Je ne te quitterai jamais

Chapitre 7




 

Le roi félicitait sa femme pour le choix de la jeune future épouse.

 

- Henry sera heureux avec elle, elle est si douce et si jolie, et il semble qu'elle ait trouvé notre fils à son goût, qu'en pensez-vous, Madame ?

 

- Je le pense aussi et cela me réjouit car notre fils aussi n'est pas en reste, j'ai vu le regard de bonheur qu'il m'a lancé lorsque je lui proposais d'accompagner ma nièce à ses appartements.

 

- Une femme aimante pourrait aider notre fils à supporter le fardeau que je lui ai imposé, vous ne croyez pas ?

 

- Je le pense aussi. Car un jour ou l'autre elle s'en rendra compte bien sûr, Henry ne pourra pas lui cacher éternellement son état.

 

- Notre fils est intelligent il trouvera un moyen de s'en sortir.

 

- Je prierai pour lui et pour elle. Dites-moi mon Seigneur, avez-vous pensé à leur descendance ?

 

- J'y pense depuis le jour où Henry est né. Je me suis toujours dit que lorsque ce jour viendra nous trouverons une solution.

 

- Et à laquelle pensiez-vous ? Hélène ne pourra lui donner des enfants que si elle est fécondée par un homme.

 

- Je me suis dis que peut-être Hélène acceptera de faire ce sacrifice pour le royaume, c'est son devoir en tant que future reine.

 

- Elle pourrait refuser et ce serait légitime, nous sommes en train de la tromper de la plus vile manière, et n'oubliez pas qu'elle a passé la majeure partie de sa vie dans un couvent, je n'ose pas penser au jour où elle découvrira la supercherie.

 

- Ce sera trop tard, elle sera déjà l'épouse du futur roi, elle ne pourra plus reculer.

 

- Elle pourrait refuser de lui donner des héritiers.

 

- Prions pour que ce ne soit pas le cas. Prions pour que son amour pour notre fils soit assez grand pour ne rien lui refuser et surtout pour accepter son sort.

 

- Dieu vous entende Majesté.

 

Le roi baissa tristement la tête, pourquoi Dieu lui avait-il refusé un vrai fils, pourquoi avait-il fallu qu'il fasse jouer un rôle à sa fille, qui du reste se dit-il s'en sortait très bien. Il avait toutes les raisons du monde d'en être fier, elle surpassait en beauté, en adresse, en intelligence et instruction tous les mâles de la cour et même de tout le royaume. Il se rendait bien compte que son fils était triste à cause de cette mascarade mais qu'aurait-il pu y faire ? Après sa mort le royaume aurait été abandonné à son cousin, un débile qui ne faisait pas la différence entre un arbre et une plante. Non il avait finalement pris la bonne décision, le royaume sera entre de bonnes mains si il l'était entre celles d'Henry, même le peuple était fou amoureux de son prince. Il avait toujours été le premier à se lancer dans la bataille depuis qu'il était en âge de combattre. La première fois il avait à peine 14 ans. Il était depuis à chaque fois rentré victorieux et gagnant un peu plus de respect de la part des commandants de l'armée de son père, et de l'amour du peuple qui voyait en lui un héros légendaire. Le roi résolut de parler à son fils de sa descendance, il devenait chaque jour plus faible et savait que sa mort était proche. Il décida de lui en parler sans plus tarder. Il se rendit dans la chambre du prince, celui-ci n'avait pas bougé de son fauteuil. Son regard indigo perdu dans la contemplation du ciel.

 

- Mon fils il faut qu'on parle.

 

- Que voulez-vous me dire Père ?

 

- Mon fils as-tu pensé au problème de ta descendance ?

 

- Oui j'y pense depuis le jour où j'ai su que je devais prendre ma cousine pour femme. Tout dépendra d'elle désormais. Je lui dirai un jour ou l'autre que je suis une femme. Le jour où je serai sûre que cela n'aura pas une grande importance pour elle, du moins je l'espère. Et peut être acceptera-t-elle qu'un homme la féconde à ma place. Père je ferai tout pour qu'elle soit heureuse avec moi car je veux être heureux avec elle.

 

- Puisse Dieu t'entendre mon fils et te faciliter la vie au maximum.

 

- Je l'espère père.

 

- Est-ce qu'elle est à ton goût Henry ?

 

- Pour ça oui père, je crois que je suis déjà amoureux.

 

- C'est bien Henry je ne veux que ton bonheur, même si tu sembles penser et à juste titre le contraire et je veux te dire que je suis le plus fier des pères.

 

- Père je n'aurai jamais pu trouver moi-même une femme telle que Hélène, rassurez-vous Père je n'ai rien à vous reprocher au contraire. Vous m'avez sauvée d'une existence bien ennuyeuse, que celle réservée aux princesses, finit le prince en souriant d'un air entendu.

 

Le roi serra fortement sa fille dans ses bras, il n'était pas très rassuré sur son sort et priait Dieu pour qu'il soit clément envers elle.







Depuis le 02/11/2008