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Je marche dans la rue, une main se glisse dans la mienne, je la regarde, je la touche, elle est douce, elle me caresse la peau, pourtant, lorsque je lève la tête ce n'est pas à ça que je m'attendais …
Je suis une femme, et la main d'une autre femme se trouve dans la mienne, je n'aime pas la sensation qu'elle me procure, ce n'est pas possible, je me dégage de son emprise, puis me met à courir, les gens me regardent, des larmes se mettent à couler sur mes joues, arrivée dans une ruelle déserte je m'arrête, m'appuie contre le mur pour reprendre mon souffle après cette course effrénée, mais une bande de jeunes s'approchent : *** : mais qu'est ce qu'elle a la petite dame, elle a besoin de réconfort, venez les gars on va lui en donner ! Moi : non, laissez-moi, je n'ai besoin de rien, ça va passer tout seul ! Je me remets à courir mais des mains m'attrapent encore, mon sang se glace, ma respiration s'accélère, et mon cœur palpite. *** : il ne faut pas vous mettre dans des états pareils, on va vous protéger nous, on est là pour ça ! Moi : lâchez-moi, je ne vous connais pas, je n'ai pas besoin d'aide, tout va bien. Quelqu'un : vous n'avez pas entendu ce qu'elle vient de vous dire, allez vous en ! *** : aller venez les mecs on se casse, ça sent pas bon de rester ici ! La personne : ça va, vous avez besoin d'aide ? Moi : non, merci pour ce que vous avez fait, je ne sais pas ce que j'aurais fait si vous n'aviez pas été là ! La personne : et bien si on considère que c'est de ma faute si vous êtes partie en courant alors non, si je n'avais pas été la tout aurait été très bien. Moi : mais qui êtes vous ? La personne : mon prénom ne vous dira rien, on ne se connaît pas, mais ma main s'est glissée dans la votre tout à l'heure ! Moi : mais pourquoi, si je ne vous connais pas ? La personne : je ne sais pas, vous m'attirez. Moi : je suis désolée, je ne sais pas quoi vous dire, vraiment, je suis désolée, mais je ne vous connais pas, et nous ne serons sûrement pas amenées à nous revoir. La personne : malheureusement pour moi, je crois que vous avez raison, je vous donne mon numéro, si vous avez besoin de parler ou même simplement de prendre un verre, je serais là, en simple amie, si vous ne voulez pas plus, je m'en contenterais. Moi : merci, je m'appelle Emilie et vous ? La personne : moi c'est Maud, je vous souhaite une bonne fin de journée ! Moi : au revoir !
Je suis rentrée chez moi à pied, j'avais besoin de marcher, je ne comprenais pas ce qu'il venait de m'arriver, je serrais le morceau de papier où il était écrit le nom et le numéro de téléphone de ma belle inconnue. J'étais bien décidée à le jeter à la poubelle en rentrant. Moi : c'est trop compliqué, je ne suis pas douée pour ce qui est compliqué. J'ai ouvert la poubelle et je l'ai lâché dedans, puis j'ai refermé le couvercle. Je me suis fait coulé un bain bien chaud, pour oublier ce qu'il venait de se passer et le fait que je venais de finir mes études de journalisme et que j'atterrissais dans une ville inconnue remplie d'inconnus. Ma nuit a été mouvementée, mais j'ai mis cela sur le compte de la nervosité du fait que le lendemain allait être mon premier jour au journal qui venait de m'embaucher, j'avais peur de ne pas être à la hauteur et de les décevoir. Certains diront que je ne suis pas sûre de moi, moi je me dis que j'ai un besoin constant d'être rassurée. |