On toque à ma porte. Je sais que c'est elle. Je ne pleure plus mais je ne réponds rien, j'ai pas envie de lui parler... pas maintenant. Elle entrouvre la porte. Je devine qu'elle passe la tête pour voir ce que je fais. J'ai la tête dans l'oreiller et décide de faire semblant de dormir. Elle s'assied à côté de moi sur le lit. Elle pose sa main sur mon dos et commence à faire de doux mouvements, presque comme des caresses. Mais à quoi elle joue bordel?! Je frissonne, je ne peux pas m'en empêcher.
"- Je sais que tu ne dors pas." Je me retourne et la regarde droit dans les yeux en lui disant:
"- Je vais retourner dans mon appartement demain.
- Mais... enfin pourquoi? T'es pas bien ici?
- Non.
Elle est visiblement surprise et choquée de mon aveu.
- Que...quel est le problème? En plus ton appartement est en travaux et toujours inondé!
- Peu m'importe.
- Je... j'ai fait quelque chose de mal? Là s'en est trop ! J'ai un petit rire amer.
- Ne fais pas l'innocente, tu sais très bien ce qui ne va pas! Ce serait mieux que l'on ne se voie plus.
- Non! Est-ce que c'est à cause du jeu? Ce n'est pas à cause de toi, c'est... c'est juste qu'ils aiment les démonstrations, et s'ils ont proposé ce jeu, je sais très bien que c'était dans l'unique but de nous voir nous embrasser. Je ne suis pas une bête de foire! me dit-elle
- Et?? Il te suffisait de refuser de jouer. C'est un peu facile! T'as le droit de me dire que je suis qu'une pauvre fille avec qui tu t'es amusé un temps et que maintenant t'en a marre!"
A l'éclair de douleur qui passe dans ses beaux yeux, je sais que j'ai visé juste. Je ne voulais pas en arriver là... Et ce mal de crâne... Je hais la vodka...
"- Si c'est tout ce que tu penses de moi, t'as raison, il vaut mieux que tu retournes chez toi et que tu m'oublies. Je ne me suis pas amusée avec toi, pas comme ça en tout cas. Je ne suis pas la méchante lesbienne qui a essayé de corrompre la pauvre petite vierge effarouchée. Je n'ai absolument rien fait pour tenter de te séduire, bien au contraire, j'ai juste fait tout ce que j'ai pu pour ne pas que tu te sentes gênée, que tu sois à l'aise, et au cas ou tu ne l'aurais pas remarqué, il ne s'est rien passé entre nous"
Elle à raison, je le sais, mais j'ai du mal à l'accepter. Je m'en veux. T'es trop stupide ma pauvre fille.
Elle tente de se lever, je l'attrape par le bras, la forçant à se retourner vers moi.
"- Je suis désolée. C'est pas du tout ça que je pense de toi, et je voulais que tu le saches. Je m'en irai demain, j'ai déjà fait assez de dégâts...
Elle reste quelques secondes sans rien dire, les yeux dans le vague. Puis elle prend sa tête entre ses mains en soupirant. "- Je ne veux pas que tu partes".
Je sais plus quoi dire, plus quoi faire.
"- Moi non plus je ne veux pas partir.
- Alors quel est le problème? Je ne comprends pas!" fait-elle en relevant la tête, pleine d'espoir et d'incompréhension. C'est le moment ma vieille.
Je lève ma main et lui caresse la joue de ma paume. Lentement, comme pour lui donner le temps de fuir, je viens poser mes lèvres sur les siennes. C'est encore plus doux que ce que j'avais imaginé. Des frissons me parcourent le corps. Je me recule, laissant ce baiser au stade de "presque amical". Elle me regarde sans avoir l'air de vraiment comprendre, sans avoir l'air de vraiment y croire.
"- Je crois que je suis tombée amoureuse de toi, et c'est bien ça le problème.
Elle ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais je la coupe
- Non, non Jen, je sais que tu ne veux pas de moi, je l'ai toujours su, mais s'il te plaît, je voudrais qu-"
Je suis coupée, j'ose à peine y croire. Ses lèvres sont de nouveau sur les miennes. Je me rallonge sur le lit, en l'entraînant avec. Elle s'installe au-dessus de moi. Sa bouche s'entrouvre pour laisser passer ma langue. Le baiser devient plus passionné, plus profond. Je ne crois pas que quelqu'un puisse embrasser aussi bien. Ma main se pose derrière sa nuque et l'attire tout contre moi. Je ne veux pas que ça s'arrête, j'ai trop peur de rêver. Nous nous séparons à bout de souffle. Mon cœur s'arrête de battre.Au moins tu mourras heureuse! Je lis enfin dans ses yeux le désir et la tendresse que j'ai tant espéré y voir.