Moi la conquérante

Chapitre 4




De sa place juste à gauche de l'énorme foule, Callisto observait, un sourire malveillant s'accrocha sur ses lèvres quand Gabrielle cria. "Ainsi, cette petite salope sait reconnaître la mort d'un esprit analogue." Penchant la tête, elle observa avec intérêt pendant que Tao Feng réconfortait la femme éperdue à côté de lui, elle se sentit concernée. "Et elle semble avoir trouvé un petit ami. Comme c'est touchant."

Les mécanismes de son cerveau ne firent qu'un tour, son visage s'éclaira et un sourire brillant lui vrilla le visage. "Oh, ma chère petite Gabrielle ! Pour la première fois de ta misérable petite vie, tu me serviras enfin à quelque chose !"

Puis, comme un spectre, elle disparut

*******

Tao Feng serra la jeune guérisseuse sanglotante contre lui brièvement avant de la tenir à une longueur de bras, pour la regarder fixement dans les yeux avec inquiétude. "Qu'est-ce qu'il y a, Gabrielle ?"

"Ça aurait pu être moi," murmura la Barde, à demi incohérente et secouée par les larmes. "Ça aurait pu être moi là. Ça aurait pu être moi !"

"J'ai peur de ne pas comprendre, Gabrielle. Qui aurait pu avoir été toi ?"

"Cette femme !"

Tao Feng jeta un vif coup d'œil vers la croix, puis fixa de nouveau son regard sur la femme qui sanglotait. "La femme sur la croix ?"

Gabrielle hocha la tête, ses mains lui couvraient les yeux.

"C'est une protestataire, Gabrielle. Elle s'est insurgée contre le Royaume."

En retirant rapidement les mains de son visage, la Barde souleva la tête, ses yeux étincelants de fureur jetaient des étincelles. "Elle a parlé pour le peuple !"

De nouveau, le vieux guérisseur leva la tête, son visage pâlit tandis que ses yeux en forme d'amande se portèrent sur la plate-forme de marbre. Il ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement quand il vit que le regard de la Conquérante était fixé sur la croix qui était plantée dans la terre à côté de l'estrade et non sur eux.

Tao Feng jeta ensuite un regard rapide à la foule autour d'eux, satisfait de voir qu'eux aussi, regardaient le spectacle qui avait lieu près du trône de la Conquérante.

Alors il regarda de nouveau Gabrielle, qui le regardait toujours avec des yeux flamboyants. "C'est un... événement malheureux... qui s'est déroulé ici, Gabrielle. Mais une leçon a été apprise. Non pas par le châtiment réservé à cette jeune femme, bien sûr. Mais pour démontrer que les lois de la Conquérante doivent être respectées. Les gens doivent comprendre cela." "Raconte-lui ça à elle," gronda la Barde en rejetant la main qui reposait sur son épaule au loin avec force.

Le guérisseur regarda de nouveau autour de lui, son cœur battait follement dans sa poitrine. Émettre des protestations contre le Royaume équivalait au suicide, même si c'était fait dans la plus sombre des cavernes. Alors au grand jour, entouré par une massive armée, avec la Conquérante de la Grèce assise là à quelques toises d'eux...

Il étendit de nouveau les bras vers elle, seulement son geste fut dévié.

"Ne me touche pas, Tao Feng. Pas maintenant."

Les murmures bas de la foule firent lever brusquement les yeux du guérisseur. Celui-ci soupira de soulagement comme le palanquin de Xena était soulevé et posé sur les robustes épaules de ses porteurs.

Les murmures se transformèrent en acclamation comme la litière de la Conquérante quitta la plate-forme et disparut vers le massif palais.

Une fois Xena et ses disciples hors de vue, la foule commença à se disperser, en discutant tranquillement entre eux, quelques-uns jetaient des regards bienveillants vers la femme inconsciente accrochée à la croix et gardé par une demi-douzaine hommes armés.

Gabrielle leva finalement des yeux vides, vers la femme suspendue. Elle examina les hommes qui étaient debout autour de la croix, et étudia leurs expressions. Si la Conquérante avait seulement pensé à apporter son personnel avec elle, pensa-t-elle.

"Nous devons partir, Gabrielle," dit doucement Tao Feng, en faisant bien attention de tenir son corps à distance de celle-ci, conformément à sa demande.

"Pas sans elle."

Les yeux du guérisseur s'agrandirent. "Impossible !"

Gabrielle se mit devant le vieil homme. "Je suis fatiguée de t'entendre dire ça, Tao Feng ! Cela devient agaçant ! Je vais sauver cette pauvre femme. Tu vas m'aider, oui ou non ?"

Comme Tao Feng continuait à la regarder en silence, l'expression de Gabrielle se tordit de dégoût et de déception. "Excellent. Je le ferai moi-même, alors."

Son pas décidé brisa la paralysie du guérisseur et il étendit un bras pour la saisir. "Attends. S'il te plaît."

"Non pas cette fois, Tao Feng. Je ne serais pas en retard une fois de plus. Non, pas cette fois." De sa position, à quelques pas de la femme, Gabrielle pouvait voir les efforts que celle-ci faisait pour respirer.

"Non. Je vais t'aider. Mais passé à l'acte et combattre ces gardes, en supposant que l'on puisse les vaincre, et s'emparer du corps de la femme, cela signerait notre propre arrêt de mort." Il sourit. "Il y a une meilleure façon de faire."

Gabrielle se retourna, et croisa les bras sur sa poitrine. "J'écoute."

*******

En tirant sur ses rênes, Tao Feng fit élégamment stopper les chevaux à plusieurs pieds de la croix gardée. Il regarda vers l'arrière à l'intérieur du chariot, comme Gabrielle mettait la dernière touche à son costume, et tirait le capuchon noir sur sa tête pour cacher ses traits. Le guérisseur la regarda encore puis hocha la tête avant de se lever et de sauter en bas de celui-ci.

En lui rendant son signe de tête, Gabrielle sortit précautionneusement par l'arrière du chariot et prit une position respectueuse derrière les chevaux, essayant de son mieux d'adopter une attitude sereine.

Tao Feng, qui n'était pas déguisé, se dirigea vers les gardes, qui le regardèrent d'un air hautain.

"Que veux-tu, vieil homme ?"

"Je viens récupérer le corps."

"Pas de chance. La Conquérante veut que le cadavre de cette salope reste accroché là-haut pour que tout le monde puisse la voir."

Le guérisseur prit un air outré et regarda partout autour de la place qui était maintenant vide, pour revenir ensuite aux soldats. "Mais... il n'y a personne ici. La foule est partie." Il s'avança encore un peu plus du groupe. "Permettez-moi, s'il vous plaît, de faire mon travail. Il y a des hommes dans le camp dont je dois m'occuper."

"Alors retourne les soigner, vieille chèvre et laisse-nous en paix. La salope descendra quand la Conquérante dira qu'elle peut descendre."

Tao Feng soupira et ensuite les salua bien bas. "Très bien. Je pars. Mais quand la Conquérante se plaindra que la puanteur du cadavre lui ruine son dîner, je peux seulement espérer que vous serez assez aimables pour lui dire que c'est vous qui m'avez fait partir quand j'essayais simplement d'exécuter mon travail." Il regarda vers le soleil du midi, et mit une main devant ses yeux pour les protéger du soleil de plomb. "Ça va être une chaude journée aujourd'hui. La décomposition commencera très bientôt." Il les salua de nouveau. "Bonjour à vous tous."

Les Gardes se regardèrent l'un après l'autre.

Puis regardèrent vers le ciel.

Puis par-dessus leurs épaules en direction du palais.

Puis regardèrent de nouveau Tao Feng, qui attendait patiemment.

"Oh d'accord," dit finalement le garde en chef, en faisant un geste avec sa lance. "Mais tâche de faire ça vite, vieil homme. J'ai un repas qui m'attend aussi."

Tao Feng s'inclina de nouveau. "Je ferai aussi vite qu'il est humainement possible de faire vite."

En se retournant, il fit signe à Gabrielle, qui marcha lentement et gracieusement vers le groupe.

"Qui est-ce ? Ton garde du corps ?"

Les hommes se mirent à rirent comme le garde en chef employa le bout de sa lance pour faire glisser le capuchon de la tête de Gabrielle. La Barde se raidit, mais inclina la tête en un salut, espérant que la perruque noire qu'elle portait résisterait pendant que les soldats l'examinaient.

"C'est mon associée, Hee La. Elle est arrivée avec les soldats venus de Chine. C'est une très bonne assistante."

"Elle me semble un peu décharnée," répondit le garde en regardant fixement la femme qui, elle, fixait le sol sous ses pieds.

"Ouais. Je parie que je sais de quelle manière elle t'aide," lança un autre, en mimant des gestes obscènes démontrant ainsi sa grande 'intelligence'.

Le groupe éclata de rire.

Tao Feng sourit énigmatiquement. "Elle est beaucoup plus forte qu'elle n'en a l'air."

"Peu importe. Descends-moi cette carcasse en bas de la croix, et plus vite que ça vieil homme."

"Comme tu veux !"

*******

Tao Feng stoppa de nouveau les chevaux, mais cette fois juste derrière la grande tente de soin du campement grec. En sautant rapidement de son siège, il marcha à grands pas vers l'arrière du chariot et regarda vivement à l'intérieur. "Est-ce qu'elle est vivante ?"

Gabrielle leva les yeux et serra la jeune femme blessée contre son corps. "À peine", chuchota-t-elle, en lui caressant les cheveux tendrement. "Merci, Tao Feng. Tu as risqué ta vie pour sauver une étrangère. Je l'apprécie." La Barde sourit légèrement. "Je suis sûre qu'elle aussi."

Quoique ce ne soit pas dans sa nature de rougir, Tao Feng put sentir son embarras extrême, la chaleur voyagea de son cou à ses joues et monta jusqu'à ses oreilles. Il se racla la gorge brusquement et saisit le rabat en bois du chariot. "Nous ne pourrons pas la garder ici, tu sais. C'est l'endroit le moins sûr du campement."

Gabrielle hocha la tête. "Oui. Je sais. Je crois que j'ai un ami qui pourra aider. Je vais l'y amener."

Tao Feng hocha aussi la tête. "Nous ne devons pas perdre de temps, alors. Dis-moi où aller."

"Non. Je… je dois faire ça toute seule, Tao Feng. Mon ami est… vraiment très secret."

"C'est hors de question. Ce territoire est vraiment trop dangereux pour une femme seule. Même une femme aussi talentueuse que toi."

La Barde sourit faiblement. "Si tu te rappelles, Tao Feng, je voyageais seule avant que je ne te rencontre."

"Et regarde tous les problèmes dans lesquelles tu t'es mis les pieds depuis !"

Gabrielle éclata de rire. "Parle pour toi, mon ami." Son expression devint sombre. "Aie confiance en moi, Tao Feng. Je peux m'occuper de moi-même." Étendant la main, elle toucha doucement son bras de sa main libre. "On a besoin de toi ici. Comme tu l'as toi-même dit à ces gardes, les blessés ont besoin qu'on s'occupe d'eux. Tout ira bien."

"Mais... "

"S'il te plaît."

Peu importe la conviction qu'il avait pu avoir, elle se brisa en mille miettes face à la supplication de la belle femme. Tao Feng soupira, puis inclina ensuite la tête.

Gabrielle sourit franchement, en serrant un peu plus le bras du guérisseur avec reconnaissance. "Merci."

Tao Feng se racla de nouveau la gorge, adoptant une expression des plus dégagée. "Oui. Bon. Essaie juste de revenir saine et sauve. Et rapidement. Les hommes ont aussi besoin de toi ici, guérisseuse."

"Je ferai aussi vite que je peux. Fais attention à toi, Tao Feng. Et merci encore."

Le guérisseur s'inclina profondément, avec respect, et ensuite tourna les talons, sans regarder derrière lui, il fit le tour de la tente de soins, laissant Gabrielle à sa tâche.

*******

Malgré que cela ait pris presqu'un jour de marche la première fois, cette fois, grâce aux chevaux forts et robustes de l'attelage, cela lui prit la moitié moins de temps. Gabrielle stoppa doucement le chariot à l'extérieur d'une caverne qui semblait à première vue abandonnée. En sortant précautionneusement du chariot, elle s'approcha de l'ouverture de celle-ci. "Um ... hello ? Est-ce qu'il y a quelqu'un ?"

Seul le silence lui répondit.

"Merde. Manus, il faut que tu sois chez toi. Il n'y a vraiment personne d'autre vers qui je peux me tourner en ce moment."

En soupirant face au silence continu, Gabrielle marcha vers l'arrière du chariot et regarda à l'intérieur. La jeune femme était toujours vivante, quoique sa respiration soit très superficielle et que sa peau soit d'une teinte bleutée. "Je suis désolée," chuchota-t-elle à la femme, en caressant doucement la joue froide de cette dernière en tremblant. "Je suis vraiment désolée pour ce qui t'est arrivé."

Les cheveux à l'arrière de son cou se dressèrent sur sa nuque. La Barde fit volte face, et s'appuya le dos contre l'arrière du chariot pour protéger le précieux fardeau qui y était confinée. Une seconde plus tard, elle se détendit quand ses yeux contemplèrent la vision, tant souhaité, de Manus, le Prêtre des Parques, son visage âgé ridé par les soucis.

"Gabrielle, qu'est-ce qui ne va pas ? Est-ce que tu vas bien ? Quel est le problème ? Es-tu seule ? Que veux-tu ?"

En souriant légèrement, la Barde lui prit les mains. "Je vais bien, Manus. Honnêtement. Je suis venu ici parce que j'ai besoin de ton aide et… bien, tu es la seule personne qui puisse m'aider."

Le visage de Manus se rida un peu plus. "Je ne peux pas m'immiscer dans ta tâche, Gabrielle."

"Je ne te demande pas de t'y immiscer, Manus. Je te demande ton aide." Elle se retourna vers le chariot et fit un geste pour qu'il s'approche.

Le prêtre s'avança, et regarda avec curiosité la jeune femme alitée dans la paille du chariot. Les yeux grands ouverts, il se retourna vers Gabrielle. "Qui est-ce ?"

La Barde secoua tristement la tête. "Je ne sais pas. Elle s'est fait prendre, d'une façon ou d'une autre, à parler contre le Royaume, elle s'est fait la voix du peuple." Un air dégoûté s'afficha sur son visage. "Xena l'a crucifiée."

Manus regarda de nouveau la jeune femme. "Mais… Elle est encore en vie !"

"Oui, je sais. Et je dois m'assurer qu'elle le reste. C'est pourquoi je suis ici." Elle regarda le petit homme. "Elle n'est pas en sécurité dans le camp de Xena. Elle n'est pas vraiment en sécurité nulle part." Elle mit une main sur l'épaule de Manus. "Peux-tu m'aider ?"

Manus regarda la femme inconsciente une fois de plus. "Ses blessures sont vraiment graves."

"Je sais."

"Je ne peux rien promettre."

"Je sais cela, aussi."

Après un long moment, le prêtre inclina la tête. "Alors je ferai du mieux que je peux. Aide-moi à la porter près du feu dans la caverne."

*******

Après avoir fait reposer les chevaux, les avoir brossés et les avoir laissés errer dans le petit enclos à l'extérieur de la tente de soins, Gabrielle se glissa à l'intérieur de celle-ci, son esprit ne pensant à rien à part le petit lit confortable qui l'attendait là.

Malgré son épuisement mental et physique, ses pas étaient beaucoup plus légers, elle avait laissé la femme péniblement blessée en mains sûres. Elle regrettait seulement de ne pas connaître le nom de la jeune femme. Avait-elle une famille qui s'inquiétait d'elle ? Une personne qui pleurerait de joie quand elle retournerait chez elle ?

Ou est-ce qu'elle était vraiment seule, comme Gabrielle elle-même l'était en ce moment ? Un être humain simple pour qui le poids du monde entier reposait sur ses épaules ?

Assez... Encore d'autres pensées comme celles-là, et elle n'arriverait jamais à s'endormir.

En clignant des yeux dans le faible éclairage de la tente, elle put voir que Tao Feng avait bien fait son travail. Où elle avait laissé une pleine tente de soldats blessés, seulement deux restaient, tous les deux reposaient confortablement.

D'un endroit dans un coin ombragé, le guérisseur finit de se laver les mains et se tourna, un petit sourire sur son visage sombre. "Re-bienvenue. Tu as réussi ?"

Gabrielle lui retourna son sourire. "Oui. Elle est entre bonnes mains." Elle balaya de nouveau la tente des yeux. "Il me semble que tu as réussi assez bien toi-même."

"Ça faisait partie de mon plan, pour que nous soyons capables de tous les deux dormir sur nos deux oreilles ce soir."

La Barde bailla et étira son corps, raidi par des heures de voyage dans le chariot inconfortable. "Cela sonne bien à mes oreilles. Je me sens comme si cela faisait des années que je n'avais pas eu une nuit de sommeil convenable."

Le sourire de Tao Feng s'approfondit. "Alors mon plan est un vrai succès." Il fit un geste en direction du lit à ses côtés. "Ton lit attend. Allonge-toi, et fais de beaux rêves."

Elle ne se fit pas prier pour faire ce qu'il lui avait offert. Gabrielle gémit quand elle se glissa au milieu des fourrures douces du lit, puis bailla de nouveau, en frottant ses yeux remplis de la poussière de la route. "Toi aussi, Tao Feng. Dors bien, mon ami."

*******

La nuit était sombre et lourde avec des parfums de terre mouillée par une pluie qui venait juste de tomber. Le feu siffla tandis que les branches humides protestaient quand la chaleur des flammes tentait de les débarrasser de leur précieuse humidité.

Gabrielle était couchée sur le dos, s'abandonnant à la luxure dans les fourrures sèches et douces qui dansaient contre son corps chaud tout en sueur. Son regard fixe était capturé dans les yeux argentés de sa partenaire qui la regardait avec passion et de façon très perverse. Des cheveux noirs comme l'ébène, qui embaumaient les herbes écrasées, lui chatouillait les épaules et les seins tandis que le corps en sueur de son amante se balançait avec sensualité contre elle dans le clair de lune doré, stimulant ses sens, au-delà de toutes limites.

Ses doigts se plantèrent fermement dans la terre humide, quand Xena se pressa contre son corps et que ses seins lourds rasèrent doucement sa peau moite. Elle grogna profondément quand le corps de son amante s'ouvrit entièrement à elle, et qu'elle sentit la chaleur humide contre son ventre à chaque poussée de ses hanches.

Haletant lourdement sous l'effort de la passion, Gabrielle tourna la tête et mordit dans l'avant bras musclé et tendu qui était planté à côté d'elle. Ce qui fit gémir et bouger Xena encore plus puissamment sur elle, celle-ci entrouvrit la bouche et ses étincelants yeux bleus, se rétrécirent jusqu'à devenir deux fentes.

Les parfums impétueux, les sons et toutes les sensations semblaient s'insurger dans son corps et elle estima que cette curieuse emprise qui précédait l'explosion finale, si stupéfiante et puissante arrivait à son apogée.

Les dents toujours plantées dans la chair salée, Gabrielle leva le bras avec ce qui lui restait de force, et enveloppa son amante et la tira en avant, avant que l'explosion vibre en elle.

Des yeux verts s'ouvrirent tout à coup, fixant la noirceur de la tente comme son souffle se précipitait hors de ses poumons. Gabrielle s'assit rapidement, un picotement sous sa peau lui fit pressentir un danger imminent, pendant que la brume passionnelle de son rêve s'effaçait.

Le picotement s'intensifia et à la dernière seconde, elle esquiva et roula sur elle-même, évitant une grossière prise de main. Les fourrures emmêlées autour de ses jambes amortirent sa chute sur le plancher englué de saleté, mais elle se débarrassa rapidement des couvertures, en bondissant et en envoyant de violents coups de pieds avec ses jambes musclées.

Un bruit de chute suivi d'un râle grotesque se fit entendre comme l'attaquant s'effondra sur un des lits voisins. Le cadre du lit se brisa et l'homme corpulent se retrouva par terre.

Plus de mains la saisirent, immobilisant ses bras sur ses côtés et encerclant sa taille. Elle donna un vif coup de tête vers l'arrière, atteignant l'homme qui se tenait derrière elle, à la trachée, ce qui le força à la lâcher.

Elle se débattit, et libéra d'abord son bras droit, puis le gauche et envoya de violents coups de poings et de pieds, visant aveuglément ses assaillants.

"Arrière !" Gronda-t-elle comme une main déployée trouva une faille potentielle au travers de sa défense et lui saisit un sein dans une tentative de se garantir une prise. Elle donna un coup de pied en arrière vers le haut et entendit une plainte qui lui assura qu'elle venait d'atteindre sa cible en plein sur le nez.

L'homme chancela en avant et s'effondra sur elle. Elle le repoussa en arrière avec toute sa force, et l'envoya s'étendre plus loin sur un des lits vides.

Le groupe s'approcha de nouveau et elle se battit avec eux du mieux qu'elle le put, donnant des coups de poings et de pieds dans toutes les parties de corps sensibles qu'elle pouvait atteindre.

Après ce qui sembla une éternité, le pan de la tente s'ouvrit et un homme pénétra, dans les reflets ombragés laissés par le grand feu qui flambait à l'extérieur. "Arrête tout de suite ou il meurt."

Gabrielle se figea quand l'homme se poussa légèrement à droite, révélant le couteau qu'il maintenait sur la gorge de Tao Feng. En cet instant, la Barde comprit exactement ce que se devait être d'être Xena quand elle repensa à leurs premières années ensemble.

Elle constata qu'elle n'aimait pas du tout cela.

En levant ses mains, elle permit aux hommes de s'approcher d'elle une fois de plus. Elle serra les dents pour combattre son instinct presque accablant d'envoyer de violents coups de poings contre les mains rudes qui la fouillait.

L'homme sourit, les cicatrices sur son visage tordu lui donnèrent un air mauvais. "C'est ça, fillette. Sois sage et le vieil homme restera en vie."

"Qu'est-ce que vous me voulez," grogna Gabrielle, en essayant de respirer calmement.

"Nous ne te voulons rien, femme. La Conquérante par contre."

Un silence lourd emplit la tente.

"En plein milieu de la nuit ?"

L'homme hocha la tête, et sourit de nouveau. "Il paraît que c'est à cette heure qu'elle travaille le mieux."

Des rires gras emplirent la tente.

"Je me ferai une joie de lui dire ce que tu penses," dit Gabrielle, en souriant sincèrement.

Le sourire pervers qu'il affichait sur son visage disparut aussitôt. "Dis un mot. Salope, et ton ami ici présent, respirera par le trou que je lui ferai dans la gorge."

"Bien. Alors menez-moi à elle alors."

*******

Xena se prélassait confortablement assise dans le fond de son trône, enveloppée dans un peignoir en pure soie bleu, ce qui donnait presque une crise d'apoplexie au soldat qui gardait la porte intérieure à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle.

Callisto arpentait l'énorme pièce telle une bête en cage, le martèlement de ses bottes sur le sol en pierre, marquait une pause seulement quand elle marchait sur le luxuriant tapis cramoisi disposé devant le trône. Elle jubilait pendant qu'elle marchait à pas mesurés, tournoyant ses longues mèches blondes entre ses doigts à chaque pas qu'elle faisait.

La Conquérante entendit avant tout le monde le bruit d'un groupe qui approchait, elle fit un geste à son garde qui ouvrit la porte, pour faire entrer Gabrielle entourée par une suite de gardes. Les gardes s'inclinèrent, et menèrent la jeune femme jusqu'au trône. Le plus grand du groupe poussa Gabrielle pour l'obliger à se mettre à genoux sans trop réussir.

Gabrielle fit un pas en avant, ignorant ses commentaires sarcastiques. Alors, ses yeux se plantèrent dans ceux de Callisto, et lentement, elle s'agenouilla délibérément devant le trône, en se tenant bien droite, et en gardant la tête haute.

La Conquérante regarda ses gardes, et cacha son petit sourire amusé à la vue de leur tenue en désordre. Un des soldats arborait déjà un œil au beurre noir, un autre se frottait la gorge, et un autre se tenait droit comme un piquet, la sueur dégoulinait entre ses sourcils touffus. Xena imagina facilement ce qui lui avait été fait pour causer ce type d'expression. D'un geste brusque de la main, elle congédia les gardes, qui la saluèrent et quittèrent volontiers la pièce.

Les yeux sombres de Callisto projetaient des éclairs, mais elle se tempéra et afficha un petit sourire mielleux. "Ainsi, la petite Amazone connaît quelque chose aux protocoles après tout. Tiens donc… C'est un plus !"

Gabrielle ignora les railleries de la blonde, et fixa ses yeux dans ceux de Xena, en faisant tout pour réfréner la tentation de laisser son regard errer plus bas et admirer les courbes généreuses et souples à peine cachées par le tissu soyeux. "Je crois que tu m'as envoyé chercher ?"

Le coin de la bouche de Xena se retroussa partiellement vers le haut appréciant la hardiesse dont Gabrielle faisait preuve.

Callisto s'avança, intentionnellement, s'imposant sur la femme agenouillée. Une lueur de connaissance absolue et de folie psychotique brillait dans ses yeux. "Je crois que nous n'avons pas été correctement présentés. Mon nom est Callisto. Et je suis l'assistante... de la Conquérante."

Gabrielle se tourna et leva les yeux sur son bourreau, bien consciente de la tactique de Callisto et refusant de mordre à l'hameçon. Au lieu de cela, elle sourit docilement. "Comme c'est merveilleux pour toi !"

Prise de court, la réponse de Callisto fut automatique. Elle leva la main rapidement, désirant gifler la Barde et effacer le sourire qu'elle avait sur le visage.

"Callisto . . . ."

Le grondement d'une voix basse proféra un avertissement sinistre et Callisto laissa rapidement tomber sa main. Au lieu de cela, elle sourit. "Cela sera tellement délicieux d'entendre comment ta jolie langue se déliera et parlera quand elle te sera arrachée du gosier comme celles qui ont été arrachées aux espions romains que tu as envoyés dans ce camp la nuit dernière, chérie."

Maintenant c'était le tour de Gabrielle d'être prise au dépourvue. Elle avait pensé que sa petite visite forcée était due à la jeune femme qu'elle avait sauvée de la croix. Pendant sa courte escorte jusqu'au palais, elle s'était inventé une multitude d'arguments pour justifier ses actes. Maintenant qu'elle était accusée d'une toute autre chose, cela la décontenançait. "J'ai peur de ne pas savoir de quoi tu parles," répondit-elle honnêtement.

Callisto rit. "Oh voyons, ma chère. Même ces tas d'excréments de chèvres graisseux d'espions que tu as amenés ici ont inventé des excuses plus élaborées que ça!! Et vous appelez ça une Barde."

La grande blonde stoppa net quand elle comprit son erreur. Gabrielle, cependant, sourit et sauta sur l'occasion. "Je crois que tu me confonds avec quelqu'un d'autre, Callisto. Je suis une guérisseuse. Pas une Barde."

Gabrielle tourna la tête juste à temps pour voir Xena qui regardait Callisto, une expression suspicieuse sur le visage. Sentant sur elle le regard fixe de Xena, Callisto regarda derrière elle, en souriant innocemment. "J'ai entendu des soldats converser sur son habileté à raconter des d'histoires."

Gabrielle gémit intérieurement, oubliant qu'elle avait, en effet, essayé de réconforter les hommes blessés en racontant des histoires. Cependant, il était bon de savoir qu'il y avait des failles dans l'armure de Callisto. Cela lui redonna espoir. "Je ne nierai pas que j'ai raconté des histoires aux hommes. Si cela fait de moi une Barde à tes yeux, qu'il en soit ainsi."

"Bien moi, pour ma part, j'aimerais juste entendre le petit récit que tu vas inventer pour expliquer comment tu as réussi à arriver ici le jour même où nos hommes ont été attaqués et ou les espions romains se sont fait prendre à tenter de fuir comme s'ils avaient le diable aux trousses."

"Coïncidence."

Callisto rejeta la tête en arrière et rit. "'Coïncidence' ? Tu peux sûrement obtenir plus de succès que ça, n'est-ce pas ?"

"C'est la vérité et tu le sais, Callisto."

En souriant de manière extravagante, Callisto baissa les yeux sur Gabrielle, désignant du doigt la cavité de son cou. "Oh ? Qu'est-ce que je devrais savoir ?" Son sourire devint un rictus malicieux. "La seule chose que je sais, petite pioche morveuse, c'est que des soldats Perses parés comme des Égyptiens ont attaqué les hommes de la Conquérante dans une tentative évidente de permettre à trois espions Romains de s'échapper avec des informations, qui en quelque sorte, leur ont coûté leurs langues et leurs mains."

Callisto sourit d'un air satisfait à une Gabrielle tressaillante. "Et tout ce temps, une femme étrange portant le bâton d'une Reine Amazone a fini par 'coïncidence' à se retrouver au milieu du grabuge." Elle se retourna vers la Conquérante qui les observait. "Crois-tu à tous ces mensonges ?"

Comme Xena ne répondait pas, Callisto revint à Gabrielle, qui parla d'abord. "Je me battais avec ces hommes, Callisto, tout comme toi."

"Ohhhhh, tu te battais avec eux. Avec quoi ? Ton petit bâton ? Je parie que tu n'en as même pas tué un seul, vrai ?."

Gabrielle serra les dents. "Je. Ne. Tue. Pas."

Callisto sourit doucement. "Bien sûr, tu ne tues pas, chérie. Comme c'est une bonne chose pour 'l'ennemi' contre lequel tu te bats !"

En serrant ses poings, la Barde réussit à contenir son tempérament qui s'échauffait de plus en plus.

"Comme d'habitude, tu es toujours trop sainte-nitouche pour savourer une bonne tuerie, c'est vraiment touchant."

Du moment où les mots furent hors de sa bouche, Callisto pâlit, et prit racine sur place. Elle força ses muscles à bouger, et tourna lentement la tête, pour rencontrer une paire de scintillants yeux bleus. "Cela... n'est pas tout à fait ce que je voulais dire."

"Je suis sûre que non," répondit Xena, se redressant lentement dans sa chaise, un sourire sombre et carnassier accroché aux lèvres.

"Je peux tout expliquer. . . ."

"Sors."

"Mais . . . ."

"Sors."

La Conquérante prit la première décision vraiment sage de la soirée, et sa seconde en commande tourna les talons, et, après un coup d'œil meurtrier vers Gabrielle toujours à genoux, marcha à grands pas à travers la pièce, et fila aussi rapidement que ses jambes purent la porter.

Quand la porte se referma, Xena se remit élégamment sur ses pieds et parcourut la distance contenue entre elle et Gabrielle. "Lève-toi." Sa voix était mortellement doucereuse.

La Barde se leva rapidement, ignorant la sensation d'étourdissement dans sa tête, une sensation causée par son brusque changement de position et par la présence soudaine et menaçante de Xena juste à quelques pouces d'elle. Cependant, elle réussit à fixer, sans crainte, les yeux de la Conquérante.

"Comment connais-tu Callisto ?"

Mille et une pensées tourbillonnèrent dans l'esprit de Gabrielle, mais les mots, qu'elle aurait voulu dire, moururent aussitôt dans sa gorge.

Xena attrapa fermement le menton, de la jeune femme, dans sa poigne acérée, et la força à la regarder droit dans les yeux. "Réponds-moi tout de suite, Amazone ou le destin de ces espions romains aura l'air des Champs Élysées comparé à ce que je vais te faire."

Gabrielle avala avec difficulté, et décida d'y aller avec ce qu'elle savait le mieux faire.

Dire la vérité.

Où, du moins celle qu'elle pouvait révéler, compte tenu des circonstances.

"Elle a tué mon mari," dit-elle doucement.

Xena ressentit un bref choc pendant un instant, c'était assurément la dernière réponse à laquelle elle s'était attendue, mais elle s'abstint de le montrer. Elle continua à regarder fixement la petite femme, et attendit silencieusement la suite.

"Nous venions tout juste de nous marier et nous étions tous les deux désarmés, mais elle l'a quand même tué de sang froid."

"Ainsi ta venue ici est une ruse pour t'approcher suffisamment, et te venger d'elle."

Les yeux de Gabrielle étincelèrent. "Non. Quand je t'ai dit que je ne tuais pas, je te disais la vérité." Elle prit une profonde inspiration, et la libéra lentement. "J'ai voulu la tuer, à l'époque. J'ai voulu lui arracher le cœur et le lui faire manger." Elle baissa les yeux à ce souvenir. "Mais je ne l'ai pas fait."

Xena était intriguée. "Et pourquoi cela ?"

"Parce qu'une amie m'a convaincu que la perte de mon innocence en versant le sang de quelqu'un comme Callisto ne valait pas la peine. Et elle avait raison."

"Et où est cette 'amie' maintenant ?"

Gabrielle leva la tête de nouveau, plongea son regard profondément dans les yeux pénétrant de Xena et son cœur lui dicta une vérité. "Elle est morte."

"Alors, maintenant, il n'y a vraiment plus rien qui t'empêche de te venger de Callisto, je me trompe ?"

Des yeux verts flamboyèrent de détermination. "Oui, il y a en a une. Mon amie n'est peut-être plus là, mais son message et son amour, vivent toujours dans mon cœur. Et personne ne peut me prendre ça. Ni Callisto. Ni même toi."

Xena laissa tomber sa main loin du visage de Gabrielle, se retourna et marcha vers son trône, et y prit place avec grâce et fluidité. Elle sourit légèrement; la première vraie expression émotive que Gabrielle voyait depuis qu'elle était ici.

"Tu m'intrigues, Amazone. D'abord j'ai pensé que tu étais une simple espionne, peut-être de concert avec Callisto. Mais il y a quelque chose de profond chez toi, quelque chose qui t'élève au-dessus de tout ça."

Gabrielle la regarda, abasourdie. "Ça... te dérangerait... de revenir un peu en arrière ? ' De concert avec Callisto ' ? Qu'est-ce que cela signifie, exactement ?"

Le cœur de la Barde bondit légèrement dans sa poitrine quand Xena lui adressa un de ses fameux froncement de sourcils, un geste familier qu'elle adorait. "Peut-être devrais-je réévaluer mon opinion par rapport à ton intelligence."

"Essaies-tu de me dire que tu sais ce que Callisto tente d'obtenir de toi ?" demanda Gabrielle, en ouvrant de grands yeux.

La Conquérante désigna la pièce d'un geste impétueux. "On n'atteint pas ce genre de position sans être bien consciente de ce qui se passe autour de soi." Ses yeux, cependant trahirent d'autres sentiments, des sentiments de trahison et de confiance brutalement violée, de leçons apprises à la dure et de détermination absolue, pour éviter que cela ne se reproduise.

Embarrassée, Gabrielle gratta l'arrière de son cou. "Alors, pardonne-moi d'énoncer ceci, mais pourquoi, par les Dieux, la gardes-tu si près de toi ?"

Le sourire de Xena devint sombre. "Garde tes amis près de toi ; et tes ennemis encore plus près."

"Mais tu as toi-même dit que tu n'avais pas d'amis."

"Exactement."

"Et est-ce que je suis ton ennemie ?"

"Comme je te l'ai dit, je n'ai aucun ami."

Le regard de Gabrielle brilla de compassion. "C'est une façon très solitaire de vivre toute une vie."

Le sourcil de Xena s'arqua de nouveau. "Cela dépend de la personne qui le vit."

"Je ne suis pas d'accord," répondit Gabrielle, réchauffant son sujet. "Vivre sans amour est quelque chose qu'aucun de nous ne devrait être forcé de vivre."

La Conquérante renifla. "L'amour est un mythe dont se servent les Bardes pour mendier et assouvir la faim qui leur tenaille le ventre. C'est une faiblesse pour toute personne qui croit posséder cette chose."

"Tu as tort," dit Gabrielle, oubliant, dans sa passion, à qui elle parlait au juste. "L'amour existe. Ce n'est pas une faiblesse. C'est une force."

"Tu parles comme une vrai fanatique." Fixant un point au-dessus de l'épaule de la Barde, Xena fit un geste de la main, ce qui amena Gabrielle à regarder dans cette direction, pour lui montrer les deux femmes magnifiques qui marchaient gracieusement dans les ombres des torchèrent. La plus petite des deux, une belle Asiatique, portait un grand bol dans ses mains, tandis que l'autre femme plus grande, tenait une carafe couverte de gemmes et des gobelets assortis. Quand elles atteignirent le trône, Niamey et Ling Li s'agenouillèrent en présentant leurs offrandes à la Conquérante.

Gabrielle réprima la minuscule graine de jalousie qui menaçait de germer.

Au signe de tête approbateur de Xena, Niamey versa le liquide de la carafe dans un des gobelets, et le remit ensuite à sa Régente.

Buvant une longue rasade du vin doux, la Conquérante plongea son autre main dans le grand bol d'olives huileuses, en retira une avec ses longs doigts minces, et se la propulsa négligemment dans la bouche. Comme elle séparait la chaire du noyau, elle baissa les yeux vers la jeune blonde, et observa la guérisseuse qui observait ses lèvres. "Dis-moi, Amazone," dit-elle, presque nonchalamment, "quand mes hommes ont mit la jeune femme sur la croix, as-tu ressenti sa douleur ?"

Les yeux de Gabrielle se rétrécirent. "Oui. Elle ne méritait pas d'être exécutée pour avoir donné de l'espoir aux gens."

En pêchant une autre olive du bol, la Conquérante inclina la tête, analysant la réponse qu'elle avait obtenue. "Comment se porte-t-elle, à propos ?" Demanda-t-elle, en posant les yeux sur l'olive mûre elle la regarda comme si c'était un bijou rare et précieux.

Gabrielle réussit à peine à empêcher sa mâchoire de pendouiller grande ouverte face à la question qui venait d'être posée de façon désinvolte. Elle avala difficilement comme le rythme des battements de son cœur augmentait dans sa poitrine. "Elle est... hors de danger."

"Mmm."

La Barde souhaita que Xena pose les yeux sur elle, mais la Conquérante continua à rouler son olive entre ses doigts, observant l'ombre et la lumière qui jouaient sur sa chaire brillante.

"C'est bien. La jeune femme ne signifiait pas grand chose à mes yeux." Ce fut ce moment que choisit Xena pour fixer son regard scrutateur sur elle. "Le message a porté ses fruits, et a été reçu, comme prévu." Elle sourit légèrement.

"Et je dois te remercier pour ton acte de bravoure. Tu as réussi à me sauver de bien des problèmes."

"Je ne comprends pas."

"Tu veux dire que tu n'as pas vu ma petite mise en scène ?"

"Quelle mise en scène ?"

Xena se remit gracieusement sur ses pieds et marcha entre ses deux servantes. "Viens", dit-elle à Gabrielle, qui la suivit jusqu'à la fenêtre.

En regardant dehors, la Barde haleta.

Là où une croix vide s'était tenue debout quelques heures auparavant, six étaient maintenant dressées, chacune portait le corps d'un soldat mourant.

"Si cela n'avait pas été de toi, et de ton brave sauvetage, je n'aurais su que trop tard que des membres de ma Garde Royale pouvaient se faire duper par un beau parleur." Xena s'inclina légèrement, et reprit d'un ton moqueur. "Alors, merci pour ça. Tu m'as épargné bien des ennuis."

Gabrielle serra les dents de frustration et de colère, s'éloigna à toute vitesse de la fenêtre et marcha à grands pas vers le centre de la pièce, en respirant profondément pour empêcher de donner libre cours à sa colère et à son code d'horreur.

Xena se retourna, et appuya son dos contre la pierre fraîche du mur adjacent, en croisant les bras et en souriant d'un air satisfait à la jeune guérisseuse en colère. "Donc, tu vois, Amazone, ce que tu appel de 'l'amour' est une faiblesse. Pour une personne sauvée au nom de l'amour, six autres en meurent. Ce n'est pas une entreprise très bénéfique."

"Bénéfique ?! ? Nous parlons de vies humaines ici et tu t'inquiètes du bénéfice de la chose ?" Les yeux de Gabrielle s'enflammèrent d'indignation. "Quelle sorte de monstre es-tu ? ?"

"Un monstre très puissant." Se moqua la Conquérante.

Se passant les mains dans les cheveux, Gabrielle tira sur ceux-ci, en secouant la tête. "Non. Non, je ne vais pas te laisser me ramener à ton niveau. Jamais." Libérant sa tête, la Barde chercha la Conquérante, et la trouva toujours adossée au mur, celle-ci lui souriait toujours d'un air satisfait. "Xena, je sais que sous cette carapace de bonheur et d'indifférence feinte, réside une femme capable de compassion et d'amour. Je le sais."

En se repoussant du mur, Xena marcha vers Gabrielle et s'arrêta juste à quelques centimètres d'elle. "Ne te trompe pas toi-même, Amazone. D'autres avant toi ont eut les mêmes convictions." Le coin de sa bouche se retroussa. "Ils ne pensent plus ça maintenant."

"Non ?" Gabrielle tourna la tête et porta son regard sur Niamey et Ling Li, qui observaient la scène avec des regards en coin. "Et elles ?" continua-t-elle en ramenant son regard sur l'imposante femme devant elle. "J'ai vu l'expression de leurs yeux pendant qu'elles te servaient, Xena. Et ce qu'il y avait dans leurs yeux, c'était de l'amour. Si elles peuvent t'aimer, il doit bien y avoir quelque chose à l'intérieur de toi qui soit digne de ce sentiment."

Xena regarda les deux femmes qui étaient toujours agenouillées devant son trône. Elles rougirent profondément, et baissèrent ensuite la tête pour bien prouver leur soumission. Son regard se posa à nouveau sur Gabrielle, et une de ses mains prit en coupe le menton de la jeune femme. "Je vais te montrer ce qu'elles 'aiment' de moi."

La Conquérante baissa lentement la tête, et captura les lèvres de sa guérisseuse dans un baiser remplit de fougue sauvage. Sur le coup, Gabrielle s'y abandonna complètement, les sentiments engendrés par cet acte si intime et familier étaient trop forts pour qu'elle y résiste. Ses mains se déplacèrent de leur propre chef, s'emmêlant dans la chevelure épaisse, et parfumés de Xena puis attirèrent la grande femme encore plus près d'elle.

Après un moment, cependant, sa tête reprit le dessus sur ses hormones et elle se poussa brusquement en essayant de stabiliser sa respiration rapide et les pulsations de son cœur. "C'était du désir charnel, Xena. Il ne faut pas confondre ça avec l'amour."

Xena sourit. "Dans l'obscurité de la nuit, la ligne entre les deux est souvent mince." Elle tira Gabrielle vers elle une fois de plus, et appuya ses lèvres contre la bouche de celle-ci, avant d'agripper le poignet de la Barde dans une poigne de fer et de la tirer derrière elle. "Niamey, prépare un bain. Tout de suite."

"Ne fais pas ça, Xena," dit Gabrielle, en luttant infructueusement pour se défaire de la solide emprise de la Conquérante.

"Les Monstres peuvent faire tout ce qu'ils souhaitent, Amazone. Et tu es sur le point de découvrir exactement ce que ce monstre souhaite te faire."

"Xena... " Gabrielle continuait de lutter, tandis qu'elle regardait désespérément les deux domestiques silencieuses, à la recherche d'un peu d'aide. Niamey avait déjà bondi pour obéir aux ordres de sa Régente et Ling Li baissa les yeux, honteuse quand le regard de la Barde rencontra le sien.

Ignorant les tentatives d'évasions de la guérisseuse, Xena marcha à grands pas en direction de sa salle des bains, octroyant à Gabrielle bien peu de recours, à part trébucher derrière l'Impératrice aux cheveux corbeaux qu'elle était ou risquer de voir son bras arracher de son épaule. Quoiqu'elle connaisse très bien la force légendaire de Xena, cela ne l'empêcha pas de continuer à tenter de se libérer.

Elle n'obtint apparemment aucun succès dans cette entreprise.

En entrant dans la salle des bains, Gabrielle fut projetée dans les bras d'une Niamey étonnée, qui réussit tout juste à les retenir toutes les deux de tomber vers l'arrière dans le bain qui se remplissait rapidement. La grande Africaine entoura la petite femme de ses deux bras et elle put reprendre son équilibre, avant de relâcher Gabrielle et tourner la tête vers la Conquérante qui les examinait d'un air moqueur, ses sourcils se levèrent pour exprimer une question silencieuse.

"Occupez-vous d'elle, et voyez à ce qu'elle soit propre, puis conduisez-la à ma chambre."

"Oui, Majesté."

Xena se retourna, et regarda ensuite légèrement par-dessus sa large épaule. "Je ne penserais pas à m'évader si j'étais toi. Si tu réussis, elles paieront."

Gabrielle ne se donna même pas la peine d'y songer, ayant depuis longtemps comprit que Xena cherchait à lui donner encore une autre leçon en employant sa compassion de Barde contre elle. Au lieu de cela, elle commença calmement à défaire les agrafes de sa blouse si minutieusement recousu par les mains douées de Tao Feng, une partie d'elle-même se refusa même à jouir du premier bain chaud qu'elle avait attendu avec impatience depuis de longues semaines.

*******

Fraîchement baignée et fièrement nue, Gabrielle marcha dans la chambre à coucher de la Conquérante, flanqué de chaque côté par Niamey et Ling Li.

Le regard langoureux de Xena se posa sur elle tandis qu'elle avançait, pour ne s'arrêter seulement que quand elle fut assez près pour sentir la chaleur émanant du corps de son avide observatrice. La Conquérante portait toujours son peignoir de soie, quoiqu'il fut débarrassé de sa ceinture et assez ouvert pour montrer les courbes les plus secrètes de ses seins et l'allusion la plus minuscule de la peau soyeuse de son abdomen tendu.

En baissant les yeux sur le regard admirateur qui la reluquait, Gabrielle sourit ; une expression ouverte, ensoleillée sans une trace de crainte ou de désir, sachant très bien que la Conquérante ne s'y attendait pas.

Les yeux de Xena se rétrécirent.

Le sourire de la Barde s'élargit.

"À quel jeu joues-tu, Amazone ?"

"Gabrielle."

"Quoi ?"

"Mon nom. Gabrielle. Il me semble que tu ne l'as jamais employé." Elle inclina légèrement la tête. "Pourquoi cela ?"

Le regard inquisiteur de Xena devint plus vif et ses lèvres se séparèrent en un rictus silencieux, elle ne fit aucun mouvement pour capturer le corps charmant qui était debout là tout près d'elle.

"Se pourrait-il que mon nom fasse de moi une personne, tout comme toi ? Est-ce pour ça que tu ne l'utilises pas?"

Grognant, la Conquérante captura violemment le poignet de Gabrielle, la tira brusquement sur le lit, la bascula sur le dos, puis couvrit la petite femme de son grand corps.

Gabrielle se força à rester immobile et inflexible sous les lèvres enchanteresses de la Conquérante, en ne la rejetant, ni ne l'encourageant dans ses avances libertines.

Après un moment, Xena se retira brusquement, et la regarda.

"Je ne me débattrai pas, Xena. Si c'est ce que tu espères, je pense que ça doit te décevoir."

La Conquérante sourit. "Oh", ronronna-t-elle, "je ne le suis pas... "

De nouveau, la Barde s'efforça de ne pas réagir. C'était une tâche difficile, avec la moitié de son corps qui ne voulait rien de plus que répondre au feu qui l'enflammait comme une coulée de lave et l'autre moitié qui poussait des cris perçants et cherchait un moyen désespéré de se rebeller contre les avances de la Conquérante. Avec effort, elle commença à utiliser les techniques méditatives que la Guerrière elle-même lui avait enseignées, pour rester aussi détendue que possible pendant que les mains et les lèvres de Xena se promenaient sur son corps lisse.

Après encore plusieurs moments, Xena se retira de nouveau. "Est-ce que je te garde éveillée au moins ?"

En ouvrant les yeux, Gabrielle planta son regard dans le bleu sardonique des yeux au-dessus d'elle. "Tu veux mon corps, Xena. Tu l'as. Mais tu ne peux prendre mon âme."

Affichant un sourire rempli d'intentions malveillantes, Xena prit un des seins de Gabrielle, et le comprima légèrement. "Oh ? Et qui est le fier propriétaire, d'un tel prix ?"

Gabrielle respira profondément, et se força à se rappeler que la femme cruelle et calculatrice qui était au-dessus d'elle était la même personne, jusqu'à la dernière molécule, que la femme qui possédait ce que la Conquérante ne pouvait pas prendre. Si ce n'était de l'intervention d'un homme courageux, Hercule en l'occurrence, sa Xena et cette Xena seraient une seule et même personne.

Relâchant son souffle, elle laissa tout l'amour inconditionnel qu'elle portait à son âme sœur transparaître dans le vert de ses prunelles, et posa celles-ci directement dans les yeux orageux de la Dirigeante de la Grèce.

Attrapée par la puissance indicible des yeux remplis d'amour que la Barde fixait sur elle, Xena s'éloigna brusquement au loin comme si quelque chose l'avait brûlé, ses propres yeux grands ouverts, n'ayant toujours pas la force de se détourner de ceux de la Barde.

Gabrielle sourit, une expression douce et tendre accrochée à son visage, puis leva la paume de sa main pour la placer contre la joue de Xena. "L'amour est la réponse, Xena," chuchota-t-elle.

Pendant une brève seconde, Xena pencha la tête, sa joue toujours dans la paume chaude de sa guérisseuse. Quelque chose en elle voulait presque se laisser aller au réconfort qui lui était offert.

Alors, comme si elle revenait entièrement à elle une fois encore, elle poussa brusquement son visage au loin, puis enleva sa main du sein de Gabrielle et jeta la jeune femme en bas de son lit. Celle-ci tomba mollement sur le carrelage froid. Ses yeux projetèrent des éclairs. "Ling Li, appelle un garde."

L'Asiatique s'inclina à la hâte, arrangea les plis de son peignoir coloré et s'en alla à toute allure pieds nus sur le sol froid.

Xena roula au bas du lit, et saisit Gabrielle par son poignet déjà contusionné et gonflé, puis la tira à ses pieds, et la foudroya du regard. "Peu importe la sorcellerie que tu utilises, elle ne marchera pas sur moi, Amazone. Tu es très près de quitter ce monde, simplement parce j'en aurai décidé ainsi." Elle saisit la Barde plus fermement et la secoua. "Ne tente pas la chance."

Avant que Gabrielle ne puisse formuler une réponse, Ling Li revint, avec un garde à sa remorque.

Xena repoussa la guérisseuse dans les mains professionnelles du vieux garde. "Enferme-la dans une des pièces de ce pavillon et garde-la bien. Si elle n'est pas dans ma salle du trône à l'aube, tu rejoindras tes camarades sur les croix à l'extérieur. Me suis-je bien fais comprendre?"

"Oui, Majesté."

"Laissez-moi. Tous."

*******

Les domestiques du palais avaient tout nettoyé, et Callisto ne trouva plus rien de valeur à casser, elle s'assit donc sur son lit, et planta son couteau dans le matelas de plume ainsi que dans les draps de soie, son visage était tordu de colère.

Quand une lumière familière commença à apparaître dans la pièce, la Guerrière retira son couteau du matelas et le lança sur celle-ci, pas du tout étonnée de voir apparaître Arès, qui la salua de la main en lui souriant "Ce n'est pas une façon d'accueillir un vieil ami ?"

"Je suis désolée. Est-ce que quelqu'un a fait de nous des 'amis' pendant j'avais le dos tourné ?"

En riant chaleureusement, Arès relança le couteau vers Callisto, qui l'attrapa facilement et le glissa dans l'étui qu'elle portait à la taille. "Qu'est-ce que tu veux ?" Demanda-t-elle, en fronçant les sourcils.

Le Dieu de la Guerre haussa les épaules. "J'étais dans le voisinage. J'ai pensé voir comment les choses allaient."

"Tu sais très bien comment les choses vont, Arès. Cette ennuyante petite salope va tout ruiner!"

"De quelle ennuyante petite salope s'agit-il déjà ?" Au regard meurtrier que Callisto lui envoya, Arès sourit. "Oh. Cette ennuyante petite salope." Il haussa les épaules de nouveau, le cuir se serra contre ses épaules et sa poitrine. "Ce n'est pas comme si je ne t'avais pas prévenue."

Callisto rit tristement. "Pour le très grand bien que cela a donné, Arès. Xena et la petite morveuse sont probablement dans sa chambre en train de copuler comme des lapins !"

"Malheureusement, non." Arès soupira affublé de déception. "J'anticipais une session, lubrique et dépravée de sexe femelle/femelle, mais pas de chance, j'en ai bien peur. Il semblerait que la petite sainte nitouche ait déjà réussi à gâter l'humeur de Xena." Il soupira de nouveau.

"Je suis terriblement désolée pour ta petite session de 'bande tout seul', Arès, mais l'information, aussi fascinante soit-elle, ne m'aide pas vraiment à régler mon petit problème."

"Qui a dit que j'essayais de t'aider ? Tu es celle qui ne peux pas tenir sa langue et raconter des bobards correctement, pas moi." Les yeux sombres de Callisto se rétrécirent. "Et tu en as aimé chaque seconde, n'est ce pas ?"

Arès sourit. "Appelle-moi le gigolo de service si tu veux." Callisto ne mordit pas à l'hameçon, et Arès se contenta de regarder la pièce autour de lui. Son regard se porta sur une lourde table en bois qui avait d'une façon ou d'une autre réussi à résister à la colère folle de la blonde. "Alors, qu'avons-nous ici ?"

N'ayant vraiment pas autre chose de mieux à faire, Callisto se redressa sur ses pieds et marcha vers la table, en regardant l'objet incrusté qu'Arès frottait de son index. Elle regarda alors le Dieu aux cheveux sombres. "Ça s'appelle 'un caillou'. Enfonce-toi la dans la tête. Je suis certaine qu'elle ira bien avec celle qui te sert déjà de cervelle."

"Tout doux, Callisto ou je vais commencer à me demander pourquoi tu ne reconnais pas l'importance de cette pierre et je vais la redonner à ma sœur. Nous savons tous combien elle aime ce genre de petits bibelots." Arès se mit le doigt contre la bouche affichant un air perplexe tout à fait faux.

"Oh ! s'il te plaît, Arès. Arrête de tourner autour du pot."

Le Dieu de la Guerre sourit d'un air satisfait. "Bien, puisque tu me le demandes si gentiment..." Utilisant ses pouvoirs, Arès mit en lévitation la pierre jusque dans la paume de sa main, et la jeta ensuite dans les airs, en souriant. "Es-tu certaine que tu ne la reconnais pas?" Callisto grogna quand elle tenta de lui subtiliser la pierre, et n'y réussit pas. "Oh, oh, oh. Tu n'as pas dit le mot magique."

"Mords-moi," gronda la blonde.

"Ce n'est pas tout à fait ça mais..." Comme Arès s'approcha, en découvrant ses dents, Callisto l'esquiva, et saisit la pierre du même coup puis la regarda attentivement. Elle leva alors les yeux sur Arès, et fronça les sourcils. "Ça, ma chérie, c'est ce qu'on appelle la Pierre d'Ixion."

Callisto regarda de nouveau la pierre dans sa main, l'incrédulité s'afficha clairement sur son visage. "C'est la Pierre d'Ixion ?"

Arès hocha la tête. "Je pense que ton problème d'audition empire. Je verrai une guérisseuse le plus tôt possible à ta place." Il sourit. "Gabrielle serait parfaite pour ça." Callisto ignora royalement la raillerie d'Arès, pendant qu'elle examinait avec intérêt la pierre dans sa main.

"Donc, c'est ce pourquoi ce petit incompétent de bon à rien de crottin de bouc suit Xena partout comme un chiot pitoyable."

Arès croisa les bras sur sa corpulente poitrine. "Et de quel crottin de bouc parlons-nous cette fois ?"

Levant la tête, Callisto découvrit ses dents dans sourire mauvais. "Dagnine, bien sûr. Cette pierre est le seul but dans sa malheureuse petite vie. Xena doit le tenir en laisse avec ça pour s'assurer qu'il lui obéisse corps et âme." Ses paupières se fermèrent. "Elle est siiiiiiiiiii intelligente."

"Ça elle l'est, ma chérie. Elle l'est vraiment, sois en certaine."

"Comme il sera étonné de découvrir qui détient ce petit bibelot maintenant !" Elle rejeta la tête en arrière, et rit, en agitant la pierre dans sa main. Ses yeux s'ouvrirent grand, quand une idée délicieuse lui passa par la tête. "Voilà ! Je vais me servir de lui pour qu'il me débarrasse de la morveuse irritante, et j'utiliserai Xena pour qu'elle l'extermine, lui, de mon chemin ! C'est parfait !"

Le Dieu de la Guerre pointa un doigt enthousiasme vers Callisto. "Tu as vraiment un mauvais fond. J'aime ça chez une femme."

"Épargne-moi."

Arès lissa sa barbe et sourit. "Trop dommage que Dagnine ne soit pas un Barde comme Gabrielle," dit-il après un moment.

"Et pourquoi cela ?"

"Parce qu'alors, tu pourrais tuer deux Bardes avec une pierre ! Tu piges ?" Riant tapageusement, Arès disparut dans un miroitement lumineux, laissant une Callisto gémissante derrière lui.