La rencontre

Chapitre 12




  Je venais enfin de comprendre la réaction de ma chère Lena. Elle n'était donc heureusement pas comme je l'avais décrite si méchamment. Au fond de moi, j'en étais persuadée depuis le début mais la colère nous fait penser pas mal de choses qu'on regrette par la suite.

J'avais décidé d'aller faire un tour en ville avant de repartir. Je n'avais pas la chance de visiter des pays autre que la Belgique quand j'étais avec ma famille donc je voulais en profiter encore un peu. Je m'étais mise en tête d'offrir un cadeau à Lena pour la remercier de ces quelques jours auprès d'elle. J'étais chanceuse d'avoir pu partager sa vie un tout petit moment alors je n'allais pas me montrer ingrate envers elle. Même si elle me rejetait pour une raison stupide et fausse mais bon, c'est la vie. Je sorti de l'hôtel les larmes aux yeux, pourquoi avait-il fallu que je tombe éperdument amoureuse d'une femme inaccessible ?

***

Cela faisait près d'une demi heure que j'arpentais les étalages du marché et rien n'attirait mon regard. Je voulais quelque chose de simple mais qui dirait "Je suis désolée, merci pour tout je t'aime"… Bref, il fallait que je laisse tomber cette idée de cadeau, ça n'allait pas arranger mon cas. Je restais néanmoins à errer parmis les marchands, il faisait chaud et l'ambiance était bonne enfant. Les gens se parlaient, les vendeurs marchandaient et je me sentais bien. Je m'arrêtai devant une petite maison qui vendait des limonades bien fraîches pour pas chère, elle était délicieuse.

J'en avais marre de chercher, après tout, c'est Lena qui me jetait, pourquoi je devrais me casser le c** à lui offrir un cadeau après tout ce qu'elle m'a dit ?

**Parce que tu l'aimes imbécile**

Et oui… Je hais l'amour.

J'avais regardé des dizaines de colliers, des bracelets, des boucles d'oreilles mais à chaque fois, je me disais qu'avec tout son argent, elle pouvait s'offrir des marques et ce qui lui plaisait vraiment. J'étais ridicule…

Bon fini de se lamenter et de se tourmenter. Je rentre à l'hôtel, je prends un bon bain puis hop, je file à l'aéroport et je rentre chez moi.

C'est en me retournant que je vis ce petit étalage discret de statuettes, il se trouvait à côté d'un gros vendeur de t-shirt et d'une petite vieille qui vendait des épices. Oui, c'était bien ce que je cherchais. Magnifique. Une petite fée en métal qui était assise les jambes croisées, le regard dans le vague et la tête baissée. Ses ailes étaient déployées et multicolores. Cela signifiait ce que je ressentais à présent. Triste alors que tout était magnifique autour de moi… Enfin sur elle.

Je l'achetai et demandai un emballage cadeau. Je fis encore un tour histoire de traîner un peu puis je rentrai à l'hôtel.

***

TOC TOC TOC

J'étais en train de regarder (encore) les photos que j'avais prises de Lena quand j'entendis frapper à la porte.

"Oui ?" Un homme en costume se tenait devant l'entrée.

"Mademoiselle Satori ?"

"Oui…" Je m'inquiétais là.

"Un taxi vous attend pour l'aéroport"

**Putain déjà**

"Heu oui je suis prête, donnez moi une minute pour vérifier que je n'ai rien oublié et je vous suis"

Je fermai la porte histoire d'être seule et d'essuyer les larmes menaçantes au bord des yeux. J'allai chercher ma veste, vérifier si je n'avais rien laissé dans la salle de bain, récupérer le sac que j'avais laissé sur le lit puis rouvrit la porte.

"Ça y est"

Il hocha la tête et prit la direction de l'ascenseur.

"Attendez une minute s'il vous plait"

Il s'arrêta, il n'avait pas l'air de ressentir d'émotions. Un peu comme une coquille vide. Bizarre comme type, il me faisait un peu…peur !

Je me dirigeai vers la chambre de Lena, je ne voulais pas la voir mais il fallait que je lui donne mon "cadeau". La pancarte avait disparu, cela voulait dire que soit elle n'était pas là ou alors elle s'était calmée.

Je toquai. Une blonde vint ouvrir.

"Oui ?"

"Heu, vous pourriez remettre ceci à Lena de la part d'Alexia ?"

"Oui bien sur, elle m'a parlé de vous il y a peu"

**C'est une bonne chose, j'espère**

"Merci" dis-je en lui tendant le paquet et la lettre que j'avais écrite auparavant.

Je ne lui laissai pas le temps de répondre, j'avais déjà rejoint l'homme bizarre.

"C'est parti"

***

"On sera à l'aéroport dans quinze minutes mademoiselle"

Le chauffeur venait de me sortir de la léthargie dans laquelle j'étais plongée depuis notre départ de l'hôtel.

"Oui merci"

J'étais toujours perdue je ne sais pas où quand mon téléphone sonna.

"Allo ?" dis-je d'une voix presque sans vie, je n'avais même pas regardé qui appelait.

"Alex ? Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi une voix si triste ?" C'était Yulia.

"Salut, je suis en route pour l'aéroport. Lena m'a jetée"

Je ne savais pas comment présenter les choses autrement.

"Quoi ? Mais pourquoi ?"

"On, enfin elle ne s'entend pas avec moi et puis elle pense qu'on faisait l'amour au téléphone ce matin"

"HEIN ?"

"Et elle croit aussi que je me suis tapé le groom juste après"

Yul éclata de rire.

"Je te signale que ce n'est pas drôle"

Elle mit un petit temps à s'en remettre.

"Je t'assure que je suis un meilleur coup au lit qu'au téléphone"

Elle ne pouvait donc jamais s'empêcher d'y faire allusion. Comme je ne répondis rien, elle enchaîna.

"Ne t'inquiète pas, je vais l'appeler et tout arranger. Elle ne peut pas te renvoyer chez toi pour quelque chose que tu n'as même pas fait et puis même si on avait fait quelque chose, ça ne la regarde pas. Je ne sais vraiment pas ce qui lui prend"

Yulia avait l'air aussi surprise que moi, je m'étais persuadée que la rousse ne m'appréciait pas tant que ça. J'avais cette impression depuis mon fiasco à la séance d'autographe quelques semaines plus tôt.

"C'est gentil de vouloir m'aider mais tu sais…je crois qu'elle n'a vraiment pas envie de passer plus de temps avec moi"

Je l'entendis parler russe.

"Excuse moi je dois te laisser mais je te contacte dès que je sais quelque chose ok ?"

"Merci"

"Bye"

Elle raccrocha et j'en fis autant.

***

Nous étions arrivés à l'aéroport et je n'avais toujours pas eu de nouvelles de Yulia. Je m'étais résignée à retourner en Belgique.

Le chauffeur prit mes bagages et les fourra dans un chariot, il me dit qu'il avait déjà été payé pour la course et partit. Je me retrouvai seule encore une fois.

Je me guidais grâce aux panneaux jusqu'à un guichet, j'expliquai la situation et dis mon nom, la femme me renvoya auprès d'un autre guichet où mon billet m'attendait. Je regardais l'enveloppe de la société et me dis que c'était vraiment nul de partir sans avoir dit au revoir à Lena, en même temps, c'est elle qui m'avait jeté.

Après avoir été déposer mes bagages, j'arrivai à la porte d'accès qui donnait à l'avion, celui-ci partait dans trente minutes. Je donnai mon billet à la jolie jeune femme qui m'indiqua mon numéro de siège en première classe.

**Waw, ils ne rigolent pas avec le luxe quand même**

Je lui fis un petit sourire et entrai dans le tunnel puis dans l'avion, une hôtesse m'indiqua la première classe ainsi que ma place. Près du hublot, cool.

L'avion décolla, une larme coula.

Une dizaine de minutes s'écoulèrent, je m'étais reprise et ne pleurai plus. J'avais le regard vide et perdu dans le ciel qui s'offrait à moi à travers la petite fenêtre.

"Ce siège est-il occupé ?" me demanda en anglais une voix de femme, je ne pris même pas le temps de la regarder et répondis d'un air absent.

"Non du tout"

La femme s'assit et ne dit rien. J'étais toujours concentrée sur les nuages qui défilaient sous mes yeux.

Je vis du coin de l'œil un bras qui déposait quelque chose sur la tablette que j'avais dépliée. Cela capta mon attention et détournai enfin le regard de ce maudit hublot. Quelle ne fut pas ma surprise en y découvrant la statuette de fée que j'avais offert à Lena.

Je tournai la tête vers la jeune femme assise à côté de moi.

"Lena…" murmurais-je.

Elle était là, me fixant avec ses si beaux yeux. Ce silence était gênant mais moins que ce que j'avais envie de lui dire.

Je détournai enfin mon regard qui alla se poser encore une fois sur la statuette.

"Elle ne te plaît pas ?" dis-je enfin.

J'étais on ne peut plus heureuse de la voir à mes côtés mais j'avais toujours du ressentiment. On ne joue pas avec moi comme avec une poupée.

"Elle est magnifique" dit la rousse.

**Pas autant que toi**

Je réalisai enfin qu'elle était dans le même avion que moi, avion qui allait en Belgique !

"Attends un peu, pourquoi venir en Belgique ? Ça n'aurait pas été plus simple de m'arrêter à l'aéroport ?"

Elle se mit à rire doucement.

"Quoi ?"

"Alex, tu devrais vraiment apprendre l'espagnol. Ce n'est pas l'avion pour la Belgique, mais pour l'Italie. Je t'emmène à Rome comme prévu"

Ho la ######, elle s'est foutue de moi !!

"QUOI ?" J'avais augmenté le son de ma voix. "Tout était prévu d'avance, tu t'es moquée de moi ?"

Je vis dans son regard qu'elle ne comprenait rien à la situation.

"Mais pas du tout, c'est ton m.., le coup de fil de Yulia qui m'a fait changer d'avis. Elle m'a tout expliqué et sache que je me suis sentie stupide et même plus que ça"

**C'est mon mot qui l'a fait changer d'avis ?**

Elle avait vite changé sa phrase mais j'avais bien compris de quoi elle voulait parler.

Je laissai presque une minute s'écouler avant de lui répondre.

"Je dois prendre ça comme des excuses ?" ma voix était redevenue normale.

"Si tu veux bien les accepter oui"

Je pris la statuette en mains et l'observai encore une fois de près, qu'est ce qu'elle était belle.

"Elle te ressemble" dis-je à Lena.

"Ha bon ? Et en quoi ?"

"Elle est magnifique"

Elle rougit légèrement.

"Pourquoi as-tu changé d'avis Lena ?"

Je ne l'avais encore jamais appelée par son prénom, je voulais lui faire comprendre qu'à partir de maintenant, notre relation serait différente. Elle avait voulu de moi auprès d'elle, elle devra faire avec. Plus question que je me laisse traiter comme une moins que rien.

Elle prit un peu de temps avant de me répondre.

"Mon instinct après avoir reçu ta lettre et la fée"

Je souris, j'étais heureuse qu'elle ait envie de moi. Enfin, on se comprend.

"Nous allons à Rome alors !"

"Et oui, le paradis des amours…"

Elle coupa sa phrase et c'est ce moment que choisis l'hôtesse pour venir nous demander si nous avions besoin de quelque chose.