La journée s'annonçait très chaude, et le soleil brillait de mille feux dans un ciel infiniment bleu. Les quatre femmes prirent le chemin qui menait au lac, et y arrivèrent bientôt. Xena se déshabilla sans se soucier des autres, et Ripley en fit de même. Gabrielle commença à défaire son bustier. Scully quant à elle était plantée là, la bouche toute grande ouverte, et les yeux ronds comme des dinars. Gabrielle pouffa de rire.
"Hé Hé !!! Scully tu devrais fermer la bouche avant d'avaler des mouches. Elles sont plutôt grosses par ici."
Scully n'entendit que la dernière phrase. Elle n'avait rien manqué de la guerrière, mais elle l'avait déjà vue alors, c'était plutôt Ripley qui la troublait, quand elle s'était dévêtue, elle avait cru rêver. La grande étrangère avait un long corps tout en muscles, et elle avait de jolis petits seins qui pointaient vers le ciel. Elle en resta bouche bée jusqu'à ce que Gabrielle lui fasse comprendre qu'elle devait avoir l'air idiote.
"Hein ? Heu ? Ouais Ok…" fit-elle en se frottant la nuque et en se mettant à enlever, elle aussi, ses vêtements.
"Je crois que tu as le béguin Scully…" dit alors Gabrielle sans sourciller.
"Quoi ? Heu ? Ouais ? Heu ? Non ? Oui ?" Répondit Scully de façon tout à fait incohérente, en regardant Gabrielle d'un œil noir. Elle se précipita alors dans le lac, histoire de couper court à la conversation. Xena nageait vers l'autre rive, et Ripley la suivait. Bientôt une espèce de course s'installa, et les deux femmes atteignirent l'autre côté presque en même temps. Puis Xena fit de même pour le retour, Ripley la devança un peu et la course se termina quand Gabrielle, qui présentait la soupe chaude, se mit volontairement dans le chemin de Xena. Celle-ci lui piqua un œil courroucé, mais ne releva pas.
Ripley s'arrêta un peu plus loin sentant que Xena ne la suivait plus. Dommage pensa t-elle, ça commençait à devenir intéressant. Elle n'avait pas de mérite, puisque du sang d'Alien coulait dans ses veines lui donnant des forces surnaturelles, mais la guerrière par contre était nature. Elle était surprise de constater que cette femme avait des capacités tout à fait remarquables, un peu semblables à une athlète olympique. Elle avait un corps tout de muscles, et semblait posséder des capacités hors du commun. Elle ne se doutait pas à quel point. Elle retourna donc près des trois autres femmes qui la regardaient maintenant. Xena leur expliqua sa méthode de pêche, et bientôt elle leur fit une petite démonstration. Elle ressortit de l'eau avec une énorme truite empalée autour du poignet.
"Voilà !" Fit-elle avec une immense fierté.
Scully plongea mais tout ce qu'elle put apercevoir une fois sous l'eau, fut trois paires de magnifiques jambes, et elle revint à la surface, bredouille et troublée.
Gabrielle quant à elle n'en était pas à ses premiers balbutiements, et plongea. Quand elle refit surface, elle avait, elle aussi attrapé une jolie truite, pas aussi grosse que celle de la guerrière, mais tout de même.
Ripley qui les avait observées avec application, plongea. Elle n'avait pas besoin de refaire surface avant 10 bonnes minutes, puisque ses fonctions pulmonaires étaient altérées. Elle prit donc son temps pour dénicher la plus grosse truite. Elle l'aperçut tapie derrière une grosse roche, elle s'y précipita et l'attrapa sans trop de difficulté, quand elle ressortit, les autres la regardaient bizarrement, elle était sous l'eau depuis 5 bonnes minutes maintenant, et elles commençaient à s'inquiéter, surtout Scully qui frisait l'hystérie.
"Xena, va la chercher !!! "
Mais sur ces mots, l'étrangère était ressortie de l'eau avec la plus grosse truite que Gabrielle n'ait jamais vue. Elle arborait un sourire tout à fait victorieux.
"C'est une méthode, plutôt barbare et rustre, mais bon…" déclama Ripley à l'égard de la guerrière.
Xena grogna et gagna la rive en vociférant comme une diablesse. C'en était trop. Rippley la cherchait, elle allait la trouver. Elle avait un peu de mal à se faire damer le pion, et estima que la guerre était maintenant lancée.
Gabrielle soupira, ça s'aggravait encore, elle décida de poursuivre Xena, elle allait mettre un terme à tout ça avant que ça tourne au vinaigre…
***
Ripley regarda Scully, et lui prodigua un clin d'œil un peu pervers.
Ça la fit un peu rougir, mais à ce stade, elle avait un peu plus d'expérience alors… Elle vit Gabrielle et Xena reprendre le chemin du village, et regarda de nouveau Ripley, qui avait libéré la pauvre truite.
"Les dés sont pipés…" Avoua t-elle un peu penaude.
"Quoi ?" Demanda Scully sans comprendre.
"Les dés sont, pipés… " répéta t-elle en s'approchant dangereusement de la petite rouquine avec un air prédateur. "Tu dois être au courant, puisque tu as l'air de si bien me connaître." Cette fois elle se rapprocha suffisamment pour saisir les poignets de la petite femme. Scully étouffa un hoquet de surprise, et commença à regretter que Gabrielle et Xena fussent parties, cette femme l'effrayait et la captivait en même temps. Elle décida de ne pas hurler à mort tout de suite. Le temps se figea un peu, le temps que Scully se remémore les films. Ses yeux s'éclairèrent tout à coup, et elle les fixa sur Ripley qui lui tenait encore les poignets. Ripley la regarda, sachant que la petite venait de comprendre. Les yeux de Scully s'agrandirent encore au fur et à la mesure de sa compréhension. Et si un Alien s'introduisait en elle… se dit-elle en repensant au tout premier film de la série.
Elle déglutit avec difficulté, "Tu as des gènes Alien…" , balbutia t-elle sentant la panique monter en elle. L'autre la maintenait toujours, et hocha la tête affirmativement très lentement. Scully perdit le contrôle, et se mit à se débattre pour lui échapper, mais en vain, elle ouvrit alors la bouche dans le but de crier. "Au SECOU…" le son de sa voix se répercuta en un écho sonore et mourut de sa belle mort. Elle ne put terminer, parce que la grande femme devant elle s'employa à lui rouler le patin de sa vie.
***
"Xena !!! Attends-moi !!! Nous devons discuter !!!" Cria Gabrielle.
Xena se retourna une première fois, mais elle était trop en rogne pour s'arrêter. Gabrielle la rattrapa et lui empoigna le bras, ce qui eut pour effet de la ralentir un peu.
"Xena… " intima la barde en employant un ton autoritaire. Cela n'eut pas l'effet escompté. Elle ne se découragea pas pour autant. "Xena si tu n'arrêtes pas tout de suite, je te prive de dessert pour au moins un cycle lunaire." Termina t-elle, tout à fait sérieuse.
Cela eut l'effet d'une douche froide sur la guerrière, et elle stoppa net. Elle était maintenant tout à fait en colère. Elle ne pouvait pas ignorer sa barde, par contre, elle s'était fait doubler par la grande étrangère, ce qui la rendait dingue. Elle stoppa néanmoins sentant que la menace de sa barde était tout à fait sérieuse.
"Tu es sérieuse ? " Demanda t-elle connaissant déjà la réponse.
Gabrielle plissa les yeux, bien sûr que non, elle n'était pas sérieuse, mais cela Xena l'ignorait. "Reprends-toi…" lui dit-elle.
"Mais, elle le fait exprès…"
Fut le seul argument que Xena pu laisser échapper, puisqu'elle entendit le faible cri de Scully se perdre en un écho dans son oreille super puissante.
Elle partit en sens inverse Gabrielle sur les talons.
***
La petite barde crut la fin du monde arrivée, elle se remit en question plusieurs fois. Oh la ! Qu'est ce que j'ai fait… Cette fois c'est pour de bon, je vois d'ici le sang gicler. Elle craignit le pire, étant donné qu'elle n'avait pas entendu ce que l'ouie fine de Xena avait quant à elle très bien entendu.
Quand elles arrivèrent enfin sur le bord du rivage qu'elles venaient tout juste de quitter, Xena stoppa net. Gabrielle lui rentra dedans de plein fouet. "Aïe" gémit t-elle prête à ne pas s'en laisser imposer par sa grande fauve de compagne. "Xena, je ne te laisserai pas…" Elle s'arrêta de parler en apercevant ce que la guerrière voyait elle-même.
Scully et Ripley étaient enlacées, et s'embrassaient éperdument. Xena afficha un air déconfit. Elle était certaine d'avoir bien entendu le cri de détresse de la petite rouquine. Maintenant, elle doutait d'elle.
Elle décida que finalement, mieux valait rebrousser chemin, et aller s'occuper d'Argo, quitte à subir les foudres de Gabrielle qui lui poserait sans aucun doute milles et une questions qu'elle s'emploierait à repousser du mieux qu'elle le pourrait.. Peut être… Gabrielle la suivit en souriant béatement. Elle se remémorait certaines choses, et cela la fit taire pour un bon moment.
***
Scully réalisa qu'elle était en train d'embrasser Ripley, et elle se raidit en la repoussant un peu, mais celle-ci ne céda point.
Quand elle furent à bout de souffle, Ripley la lâcha, et se mit à effectuer des brasses en lui tournant le dos. Comme si de rien n'était. Scully était complètement abasourdie. C'était totalement dément. Elle avait embrassé une femme… Une femme fictive??? Une Femme-Alien-Fictive… Ripley… Ellen Ripley… Holà…
Ripley nageait sur le dos doucement, jouissant encore du moment qui venait de s'écouler, et de la fraîcheur de l'eau contre sa peau.
"C'est vachement bon" dit-elle tout haut.
"Ouais !!" Répondit Scully un peu plus fort qu'elle ne l'aurait voulu, en se mettant-elle aussi à se laisser flotter sur le dos.
Puis sans dire un mot, elles regagnèrent le rivage. Elles entreprirent de se vêtir, mais à mi-chemin, Ripley s'étendit en camisole et en slip sur le sable. Scully la regarda faire, et vint s'asseoir à ses côtés.
"Comment est-ce possible ???" demanda t-elle.
"Oh! Il y a tellement de choses incroyables tu sais." Ellen avait maintenant les yeux clos, et se laissait chauffer par le soleil. Un soleil qu'elle n'aurait jamais cru revoir. Comme c'était agréable ! "Le gouvernement a tellement caché de choses, tellement comploté, tellement triché et fomenté… Va savoir…"
"Ah ! Pour ça !!!" S'écria Scully "C'est ce que croit Mulder. Je n'en étais pas si sûre jusqu'à maintenant…" termina t-elle en regardant Ripley qui incarnait la preuve ultime.
"Mulder ?" Interrogea Ripley.
Scully inspira profondément, "Mon coéquipier au FBI. " Puis elle lui fit un bref historique de son CV, de sa vie avant ici, de comment le monde était à son époque, la pollution, la religion, le gouvernement, le monde décadent qu'était devenue la terre, bref un résumé très impressionnant. Ripley l'écouta attentivement, sans jamais lui couper la parole, elle comprenait, elle savait que tout ça était vrai.
"Les dossiers X. Comme c'est pathétique…" dit-elle bien longtemps après que Scully eut terminé son récit. Le silence s'installa pendant un autre laps de temps. "Scully ?" Demanda t-elle alors. La petite rouquine était maintenant elle aussi confortablement installée sur le sable et se laissait elle aussi caresser par les rayons du soleil, en se disant que la couche d'ozone était encore intacte en ce temps mythologique.
"Oui." Finit-elle par répondre d'une voix lasse, cela lui avait fait un grand bien de parler de sa vie à quelqu'un qui pouvait la comprendre.
"Puisque tu navigues dans les dossiers X… Et puisque tu penses que je suis, en quelque sorte sortie d'un roman de fiction…" Ripley ouvrit un œil pour voir le visage de Scully s'empourprer légèrement et poursuivit. "Savais-tu que toutes les missions Apollo, ou presque, étaient de la frime ?"
Scully ricana un peu les yeux toujours clos. "Tu veux rire !!!" Ricana t-elle encore. "Pas du tout." Continua Ripley tout à fait sérieuse. "Imagine, c'est un des premiers grands complots orchestrés par le gouvernement des Etats-Unis. "
Scully ouvrit les yeux pour se retourner vers Ripley. "Cause toujours…" finit-elle par dire tout à fait curieuse d'entendre ça.
"Tu te souviens qu'en ce temps-là, la course pour envoyer le premier homme sur la lune était entre les Russes et les Américains, n'est-ce pas ?" Ripley ouvrit un œil pour voir Scully hocher la tête. "Hé bien, imagine si ça avait été les Russes qui y seraient allés en premier…" termina t-elle en marquant une pause.
"Ouais ça aurait changer pas mal de choses…" finit par dire Scully après réflexion.
"Bien sûr, ça aurait tout changer en fait, penses-y. Donc pour te remettre dans le contexte, les Américains tout comme les Soviétiques, annoncèrent en 1956, chacun de leur côté, un programme spatial simple. Tu n'étais sans aucun doute pas encore née…" Ripley fit une pause, et reprit. "Les spécialistes envisageaient alors un développement très lent de l'exploration du cosmos…"
"Ouais" Coupa Scully d'une voix chaude et lasse. "Un vaisseau spatial habité vers la fin de ce siècle, et la conquête de la Lune au XXIe siècle… La guerre froide…" entreprit Scully en ouvrant à demi les yeux. "Est une compétition idéologique dont chacun des deux belligérants voulait convaincre le reste du monde de la suprématie de son système…"
"Houla ! " S'exclama Ripley tout à fait impressionnée ! Sa petite rouquine l'épatait, elle tourna la tête vers Scully qui la regardait, et lui prodigua un sourire tout à fait franc. "Ouais, tu l'as dit, bouffi, je n'aurais pas pu faire mieux. Quoi d'autre ?" Demanda t-elle alors, histoire de voir si Scully pouvait continuer de la subjuguer.
"Heu… Bien…" réfléchit Scully avant de reprendre. "De manière tout à fait imprévue, le triomphe de Spoutnik fait de la conquête spatiale un symbole des capacités d'un système politique, et donc un enjeu majeur dans la compétition est-ouest… Les Américains étaient en retard sur la conquête spatiale… De plus, l'URSS continua d'aligner les PREMIÈRES, comme à la parade : Tir vers la Lune en 59 je crois, impact sur celle-ci la même année, puis photographies de sa face cachée toujours la même année, et enfin récupération d'un vaisseau spatial annonçant le voyage prochain d'un homme dans le Cosmos en 60… !" Termina Scully.
Cette fois Ripley était tout à fait en pâmoison, Scully était en train de lui faire la preuve irrévocable qu'elle connaissait très bien son histoire. "WOUUH !!! Tu m'impressionnes…"
"Bien quand tu passes ta vie à courir après les bonhommes verts…" Elle stoppa net… Ripley même si elle n'était pas verte, faisait tout de même partie de la famille des E.T… Celle-ci éclata justement de rire, comme si elle avait lu dans ses pensées.
"Ça va aller… Dana, ne t'en fais pas, comme on dit, quand on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas grand chose…" termina t-elle en se tenant les côtes. "Je ne sais pas si le vert fait partie de ma palette, quoi qu'il en soit, on s'égare." Elles restèrent un moment silencieuses, puis Ripley décida de continuer. "1960, c'est bien ça, c'est justement cette année la que Eisenhower a décidé de créer la NASA. L'élection de John F. Kennedy cette même année, en novembre, pour être à mon tour précise, et le succès du premier vol d'un homme dans l'espace, Houri Gagarine en 1961, modifia du tout au tout l'attitude américaine. Un seul objectif fut retenu : l'envoi d'un homme sur la Lune avant la fin de la décennie."
"C'est bien ça," continua Scully, "La NASA effectua, avec son programme Apollo, un travail surprenant, qui amena Armstrong et Aldrin sur la Lune en 69, j'avais à peine 1 ans." Termina t-elle.
"Surprenant est le mot juste… Cent mois après la décision de Kennedy ! C'est un progrès fulgurant non ? Étonnant même, tu ne trouves pas ?"
"Bien… Pourquoi pas… Cent mois, c'est quoi ? 8 - 9 ans… C'est possible non ?" Rétorqua Scully. "Ne me dis pas que ta théorie repose sur ce seul fait ?" Termina t-elle en riant.
"Pas seulement ça, mais c'est là que ça devient intéressant. Laisse moi terminer, tu riras après si tu veux." Répliqua Ripley un peu dubitative. "Tu ne trouves pas que ce progrès fulgurant suscite plusieurs questions sur la véritable conquête de l'espace ?"
"Bof… Plus où moins, je ne sais pas… Peut-être ?" Reprit Scully. "Je ne me suis jamais vraiment questionné sur le sujet…"
"Pourtant c'est toi qui trempes dans les complots jusqu'au cou avec tes dossiers X et tes bonhommes verts… "
"Où veux-tu en venir ?" Demanda Scully pour couper court.
"D'accord, je te défile le film. Houston 20 juillet 1969, tu n'avais qu'un an à l'époque comme tu l'as dit toi-même. L'atmosphère est oppressante dans la salle de contrôle de la Nasa. Le souffle court, le cœur battant, ingénieurs et techniciens ont les yeux rivés sur leurs ordinateurs. 600 millions de téléspectateurs sont rivés à leur poste télé. La voix de Buzz Aldrin grésille dans les haut-parleurs, égrenant les chiffres de la descente : " Altitude 300 pieds… 75 pieds… 40 pieds, nous ramassons un peu de poussière." Sur le grand écran qui surplombe les têtes, on voit s'approcher la surface grise de la Lune. "70 pieds, une ombre… 20 pieds… Contact, lumière." Quelques mots encore. Puis la voix d'Armstrong : "Moteurs coupés… Houston, ici base de la Tranquillité. L'Aigle s'est posé." Concert de soupirs et d'applaudissements à Houston. Durant quelques minutes encore, des millions de téléviseurs retransmettent toujours les échanges grésillant entre Houston, Buzz Aldrin et Neil Armstrong, les deux occupants du minuscule module qui vient de se poser sur la Lune. Puis la communication est interrompue et les écrans redeviennent noirs." Ripley marqua une pause.
Scully n'ouvrit pas les yeux, la voix mielleuse de Ripley l'avait propulsée à l'intérieur, parfois de la Nasa, parfois du module, elle s'y serait crue. Elle attendit simplement que la grande femme reprenne son récit, ce qu'elle fit.
"A quelques centaines de kilomètres de là, sous un immense hangar secret de la Nasa, dans les montagnes de l'Arizona, des hommes éreintés goûtent enfin une cigarette bien méritée et éteignent un à un les projecteurs." Sur le mot cigarette, Scully tiqua se rappelant l'homme à la cigarette, puis elle songea à la zone 51 située justement en Arizona, puis la voix d'Ellen lui revint. "Armstrong et Aldrin se dirigent vers la salle des douches, tandis qu'une autre équipe prend le relais et fignole le décor désolé de roches et de cendres poudreuses pour la prochaine transmission télévisée depuis la Lune, celle mémorable, ou Armstrong devra déclamer d'une voix claire : "C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité." Voilà le scénario du plus grand canular de ce siècle…" termina Ripley.
Scully ne dit pas un mot, et les minutes s'écoulèrent ainsi pendant un moment, songeant à tout ce que venait de lui dire Ripley, cependant, elle ne voyait toujours pas de preuve tangible, elle était toujours curieuse de savoir où voulait en venir sa grande compagne.
"Mais encore ???"
"Je fais durer le plaisir… Dana…" surenchérit Ripley en tournant la tête vers Scully. Leurs regards se perdirent l'un dans l'autre, et le temps s'arrêta. Scully aurait voulu être embrassée comme tout à l'heure, cependant, elle se garda une petite gêne, et ferma les yeux à nouveau, pour chasser les papillons qui lui vrillaient le bas ventre.
Ripley ferma les yeux elle aussi.
"Premièrement, dis-toi que le but ultime de la NASA était de combler son retard sur les Soviétiques et s'assurer des budgets conformes à ses réels projets et possibilités. Après vient le mensonge gigantesque. D'après Bill Kaysing (un ingénieur notoire) et plusieurs autres observateurs, la probabilité que la Nasa passe de 0.0017 % de chances de réussite à 100% à cette époque pour le laps de temps, est tout à fait intrigant, n'est ce pas ???" Scully se tourna sur le côté pour faire face à Ripley et acquiesça. "Ensuite, il est tout à fait possible que la fusée lancée dans l'espace aie orbité pendant huit jours sans jamais alunir."
"Et que fait-on du retour sur terre ?" Demanda Scully curieuse.
"Est-ce impossible, qu'une capsule spatiale ait été larguée depuis un avion militaire au-dessus de l'océan ?"
"Non, ce n'est pas impossible…" répondit Scully.
"Ce n'est pas tout, selon plusieurs scientifiques, les parois du vaisseau spatial auraient dû posséder une paroi d'au moins deux mètres d'épaisseur pour ne pas "griller" les membres de l'équipage, ce qui n'était pas le cas. Et de un… Les clichés lunaires ont été pris par des appareils photos sophistiqués pour l'époque. Ces appareils auraient dû prendre des images carrées 6x6, cependant la majorité des photos que la NASA a publiées sont de format rectangulaire. Donc, ces images ont sans doute été recadrées, pourquoi ? Et de deux… Sur la plupart des clichés, le ciel lunaire n'a aucune étoile. Toutefois, les étoiles devraient être visibles car la lune est privée d'atmosphère, pourquoi ??? Et de trois… Le drapeau américain bat au vent quand Armstrong le plante dans le sol lunaire alors qu'il n'y a toujours pas d'atmosphère sur la lune, pourquoi ? Et de quatre… Lorsque le module aluni sur la surface lunaire, l'engin ne fait pas de cratère, pourquoi ? Pourtant la pression qui se dégage de ces fusées est de 10 000 lbs. En contrepartie, il y a une trace de pas sous l'engin, mais personne n'a marché et n'a pu marcher à cet endroit précis, pourquoi ? Sur une autre photo, une roche est identifiée par la lettre "C", comme celle utilisée par les accessoiristes des grands studios d'Hollywood, pourquoi ? Une autre marque à été laissé par une roue de l'engin qui tourne à 90°. Habituellement, pour réussir à obtenir de telles empreintes, il faut un sol humide, pourtant toute la lune est extrêmement sèche, pourquoi ? Plusieurs photos démontrent qu'il y a plus d'une source de lumière, mais la seule source dont dispose les astronautes, pour leurs clichés, est le soleil, pourquoi ? Tant de questions pour si peu de réponses… n'est-ce pas… et je ne te dis que ce dont je me souviens…" termina Ripley la gorge en feu.
Scully la regardait maintenant la bouche grande ouverte. Ripley avait soulevé tellement de questions qu'elle ne pouvait y croire. Cependant, comme à son habitude, elle ne put s'empêcher de stipuler une dernière défense.
"Et les 350 kilos de roches lunaires qu'ils ont ramenées, et qui ont été analysées ??? Cela ne constitue t-il pas une preuve solide ?"
"Oui, les roches furent analysées, les géologues ont trouvé un certain nombre de différences entre les matériaux lunaires et terrestres. Certains échantillons lunaires contenaient nettement plus de fer, de magnésium et de titane, et moins de silicium et d'aluminium, mais cela ne constitue en rien une preuve, puisque ces kilos de roches auraient aussi bien pu être cuites dans un four à céramiques à haute température, où encore pu être recueillies dans les zones inexplorées de l'Antarctique. Ce n'est en aucun cas une preuve…" termina Ripley en se retournant vers Scully.
"Comment peux-tu être aussi certaine de ce que tu avances ? C'est toute une accusation, même si les éléments que tu soulèves sont tout à fait questionnables ?"
"Voilà où je voulais vraiment en venir… Peux-tu y croire malgré tout ?"
Scully soupesa le pour et le contre, et en vint à la conclusion que Ripley avait soulevé des points vraiment convaincants. Bien sûr, elle devrait voir les clichés de ses yeux et pousser les recherches, mais pour l'instant, elle était assez convaincue. "Oui, je pourrais y croire…" finit-elle par avouer songeuse.
"Alors, tu peux aussi bien croire en moi, en mon histoire, mais en sens inverse…" elle marqua une pause pour s'assurer que ça faisait son chemin. "Imagine que les films 'Alien' comme tu les nommes, et que tu as pu visionner, sont basés sur une histoire vraie, et qu'ils s'en sont servis, à tort où à travers pour le scénario de ces films… Ne suis-je pas réelle ?"
Maintenant Scully comprit le but de l'exposé que Ripley lui faisait depuis des heures. Elle se sentit un peu triste, un peu soulagée, et pour finir très embarrassée. Quand toutes ces émotions se furent un peu estompées, elle brisa le silence.
"Je suppose que tu n'es pas fictive, que tu n'es pas une chimère, et que ton histoire est sûrement véridique, je suis désolée."
"Tu es désolée… mais…" continua Ripley comme à défi.
"Mais… Permets-moi quand même de douter un peu, c'est contre ma nature de croire d'emblée. Ça me demande des preuves palpables, tout n'est pas que supercheries ?!?! Par Contre, je dois admettre que tu es très réelle, et que…"
"Que ???"
"Que j'ai besoin de temps pour y voir plus clair…" termina t-elle en soupirant très fort.
Ripley ne releva pas tout de suite, elle comprit que Scully avait besoin de ressasser tout ça… Elle aussi du même coup, se réveiller dans la Grèce Antique n'avait rien de très fastoche, mais au moins, elle était sur terre. Sa Terre. Elle attendit encore un peu, et décida qu'il était temps de lâcher le morceau.
"La cerise sur le sundea… Je te le donne en mille. 2004 à vrai dire, toi tu n'y es pas encore, puisque tu es toujours à l'an 1999 à cette heure pas vraie."
Scully hocha la tête. "Oui c'est ça…"
"Donc en 2004, les Japonais ont réussi à envoyer une navette sur la lune, avec personne à son bord, bien sûr, les radiations tu sais… Donc ils envoient leur navette, prennent des tonnes de clichés, filment le tout et reçoivent les images de la lune. Sur ces images, aux coordonnées où la Nasa était supposée avoir envoyé leurs américains… rien… rien du tout, alors qu'il aurait dû s'y trouver le drapeau et pleins de matos… Rien, Nada, Niet que des jolis clichés de la lune vierge de toute intrusion… Fin de l'histoire… Oh ils ont réussi à envoyer bien des bricoles, mais jamais âmes qui vivent."
Scully était maintenant redressée sur les coudes et regardait Ripley comme si elle était vraiment une Alien… "Alors là !!!" Elle regarda Ripley encore un instant avant de se dire qu'elle devait être assez comique à voir, puisque sa mâchoire traînait presque jusqu'au sol. Elle referma celle-ci, juste au moment où Ripley lui adressait un sourire pervers.
Ripley avait vu juste, cette petite rouquine était une tête, elle était très intelligente, et les informations qu'elle était apparemment entrain de digérer, lui donnaient un air tout à fait craquant. Elle regarda le soleil qui baissait doucement, et décida qu'il était probablement le temps de rentrer au village, elles n'avaient rien mangé de la journée, et on ne peut pas vivre que d'amour et d'eau fraîche. Elle entreprit donc de se lever. La jolie rousse resta encore un instant allongée à digérer toutes ces informations, puis comprit qu'il était temps d'y aller, elle aussi.
"Elles préparent quelque chose là-bas… je crois…" finit-elle par lâcher. Elle n'avait plus envie de parler de choses sérieuses maintenant, elle voulait juste manger, et se soûler histoire de décompresser. Elle se dirigea vers le village, Ripley la suivit en souriant de plus belle, elle avait une très jolie vue, et cela la stimulait à suivre de près.
***
"Xena ?" Rétorqua Gabrielle qui regardait la grande guerrière qui retirait son plastron, pour ne garder que son par-dessus de cuir. Dans le genre sexy, Gabrielle était servie. Elle ne pouvait généralement pas résister à cette tenue, mais pour le moment, elle décida qu'il valait mieux finir ce qu'elle avait entreprit, et obtenir une promesse avant qu'il ne soit trop tard.
"Ouais." Grogna Xena qui commençait à en avoir sérieusement marre d'entendre parler de Ripley l'étrangère.
"Promets moi pour de bon que tu va faire copain-copain avec elle."
"Je ne peux pas te faire une promesse que je pourrais briser, c'est ridicule…" rétorqua Xena qui comprit tout de suite qu'elle venait de commettre une grave erreur.
La petite barde s'empourpra. "C'est ça, dis tout de suite que je suis ridicule…"
Cette fois, elle en avait trop dit, et elle se mordit l'intérieur de la joue. Xena, tu devrais savoir quand la boucler…ARGGGG pensa t-elle, elle savait qu'elle était maintenant en terrain miné, et que quoiqu'elle dise se retournerait contre elle. Elle décida que le temps d'abdiquer était presque arrivé, mais il lui restait une dernière carte.
"Gabrielle…" Elle regarda sa petite amie affichant l'air le plus pitoyable possible. Cela ne marcha pas du tout, et puisqu'elle avait maintenant abattu sa dernière carte, elle grogna.
"Ça va… Ça va… Je vais faire copain-copain avec, mais si elle tente quoi que se soit, je me mettrai dans son chemin. Je ne la laisserai jamais faire de mal à ceux que j'aime."
Gabrielle la regarda avec fierté et lui sauta au cou. "Je sais mon amour, mais même si elle a ta force, elle n'a ni ta beauté, ni ton esprit, ni moi…" Sur ces derniers mots, elle embrassa Xena passionnément. Le feu prit, et elles firent l'amour torridement tout l'après midi.
***
Éphiny passa devant la hutte royale plusieurs fois cette après-midi là mais renonça à chaque fois d'y pénétrer. Les grognements et les halètements qui en sortaient étaient suffisants pour décourager qui que ce soit de toute façon. Elle et Éponine avaient travaillé toute la journée, à préparer la fête, et toutes les amazones du village s'affairaient aux préparatifs. Éphiny voulait quérir quelques idées auprès de Gabrielle, mais se résolut à s'en passer. Ce soir se serait la pleine lune, et les amazones accueilleraient un nouveau membre, si Gabrielle n'avait pas été si occupée à batifoler avec sa grande fauve de guerrière, elle aurait pu lui demander son avis, mais étant donné que la reine des amazones était très prise, elle décida de prendre des initiatives, après tout c'était elle la reine par intérim.
***
Scully qui menait la marche depuis un bon bout de temps, décida de se changer les idées, elle aurait bien le temps d'analyser toutes ces informations plus tard, et à vrai dire, cela lui donnait le vertige de ressasser tout ça. Elle se mit donc à regarder la végétation tout en marchant. Ripley la suivait sans dire un mot, les yeux rivés sur quelque chose devant elle, et affichait toujours un grand sourire.
"Hé regarde ça !!!" S'exclama Scully tout à coup.
"Je ne fais que ça…" rétorqua Ripley toujours en contemplation.
Scully se retourna, car elle se demandait pourquoi Ripley adoptait ce ton tout à fait mielleux. Elle se rendit compte que la grande femme avait les yeux rivés sur son postérieur, et elle rougit jusqu'à la racine des cheveux. Elle se retourna, et Ripley finit par lever les yeux.
"Là bas…" dit Scully en pointant la forêt du doigt.
"Heu… Ouais… Heu…" s'empourpra alors Ripley qui s'était fait prendre. Elle regarda alors dans la direction où pointait Scully, mais ne vit pas tout de suite ce que la petite rousse voulait lui montrer.
La rouquine se dirigea à grands pas vers la découverte qu'elle venait de faire. Devant elle une immense plante montait tout droit vers le ciel.
"C'est la plus grosse que j'ai jamais vue" s'étonna t-elle tout haut en regardant vers le bout de la plante qui devait faire au moins 30 pieds de haut. Elle avait d'immenses feuilles et se balançait doucement dans le vent de fin d'après midi. Sur ce, elle se pendit à une branche, et entreprit de la casser. "Ne reste pas plantée là à me regarder en chien de faïence… Viens plutôt m'aider, je n'y arriverai pas toute seule."
À ces mots, la grande femme s'activa et se porta à la rescousse de Scully. En moins de deux, la branche cassa et tomba sur le sol.
"Whoaa!!!" S'exclama Scully. "Ça va faire le plus gros pétard du siècle… Que dis-je du millénaire…" dit-elle en ouvrant de grands yeux.
Ripley qui n'avait toujours pas saisi pourquoi sa petite compagne s'extasiait de la sorte, porta par inadvertance, les mains à son nez, elle comprit. L'odeur de chanvre lui envahit les narines, et à son tour elle regarda, ébahit l'arbre qui pointait vers le ciel.
"Je n'ai jamais vu un aussi gros plant de marijuana…" Jubila encore Scully. "On va fumer le plus gros calumet de la paix ce soir…"
"Et tous les autres jours de l'année aussi, à voir la grosseur de cette branche." Rétorqua Ripley en se grattant la tête de stupéfaction.
"Mais, non, je blaguais, je ne fume pas, mais la marijane à des propriétés médicinales bienfaisantes, et je tiens à ramener cette branche au village. Prends ce bout, et je prends l'autre."
Elles repartirent en traînant la grosse branche. Ripley marchait toujours à la remorque de Scully et ses yeux se posèrent de nouveau à l'endroit qu'ils avaient quitté à contre cœur quelques minutes plus tôt.