Les vendeurs de rêves

Chapitre 13




 

Quand je sortis enfin de ma geôle, je me retrouvais dehors en moins de deux. Je ne savais pas si j'étais resté enfermé dans cette prison tout du long, mais c'était quand même là que je m'étais éveillé quand Zina m'avais quitté.

 

Toute cette expérience avait été étrange. Moitié rêve, moitié réalité, je ne savais plus. Mais peu importe, nous avions réussi. Je savais qu'elle allait bientôt me rejoindre, je sentais sa présence se rapprocher de moi.

 

Je m'assis donc sur un rocher devant le petit lac aux eaux limpides et levais la tête au ciel pour laisser la pluie laver mon visage en sueur. Hummm ça fait vraiment du bien… J'aime la pluie… J'ouvris les yeux d'un coup. "Merde !" Il pleuvait. "Merde ! Merde ! Merde !" Je venais de perdre mon pari.

 

Quelques minutes plus tard, la pluie cessa et quand je me retournais, elle était là à me regarder en souriant silencieusement.

 

"Prête à partir ?" Me dit-elle doucement.

 

"Zina, j'aurais pu tuer quelqu'un. Je veux dire, j'en aurais été capable tu sais."

 

"Nous sommes tous capable de faire une telle chose. Mais le fait est, que tu n'as pas traversé cette ligne."

 

"Mais je me suis approchée si près que j'ai pu voir de l'autre côté, et ce que j'y ai vu m'a fait peur."

 

"Tu vois comme la surface de ce lac est calme ?" Me dit-elle en faisant un petit signe de la tête vers l'étendue d'eau qui se trouvait devant nous. J'hochais doucement la tête. "C'était moi avant, puis après…" Elle se pencha, saisit une petite pierre et la lança dans l'eau, brisant ainsi ce miroir liquide. "L'eau ondule et se trouble. C'est ce que je suis devenue." Termina-t-elle tristement.

 

"Mais, si nous restons assises ici assez longtemps, l'eau redeviendra calme à nouveau." Lui répondis-je.

 

"Mais, la pierre restera à jamais là-dessous. Elle fait maintenant partie de ce plan d'eau. Le lac peut avoir l'air de ce qu'il était auparavant, mais il est à jamais différent."

 

Elle avait raison.

 

Je me levais et elle me tendit sa main. J'y insérais la mienne.

 

Doucement, sans rien dire, nous nous mîmes en route.









Depuis le 28/07/2009