La limite entre le rêve
et le cauchemar est proche

Chapitre 9




 

Nous sommes montées dans l'avion après avoir fait la connaissance de deux de nos futurs collaborateurs, le médecin s'appelait Paul, il était d'assez grande taille, mais semblait être plus absorbé par ses livres scientifiques que par notre présence, ce qui n'était pas du tout l'attitude du photographe, Marc qui jouait son tombeur pour essayer de nous séduire, s'il savait qu'il n'avait aucune chance, je pense qu'il ne ferait pas toutes ces singeries pour essayer de nous impressionner. Maud était absorbée dans la lecture de son livre sur les civilisations incas.

Emilie : t'as déjà été dans cette région ?

Maud : non et toi ?

Emilie : et bien j'ai toujours voulu y aller mais toute seule, je n'avais pas envie.

Maud : on pourrait y aller toutes les deux lorsque nous aurons un peu de vacances.

Emilie : c'est une bonne idée, j'ai toujours rêvé de voir le Machu Picchu, Cuzco et toutes ces constructions imposantes qui ont été construites on ne sait comment et par on ne sait qui.

Maud : je vois que tu t'y connais, on a la même passion à ce que je vois.

Emilie : on n'a pas que ça en commun.

Je lui faisais mon regard qui la faisait fondre.

Maud : en chuchotant  arrête ça tout de suite, j'ai compris de quoi tu parlais, tu sais très bien que je ne peux pas résister à l'envie de t'embrasser quand tu fais cette tête là, alors arrête si tu ne veux pas que notre intimité vole en éclat.

Emilie : je sais, j'arrête, je vais essayer de dormir car cette nuit a été plutôt agitée !

Maud : à qui le dis-tu ? En souriant

Emilie : au fait tu parles un peu espagnol ?

Maud : et bien en fait non, car en Angleterre, on choisit sa seconde langue et j'ai pris le Français ! Et toi ?

Emilie : oui, je l'ai étudié à l'école et une de mes grand-mère ne parlait que l'espagnol alors pour la comprendre je n'avais pas d'autres choix que de parler l'espagnol.

Maud : mais c'est bien ça, ça veut dire que si on se perd sans le guide tu pourras te débrouiller pour nous retrouver le chemin.

Emilie : oui, sûrement, si tu le dis !

Maud : allez repose toi, ou l'autre gogole de photographe va venir te parler, il regarde dans ta direction.

Nous avions de la chance, car nos sièges étaient à côté et comme la réservation n'avait pas dû être faite en même temps pour nous quatre, nous étions séparés par plusieurs rangés du médecin et du fou de la photo.

Emilie : tu as raison, je vais essayer de me reposer.

J'ai fermé les yeux et je n'ai pas mis longtemps à m'endormir, ma tête s'est inclinée sur l'épaule de Maud, ce qui ne l'a pas dérangée car elle ne m'a pas remise à ma place, elle devait sûrement apprécier chaque contact que nous allions avoir car à partir de maintenant ils allaient être rare.

Quelques minutes plus tard ses yeux ont commencé à la picoter, signe qu'elle était fatiguée, elle a incliné son siège en position semi-couchée et en a fait de même avec le mien, puis a prit ma main dans la sienne, pour pouvoir s'endormir plus rapidement.

Quand je me suis réveillée, elle dormait toujours, sa tête inclinée dans ma direction, ses cheveux tombant le long de son épaule, il devait être tard dans la nuit, car tout le monde dormait et seules les lumières pour accéder aux toilettes étaient allumées, je me suis risquée à soulever quelques mèches de ses cheveux et à déposer un baiser dans son cou, elle a esquissé un sourire dans son sommeil, j'ai retiré ma main de la sienne, et je me suis levée de mon siège en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas la réveiller. Il fallait que j'aille me dégourdir les jambes.

Quand Maud s'est réveillée quelques minutes plus tard, je n'étais plus là, elle a dû s'inquiéter, car elle s'est levée à son tour et m'a cherchée, elle m'a trouvée au bar de l'avion, je buvais un verre de soda perdue dans mes pensées.

Maud : à quoi tu penses ?

Emilie : tu m'as fait peur ! J'ai cru que c'était l'autre zigoto de tout à l'heure qui revenait !

Maud : qui c'est ? Le photographe ?







Depuis le 14/03/2010