L'amour à l'improviste

Chapitre 9




Je fus réveillée avant elle. Je laissai mes yeux se balader sur ce que laissait transparaître le mince drap blanc. Décidément y a rien à jeter! Pas de doute, si la perfection avait un nom, je crois que ça aurait été Jen. Je passai ainsi plusieurs minutes à contempler les traits fins de son visage, ignorant la douleur lancinante dans mon cou meurtri. Je fermai alors les yeux, me laissant bercer par le rythme calme de sa respiration. Je ne me souviens pas avoir connu quelque chose d'aussi bon et reposant de toute ma vie. Environ un quart d'heure plus tard, je la sentis émerger doucement, commençant par se blottir un peu plus contre moi, pour finalement ouvrir un oeil. Je pouvais sentir la brûlure de son regard même avec les yeux clos. Je lui souris tout en fermant les yeux:
"- Bonjour... bien dormi?
- Très bien, j'avais un bon oreiller!" me dit-elle d'une voix ensommeillée qui était terriblement sexy.
Je lui souris en penchant la tête pour mieux la regarder, ayant complètement oublié l'état du haut de mon dos. Une petite grimace de douleur m'échappa. Avant que j'aie eu le temps de m'en rendre compte, elle s'était relevée et me regardait d'un oeil inquiet:
"- T'as mal quelque part ? Oh je suis désolée...
- Non non c'est bon ça va aller, je suis juste un peu raide en haut du dos mais ça va je t'assure, et puis c'est pas comme si c'était de ta faute, c'est juste qu'il y a une grosse qui s'est allongée sur moi cette nuit...
Je lui fis un clin d'oeil.
"- Laisse moi arranger ça!" Elle sourit et me prit délicatement par les épaules avant de me mettre à plat ventre sur le lit. Elle s'assit sur mes fesses et commença à remonter ma chemise. J'essayai de me concentrer sur autre chose que l'endroit où nos deux corps entraient en contact. Je ne songeai même pas à résister, tellement la sensation de ses mains sur ma peau me rendait heureuse. Pas de doute, c'est pas vraiment de l'amitié que tu ressens pour cette fille!Ses mains expertes commencèrent à pétrir les muscles endoloris, soulageant en quelques secondes la douleur qui ne semblait pourtant jamais vouloir s'arrêter.
"- C'est bon ?" Incapable de lui répondre une phrase contenant plusieurs mots, je grognais de contentement. Ça la fit rire. Je regrettai d'avoir fait ça. La sentir s'agiter sur moi était une véritable torture. Surtout qu'elle à rien sur le dos!... Ne pense pas à ça... concentre toi, c'est juste une amie... Bien sûr même avec toute la mauvaise foi du monde, je savais que je n'en pensais pas un mot (enfin une pensée!). Elle continuait à me masser, cette fois dans le but de me détendre. Ses mains parcouraient tout mon dos, m'arrachant des frissons par dizaines. Au bout d'un long moment qui me parut pourtant bien trop court, elle rabaissa ma chemise.
"- Ça va mieux?
- Je peux venir dormir ici tous les soirs si j'ai un massage comme ça tous les matins!
- Ok! Ça tombe bien je fais ce cauchemar quasiment toutes les nuits!"
Et toi qui plaisantais! Attends une seconde, tu crois qu'elle est sérieuse? Est ce que c'est une bonne idée, avec ce que tu éprouves pour elle? ... J'ai pas envie de le savoir, on verra ça ce soir!
J'attendais qu'elle se lève et qu'elle soit habillée avant de me retourner, dans le doute je demandais:
"- C'est bon t'es décente?
- Retourne toi tu verras!" C'est malin, tu fais quoi maintenant? Lentement, je me retournai, les yeux mi clos, prête à les fermer si jamais elle m'avait fait une sale blague. Heureusement elle était habillée. Enfin si on considère qu'un mini-shirt et un soutien gorge c'est habillé!
Deux minutes plus tard, on était dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner. Enfin on... j'avoue, elle m'a ordonné de m'asseoir, ce que j'ai fait sans broncher. Elle m'a questionné sur ce que je voulais, je fournissais des réponses évasives, bien trop concentrées sur ses incroyables jambes et son ventre musclé pour réfléchir à ce que je voulais. Plus d'une fois elle est venue se planter devant moi en répétant la question, espérant me faire réagir, mais ne se rendant pas compte que cela produisait l'effet inverse. Mes hormones travaillaient comme jamais depuis mon adolescence.
Elle fut néanmoins capable de me faire un petit déjeuner à mon goût et en sa compagnie: le rêve quoi! Je partis au travail plus joyeuse que jamais, et j'avais hâte de retourner à son (à mon) appartement le soir venu.