Je t'aime moi non plus

Chapitre 1 : Souvenir tenace




  Alé se débattait. Elle voulait aller rejoindre cette fille mais quelque chose la retenait et l'éloignait encore plus de l'objet de son désir. Oui, c'était bien ça, le désir. C'est ce qui la poussait vers cette petite brune à la poitrine si généreuse. Elle voyait sa bouche aux lèvres pulpeuses l'appeler avec envie. Elle commença à s'énerver et, juste au moment où elle voulut atteindre la fille, elle se réveilla en sueur.

Elle avait encore rêvé d'Angel. Cela faisait maintenant deux ans qu'Alé n'était plus retournée en Afrique. Elle aurait voulu mais à quoi bon. De l'objet de son obsession, elle n'avait retrouvé aucune trace. Elle avait même demandé à sa cousine Alex d'essayer de retrouver cette fille. Nul ne savait ce qu'elle était devenue.

D'un autre côté, Alex était venue plusieurs fois en vacances à Rome et les deux cousines poursuivaient leurs liaisons malgré l'interdit que cela représentait.
Alé avait toujours une vie sexuelle aussi agitée, ramenant chaque nuit une fille différente dans son lit.

La sonnerie du téléphone résonna à cet instant dans la pièce. Alé se précipita pour décrocher en maugréant quelque chose contre les gens qui avaient la manie d'appeler si tôt une couche tard comme elle.

- Rallô ! grogna t-elle.
- Alessandra, c'est Mamma !
- Hum…Mum !...Salut.
- Salut mon bébé, ça va ?
- Hum, grogna t-elle en signe d'acquiescement.
- T'es sortie hier apparemment ?
- Hum.
- Écoute, il y a ta cousine Nice qui est arrivée de Paris. Tu nous rejoins pour le petit déjeuner ?
- Petit déjeuner, répéta -t-elle machinalement sans vraiment capter le sens de la phrase.
- Écoute chérie, si t'es vraiment cassée, j'envoie Paolo te chercher, ça te va ?
- Paolo ? Non, c'est bon, Mamma, j'arrive.

Elle resta encore allongée cinq minutes avant de se décider à quitter son lit. Après une douche froide, un boxer, un jean, slim de préférence, un tee-shirt, ses converses, un bonnet et ses lunettes de soleil sur le nez, elle prit les clés de sa voiture et se rendit chez ses parents.

- Eh ! Regardez qui vient là !
- Mais c'est notre bourreau des cœurs !
- Mamma ! Arrête stp !
- Nice, je te présente Alé, sniper, tireuse d'élite, elle ne rate jamais sa cible, lança Frédérica.
- Fédé, arrête ça ok ? bouda Alé en retirant ses lunettes. Enchantée de faire ta connaissance, Nice, dit-elle en se tournant vers l'invitée.
- Heureuse de te connaître enfin, répondit Nice. Et tu tires sur quoi, dis-moi ?
- Les canons.
- Pardon ? demanda la fille
- Les jolies filles, lui expliqua Paolo.
- Ah bien sûr, c'est vrai que…bredouilla t-elle en rougissant sans finir sa phrase.
- C'est vrai qu'on t'avait dit que ta cousine Alessandra préférait les filles, compléta la concernée en lui lançant son regard le plus charmeur.
- Miss Alessandra Vance ! Vous n'entendez tout de même pas flirter avec votre cousine j'espère ? Ce serait…
- C'est cool Mum, pas la peine de prendre ce ton, je déconne dit-elle en décochant encore une œillade à Nice qui rougit en détourant le regard.

*** Bien, on va voir ce qu'en pense la cousine, elle-même ***

Le petit déjeuner continua dans une ambiance bon enfant et les enfants partirent pour une promenade.

- Paolo, tu prends le volant stp ?
- Super !
- Et moi alors ? Pourquoi ya que Paolo qui a le droit de conduire ta caisse bouda Fédé.
- Parce que tu vas me la bousiller en moins de deux, miss Fédé !!!

Paolo monta à l'avant avec la petite Frédérica et Alé et Nice s'installèrent à l'arrière.

- Je suis surprise, tu sais lui dit Nice.
- Surprise ?
- Oui, je croyais que tu étais métisse comme tes frères. Je ne te savais pas plus foncée.
- Tu ne sais pas que nous ne sommes pas du même père avec mes frères ?
- Non, excuse-moi, je croyais que Marco était ton père aussi.
- Non. Mon père était un noir américain que ma mère a connu durant ses études au states. Il est mort très jeune. Il souffrait du gros cœur. Je ne l'ai pas beaucoup connu.
- Mr Vance ?
- Frank Vance.
- Je suis désolée.
- T'inquiète c'est pas toi qui l'a tué. C'est donc pourquoi moi je suis black, café au lait, si tu veux et mes diablotins de frères, métisses !
- Ok, je comprends mieux sourit la jeune fille.

A cet instant, Alé se tourna vers elle, la regardant pour la première fois d'assez près. Elle se rendit compte que sa cousine était vraiment très appétissante. Elle avait une peau très claire avec de grands yeux qui avaient tendance à se fermer tout seuls, lui donnant un air de langueur continuelle. Sa bouche aux lèvres fines était toujours humide, un appel au baiser.

Paolo monta soudain le volume sur un son rock secouant la tête avec sa petite sœur.

Nice se retourna et se rendit compte qu'Alé l'observait. Elle détourna très vite le regard puis retourna encore plongeant volontairement son regard dans celui de sa cousine et se pencha vers son oreille.

- Tes yeux, dit-elle à sa cousine, c'est ton arme la plus redoutable !
- Ta bouche, Nice, c'est ton fruit le plus attirant.

Ils passèrent la journée à visiter la ville. Puis déposèrent Paolo dans sa salle de sport et Fédé chez sa meilleure amie.

- Voilà, c'est mon appart dit Alé en s'effaçant à l'entrée pour laisser Nice entrer chez elle.
- Très joli ! dit Nice en faisant le tour sur elle-même pour embrasser de vue tout le salon.
- Vraiment très jolie répéta Alé en enveloppant Nice de son regard aguicheur.

La jeune fille déglutit avec peine et s'avança vers sa cousine. Alé attendit que Nice s'approche encore puis la poussa doucement contre le mur. Comme mue par une force soudaine, la jeune fille l'attira à elle brusquement et l'embrassa à perdre haleine.
Alé calma la fougue de sa cousine en la prenant dans ses bras et la poussa doucement sur le canapé.
La jeune fille s'allongea sur le dos. Sa cousine lui défit son chemisier, glissa ses mains à l'arrière pour dégrafer son soutien et libéra une paire de seins adorables.
Alé lui suça les tétons, caressa ses seins, descendit entre ses cuisses et lui fit découvrir les délices du plaisir saphique avec sa langue. La jeune fille jouit très fort, criant son plaisir sa main sur la tête d'Alé, appuyant très fort dessus.

- Non mais je rêve ou quoi ?! cria une voix au dessus de leurs têtes.
- Alex ! s'étonna Alé en se retournant.
- Nice ! s'étonna Alex.
- Alex ! s'écria Nice.
- Eh bien miss Vance, à ce que je vois, faire des galipettes avec tes cousines doit être ton passe temps préféré !
- Ecoute Alex, je suis dé…
- Tu es quoi ? Pas désolée, j'espère !
- Écoute calme-toi, stp, ya pas de quoi…
- Que je me calme, Alé, tu déconnes ! Tu crois que je vais supporter longtemps que tu me traites comme ça ? A peine j'ai le dos tourné que tu baises toutes les lesbiennes de Rome ! Et maintenant c'est Nice ! Tu veux finir la famille aussi ?
- Euh…dit Nice. Je ne comprends pas bien, Alé, qu'est-ce qui se passe, Alex ? Tu…Vous…
- Oui. Il se passe que je suis déjà sa " meuf-cousine " attitrée !
- Arrête ça, Alex, renchérit Alé. Tu prends tout ça un peu trop au sérieux. On est cousines je te rappelle. On s'amuse d'accord, mais il a jamais été question de mariage entre nous et tu le sais. C'est des choses qui arrivent. Nice et moi avons été attirées l'une par l'autre et puis voilà. Maintenant, tu vas me faire plaisir de te calmer, stp.
- Tu sais quoi, Alessandra ?
- Oui ?
- Va te faire foutre !!! cracha Alex qui sortit en claquant la porte.

Nice éclata en sanglots dès que la porte se ferma et Alé prit sa tête entre ses mains.

- Elle est vraiment fâchée hein ? demanda Nice en reniflant.
- Mais non, pleure pas. Ça lui passera, tu verras. Alex a toujours eu un tempérament assez impulsif. C'est son genre de faire du cinéma mais c'est rien de grave, tu verras.
- Mais elle va le dire à ta mère !
- Mais non, mais non, elle dira rien. Sinon, nous serions tentées toi et moi de confirmer qu'elle avait participé elle aussi, plaisanta Alé.

Nice esquissa un sourire en reniflant.

- Pourquoi ? demanda t-elle à Alé.
- Quoi ? C'est ma faute, je croyais qu'Alex avait compris qu'on prenait juste du bon temps ensemble.
- Non. Pourquoi tu es un bourreau des coeurs? Pourquoi tu as peur de t'attacher aux autres ?
- J'ai pas peur qu'est-ce que tu racontes ?
- Si. Ou alors tu attends quelqu'un que tu n'as pas encore connu…ou que tu as perdu.
- …
- Merci pour tout à l'heure, c'était sublime. Je n'oublierai jamais. Même mon mec ne m'a jamais aussi bien cavée, ajouta t-elle en souriant.
- Merci, Nice mais je n'ai aucun mérite. Je suis nulle !
- Non, tu es juste…perdue. Tu te retrouveras…Je vais m'installer chez ta mère. Appelle-moi si tu as besoin de parler ou d'autre chose.
Elle se pencha pour l'embrasser au coin des lèvres et sortit en poussant doucement la porte derrière elle.

Alé prit son téléphone et appela Alex.

- Qu'est ce que tu me veux, salope ?
- Arrête Alex, calme toi ok ? Tu peux pas me faire une scène, on est pas mariées, d'accord ?
- Ah ouais ?
- Écoute, je suis désolée que tu aies vu ça, j'ignorais que tu venais à Rome.
- Figure-toi que je voulais te faire une surprise et je te trouve entrain de détrousser la première cousine venue !
- Arrête Nice est ta cousine aussi !
- C'était bien de piner une blanche ?
- Oh arrête ça Alex, c'est quoi ce délire ? Depuis quand tu es raciste et puis Nice est pas blanche, elle est carteron !
- Je m'en fous, c'est une pétasse !
- Tu peux pas traiter tout le monde de pétasse enfin, Alex !
- Je traite de pétasse qui je veux ! Comme ta pétasse d'Angéla, elle a eu le courage de venir me demander de tes nouvelles. Elle est folle !
- Angéla ? Tu l'as revue ?
- De toute façon, elle devait voyager. Donc c'est pas la peine, tu la reverras jamais !
- Je pensais pas que tu pouvais agir comme ça, Alex. Je suis très déçue. Tu sais bien que j'ai toujours voulu revoir cette fille et tu m'as caché ça !
- Non, Alé, écoute, c'est parce que…

Alé raccrocha sans écouter la fin de la phrase de sa cousine et appela sa mère.

- Mummy ?
- Oui, ma chérie ?
- Je pars à Pointe-Noire.
- A Pointe-Noire, mais je croyais que tu ne voulais plus y retourner ! Tu pars quand ?
- Ce soir. J'y retourne. Il le faut.
- Tu m'expliqueras ?
- Promis, maman. Je t'appelle dès que j'arrive.
- D'accord, tes frères me disent qu'ils te rejoindront dans une semaine.
- Ok. Qui est à la villa ?
- Juste le gardien et sa femme. Je les appelle pour les prévenir de ton arrivée, d'accord ?
- Merci mamma.
- Mais de rien, ma chérie.
- Je t'aime mamma.
- Moi aussi je t'aime, mia bambina.

Alé raccrocha et appela sa secrétaire pour lui trouver un billet en first pour le Congo.

* * *

Angéla sourit en voyant la pub du Storm night club passé à la télé. Elle n'avait jamais pu se séparer du souvenir de cette nuit en boite avec cette fille aux nattes bouclées. Elle s'était tellement sentie attirée par cette inconnue ce soir là qu'elle n'avait pu se retenir et s'était laissée peloter par la fille dans les toilettes. Alé. C'était son prénom. Alessandra, comme elle le disait elle-même avec son délicieux accent italien.
Elle s'en était voulue de s'être sauvée comme ça cette nuit là, mais elle avait eu peur. Peur de la réaction de son corps aux caresses de cette inconnue, peur de l'ascendant qu'elle avait eu sur elle et sur ses sens. Elle avait toujours eu le contrôle sur tout : sa mère, ses copines, ses petites amies et son mec. Mais avec Alé, elle n'avait pas pu, se laissant dominer par le regard envoûtant de la jeune fille.

Elle avait essayé, quelques jours plus tard, de contacter Alex, la cousine d'Alé pour la revoir. Mais elle lui avait dit qu'Alé était retournée chez elle, en Italie, le lendemain de cette nuit. Elle s'était alors dit qu'elle avait eu raison de partir. Alé et elle, c'était une belle histoire, mais l'histoire d'un soir, et puis c'est tout.

Quelques mois plus tard, elle avait encore relancé Alex pour avoir le numéro d'Alé en Italie. Elle voulait lui parler, savoir comment elle allait. La connaître, car même si c'était un peu tard, elle se rendait compte qu'elles avaient fait les choses à l'envers.

- T'es vraiment une gourde, Angie ! Un canon comme ça et tu n'as pas songé à lui donner ton num avant de partir ? lui avait reproché sa meilleure amie, Jenny.
- Tu l'as dit bouffi ! Là, j'ai déconné sérieux ! Mais je suis sûre…au fond de moi, tu sais…je sais pas…j'ai l'intime conviction qu'on se reverra toujours un jour.
- Hum…dans tes rêves, ouais ! Sa sœur t'a dit qu'elle ne reviendrait plus. Comment tu comptes la revoir ? T'iras en Italie ?
- Hum…je sais pas…
- Je sais, débrouilles-toi pour épouser un Italien qui t'emmènera à Rome où elle vit et t'auras qu'à essayer de la retrouver !
- Jenny ! Tu me vois épouser un gars juste parce qu'il est Italien ? Pour aller à Rome ? T'es folle, ma chérie !

Angéla sourit en pensant que Jenny ne se doutait pas qu'elle avait vu juste. Angie rêvait vraiment de cette fille. Toutes les nuits, surtout quand elle dormait seule, elle revivait cette scène et se réveillait en sursaut, sa petite culotte complètement trempée.

- Faut te soigner ma fille, ça va plus toi ! se sermonna t-elle.

Alex lui avait dit qu'elle essayerait d'appeler Alé pour lui demander si elle souhaitait qu'on passe son numéro à Angéla. Elle n'avait eu aucune réponse d'Alex depuis. Peut-être Alé ne se souvenait même plus d'elle. Il y avait tant de belles filles à Rome, qu'espérait-elle ? Un canon comme Alé n'aurait pas eu du mal à se trouver une copine et à l'oublier. Alors pourquoi Angie n'arrivait-elle pas à l'oublier ?

- Rahhh, Angie ! Arrête de penser à cette fille p… ! cria t-elle.
Alessandra. Que deviens-tu ? Tu m'as sûrement oubliée mais tu es devenue mon obsession. J'en suis sûre, je te reverrai un jour. Et ce jour là, il faudrait que je me libère de toi, à jamais.






Depuis le 23/06/2008