Chapitre 1 : Jour de marché




C'était un mardi matin banal, jour de marché. Je descendais les trois étages de la cage d'escalier de mon immeuble, un vieil H.L.M. dans un quartier un peu sombre. Je pris ma voiture, tout aussi pitoyable que l'immeuble. Je n'avais pas beaucoup d'argent. Je travaillais comme dessinatrice chez un tatoueur et le peu d'argent que je gagnais, partait dans le loyer et d'autres factures.
Le marché était rempli de monde comme tout les mardi. Les stands sentaient bon les fruits et légumes frais. Je m'approche du stand de fruits. C'est Bernard, le vendeur qui me sert. Habitué à venir tous les mardis, je le connaissais très bien.

"Bonjour Pascale comment ça va ce matin ? Qu'est-ce que je vous sert aujourd'hui ?"
"Bonjour, je vais prendre quelques pommes, des bananes et des oranges. Mettez-moi aussi un ananas."
"Bien sûr ! Ce sera tout ?"
"Oui. Merci."

Je paya mes fruits et partis. Je me promenais dans les allées. Je regardais les stands, sans trop d'attention. Je ne cherchais rien de spécial, juste me balader. Arrivé au bout, je fis demi-tour et retourna vers ma voiture. Je repassais devant le stand de fruits de Bernard et lui fis un signe d'au-revoir. Mais, une image retint mon attention : une jeune femme, l'air timide, entourée de trois gros bonhommes pas commodes du tout. Elle était toute petite à coté de ces balaises. Elle se retourna d'un coup et ses longs cheveux noirs s'envolèrent. Je vis son visage angélique et un sourire qui me fis fondre. Elle se retourna vers le stand, paya et partis, toujours entourée de ses trois costauds.

Je repartis avec l'image de son visage dans mon esprit. Mais, je ne pouvais pas oublier cette beauté. Je décidais de faire demi-tour pour la revoir. Je la cherchais dans tout le marché. Mais où est-elle partie ? Au bout de 10 minutes d'allée et venue sur la place, je me résigna à rentrer. Arrivée à la voiture, je la vis passer de l'autre côté du parking. Il fallait absolument que je la voie, qu'elle me remarque. Mais, comment ?

Je me dirigea vers elle en pensant à un plan. Je me dis que si je la croise et que j'arrive à me faire remarquer, peut-être … Je ne savais pas ce qui se passait mais quelque chose me disait d'essayer.
En la croisant, je vis son visage et ses yeux me regarder. Elle m'a vu. Maintenant, il fallait entamer la discussion. Que dire ? Je me retourna. Elle s'était assise sur un banc, un garde de chaque côté et un derrière elle. Je voyais son visage contemplant une vitrine de peluches avec un regard envieux. Ca y est. Voilà mon occasion.

Je la regarda et son regard croisa le mieux. J'essayais de lui faire comprendre de ne pas bouger. Je fis un signe de la tête avant d'entrer dans le magasin. Je ressortie au bout de 5 minutes avec un énorme panda. Je vis qu'elle me regardait. Je me dirigea vers elle, mais je me retrouva devant un mur formé par les deux gardes du corps. Elle se dégagea du mur.

"Désolé. Ils ne sont pas très polis."

Je lui tendis mon cadeau. Elle était émerveillée mais le refusa poliment. J'insista et lui proposa même d'aller boire un verre. Elle me répondit :

"Mais, vous n'avez pas l'air de savoir qui je suis."
"Non, et je m'en fiche un peu."
"Je tiens comme même à vous le dire. Je suis la fille de l'Investigateur."
"Je ne connais pas."
"C'est le président du Groupe d'Investigation, le chef suprême d'une petite communauté religieuse."
"Et alors. J'y comprend rien à tous ça. Viens boire un verre avec moi, s'il te plait. J'ai vraiment envie de te connaître."
"Je veux bien, mais allons plutôt chez moi. On sera plus tranquille."

J'avais compris qu'ici, les trois costauds allaient nous coller. Et puis, pour une fois qu'une fille me propose d'aller chez elle pour être plus seule. Je partie donc avec elle et ces trois gardes, qui me regardaient de la tête au pied mais avec un air méchant. Décidément, j'avais jamais la cote avec les hommes.