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Alexandra gara son 4x4 Toyota, et se dirigea vers l'immeuble où venaient de s'installer son frère et sa toute jeune épouse. Je vais juste faire acte de présence et repartir, se dit-elle, on n'a pas idée de pendre la crémaillère un lundi soir. Sur le palier, des bruits de musique et de fête lui parvenaient de derrière la porte de l'appartement. Elle n'aimait pas la foule surtout si celle-ci était aussi bruyante qu'elle en avait l'air. Mais elle ne pouvait se défiler, Thomas et Bénédicte se vexeraient si elle ne se présentait pas à leur petite fête. Elle soupira et mit son index sur la sonnette. Quelques instants plus tard un jeune homme au regard aussi bleu et au cheveux aussi noirs que ceux d'Alexandra, la prenait dans ses bras en l'embrassant bruyamment.
- Entre petite soeur, je suis heureux que tu aies pu venir, Bénédicte! hurla-t-il pour dominer le bruit de la musique, viens voir qui est là.
- Alexandra, je suis si heureuse de te voir. Merci d'être venue je sais que tu es très occupée.
- Merci, Bénédicte, je n'aurais raté ça pour rien au monde, mais tu as raison je suis très occupée c'est pour cela que je ne vais pas rester longtemps, tiens, dit-elle en présentant un paquet à sa belle-soeur.
- Merci, Alexandra, allez viens avec moi, qu'est ce que tu veux boire? Tu as bien le temps de prendre un verre et de rester un petit peu?
- Sers-moi une vodka orange s'il te plaît, je vais rester mais un tout petit moment. Demain j'ai un entretien très tôt avec une nouvelle recrue et je n'ai pas envie d'arriver en retard.
Son verre à la main elle s'adossa près de la cheminée et observa la foule. Il y avait au moins une cinquantaine de personnes dans le grand salon. Alexandra savait que presque tous les regards étaient tournés vers elle. Elle se savait très belle, grande, les cheveux longs noir corbeau et brillants et une paire d'yeux d'un bleu à damner un saint. Elle avait appris à ignorer les regards de prédateurs chargés de désir d'hommes et femmes confondus. Ses yeux furent pourtant attirés par une jolie blonde au regard d'un beau vert qui riait aux éclats. Alexandra ne pouvait détacher sa vue d'une aussi ravissante personne. L'espace d'une seconde le bleu rencontra le vert, ce qui fit bondir le coeur de la grande femme. Elle s'apprêtait à aller vers la jeune blonde pour se présenter, quand elle vit un jeune homme la prendre dans ses bras et l'embrasser goulûment. Elle secoua la tête, déçue. Oublie Alexandra elle est malheureusement prise, dommage tu es si jolie petite blonde. Elle alla saluer ses hôtes et s'excusa de repartir aussi vite prétextant une fatigue due au stress du travail.
Claire riait à gorge déployée à la blague que venait de raconter Marc, elle tourna la tête et faillit la perdre en rencontrant un regard d'un bleu transparent qui la transperça. Etourdie elle sentit ses jambes trembler et son coeur battre la chamade, mais elle n'eut pas le temps de s'attarder sur cette sensation car l'homme qu'elle avait rencontré deux jours plus tôt avait capturé sa bouche dans un baiser gourmand. Quand il la relâcha enfin, elle chercha du regard la grande femme, mais celle-ci avait disparu. Elle promena son regard sur la foule mais nulle trace de la brune qui l'avait un court instant bouleversée. Elle en voulut à Philippe de l'avoir distraite. Ne la voyant pas revenir, Claire était certaine que l'intense jeune femme était repartie. Elle en eut un pincement au coeur. Elle décida d'écourter sa soirée.
- Philippe, je m'en vais, je suis fatiguée et je dois me lever tôt demain.
- Hé, déjà! Attends un peu, rétorqua-t-il en la saisissant et en s'apprêtant à l'embrasser encore une fois.
- Arrête, Philippe, je n'aime pas qu'on m'ausculte les amygdales, alors trouve-toi quelqu'un d'autre qui apprécierait, moi je m'en vais. Et Philippe, je ne crois pas que cela marchera entre nous. Je crois qu'il vaut mieux qu'on s'arrête là.
- Qu'est ce que tu racontes, on se marre bien tous les deux, non?
- Désolée Philippe, moi je ne me marre pas du tout, allez sans rancune.
- Ouais va casse - toi, tu n'es pas drôle du tout, je me demande ce qui m'a plu chez toi, il la planta là et s'en fut. Alléluia, voila ce que j'appellerais une rupture sans trop d'encombre, se dit-elle en traversant la rue pour se diriger vers sa Golf. C'est drôle je n'arrête pas de penser à cette belle inconnue, je ne suis quand même pas lesbienne. Pourtant, reconnut-elle, personne ne m'a fait cet effet-là, c'est comme si j'avais eu le coup de foudre. L'image de la grande femme ne quitta pas son esprit. Tu deviens complètement folle ma vieille, une femme, il ne manquait plus que ça. Elle se prépara à aller se coucher et ne fut pas surprise de se surprendre à rêver de la belle brune avant que le sommeil ne la gagne.
- Allo!
- Bonjour Claire, alors prête à rencontrer le grand méchant loup?
- Bonjour Lucie. Je te signale que tu travailles pour le grand méchant loup.
- Oui, tu as raison, n'oublie pas tu as rendez-vous à 7 heures trente.
- Non, je n'oublie pas, bien que je n'ai jamais eu un entretien aussi tôt le matin.
- C'est parce que le patron a une réunion à 8 heures avec un nouveau client, et tu dois y assister, mets tes plus beaux atours et amène tes fesses aussi vite que possible.
- J'y serai vers 7h 15.
- C'est parfait je t'attendrai à l'accueil.
- Lucie tu n'es pas obligée...
- Pense-tu, répliqua son amie de toujours, je dois y être à 7 heures, moi. Alors dis - moi comment s'est passé ta soirée?
- Bien, répondit Claire en pensant à la belle inconnue, mais j'ai rompu avec Philippe.
- Claire! S'offusqua son amie, tu es incorrigible et trop exigeante, il était pourtant canon, un vrai Apollon.
- Disons que je n'aime pas avoir de serpent rampant au fond de ma gorge, sourit Claire. Bon assez parlé je dois m'habiller, à tout à l'heure. Et Lucie, appela -t-elle la jeune femme qui allait raccrocher.
- Oui?
- Merci de m'avoir proposée pour ce poste.
- Je t'en prie Claire, et crois moi si je ne pensais pas que tu étais la meilleure je ne l'aurais pas fait, on est plutôt très exigeant dans ma boite.
- Merci quand même.
- A ton service mon amie.
A sept heures précises, Alexandra pénétra dans le hall de son agence de publicité. Elle avait travaillé dur pour se hisser au sommet. Et aujourd'hui sa compagnie comptait parmi les plus sollicitées en France. Elle ressentait toujours un picotement de fierté en pénétrant dans le bâtiment éclairé par le soleil matinal de cette fin d'été.
Elle entra dans son vaste bureau, et foula la moquette bordeaux, qui étouffa le son de ses talons. Elle n'avait pas cessé de repenser à la jeune blonde rencontrée la veille, elle se secoua en chassant cette image de son esprit. A quoi bon penser à quelqu'un qu'on ne reverra jamais s'admonesta-t-elle. Elle alluma son P.C. et se plongea dans le travail comme elle savait si bien le faire pour oublier les désagréments que la vie apportait parfois. La tête de sa secrétaire apparut à l'entrebâillement de la porte.
- Votre rendez-vous est arrivé madame Ravin.
- Merci Lucie, faites entrer.
- Allez Claire c'est à toi, tache d'être convaincante.
Alexandra croisa les bras sur son bureau, elle faillit sourire jusqu'aux oreilles en reconnaissant la jeune blonde qu'elle avait cru ne jamais revoir, entrer dans la grande pièce… Mais des années de pratique l'aidèrent à conserver un masque froidement professionnel, elle lui signifia d'un geste de la main de prendre place, sur l'un des fauteuils en cuir prévu à cet effet, secrètement ravie du hasard qui faisait souvent bien les choses.
Le coeur de Claire manqua un battement, et c'est essoufflée qu'elle s'assit sur le fauteuil qu'on lui désignait. La grande femme ne semblait pas la reconnaître et elle en fut étonnamment déçue. Elle tenta tant bien que mal de garder son calme se demandant comment elle allait pouvoir parler à cette femme qui ne cessait de la hanter depuis la veille.
- Alors, Lucie m'a dit que vous avez déjà travaillé dans le domaine de la publicité en tant que maquettiste, mademoiselle, heu, Delauney, dit -elle après avoir jeté un bref coup d'oeil au CV placé en évidence sur son bureau. Mon Dieu si j'avais su j'aurais longuement épluché ce papier.
- Oui, en effet j'ai passé cinq années dans une boite qui vient d'être vendue à une firme japonaise.
- Et vous avez été licenciée.
- Non, j'ai préféré partir avant qu'on ne débatte de notre sort.
- Je vois, pourtant votre CV est impressionnant, peut-être qu'ils vous auraient gardée.
- Oui peut-être, mais j'ai préféré prendre les devants au lieu de m'angoisser sur mon futur.
- Oui, vous m'avez tout l'air d'une personne très intelligente, qu'est ce qui m'arrive moi à la complimenter ainsi, se reprocha - t - elle durement, pourtant la rougeur qu'elle aperçut colorer les joues du ravissant visage lui fit secrètement plaisir.
- Est ce que cela veut dire que je suis engagée? Demanda Claire, touchée du compliment.
- Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, et honnêtement je n'ai pas le temps de chercher quelqu'un d'autre. Alors oui je vous engage pour un essai de trois mois d'ici là nous aviserons. Mais vous devez savoir que vous serez amenée à voyager souvent et surtout à travailler dur et parfois à dépasser vos horaires de travail. En un mot votre vie privée en sera fortement perturbée.
- Je n'ai pas de vie privée pour le moment, donc cela me convient parfaitement.
- Pourtant hier à la fête vous sembliez très prise, Alexandra se maudissait d'avoir laissé les mots dépasser ses pensées. Que va - t - elle penser de toi triple idiote.
- Oh, c'est fini depuis hier justement, aujourd'hui je suis libre, répondit Claire, heureuse de s'être trompée et que la grande femme se soit finalement rappelée d'elle.
- Alors c'est parfait, nous avons une réunion dans ... Elle jeta un coup d'oeil à sa montre, dix minutes, mais avant, suivez moi, je vais vous montrer votre bureau.
Elle suivit la grande femme à l'air austère et leva son pouce en l'air à l'intention de son amie pour lui signifier qu'elle était prise dès qu'elles furent à son niveau, le sourire de celle - ci disparut à l'instant où la présidente s'adressa à elle.
- Lucie, je vais installer mademoiselle Delauney dans son bureau, si les allemands arrivent accompagnez-les à la salle de réunion et dites leur que je ne serais pas longue.
- Bien, madame, répondit Lucie qui resta bouche bée, la patronne n'avait jamais installé elle-même une nouvelle recrue, tu as fait une plus que bonne impression mon amie félicitations, pensa - t - elle ravie pour Claire qu'elle adorait.
Alexandra ouvrit une porte en bois située à quelques mètres de son propre bureau. Claire jeta un oeil circulaire à la pièce. Il n'y avait qu'un bureau sur lequel étaient posés un P.C. et une table d'architecte. Mais l'endroit plut à Claire, la pièce était vaste et bien éclairée, elle y mettrait sa touche personnelle plus tard lorsqu'elle serait bien installée. Alexandra lui présenta un document en lui demandant d'y jeter un coup d'oeil avant la réunion. Elle la laissa après lui avoir dit que sa secrétaire l'appellerait dés que les clients seraient là.
Alexandra était très satisfaite en sortant de la salle de réunion deux heures plus tard. Elle se félicitait d'avoir recruté à temps Claire qui avait captivé l'attention des clients en faisant des propositions intéressantes. Reste à savoir si celles-ci seraient à la hauteur de ses promesses.
Claire partit de son côté vers son bureau pour commencer à mettre sur papier les idées qu'elle avait proposées. Elle s'était tout de suite sentie en confiance, elle sourit de satisfaction quand elle se rappela l'air étonné de sa patronne lorsqu'elle s'était adressée aux clients dans un allemand parfait. A quoi s'attendait-elle à ce que je le baragouine à peine, mais c'est normal tellement de personnes mettent des conneries sur leurs CV, mais Claire était trop honnête pour mentir encore moins pour obtenir un poste.
Cela faisait un mois que Claire travaillait dans sa nouvelle boîte. Le projet qu'elle avait soumis aux clients allemands avait suscité leur admiration et c'est avec une grande satisfaction qu'ils avaient signé le contrat d'un budget de quatre millions d'Euros. Même Alexandra l'avait chaleureusement félicitée. Elles n'avaient plus jamais reparlé de leur rencontre à cette fameuse fête, gardant des relations professionnelles qui les satisfaisaient. Bien qu'Alexandra avait souvent rendue visite à la jeune blonde dans son bureau prétextant à chaque fois une nouvelle raison. Claire ne s'en plaignait nullement du reste, car elle - même était des centaines de fois taraudée par l'envie d'aller frapper à la lourde porte capitonnée, se raisonnant à temps, qu'aurait - elle trouvé comme excuse pour déranger la grande belle femme. Mais par contre le contraire était bien venu et c'est toujours avec le sourire qu'elle accueillait sa patronne qui parfois lui rendait son sourire qui embellissait son visage d'une façon inattendue.
Un soir Claire sortit trop tard du bureau car elle préparait de nouvelles maquettes pour un nouveau budget. Trop fatiguée pour préparer elle-même son dîner et ayant trop faim pour s'en priver elle se dirigea vers le restaurant qui se situait à quelques mètres de l'immeuble de la compagnie. Elle s'apprêtait à ressortir de l'établissement bondé, déçue par le refus désolé du patron, quand un serveur en livrée se précipita vers elle et lui annonça qu'elle était invitée à partager la table d'une cliente qu'il lui désigna. Son coeur bondit dans sa poitrine quand elle vit sa patronne lui faire signe de venir à sa table.
Alexandra bénit l'enfant qui avait laissé tomber sa cuillère, ce qui lui avait fait relever la tête et voir Claire discuter avec le patron qui hochait négativement la tête. Elle comprit que celui-ci lui disait que le restaurant était complet. Elle appela vite le serveur pour lui dire de rattraper la jeune blonde et la faire venir à sa table. Elle espérait que Claire accepterait son invitation, elle serait heureuse de pouvoir parler à la ravissante blonde hors du bureau où tous ses faits et gestes étaient épiés.
- Le restaurant est toujours bondé le week-end, dit-elle en guise de bienvenue. Je serais heureuse de partager ma table, prenez place.
- Merci, j'avais oublié qu'on était vendredi. Vous venez souvent ici? Demanda-t-elle juste pour engager la conversation.
- Oui, j'ai une table réservée à l'année, je suis une piètre cuisinière, répondit la grande femme avec un sourire penaud. Par contre vous c'est la première fois que je vous y rencontre.
- J'adore cuisiner mais ce soir je suis vannée, dit -elle dans un grand sourire.
Elles passèrent la soirée à parler de choses et d'autres se découvrant de nombreux points communs, et aucune d'elle ne voulait mettre fin à cet agréable moment. Elles durent pourtant se lever pour partir tristes toutes deux de se quitter. Toute bonne chose à une fin, se dit Alexandra, c'est la première fois que je ne m'ennuie pas à un dîner, et c'est de très bon augure. En plus elle a l'air d'apprécier ma compagnie ce qui n'est pas pour me déplaire. Allez bouge Alexandra, il est l'heure de rentrer et de laisser Claire aller se reposer.
- Merci pour cet agréable moment madame Ravin, j'ai passé une excellente soirée.
- Alexandra!
- Pardon, dit Claire qui ne comprenait pas.
- Appelez-moi Alexandra ou Alex comme mes amis le font mais pitié ne me servez pas des madames vous me donnez l'impression d'être une vielle chose rabougrie.
- Vous êtes loin d'être une... Vous êtes une très belle femme Alexandra, la plus belle femme que j'ai rencontrée, elle se rendit compte trop tard de ce qu'elle venait de dire et rougit jusqu'aux oreilles.
- Vous êtes tout aussi ravissante Claire, dit la grande femme émue par les paroles de sa nouvelle amie, et merci pour le compliment et pour la soirée, moi aussi j'ai passé un agréable moment et croyez-moi cela ne m'arrive que très rarement. En général je m'ennuie mortellement.
- Oh, c'est gentil à vous de dire ça, répliqua Claire en rougissant de plus belle.
Alexandra rit en voyant le trouble qui transformait le rouge en cramoisi sur les joues de sa jeune compagne et pour la première fois la perspective de rentrer seule dans un appartement vide ne l'enchanta guère. Elle s'était sans s'en rendre compte attachée à cette jeune personne pleine de vie et de douceur. Elle aurait voulu la garder encore un peu auprès d'elle mais savait que ce serait impossible. Claire était hétéro cela ne laissait aucun doute dans son esprit et elle ferait mieux d'oublier l'idée d'en faire une compagne de vie. La tristesse étreignit son coeur à cette idée et c'est avec une froideur inconsciente qu'elle prit congé de la jeune femme après avoir insisté pour payer le dîner, elle la planta sur le trottoir et partit précipitamment vers sa voiture.
Claire se demandait avec angoisse ce qui avait fait changer l'humeur de sa patronne. Je n'aurais pas dû lui faire de compliment sur sa personne, Dieu que je suis idiote elle m'invite à dîner et moi je la drague ouvertement. Quelle imbécile je suis, comment je vais faire pour réparer cela. Acceptera-t-elle mes excuses? Mais si je lui en fait que vais-je lui dire? Désolée de vous avoir draguée. Ma vieille, tu t'es mise dans de beaux draps. Elle soupira en hochant tristement la tête. Elle suivit du regard la Toyota qui quittait le trottoir en faisant crisser les pneus. Oh la, la elle est vraiment en colère, Dieu venez-moi en aide lundi. Elle fit démarrer sa voiture et rentra chez elle le coeur lourd, avec le sentiment d'une grande perte.
Le lundi matin c'est le coeur serré comme dans un étau qu'elle pénétra dans l'ascenseur où trois des cadres commerciaux de la boîte s'étaient déjà engouffrés, les portes furent stoppées au dernier moment par Alexandra qui se plaça à l'arrière de la cabine son corps frôlant celui de Claire. Tous les occupants demeurèrent silencieux, la présidente les avait salués d'un hochement de tête bref et froid. Claire sentit ses jambes trembler, elle ne savait pas si c'était la proximité du corps puissant et musclé de la grande femme ou la peur des représailles de cette dernière. Quand l'ascenseur stoppa, Claire se demandait si elle allait s'excuser ou laisser faire le temps, quand elle sentit un souffle chaud contre son oreille et une voix basse et grave lui murmurer: rendez-vous ce soir à la même heure et à la même table. Alexandra sortit d'un air digne, souriant pour elle-même, elle le savait elle avait surpris la jeune blonde, les yeux verts grands ouverts le lui avaient prouvé. Elle avait réfléchi durant le week end, elle n'était pas femme à fuir devant la difficulté. Elle s'était rappelé les compliments qu'avait fait Claire sur son physique avantageux, et s'était dit que la jeune femme était sûrement intéressée sinon elle ne lui aurait pas dit tout cela. Et donc elle était arrivée au bureau avec la ferme intention de tenter un rapprochement.
Claire sortit de l'ascenseur les jambes flageolantes, non seulement Alexandra ne semblait pas lui en vouloir mais en plus elle lui avait donné rendez - vous. Elle faillit sauter de joie devant tous les employés présents. Elle savait qu'elle souriait bêtement mais n'en eut cure. Alexandra voulait la revoir et c'était tout ce qui comptait. Mon Dieu j'ai un rendez-vous avec la plus belle femme du monde. Son coeur dansait la sarabande elle voulait crier sa joie au monde entier. Elle se plongea dans son travail souhaitant que la journée passe très vite, encore troublée par le souffle chaud contre son oreille.
Cinq heures arriva enfin, la jeune blonde rassembla toutes ses affaires, et se précipita vers la sortie. Elle voulait s'acheter une nouvelle robe, car elle voulait absolument plaire à sa présidente. Elle était excitée comme une adolescente à son premier rendez - vous. C'est la première fois que je suis aussi nerveuse se dit-elle en rentrant dans la cabine d'essayage avec trois modèles différents. C'est peut être parce que c'est la première fois que c'est aussi important pour moi, se dit-elle. C'est vrai que je n'ai jamais été aussi excitée par une rencontre. Est ce que tu ne serais pas amoureuse par hasard? demanda - t - elle à son reflet sur le miroir de la cabine. Mon Dieu qu'est ce qui me prend à me poser des questions pareilles, qui plus est pour une femme. Mais elle dut se rendre à l'évidence, Alexandra éveillait en elle des sentiments très forts, sa proximité la troublait plus que de raison. Et ça elle ne l'avait ressenti avec aucun des hommes qui avait partagé quelques fois sa vie. Serais- je lesbienne? Cette question ne suscita aucune angoisse en elle, c'était juste une constatation logique. Peut être bien après tout. En tout cas si je le suis tant mieux, parce que Alexandra est une personne que je ne veux pas perdre. Tu l'aimes Claire avoue le, sinon pourquoi serais - tu là à essayer des robes sans pouvoir te décider sur un choix, et elle que ressent-elle pour moi et si ce n'était que de l'amitié? Eh bien tu t'en contenteras ma vieille. Elle opta finalement pour une robe noire qui mettait en valeur son teint pâle et ses cheveux blonds. Et c'est le coeur léger et heureux qu'elle sortit du magasin.
Claire nota en entrant dans le restaurant que sa patronne s'était changée contrairement au vendredi soir, elle en fut touchée. Mais déçue car une jeune femme était assise face à elle et parlait avec de grands gestes. Elle s'approcha lentement espérant que cette intruse serait partie avant qu'elle ne s'installe, ressentant déjà les affres de la jalousie lui ronger le coeur. Et si Alexandra l'avait invitée aussi? Eh bien, il faudra bien faire avec. Elle vit deux paires d'yeux suivre sa progression.
- Allez va -t-en Laetitia, la personne que j'attendais vient d'arriver, ordonna une Alexandra très ennuyée par cette rencontre avec une ex et qu'elle aurait voulu éviter.
- Bonsoir, dit Claire quand elle arriva au niveau des deux femmes.
- Ah bonsoir, alors c'est toi la nouvelle conquête? Plutôt jolie je dois le dire, Alexandra tu as vraiment bon goût, méfie-toi jeune demoiselle cette femme est un requin sur pattes, répondit Laetitia avant qu'Alexandra ne puisse ouvrir la bouche, elle ne vous a pas dit qu'elle était gay, enchaîna la jeune rousse quand elle vit le regard étonné de la nouvelle arrivante.
- Ça suffit Laetitia, pars maintenant, ordonna Alexandra qui voulait étrangler de ses propres mains son ex-compagne en lançant une regard attristé à Claire.
- Il se trouve que j'adore nager parmi les requins et je crois qu'il est trop tard pour récupérer Alexandra je crois qu'elle ne veut plus de vous, dit Claire qui aurait voulu être plus venimeuse envers cette femme qui voulait mettre mal à l'aise son amie.
Alexandra regarda Claire, puis partit dans un grand rire devant la mine déconfite de son ex. Un point pour toi Claire se dit-elle. Elle était persuadée que Claire prendrait ses jambes à son coup après l'annonce fracassante de son homosexualité et pourtant elle était là à la défendre bec et ongles. La rousse leur lança un regard méchant avant de se lever et de tourner les talons.
- Désolée, je n'ai pas pu m'en empêcher, s'excusa la jeune blonde en rougissant légèrement.
- Ne le soyez pas Claire, Laetitia méritait une bonne leçon et je crois que c'est plutôt à moi d'être désolée que vous ayez appris cela de sa bouche et non de la mienne.
- Ce n'est pas grave, assura Claire avec un grand sourire retrouvant sa bonne humeur. Elle est gay, quelle chance se dit-elle.
- Vous voulez boire quelque chose avant de commander? Peut être une coupe de champagne?
- Je veux bien Alexandra, une coupe de champagne c'est parfait.
Elles sirotèrent leur boisson en silence chacune plongée dans des pensées troublantes. Alexandra se félicitait d'avoir écouté son coeur et de ne pas avoir renoncé à pousser plus loin la relation amicale qui existait entre elles depuis ces trois derniers mois. Claire de son côté était heureuse que sa patronne soit gay, ainsi l'aimer n'était pas une grossière erreur.
- Vous..., elles parlèrent en même temps ce qui les fit sourire.
- Je crois qu'on devrait se tutoyer, qu'est ce que vous en pensez?
- Bien sûr, avec plaisir, répondit Claire ravie que son amie ait émis ce voeu ce qui pour sûr les rapprocherait.
- Claire? Est ce que je peux te poser une question indiscrète?
- Bien sûr, je t'écoute.
- As-tu déjà eu une relation avec une femme.
- Non, jamais. Je ne suis sortie qu'avec des hommes, mais rassure-toi Alexandra je ne juge pas ta façon de vivre.
- Me voila rassurée, dit en souriant la grande brune. Et si on commandait, je meurs de faim, affirma-t-elle en faisant signe au garçon.
- Moi aussi.
- Est ce que je t'ai dit que tu étais très belle ce soir, cette robe te va à ravir.
- Merci, répondit Claire en rougissant heureuse d'avoir fait le bon choix et de plaire à son amie.
Elle passèrent la soirée à deviser gaiement, aucune n'était encore prête à parler librement de ce qu'elle ressentait vraiment. Alexandra s'apprêtait à rejoindre sa voiture après avoir souhaité une bonne nuit à sa jeune amie, mais celle-ci la rappela.
- Alexandra?
- Oui, Claire, son coeur battait la chamade que voulait-elle, se demanda-t-elle.
- Si je t'invitais un soir à dîner chez moi? Est ce que tu accepterais? Claire n'était pas très à l'aise, elle avait eu une impulsion et ne l'avait pas repoussée, mais dès que les mots étaient sortis de sa bouche elle les regretta s'attendant à un refus net de la part de son impressionnante amie.
- Ce sera un plaisir et un honneur pour moi Claire, quand tu veux, répondit Alexandra ravie de pénétrer un peu plus dans l'univers de cette femme qui prenait place sans effort dans son coeur.
- Que dirais-tu de vendredi soir?
- Je dirais que la semaine va être trop longue d'ici là, à demain Claire, sourit - elle avant de partir vers son 4x4 le coeur sautant de joie dans sa poitrine.
Claire demeura un long moment immobile sur le trottoir, elle avait non seulement accepté mais elle lui avait même signifié qu'elle avait hâte d'y être. Elle sourit en levant la tête vers le ciel remerciant celui qui avait mis cette intense personne sur son chemin. Elle réfléchissait déjà au menu qu'elle allait préparer vendredi.
Claire finissait sa dernière touche de maquillage quand on sonna à la porte, elle alla ouvrir le coeur battant la chamade. La beauté d'Alexandra lui coupa le souffle, elle demeura un bon moment immobile ne se rendant pas compte qu'elle dévorait son invitée de son beau regard vert.
- Est ce que le dîner est prévu sur ton palier, plaisanta Alexandra sentant la nervosité de son hôtesse, qui était ravissante dans sa robe vert d'eau.
- Pardon, entre, dit-elle d'une voix mal assurée, en prenant la bouteille de vin et le bouquet de roses rouges que lui tendait son amie, elles sont magnifiques et elles sentent très bon.
- Je t'en prie, je savais que tu les aimais, il y en a toujours sur ton bureau.
- Oui, c'est vrai, je trouve que les roses sont les fleurs qui ont le plus de personnalité, fit-elle en souriant et entraînant son invité vers le salon. Le dîner sera prêt dans une minute installe-toi je vais nous servir un verre.
Claire partit dans la cuisine pour ouvrir une bouteille qu'elle avait mis au frais. Alexandra prit place sur le canapé en cuir noir appréciant l'atmosphère intime et chaleureuse de l'endroit.
- Est ce que je peux mettre de la musique? Cria-t-elle pour se faire entendre, en se dirigeant vers la chaîne stéréo.
- Fais comme chez toi, choisis ce que tu aimes.
- Ah! c'est exactement ce que je voulais entendre ce soir, dit la grande femme en plaçant un C.D.
La voix de Mylene Farmer chantant Innamoramento emplit la pièce.
- Bon choix, assura Claire en présentant un verre à pied rempli de vin blanc à son amie.
- Oui, j'adore cette chanteuse, ses textes sont profonds et pleins de sens contrairement à d'autres.
- Hum c'est vrai, à notre amitié, dit-elle en levant son verre.
- A nous.
- C'était très bon, je suis repue Claire, merci.
- A ton service, c'est quand tu veux.
- Ne me tente pas Claire, je pourrais résilier mon contrat avec ce restaurant, ce que tu cuisines est bien meilleur et je ne dis pas ça juste pour te flatter.
- Je suis très contente que tu apprécies et je suis sérieuse tu viens quand tu veux.
- Merci, Claire j'apprécie vraiment. Bon, il est tard je vais devoir y aller.
Alexandra décrocha son manteau, et le mit se préparant à quitter ce havre de paix, elle avait adoré cette soirée auprès de celle qui avait prit son coeur sans crier gare. Un jour il va bien falloir que je lui dise ce que je ressens pour elle, très bientôt se promit-elle.
- Claire, merci encore pour cette excellente soirée, dit-elle à la jeune femme qui s'apprêtait à ouvrir la porte, je me suis sentie très importante ce soir.
- C'est parce que tu l'es Alexandra plus que tu ne peux le croire, dit Claire en noyant son regard dans celui de la belle grande femme.
Alexandra n'en crut pas ses oreilles, c'était une invitation, il n'y avait pas de doute, elle se laissa emporter par l'intensité du moment, puis comme au ralenti elle se baissa vers la bouche frémissante de Claire et chercha dans ses yeux une approbation qui lui fut accordée comme dans une fervente prière. Alors elle cessa de réfléchir et effleura doucement les lèvres roses. Claire éperdue noua ses bras autour de la nuque désirée pour approfondir leur baiser. La langue d'Alexandra caressa doucement les lèvres puis pénétra l'antre secrète tant convoitée. Leur baiser dura jusqu'à ce qu'elles ne puissent plus respirer. Eperdue de bonheur Claire s'accrocha au cou de son amie car ses jambes ne la soutenaient plus, jamais elle n'avait ressenti cela auparavant, le baiser d'Alexandra était parfait. Elle ne voulait plus quitter la puissante femme s'accrochant désespérément à elle et posant sa tête sur sa poitrine elle parla d'une voix étouffée.
- Alexandra, est-ce que tu dois vraiment partir?
- Non, et je n'en ai nulle envie je l'avoue.
- Ça tombe bien parce que je ne vais pas te laisser partir, dit-elle d'une voix vacillante, viens, elle prit son amie par la main et l'entraîna vers sa chambre et ferma la porte sur un avenir s'annonçant radieux.
Claire se réveilla le lendemain avec un sentiment de bonheur intense, elle sentit son oreiller bouger et son coeur fit une embardée lorsque le souvenir de la nuit d'amour lui revint en mémoire. Ce n'était pas son oreiller qui bougeait mais l'épaule sur laquelle sa joue reposait. Elle ouvrit un oeil et rencontra celui bleu de son amante qui la regardait avec amour.
- Bonjour, belle blonde.
- Bonjour brune de mes rêves.
- Claire comment je vais faire pour dormir sans toi ce soir?
- Eh bien, cela me paraît évident, reste avec moi. Moi aussi je ne pourrai pas dormir sans toi. J'aime la sensation de me réveiller dans tes bras Alexandra et je ne l'échangerai pas pour tout l'or du monde.
- Tu veux vraiment que je reste.
- Oh oui! Alexandra reste s'il te plaît.
- Présenté comme ça cela me paraît alléchant. Mais avant je veux vérifier quelque chose.
- Quoi donc?
- Ça! répondit Alexandra en l'embrassant avec passion.
Un long moment plus tard sous la douche elles se savonnaient avec amour, en s'attardant sur les points sensibles qu'elles avaient eu le temps de découvrir.
- Alex, je dois aller récupérer mon sapin de Noël aujourd'hui. Tu veux bien m'accompagner? Ensuite on le décorera ensemble.
- Avec plaisir ma chérie.
Elles passèrent la journée à décorer le sapin, elles s'amusaient comme des gamines en se taquinant et en riant ensemble. Alexandra se disait qu'elle ne s'était jamais amusée autant depuis longtemps, elle était à l'aise avec Claire et se sentait bien en sa compagnie. Je suis bel et bien amoureuse se dit-elle, et c'est merveilleux, Dieu cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps, j'espère seulement qu'elle ressent la même chose sinon je suis très mal barrée. Elles préparèrent ensemble le dîner, et soupèrent au coin du feu, admirant les lumières sur le sapin.
- Il est beau, murmura Claire.
- Oui il l'est.
- Et tu sais pourquoi?
- Parce qu'on l'a décoré ensemble?
- Oui, ma chérie, peut être que je le laisserai comme ça jusqu'à l'année prochaine.
- Alors où passeras-tu Noël? Avec ta famille je présume, dit tristement Alexandra qui aurait voulu le passer en sa compagnie.
- Alexandra, je n'ai pas de famille, répondit tristement Claire, enfin je n'en ai plus depuis trois ans. Mes parents et ma soeur revenaient d'un voyage de New-York et leur avion a crashé sur l'océan pacifique, et il n'y eut aucun survivant.
- Mon coeur, je suis désolée, elle attira la jeune femme à elle et la berça un long moment entre ses bras puissants. Elle sentit Claire s'accrocher à elle de toutes ses forces revivant sûrement les moments du drame qui avait frappé sa famille. Ecoute, moi je passe toujours Noël avec ma mère, mon frère et sa femme, on s'est vues chez eux pour la première fois toi et moi. Et Claire je serai vraiment heureuse si tu acceptes de m'accompagner cette année.
- Ce sera un honneur et un grand bonheur pour moi. Mais tu ne crains pas...
- Claire, l'interrompit Alexandra, ils savent pour moi alors détends-toi. Tu ne peux savoir à quel point tu me fais plaisir en acceptant.
- Tout le plaisir est pour moi. Je dois trouver un moyen de sortir lundi pour acheter des cadeaux, se dit- elle, cela fait si longtemps que je ne l'ai pas fait avec amour. Elle sourit pour elle-même en se disant qu'elle devait trouver un cadeau exceptionnel pour son amie, un présent qui symboliserait son amour pour elle, Dieu je l'aime tellement. Elle se cala contre la grande femme et ferma les yeux savourant ce moment de pure félicité.
Claire était très nerveuse quand le 4x4 de son amie se gara devant l'allée de la maison familiale. Alexandra le sentit, elle coupa le moteur et prit son visage dans ses mains.
- Détends-toi Claire ce n'est que ma famille ce n'est pas comme si tu allais rencontrer le pape d'accord. Elle penchait son visage pour l'embrasser quand la lourde porte de la maison s'ouvrit avec fracas et le clone d'Alexandra se précipita vers le véhicule.
- Hé salut vous deux, on attendait plus que vous, cria-t-il en ouvrant la portière côté passager pour accueillir Claire, il l'aida à sortir et la serra contre lui, bienvenue chez nous Claire, maman est impatiente de faire ta connaissance, Bénédicte aussi, c'est ma femme. Salut soeurette, enchaîna-t-il à l'intention de la grande femme qui contourna le véhicule pour venir à leur hauteur en entourant la taille de sa jeune amie. Allez venez vous deux, les autres sont dans la cuisine.
Brigitte la mère d'Alexandra ouvrit ses bras en souriant avec chaleur, elle embrassa d'abord Claire.
- Je suis heureuse de te rencontrer Claire, Alexandra ne tarit pas d'éloge sur toi, sois la bienvenue ma chérie.
- Merci, madame je suis heureuse de vous rencontrer aussi et de passer Noël avec vous tous.
- Appelle-moi Brigitte ou maman, ma chérie, tu fais partie de la famille maintenant. Alexandra ne nous avait jamais présenté ses amies, alors je sais que toi tu dois représenter beaucoup pour elle, ajouta Brigitte en voyant l'air étonné et rougissant de la ravissante amie de son impétueuse fille, heureuse que celle-ci ait choisi une si gentille et douce femme comme compagne.
- Maman! Tu es en train de la mettre dans la gêne, reprocha en souriant Alexandra avant de serrer sa mère dans ses bras.
- Je n'ai dit que la vérité ma chérie. Allez emmène ton amie au salon et offre lui à boire, je termine quelques trucs et je vous rejoins.
Elles trouvèrent Bénédicte qui dégustait un verre, celle-ci se leva et serra Alexandra, avant de faire de même pour Claire.
- Je suis ravie de rencontrer enfin l'amie de ma belle-soeur, elle le dit en administrant deux baisers sonores sur les joues de la jeune femme.
Claire était étourdie par toutes ces marques d'affection, elle ne savait pas qu'Alexandra avait parlé de Claire à sa famille et qu'elle leur avait dit que celle-ci avait perdu sa famille en les menaçant de mort si l'un deux accueillait mal son amie, mais elle savait au fond que les menacer était inutile car sa famille était généreuse de nature.
- Alors petite soeur qu'est ce que je te sers à boire, demanda Thomas en posant son regard sur Claire, hé c'est bien à toi que je m'adresse, dit-il en voyant Claire se tourner vers Alexandra, ma soeur n'a pas besoin qu'on la serve, alors?
- Un martini, merci, répondit Claire en souriant, eh bien se dit-elle sa famille est adorable, je suis heureuse d'en faire désormais partie et j'espère que ce sera pour la vie pensa-t-elle en acceptant avec un sourire affectueux le verre que lui tendait son nouveau frère.
Alexandra remercia son frère en lui lançant un regard complice, puis s'assit en entraînant sa compagne pour l'installer sur ses genoux, Claire se détendit et se laissa aller contre le puissant corps, sirotant sa boisson qui avait un goût nouveau celui du bonheur et de la première fois avec son amie. Chaque instant avec elle sera une date unique, je l'aime tellement et je veux le lui dire, elle me le dit en me présentant à sa famille. Elle se pencha légèrement vers l'oreille de la grande femme et lui murmura dans un souffle " Je vous aime Alexandra Ravin de toute mon âme". Alexandra lui lança un regard où elle laissa transparaître tout son amour, Claire n'avait pas besoin de mots, elle le savait.
Le repas de Noël fut parfait, Brigitte s'étant surpassée. Claire mangea chaque plat avec délice appréciant le goût riche des mets qu'Alexandra posait devant elle.
A minuit tout le monde se souhaita un Bon Noël en s'embrassant avec chaleur puis vint le moment d'ouvrir les cadeaux. Claire ne pouvait croire ses yeux chaque membre de la famille lui présenta un paquet. Elle ne put retenir les larmes qui coulaient doucement sur ses joues. Alexandra la prit dans ses bras et l'embrassa tendrement sur la bouche, elle savait que son amie était très émue par l'attention dont elle était l'objet, et Alexandra en l'embrassant sur la bouche voulait lui prouver qu'elle était vraiment devenue un membre de sa famille. Brigitte, Thomas et Bénédicte regardaient cet échange avec tendresse, ils avaient tous la même pensée, Alexandra était enfin casée.
Elles rentrèrent vers 3 heures du matin. Elles se préparaient à aller se coucher, quand Claire prit son amie par la main et l'entraînant vers le salon la poussa doucement sur le canapé.
- Attends moi là j'ai quelque chose pour toi.
- Encore un cadeau! La veste en cuir que tu m'as offert est très belle, et c'est largement suffisant mon amour. " Et pourtant toi aussi tu as un autre cadeau pour elle bien enfoui au fond de ton sac, se dit-elle. "
- Rien n'est suffisant pour toi mon amour, tiens, dit -elle en lui présentant un écrin de velours rouge.
Alexandra ouvrit l'écrin dans un silence religieux, elle retint son souffle en découvrant une chaîne en or surmontée d'un médaillon représentant un Cupidon serti de diamants.
- Oh! Mon amour c'est trop beau! Murmura- t- elle en serrant la chaîne contre son coeur, elle se leva lentement et entoura de ses bras son amante ravie, je t'aime tellement Claire, merci d'être entrée dans ma vie et d'en avoir fait un paradis.
- Je crois que je ne saurais pas dire mieux en ce qui te concerne tous les mots sont vides et vains quand il s'agit d'exprimer ce que je ressens pour toi, moi aussi je t'aime Alex à la folie, elle se souleva sur ses talons et mêla sa langue à celle de sa compagne.
- Moi aussi j'ai autre chose pour toi, dit Alexandra quand elle retrouva sa respiration, elle sortit de son sac une boîte et sans quitter son amour des yeux, elle prit sa main gauche et fit glisser le long de son annulaire, une bague sertie d'une émeraude finement ciselée, avec cette bague je te prends pour épouse et je promets de prendre soin de toi de t'aimer , de te chérir dans la douleur et dans la joie, dans la maladie comme dans la pauvreté jusqu'à ce que la mort nous sépare, je nous déclare unies pour la vie et je peux embrasser la mariée, termina-t-elle dans un sourire avant de s'emparer avec passion de la bouche de sa femme. Je sais je n'ai pas demandé ton avis, mais...
- Je suis fière et heureuse d'être ton épouse et de t'aimer jusqu'à ce que la mort nous sépare, je t'aime finit- elle dans un sanglot vite étouffé par la bouche aimée.
FIN |