L'amour de deux jeunes filles

Chapitre 13 : Yulia




  C'est sans surprise que je découvris une maison complètement vide. Ma mère devait être chez sa nouvelle conquête… Je rejoignis d'un pas las la cuisine. Elle ne m'avait rien laissée, pas un mot, rien. Je préparais le repas, l'esprit ailleurs. Je ne pouvais m'empêcher de penser à mes problèmes. Est-ce que j'avais bien fait de commencer une relation avec Lena ? J'en doutais de plus en plus. Je ne voulais pas passer mon temps à me cacher, pourtant c'est ce qu'elle exigeait de moi. Je ne pouvais pas lui en vouloir, mais combien de temps continuerions-nous à nous embrasser aux toilettes entre deux récréations ? Je planais dans un brouillard épais de confusion. Je ne savais pas quoi faire, ni à qui demander de l'aide. Je savais mon comportement égoïste, cependant, je ne demandais pas plus pour le moment, je songeais juste à l'avenir. Continuerons-nous à nous fréquenter dans deux ans ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue.
Je me couchais, cherchant à oublier les questions qui tournaient sans cesse dans mon esprit. La nuit porte conseil, enfin, j'espère…
Ma nuit de sommeil ne m'a pas aidée. J'étais toujours entourée de doutes et d'incertitude. Je passais ma journée de dimanche à ne rien faire, comme tous les dimanches de solitude.
J'appréhendais l'arrivée du lundi matin. Je rejoignis le lycée le ventre vide et l'estomac noué, la peur et le stress m'avaient poussée à rester à jeun. Pourtant, quand mes yeux se posèrent sur sa silhouette, mes doutes disparurent. Son sourire me fit retrouver le moral. Mes peurs s'envolèrent. Comme chaque matin, je fis la bise à toute la petite troupe, m'introduisant dans la conversation. Je me croyais guérie de la maladie 'incertitude', mais quand nous nous quittâmes pour aller en classe, mon moral chuta à une vitesse impressionnante. Malgré mon attrait pour les maths, le cours n'attira pas mon attention, j'avais un autre problème à résoudre que celui de mon bouquin. Je me sentais tellement mal, j'avais l'impression d'étouffer, et bien que les fenêtres soient grandes ouvertes, il me semblait que l'oxygène me manquait.
Je pris la décision d'en parler à quelqu'un et la personne d'Anastasia me parut être le meilleur choix. Je m'isolais du reste du groupe à la récréation et lui livrais ouvertement mes craintes et les questions qui torturaient mon esprit. Elle réfléchit quelques instants puis me demanda ce que je comptais faire. Ma réponse se limita à un haussement d'épaules. Qu'est-ce que je pouvais bien faire ? Je lui posais la question. Une nouvelle fois elle se creusa les méninges.
''Tu devrais attendre et voir comment la situation évolue.''
J'eus un petit rire empli d'amertume. Comment pouvais-je rester ainsi ? Il me semblait que je mourrais lentement, submergée par moi-même. Pourtant, c'est ce que je choisis de faire. Je ne pouvais pas blesser Lena en lui disant que je me sentais tellement mal à cause de notre relation que j'avais envie de vomir quand elle n'était pas près de moi. D'un coup, un éclair me frappa de plein fouet en une révélation. Cependant, pas d'ange Gabriel à l'horizon. Peut-être que le bonheur que m'avait procuré les bras de ma belle rousse faisait de mon quotidien un enfer. Ses lèvres étaient la clef de mon paradis, elles me sauvaient du Schéol qu'était devenu mon quotidien. J'exposais cette pensée à Anastasia. Sa seule réaction fut une moue peu convaincue de mon explication.