Je t'aime moi non plus

Chapitre 4 : Je t'aime, moi non plus




 

Alé rentra chez elle sans arrêter de penser à Angéla et dormit le sourire aux lèvres, rêvant d'Angel, de son corps…

Le lendemain, Alé se leva de très bonne humeur. Elle avait passé une très bonne nuit. Un peu frustrante à cause des rêves érotiques qu'elle avait faits et qui l'avaient réveillée plusieurs fois dans la nuit, en sueur, la main entre les cuisses, haletante.

 

*** Angel, mon Angel, je t'ai enfin retrouvée ! Mon Dieu, je croyais que le fait de revoir cette fille allait m'aider à l'oublier et je me rends compte que je vais devenir dingue, elle est simplement trop top quoi ! Il me la faut absolument, pour retrouver ma tranquillité d'esprit. Sinon je perdrai la boule ! *** pensait-elle.

 

Elle se dit qu'elle devait appeler la brune pour essayer d'avoir un rencard avec elle. Elle était presque sûre que la fille avait autant envie qu'elle de continuer ce qu'elles avaient commencé il y a deux ans.

 

Juste au moment où elle s'apprêtait à décrocher le téléphone pour appeler Angel, celui-ci sonna.

 

-          Pronto? fit-elle en décrochant.

-          Hey sniper !

-          Fédé ? Ca va, ma puce ?

-          Très bien, ma grande sœur chérie. Nous sommes à Pointe-Noire. Tu peux nous envoyer un chauffeur à l'aéroport, per favor ?

-          Oh mais je peux bien faire le chauffeur pour mes deux avortons de petits frères adorés !

-          Super ! On t'attend, Paolo est en train de récupérer les valises.

-          Parfait, je me mets en route de suite.

 

Elle se mit en route et prit son portable pour appeler Angéla.

 

-          Allô ?

-          Allô.

-          Bonjour Angel, c'est Alé.

-          Salut Alé.

-          Je ne te dérange pas ?

-          Non, pas du tout.

-          J'appelais pour avoir de tes news.

-          Oh, c'est gentil, je vais bien. Et toi, ça va ?

-          Un peu. Mais ça irait mieux si tu acceptais de déjeuner avec moi aujourd'hui.

-         

-          Euh… c'est non ?

-          Non… enfin, je veux dire que non, je n'ai pas dit non, juste que c'est plutôt imprévu.

-          T'inquiète, c'est vraiment en amitié, Angel. J'en profiterai pour te présenter à mes frères, ils ont très envie de te connaître.

-          Ah ouais ?

-          Alors ?

-          Ok. Quelle heure et où ?

-          Dis-moi où tu es, je passe te chercher dans une heure si t'es ok.

-          Ok. Je suis à Boscongo.

-          Ok. Je t'appelle dès que je suis dans ta zone afin que tu m'indiques.

-          D'acc. À tout à l'heure !

-          A toute !

 

Elle raccrocha très contente de cette conversation.

 

Angéla se demandait si elle avait bien fait d'accepter cette invitation et appela sa meilleure amie. Elle avait besoin de lui parler. Depuis qu'elle avait revu Alé, elle se sentait perdue. Elle avait tellement rêvé de l'instant où elle aurait revu Alé. Elle ne comprenait cependant pas pourquoi elle l'avait presque jetée.

 

*** T'es vraiment trop conne, ma vieille ! *** se dit-elle.

 

A l'instant où elle voulait prendre son phone pour appeler Jenny, elle entendit sa sœur l'appeler.

 

-          Angie !

-          Oui !

-          Jenny est là !

-          Dis-lui de venir dans la chambre !

 

Elle se déshabilla et mit une serviette autour de sa taille.

 

-          Salut Angie !

-          Salut, ma puce, dit-elle mollement.

-          T'as pas la forme on dirait...

-          Elle est revenue.

-          Qui ?

-          Alessandra.

-          Le canon du Storm ?

-          Ouais.

-          Alors ? Vous vous êtes vues ?

-          Oui.

-          Et alors ?

-          Et alors quoi ?

-          Ben, qu'est-ce que tu ressens ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Raconte !

-          Rien…Je veux dire, on s'est vue et… je lui ai passé mon num.

-          C'est tout ?

-          Non. On doit déjeuner ensemble tout à l'heure.

-          Tu vas te mettre avec elle ?

-          … non. Je… tu y vas un peu vite non ?

-          C'est vrai en plus, tu connais à peine cette fille, Angie. Tu devrais te méfier tout de même, tu sais.

-          C'est juste en amitié. Elle veut qu'on soit bien.

-          Je vois. Et… tu as pensé à ce que je t'ai propo…

-          Stp, Jenny. C'est pas le moment. Je… je suis assez confuse et… je n'ai pas vraiment eu le temps d'y penser… je… je suis juste pas en mesure d'en reparler… tu comprends ?

-          Je vois surtout que maintenant que ta canon est là, tu veux plus de moi. Elle a bien choisi son heure pour arriver. Et deux ans après, tu as l'air bien de lui avoir pardonné de n'avoir même pas cherché à te revoir.

-          Écoute, Jenny. C'est pas aussi simple que ça. Écoute, je vais prendre une douche et on va continuer cette conversation tout à l'heure si tu veux, lui dit-elle gentiment.

-          Je peux venir regarder ? demanda Jenny malicieusement.

-          Vaut mieux pas, ma chérie, sinon tu vas sûrement m'empêcher de me doucher tranquillement, petite perverse !

-          Oh… c'est pô juste !

 

Elle prit sa douche, s'habilla et se mit devant le miroir de sa chambre pour s'apprécier.

 

-          Qu'est-ce que tu en penses, Jenny.

-          Très belle, Angie. Comme d'hab, d'ailleurs !

-          Merci, lui sourit-elle.

 

*** A nous deux, Alé ! Je vais te torturer, ma belle androgyne…***

 

Juste à cet instant, son portable sonna.

 

-          Oui ?

-          Angel ?

-          Oui, Alé.

-          Oui. Je suis dans ton quartier. Peux-tu me dire où te prendre ?

 

Elle lui indiqua rapidement la route.

 

-          Salut, dit Alé en descendant de la voiture. *** Oh Lord, quelle beauté ! ***

-          Bonjour.

-          Euh… ce sont mes frères : les mioches, je vous présente Angéla. Angéla, voici Paolo, mon petit frère…

-          Enchanté de faire ta connaissance, Paolo.

-          Tout le plaisir est pour moi, belle demoiselle, lui dit-il en souriant de son sourire le plus charmeur.

-          … et Fédérica, ma peste de petite sœur.

-          Enchantée, Fédérica.

-          C'est moi qui suis enchantée de te connaître… enfin. Tout s'explique, tu es vraiment très belle, Angéla.

-          Merci, Fédérica. Tu peux m'appeler Angie.

-          Ok. Et dans ce cas, moi c'est Fédé.

-          Ok, Fédé. Mais, je suis bête. Je vous présente ma meilleure amie, Jenny.

-          Enchantée de faire ta connaissance, Jenny, répondirent-ils en cœur.

-          Mais montez les filles, dit Alé. Jenny, tu peux bien venir, bien sûr ?

-          C'est que… je ne veux pas m'imposer, je n'étais pas censée être là.

-          Mais non, tu ne déranges pas du tout, demoiselle. Ceci est un déjeuner de l'amitié alors, plus on est de fous, mieux c'est, n'est-ce pas les mioches ?

-          Sisiii !!! répondirent les dits mioches en cœur !

 

Les filles montèrent dans la Prado et Alé mit les gaz en direction de leur villa.

Arrivés à la villa, les mioches déposèrent leurs bagages dans les chambres et tous se mirent à table pour le déjeuner.

 

-          C'est à ce moment que Mamma est entrée dans la chambre d'Alé ! s'exclama Paolo.

-          T'aurais vu sa tête quand elle vit la tête de sa fille entre les jambes d'une fille ! Elle était dépassée Mamma, hein, Alé ? appuya Fédé.

-          Choquée, la pauvre, répondit Alé en riant.

 

Ils éclatèrent tous de rire.

 

-          Et qu'a-t-elle dit, demanda Angéla, pressée de savoir comment Alé s'était tirée de cette situation cocasse.

-          Tout simplement : "Ma fois, miss Vance, je crois qu'il est temps de vous prendre un appartement à vous, pour notre tranquillité à tous !"

-          Ah ouais ? C'est tout ?

-          Eh oui. Cool non ? demanda Fédé.

-          Ça c'est sûr qu'elle est cool votre mère, hein !

-          Oui, elle est merveilleuse, Mamma. Normal, c'est la plus grande fan de sa fille, ajouta Paolo.

 

Ils continuèrent à bavarder joyeusement, apprenant à se connaître les uns les autres grâce à des anecdotes amusantes de leur vie respective.

 

Angie se dit qu'en plus d'être diablement sexy, Alé était simplement adorable. Tellement gentille et ouverte. Elle se félicitait d'avoir gardé le contact avec elle cette fois-ci et se dit qu'elle devrait s'arranger pour faire comprendre à Alé qu'elle voulait bien plus que son amitié. Elle ne savait pas où cela la mènerait, elle se disait que ce serait merveilleux de passer du temps dans ses bras, de l'écouter parler, et surtout de faire l'amour avec elle en se souvenant de cette fameuse nuit, il y a deux ans.

 

Alé de son côté se félicita d'avoir eu cette idée de déjeuner avec la jeune fille, sa meilleure amie et les mioches. Elles étaient en terrain neutre et cela leur permettait d'apprendre à se connaître sans qu'Alé ait trop l'air de draguer ouvertement Angéla. Ce qu'elle se dit qu'elle devrait se mettre à faire très bientôt car, ses instincts de séductrice se réveillant, elle sentait Angéla très réceptive et apparemment prête à aller plus loin.

 

C'est à ce moment qu'Alex arriva.

 

-          Coucou tout le monde ! lança joyeusement Alex.

-          Coucou ! répondirent les mioches.

-          Salut Alex. Tu connais déjà Angéla. Et voici Jenny.

-          Je les connais toutes les deux.

-          Salut, répondirent les filles.

-          Alors, comme ça ce sont les retrouvailles ? lança Alex.

-          Alex, ne commence pas, stp.

-          J'ai rien dit de mal, quoi ? protesta Alex. J'espère que tu n'avais pas pris ça mal, Angie chérie, si je te donnais pas de nouvelles d'Alé c'est que, connaissant ma cousine, je savais qu'elle n'allait te faire que du mal. C'est un vrai bourreau des cœurs, tu sais ? lança-t-elle sur un ton ironique.

-          Je ne t'en veux pas, ce sont des choses qui arrivent même s'il est clair que c'est à moi de juger de qui me fait du mal ou pas, répondit Angéla sur le même ton.

-          Hey Alex, tu sais que Carlos est ici ? coupa Fédé pour éviter la tension qui commençait à s'installer entre les deux filles.

-          Ça vous dirait de visiter la maison, les filles ? demanda Alé à Angéla.

-          Je veux bien, oui, dit Angéla.

-          Non, merci, répondit Jenny. Je préfère rester là et rire des blagues débiles de Paolo.

-          Ah, si tu trouves mes blagues débiles, je dirai plus rien pour te faire rire.

-          Non, je plaisante, tu es trop drôle, je préfère rester ici.

-          Fais gaffe à mon pitre de frère, c'est un vrai coureur, hein !

-          T'inquiètes, je saurai me défendre.

 

Elles s'éloignèrent des autres.

 

-          Et voici ma chambre ! annonça Alé.

-          Je peux entrer ? demanda timidement Angéla.

-          C'est à toi de voir… lui répondit malicieusement Alé.

-          Pour visiter, bien entendu, précisa-t-elle en souriant.

-          Bien entendu, pour visiter.

 

Les deux filles flirtaient gentiment.

 

-          Il est vraiment grand ton lit, commenta Angéla.

-          Trop grand hélas pour quelqu'un de seul comme moi, dit Alé, faussement triste.

-          Je suis sûre qu'il a dû en voir de toutes les couleurs depuis que t'es ici, taquina Angéla.

-          Oh non, je crois d'ailleurs qu'il est assez triste de ne pas voir assez de jolies demoiselles passer ici.

-          Hum… parce qu'il a des états d'âme, ton lit ?

-          Si, je t'assure. Des fois, il me fait une scène quand la fille n'est pas assez à son goût.

-          Ah ouais, et il te dit… quoi ?

-          Il se met à grincer, il fait la tronche.

-          T'es grave toi à avoir des conversations avec ton lit. Tu serais pas un peu barge sur les bords ?

-          Pas un peu. Beaucoup.

 

Angéla rit de la plaisanterie et remarqua le silence de la jeune fille. Celle-ci la fixait silencieusement. Angie se sentit enveloppée par le regard intense de cette fille qui lui faisait tant d'effet. Elle déglutit avec peine et se dit qu'il était temps de satisfaire ses sens, elle était fatiguée de toute cette tension sexuelle qu'il y avait entre elles et n'en pouvait plus de jouer au chat et à la souris.

 

Alé de son côté pensait pareil. Elle se dit qu'elle ne pouvait pas supporter d'être juste amie avec cette fille. Elle avait trop envie d'elle. Et, assurément, Angel aussi en avait envie. Elle lui décocha un regard brûlant, preuve de l'intensité de son désir et se dit qu'il était temps d'agir. Elles n'avaient que trop perdu du temps.

Elle attira doucement la jeune fille vers elle.

 

-          God, tu es si belle, Angel !

-          Merci, murmura timidement la concernée. Je te retourne le compliment, Alessandra. Tu me fais craquer. Je…

 

Alé l'interrompit d'un baiser et la jeune fille y répondit avec fougue en poussant un grand soupir.

 

-          Oh pardon ! lança Alex qui entra en trombe dans la chambre sans toquer. Je ne savais pas que vous étiez là.

-          Pas grave, grogna Alé. Qu'est-ce que tu voulais ?

-          Oh juste m'allonger, mais je vais aller dans la chambre d'amis.

-          Ok. Tu pousses la porte, stp ?

 

Elle sortit. Alé se rapprocha d'Angel pour reprendre là où elles avaient été interrompues quand la porte s'ouvrit encore.

 

-          Euh… désolée, mais j'ai besoin de ton Ipod, Alé, stp.

-          Dans mon sac au salon.

-          Ok, bye !

 

Elle fit mine de sortir et revint.

 

 - Quoi encore !? Demanda Alé, exaspérée.

 - Tu peux me passer des sous stp, j'ai plus une seule tune.

 - Il me semble, Alex, que tu voulais aller écouter la musique dans la chambre. Je te donnerai ce dont tu as besoin tout à l'heure. Maintenant, peux-tu nous laisser, stp, chère cousine ?

 - Promis ? Tu me donneras tout ce dont j'ai besoin ? dit-elle malicieusement.

 - Alex, stp.

 - Bon ok, je vois bien que je dérange, je vous laisse.

 

Elle sortit et ferma la porte violemment.

 

-          Enfin seules, soupira Alé.

-          Tu couches avec ta cousine ? demanda Angéla

-          Quoi ?

-          Tu couches avec elle ?

-          Euh… non, c'est ma sœur, répondit maladroitement Alé.

-          Hum. Elle a pas l'air de beaucoup apprécier qu'on se voit.

-          Pfff ! dit simplement Alé en haussant les épaules. Je fréquente qui je veux, tu sais, c'est pas à Alex de me dire avec qui être.

-          Ecoute, je vais y aller. Ça fait beaucoup d'émotions pour aujourd'hui. On se voit demain.

-          J'avais espéré que… ok, c'est pas grave. On se voit demain, si tu veux bien.

-          T'inquiète, Alessandra, moi aussi j'ai envie de toi. Mais je préfère qu'on attende un peu. On a attendu deux ans, on peut attendre encore quelques jours, n'est-ce pas ?

-          Oui, t'as raison. On va attendre, mais pas trop quand même, hein, d'accord ? Je ne pourrai pas tenir longtemps, tu sais, avec tes manières si sexy, belle demoiselle.

 

Angéla effleura les lèvres de sa nouvelle amie légèrement. La jeune fille la raccompagna et Jenny et elle prirent un taxi pour rentrer.

 

-          Alors, ça y est, vous êtes ensemble, toi et Alé ? demanda Jenny.

-          Je… je sais pas.

-          Ecoute, ma chérie, j'ai réfléchi et c'est toi qui avais raison. Je t'aime et je veux que tu sois heureuse. Et si c'est Alé que tu veux, je le respecte. Et moi, je continuerai à être ce que j'ai toujours été pour toi : ta meilleure amie, toujours là pour toi.

-          Merci Jenny. Je t'aime.

-          Je t'aime aussi.

 

*

*     *

Alé était dans sa chambre en train de penser à la journée qu'elle avait passé avec la belle Angel quand Alex vint interrompre le cours de ses pensées.

 

-          Alé ? Je peux entrer ?

-          Oui, Alex ?

-          Ecoute, je dois te parler.

-          Je t'écoute, Alex.

-          Je t'aime, Alé. Je sais que je me suis mal comportée pour l'histoire de Nice et que je t'ai menti pour Angie, mais c'est parce que je ne supporte pas de te voir avec une autre fille. Stp, moi je t'aime vraiment, je suis amoureuse de toi, Alé.

-          Tu te rends compte de ce que tu dis, Alex ? Où veux-tu que cela nous mène ? On est de la même famille.

-          Je m'en fous, Alé, je te veux pour moi seule. Ne me laisse pas, stp lui dit-elle en essayant de l'embrasser.

-          Pardon, Alex, dit Alé en évitant ses lèvres. Nous n'aurions jamais dû aller aussi loin et tu le sais. Je suis désolée, tu sais bien que c'est impossible. Nos parents n'aimeraient pas apprendre un truc de ce genre.

-          Les parents peuvent comprendre, tu le sais bien. Il y a des familles où les cousins se marient entre eux, ça ne fait rien.

-          Déjà, nous sommes deux COUSINES, en plus d'être gouines, je crois pas que la famille appréciera de savoir que nous avons commis un inceste.

-          Mais…

-          Désolée, Alex. Il faut que tu arrêtes de penser à moi de cette façon. Je t'aime beaucoup. Soyons des sœurs, chérie. C'est ce que nous sommes, stp.

-         

-          Tu veux bien ?

-         

-          Alex ?

-          Ok, c'est bon. *** Si tu crois que je vais te laisser, Alessandra Vance, tu te trompes complètement. J'ai pas dit mon dernier mot encore… ***

-          Merci.

 

 







Depuis le 29/09/2008