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Je jetais un regard plus qu'inquiet à ma petite amie. Quelque chose n'allait pas, je le savais pertinemment, même si elle s'était entêtée à me dire le contraire toute la journée. Je ne l'avais jamais vue aussi silencieuse, absente, le regard vide, réfléchissant sans cesse pour trouver la solution à un problème dont j'ignorais l'origine. J'avais l'impression d'être un mouton qu'on avait placé dans un champ miné. Un seul faux pas et boum ! Le soir, je rentrais chez moi la mort dans l'âme. Non seulement elle n'avait laissé aucun mot s'échapper de ses lèvres décolorées, mais j'avais de plus en plus l'impression d'être à l'origine de ses doutes, de ses craintes. Mon Esprit était persuadé que c'était de ma faute si elle n'allait pas bien. Le lendemain, je la pris à part pendant une pause. Son regard se faisait fuyant. On aurait dit que j'étais l'incarnation en chair et en os de la peste noire, tant fuie durant le moyen age. Je la questionnais, essayant de ne pas ressembler à un agent de police. Elle demeura muette comme une carpe. Une larme coula sur ma joue, me donnant l'impression qu'on l'avait extirpée de force de mon cœur. J'avais mal. Ses yeux se relevèrent enfin, me lançant un regard perdu. Comment pouvait-elle avoir cette réaction, elle semblait si sûre d'elle. Puis, d'un coup, sans réfléchir, je l'embrassais, dans la cour pleine d'élèves assommés par les cours qu'ils avaient subis jusque là. Tous les regards ou presque se figèrent dans notre direction. Je me dis alors que ce n'était peut-être pas l'idée la plus lumineuse que j'ai eue. Sans demander mon reste, je pris mes jambes à mon cou laissant derrière moi une jeune fille encore plus paumée qu'elle ne l'était avant. Pff, j'avais vraiment l'art de gâcher les choses. Quelques jours s'écoulèrent, je surprenais bien souvent des regards critiques des gens que je prenais pour mes camarades de classe. Certains me félicitèrent pour mon courage, quelques uns avaient l'air profondément dégoûtés, alors que d'autres restaient indifférents. Je crois que ces la réaction ou plutôt la non-réaction de ces derniers que j'appréciai le plus. Elle ne me rappelait pas sans cesse l'énorme connerie que j'avais faite. Moi qui me considérais comme assez intelligente, je me rendais compte assez violemment que j'étais la dernière des imbéciles. Comment est-ce que j'ai fait pour en arriver là ? |