Je m'installai en plein milieu au bar, bien décidée à me changer les idées. Au bout d'une heure et deux whisky-coca, un jeune homme plutôt mignon vint me parler. Il était grand, brun, des yeux verts et un air ténébreux, le genre à me faire craquer.
"- Bonjour! Ça va aller?
- Euh... oui oui! dis-je sans réelle conviction. Pourquoi?
- J'ai rarement connu plus mauvaise menteuse! me fit-il en souriant. Allez j'ai une proposition à vous faire: Vous me dites ce qui vous tracasse, je vous écoute, je fais ce que je peux et je m'en vais.
- Pourquoi feriez vous ça?
- Ça peut paraître stupide mais je n'en ai aucune idée, vous m'êtes sympathique c'est tout!! Alors ça marche?
- Euhh.... ok, je me laisse tenter! Dis-je en lui offrant mon plus beau sourire"
On passa ainsi le reste de la soirée à discuter et l'on s'entendait si bien que ça me fit oublier tous mes petits problèmes et surtout Jen. Le soir venu, en parfait gentleman il me raccompagna à la porte d'en bas et je me décidai à l'embrasser. J'ai tout d'abord cru qu'il allait me repousser, mais au bout d'un certain temps il me rendit mon baiser. Il me sourit et partit: le lendemain, il était prévu que l'on se revoie, même lieu, même heure. Après seulement 4 semaines, j'avais craqué, je n'étais plus célibataire... C'est incroyable de pas pouvoir rester célibataire plus de 1 mois! T'as vraiment pas de volonté! Le sourire aux lèvres, je m'endormis paisiblement. J'occupai la majeure partie de ma journée à penser à notre rendez vous de ce soir... et à ma voisine.
Il vint me chercher chez moi, avec même un peu d'avance. Je ne pus m'en empêcher, et dès que je le vis, je me mis à l'embrasser passionnément, là, sur le palier. Je crois bien que j'essayais de me convaincre qu'il m'avait manqué. Soudain je remarquai que quelqu'un qui montait les escaliers avait été témoin de ma petite scène. Jen, bien sûr... pourquoi fallait-il qu'elle voie ça! Et merde! Elle me lança un regard qui me sembla différent des autres, ses incroyables yeux bleus ne contenant plus leur pétillement habituel, puis elle reprit son ascension sans un mot, sans même un sourire. Tu t'es fait des films, elle t'a regardé normalement. C'était étrange, je me sentais... Coupable, tu te sens coupable... Qu'est ce qui t'arrive? C'est ta voisine! Elle n'en a probablement rien à faire.
" - Ça va chérie? La voix d'Erik interrompit mes pensées.
- Hein? Euh... oui oui désolée! fis-je tentant de paraître convaincante. Raté.
- C'était qui?
- Ma voisine, Jen...
- Elle est mignonne!!" me fit-il en riant. Je savais bien qu'il plaisantait, mais je lui en voulais de parler d'elle comme ça, comme si il n'y avait que moi qui avait le droit de le dire. Et puis d'abord mignonne c'est pas assez pour la décrire...
Je me retournai et pris ma veste. "Prêt?". Sans un mot, je lui pris la main et nous descendîmes les escaliers. La soirée se passa bien... enfin j'imagine, Erik pouvait bien faire ou dire tout ce qu'il voulait, je n'écoutais pas, j'étais bien trop perdue dans mes pensées pour ça. J'ai fait semblant de m'intéresser pendant un moment, jusqu'à ce qu'il me dise:
" - Chérie, est ce qu'il y a eu quelque chose entre cette fille et toi? Pourquoi t'es comme ça depuis que tu l'as vue? Explique moi, je ne comprends pas, s'il te plaît... Le ton était suppliant, mais pas assez pour me faire craquer
- Y a rien à dire!" C'est ça le pire, il ne s'est rien passé et toi tu te mets dans tous tes états pour un simple regard, que tu n'es même pas sûre d'avoir vu!
Il ne fut pas satisfait de la réponse, mais ajouta juste un "Si tu le dis, je te crois. En tout cas si tu veux parler je suis là" . Il était vraiment adorable... Alors pourquoi tu crèves d'envie de le larguer? Non je ne veux pas le larguer... Tu préfères penser à quelqu'un d'autre quand tu es avec lui? Nan, tu-
Il me prit la main, interrompant la joute verbale entre moi et moi-même:
" - Écoute chérie, il est tard, tu as eu une grosse journée, et il vaudrait mieux que tu te reposes, je vais te raccompagner chez toi.
- Ok... je.... désolée, merci Erik." Il me fit un petit sourire avant de se lever et de me tendre mon manteau. Je l'invitai à entrer mais il déclina mon offre, prétextant le fait qu'il fallait qu'il se lève tôt le lendemain et qu'il ne voulait pas me réveiller. Tant pis pour lui! Je l'embrassai en tentant d'y mettre un peu de conviction avant de fermer la porte.