gabrielle. <br><br>

 

            Xena attira Gabrielle tout contre elle, et elles s'endormirent en rêvant à un avenir certes plein d'embûches mais heureux. <br><br>.s t son intimité dégoulinante, lui intimant quasiment l'

 

 

            Xena avait vu juste, les parents de Gabrielle ne comprirent pas sa décision. Son père la menaça vivement, mais n'osa pas passer aux actes. Il avait peur du regard de glace que lui lançait l'impressionnante et intense guerrière. Mais il se vengea avec des mots blessants. <br><br>

 

   - Sort de cette maison et n'y mets plus les pieds, tu n'es plus ma fille. Si jamais tu reviens par ici je te tuerai de mes propres mains. <br>

   - Hérodotus, risqua timidement sa femme, si elle est heureuse…<br>

   - Ferme-la Hécuba, cette fille vient de jeter le déshonneur sur notre famille. Va-t-en et ne reviens plus. Va avec cette garce sans cœur, je sais que c'est elle qui te remplit la tête de mauvaises idées. <br><br>

 

            Gabrielle les larmes aux yeux se précipita dehors et tomba dans les bras de son amie, qui l'accueillit avec ferveur voulant la consoler du drame qu'elle venait de vivre. Elle lui répéta inlassablement des mots tendres à l'oreille. <br><br>

 

 

 

            Apaisée Gabrielle ne regarda plus en arrière et suivit Xena. Elle savait qu'un jour ou l'autre son père reviendrait à de meilleurs sentiments. Pardicus accepta l'annulation du mariage, il avait compris en se réveillant le matin que Gabrielle ne serait jamais heureuse avec lui. Il lui assura qu'il ne lui en voulait pas et qu'il désirait son bonheur. Xena et Gabrielle se regardèrent longuement heureuses d'être ensemble et s'embrassèrent sans retenue indifférentes aux regards des autres.

 

 

 

FIN







Depuis le 28/07/2008