Kahn, le Commandant Suprême de l'armée chinoise, planta son petit corps devant le garde qui gardait la porte et avant que celui-ci ne puisse même penser à tirer son arme, Kahn se dégagea ouvrit la porte et marcha à grands pas dans la salle du trône de la Conquérante, un regard suprêmement hautain s'affichait clairement sur son visage.
Et se retrouva lui-même sans le savoir dans le repaire d'une lionne très affamée, et de très mauvais poil.
"J'exige de parler avec toi, femme," fut tout ce qu'il réussit à dire avant que la femme en question fasse irruption, comme une apparition, devant lui et que la force ne quitte brusquement ses jambes comme deux doigts s'enfoncèrent dans les artères de son cou.
"Tu n'exiges rien, petit homme," gronda la Conquérante, s'imposant sur le général maintenant agenouillé et paralysé à ses pieds. "Tu n'es rien."
"Qu'as-tu fais ?" Haleta Kahn, en luttant pour bouger et terrifié quand il n'en fut pas capable.
"Tu veux dire que Lao Ma ne t'as pas apprit ce petit tour très pratique ?" Demanda Xena, en souriant d'un air satisfait. "Elle ne doit pas avoir autant confiance en toi que tu le pense."
"Elle... me fait confiance... sur sa vie !"
"Alors elle est devenue idiote avec les ans." Plongeant la main vers le bas, la Conquérante souleva facilement le petit homme en saisissant le devant de sa tunique voyante, et ne s'arrêta pas avant que leurs yeux soient au même niveau. "Entre bien ça dans ce qui te sert de cervelle, Kahn. Je commande ici. Je te dis quand respirer. Je te dis quand te battre. Je te dis quand pisser. Si tu as un problème avec n'importe laquelle de ces choses, je suggère que tu me le dises maintenant. Ton armée est suffisamment grande pour trouver un soldat compétent qui prendrait volontiers ta place. Me suis-je bien fait comprendre, Kahn ?"
Un filet de sang coula de la narine du général et il se débattit contre les points qui dansaient devant ses yeux comme il hochait faiblement la tête. "Je… comprends... Excellence."
"Espérons que oui." Le laissant choir sur le sol, la Conquérante se baissa et relâcha ses points de pressions, ce qui le laissa inconscient.
"Ramenez-le à ses hommes et faites leur savoir que c'est le seul avertissement qu'ils auront."
Deux gardes s'approchèrent rapidement et saisirent le général inconscient sous les bras. "Oui, Majesté."
Dans les secondes, il fut porté hors de sa vue et Xena resta seule, sa colère inchangée.
En un éclair, elle prit son poignard de poitrine, et le propulsa au loin et clouant son observateur silencieux au mur en pierre par son armure. "Je me demandais quand tu allais sortir de ta cachette, Callisto."
"Salut, Xena." Callisto sourit doucement. "Je ne me cachais pas. J'avais juste... des endroits à visiter, des gens à voir, ce genre de chose."
En marchant vers la femme prise au piège, la Conquérante enleva son poignard et le remit entre la vallée de ses seins. Son sourire était le danger incarné. "Je projette aller faire le tour de tes quartiers bientôt, Callisto. Si la pierre d'Ixion n'est pas revenu à l'endroit où elle était avant par le temps que j'y arrive, le seul endroit où tu iras sera au Tartare."
La blonde essaya de prendre son regard le plus innocent. "La pierre d'Ixion ? J'ai peur de n'avoir aucune idée de ce dont tu parle, mon amour."
Xena fit un mouvement vif, serra sa main autour de la trachée de Callisto et fit claquer son dos contre le mur. "Un mensonge est une très piètre façon d'expliquer tes actes, Callisto. Tu viens de me coûter un général et tu as presque mis fin aux jours d'une guérisseuse très prometteuse. Ta tentative maladroite de me trahir en tentant une attaque sur mon camp et en faisant croire que c'était César me fait mettre en doute tes capacités de stratège."
"Je . . . ."
"Ferme-la avant que je ne te la ferme de manière permanente."
La mâchoire de Callisto se referma dans un retentissant claquement de dents.
Un picotement d'avertissement agita l'épine dorsale de la Conquérante. "Arès ! Montres-toi ! Ta puanteur infeste dans tout le palais."
Un miroitement de lumières plus tard Arès se matérialisa dans le centre de la salle. "Tu as vraiment besoin de quelques leçons sur la façon d'invoquer les Dieux, ma chérie." Négligemment il ouvrit la main, et jeta un éclair sphérique en direction de Xena.
La Conquérante bougea, employant sa captive silencieuse en guise de bouclier.
Callisto cria quand l'éclair sphérique frôla son flanc non protégé et Xena laissa tomber la blonde à ses pieds. "Oh regarde. Tu as cassé ton petit jouet. Comme c'est triste !"
Le Dieu de la guerre chargea à nouveau, mais Xena l'arrêta en levant la main. "Assez jouer, Arès. Je pense qu'il est temps que nous mettions Callisto au courant de notre petit secret, hmm ?"
Arès recula en ouvrant de grands yeux, Callisto se secoua pour chasser les effets de l'éclair sphérique et vacilla sur ses pieds, ses dents se découvrirent. "Petit secret ?! ?"
La Conquérante sourit. "Ne jamais faire confiance à un Dieu, Callisto. On ne t'a pas apprit ça dans tes cours de Guerrière 101."
En poussant des cris perçants, Callisto se rua sur Xena, qui la repoussa et commença à s'avancer vers un Arès stupéfié. Son sourire s'approfondit en un sourire de séduction dévergondée et, comme elle atteignit le Dieu, elle se colla à son corps, et glissa sa main dans le V de son blouson en cuir en caressant sa poitrine nonchalamment. "Tu es un si mauvais garçon, Arès. Utiliser cette pauvre Callisto comme ça."
Arès ne put rien prononcer à part un gémissement.
Callisto, voyant la réponse indubitable qu'Arès fit à Xena, cria de nouveau et courut vers le duo. Arès leva lentement son bras, mais la Conquérante l'en empêcha. "S'il te plaît, Arès. Laisse-moi faire."
Quand Callisto les atteignit, Xena la projeta de nouveau, envoyant la blonde s'écraser sur le plancher pour la deuxième fois. Elle sourit. "Dis-moi, Callisto. As-tu vraiment pensé qu'Arès te choisirait au lieu de moi ?"
Callisto sauta sur ses pieds, mais n'avança pas. Au lieu de ça, elle lança des regards meurtriers au couple entrelacé. "Arès... "
"Je... " Les Mots ne venaient pas facilement au Dieu de la guerre.
La Conquérante mit un doigt sur les lèvres pleines d'Arès. "Chhhh. Ne la fais pas se sentir encore plus mal qu'elle ne se sent déjà." Elle enleva son doigt, elle se retourna vers la blonde qui bouillait. "Chaque petit plan que tu as pu élaborer, Callisto, m'était rapporté la seconde où Arès quittait ta chambre. Tu n'as jamais même passé près de gagner ta petite guerre. Tu n'étais même pas dans le jeu."
Callisto cria sa colère.
Xena sourit. "Tu t'es fait tendre un piège et comme une idiote tu y es admirablement tombé."
La Conquérante marcha loin d'Arès, qui fut finalement capable de regagner le contrôle de sa langue. "Elle ment, Callisto."
"Oh ! S'il te plaît, Arès. Ne rends pas les choses plus difficiles pour elle. Il est évident qu'elle a perdu le peu de jugeote qui lui restait."
"Ne l'écoute pas, Callisto. C'est un piège."
"Crois-le si tu veux, Callisto. Mais rappelles-toi ce que j'ai dis sur la confiance en un Dieu. Particulièrement ce Dieu."
Ses pieds se figèrent sur place, Callisto regarda d'un dirigeant sombre à l'autre, son visage était un masque d'indécision. Qui disait la vérité ? Pour la première fois dans ses souvenirs, elle ne pouvait pas en être sûre.
"Allez, Callisto. Même toi tu n'es pas aussi crédule. Comment penses-tu que j'aurais pu être sur le terrain au moment exact ou ton petit complot pour que Dagnine assassine l'Amazone ne puisse se réaliser, hmmm ? Je suis à peine un Oracle. Arès n'a jamais voulu qu'elle meure, tu sais. Il sait à quel point tu la déteste et il a bien rit quand ta tentative pour te débarrasser d'elle a échoué, à maintes reprises même. Il a rit, Callisto. De toi."
La blonde mordit à l'appât, confirmant les soupçons de Xena et s'élança sur le Dieu de la guerre. Elle l'agrippa par la taille et le projeta par terre avant qu'il n'ait même l'idée de se protéger. Ils roulèrent presque sur toute la longueur de la salle, la colère folle de Callisto lui donna une force surhumaine tandis qu'elle rouait Arès de coups de poings et qu'elle le mordait avec ses dents pointues.
Pris par surprise par la harpie meurtrière qui avait si récemment été son alliée, Arès fit la seule chose à quoi il put penser.
Il disparut.
On put entendre à ce moment le cri perçant et meurtrier de Callisto partout dans le palais.
En secouant la tête, Xena se félicita silencieusement, pour les pressentiments qu'elle avait eut et se glissa hors de la pièce en laissant Callisto, pendant un moment, aux démons de sa colère.
*******
Presque une pleine heure passa avant que l'esprit de Callisto ne regagne son corps et elle se retrouva assise dans un des coins de la salle du trône vide de Xena, ses bras enroulés autour de ses genoux pliés, elle se balançait. Elle aurait voulu tuer quelque chose. Voulu faire souffrir quelque chose avant qu'elle ne le tue lentement et prenne sa vie à mains nues, en le serrant et le déchirant et...
Elle soupira.
Les deux seules personnes qu'elle aurait le plus voulu esquinter étaient hors de portée. Arès, le lâche, resterait très probablement caché avant qu'il ne puisse inventer encore une autre façon de la courtiser comme un imbécile absolu.
Quant à Xena, cette femme réussissait toujours à l'anéantir, peu importe la réalité.
Sa tête se releva tandis que ses yeux s'illuminèrent d'un éclair malsain. "Réalité. Voilà !" Un sourire torve et sombre s'étendit sur son visage. Elle se remit lentement sur ses pieds, en s'appuyant contre le mur pendant un bref moment. "Oh non, ma sublime Xena, je n'ai pas encore perdu la guerre. En fait, je n'ai même pas commencé à me battre !"
En riant de ravissement, Callisto se repoussa de son coin et passa vivement devant le trône de la Conquérante, ouvrit la porte et passa en trombe devant les gardes comme s'ils n'étaient pas là.
Elle progressa rapidement, et avant qu'elle ne le sache, elle se retrouva devant les quartiers privés de Xena, sa main sur la poignée de la porte. "Ne jamais parier contre une blonde, Xena," chuchota-t-elle comme elle ouvrit la porte.
En entendant s'ouvrir la porte, Niamey bougea de sa place au chevet de Gabrielle et marcha dans le vestibule des quartiers de la Conquérante, ne s'arrêtant seulement que lorsqu'elle vit Callisto qui lui souriait sur le seuil.
"Salut, Niamey," lança Callisto. "C'est un jour fabuleux pour un bain de sang, n'est-ce pas ?"
"Sa Majesté n'est pas ici, Callisto."
"Oh, je sais. Ne t'occupes pas de moi, chérie. Je suis seulement ici pour reprendre quelque chose qui m'appartient." En tournant légèrement la tête, elle vit le sceptre de la Conquérante qui reposait sur un coussin noir. Elle sourit. "Ahhh, tu es là, ma jolie petite gemme. Maman t'a cherché partout."
Elle s'avança, prit le sceptre, et se retourna ensuite pour le fracasser sur le crâne de Niamey qui tentait de l'empêcher de le prendre.
La grande femme s'effondra par terre en une masse silencieuse.
"Xena sera très en colère. Tu as taché son tapis de sang, ma chérie. Rappelle-toi seulement de nettoyer quand tu te réveilleras. Si tu te réveilles."
En entendant les bruits, Ling Li sortit de la salle des bains juste à temps pour voir son amante s'effondrer par terre, le sang coulait abondamment de l'entaille à sa tête. En criant, elle plongea sur la blonde qui souriait, évitant tout juste le coup de Callisto et la repoussa loin de Niamey.
Callisto rit. "Oh, la petite souris a des dents après tout, n'est-ce pas ?" Callisto mit soigneusement le sceptre sur le plancher, et retira alors en se redressant le poignard de la gaine à sa hanche. "Viens ici, petite souris. Montres à Tatie Callisto combien tu es courageuse."
En serrant les dents, Ling Li courut vers Callisto, mais, à la dernière seconde, elle se baissa et attrapa le sceptre, puis se précipita ensuite hors de portée de la femme blonde.
"Oh, tu es très bonne, petite souris. Très bonne." Elle tendit sa main vide. "Maintenant, tu vas être une bonne fille et tu vas me redonner mon bijou, pas vrai ? Si tu le fais, peut-être que je te permettrai de continuer à respirer. Ça me semble une bonne affaire non ?"
"Va t-en, Callisto. Tu as assez fait de dégâts comme ça."
"Je le ferais si je le pouvais, chérie. Mais, vois-tu, j'ai besoin de ce sceptre que tu tiens pour le faire. Alors pourquoi ne me le donnes tu pas et nous aurons toutes les deux ce que nous voulons, hmm ?"
De sa place sur le plancher, Niamey gémit de douleur, distrayant Ling Li qui regarda vers le bas ce qui donna à Callisto l'ouverture dont elle avait besoin. En se précipitant en avant, elle saisit le bras de Ling Li, arracha le sceptre et enfonça son couteau profondément dans le ventre de la petite femme. En reculant, Callisto retira son couteau, et le remit dans son étui comme elle regardait la minuscule femme s'effondrer aux côtés de son amie, assommant la grande femme inconsciente de nouveau.
"Cela va laisser une tache," elle sourit d'un air satisfait puis rit pleinement. "Au revoir mes chéries. Merci pour le divertissement."
Tandis qu'elle se dirigeait vers la porte, Callisto stoppa net quand elle entendit un gémissement bas et une toux faible. Ensuite un appel fut lancé d'une voix rauque. "Niamey ?"
Ses yeux s'agrandirent et miroitèrent. "Oh ! À qui est la voix que j'entends venir du lit de la Conquérante ? À une certaine petite morveuse de Barde, peut-être ?"
Elle tourna les talons, se dirigea vers l'antichambre et entra dans la chambre à coucher de la Conquérante, un sourire enchanté sur les lèvres. "C'est la petite morveuse ennuyeuse. Quelle chance !" Franchissant la distance jusqu'à l'énorme lit, Callisto s'élança sur celui-ci et rebondit plusieurs fois. "Et moi qui étais, inquiète que nous n'ayons pas la chance de nous dire au revoir."
Les yeux de Gabrielle se rétrécirent. "Qu'est-ce que tu veux, Callisto."
"Ce que je veux, ma chérie, te tenir rigueur d'avoir mit ton sale petit nez dans mes affaires. Mais, puisque je sais que ça n'arrivera plus jamais, alors..." Ses yeux scintillèrent. "Je veux seulement m'amuser un peu avec toi."
Levant le bras, elle força la pierre au bout du sceptre, laissa tomber le bâton d'or et tint la gemme pour que la lumière de la torchère puisse frapper sur le plus de facettes possibles. "C'est magnifique, n'est-ce pas ?"
Gabrielle serra les dents, mais ne répondit pas.
"Je présume que tu sais ce que c'est."
"La Pierre de Chronos."
"Oh ! Tu es si intelligente, Gabrielle. Si tu sais ce que c'est, tu dois donc savoir ce qu'elle est capable d'accomplir."
"Je le sais."
Callisto regarda fixement et profondément dans la pierre. "Mon plan était parfait, jusqu'à ce que tu apparaisses. Je suppose que les Parques s'en sont mêlés et t'ont envoyé ici pour 'remettre les choses ', comme elles étaient." Elle marqua une pause face au silence approbateur de Gabrielle. "Elles ont dû se rendre compte que tu étais hors ligue ici, mon cœur. Ta Xena n'existe pas dans cette réalité, comme tu l'as sans doute déjà comprit. Non. Ta Xena est exactement à la place qui lui revient. Parmi les Morts."
"Il semble que ta Xena n'est pas exactement ce que tu te serais attendue à ce qu'elle soit non plus, Callisto."
En grimaçant, la Guerrière blonde appuya la pierre directement sur la blessure de Gabrielle, découvrant ses dents quand l'autre siffla de douleur. "Ne m'interromps pas quand je parle, chérie."
Callisto enleva la pierre et Gabrielle lutta pour reprendre sa respiration.
"Maintenant, où en étais-je ? Ah oui. Comme je disais avant que je ne sois si grossièrement interrompu, mes plans étaient calculés à la perfection avant que tu ne viennes mettre ton nez là où il ne fallait pas. Bien que cette Xena te tuera bientôt aussi simplement qu'elle te regarde, ce qui est, bien sûr, exactement comme cela doit être, tu t'es débrouillé pour semer quelques embûches inattendues sur mon chemin vers le pouvoir." Elle sourit de nouveau, porta la pierre à ses lèvres et l'embrassa. "Mais j'ai toujours ça. Et avec ça, je peux remonter à nouveau le temps et arranger le tout pour que tu ne reviennes plus jamais sans invitation, dans aucune réalité." Retirant brusquement la gemme de ses lèvres, elle sourit à la Barde. "Absolument délicieux, tu ne crois pas ?"
"Je crois que tu es folle."
"C'est une vieille nouvelle, chérie." Elle se pencha et plaça un doux baiser sur les lèvres de Gabrielle. "Au revoir, ma douce. Me séparer de toi est douloureux." Elle sourit et sauta du lit en atterrissant sur ses pieds. Elle soutint de nouveau la pierre. "Maintenant, voyons. Où vais-je aller aujourd'hui ?"
Comme elle envisageait ses options, Callisto ne remarqua pas le léger bruissement de pas qui vint vers elle.
"Tu as tué Ling Li !"
Frappant avec le dernier soubresaut de sa force, Niamey saisit Callisto et l'a poussa en avant, s'effondrant elle-même sur la femme blonde. Elles s'effondrèrent par terre.
La pierre vola de la main de Callisto et atterrit sur le lit. Gabrielle l'a saisit et la cacha au-dessous de ses couvertures pendant que Callisto luttait avec le lourd, poids mort de Niamey qui l'avait emprisonnée partiellement sous elle.
Finalement, après beaucoup d'effort, Callisto roula et se libéra du corps de Niamey puis sauta sur ses pieds en rivant ses yeux sur Gabrielle. "Je sais que tu as la pierre, petite chienne. Rends-la-moi avant que je ne t'arrache le cœur et le mange pendant que tu observe."
"Manger du cœur cru est très mauvais pour la digestion, Callisto."
La blonde retira d'un coup, son couteau de son étui. "Xena !"
"En chair et en os." Avec un sourire prédateur, la Conquérante commença à traquer sa seconde en commande, ignorant les tentatives désespérées de Callisto de fuir. "Je suppose que tu as une bonne raison pour avoir assassiné mes servantes ?"
"Je ne veux que la pierre, Xena."
"Et par 'pierre', tu veux dire la pierre de Chronos ?"
"Oui !"
Xena sourit. "Et tu m'avais dit que c'était un mythe."
"Oh, ce n'est pas un mythe."
"Alors tu as menti."
"Bien sûr que j'ai menti, idiote ! Cette pierre, avec tous ses merveilleux pouvoirs, a trôné sous ton nez pendant toutes ces années! Je te l'ai donné et maintenant je veux la reprendre!"
"Ta mère ne t'a jamais dit que c'était impoli de reprendre un cadeau ?"
"Elle n'a jamais eu l'occasion, Xena. Tu l'as assassinée !"
Cela prit Xena de court. "J'ai quoi ?"
Utilisant la distraction momentanée de Xena, Callisto sauta de l'autre côté du lit, saisissant les couvertures de Gabrielle elle les tira en bas. "Oh bien," soupira-t-elle, reluquant le corps nue de la Barde. "Peut-être que je comprends ce que Xena voit en toi après tout."
Ignorant le commentaire de Callisto qui la lorgnait, Gabrielle eut la présence d'esprit de retirer sa main d'au-dessous du peu couverture qui restait. "Xena! Attrape!"
La gemme fila dans les airs et Xena leva derechef une main, attrapa la pierre et la tint dans la lumière, sa tête s'inclina en un examen curieux.
Grognant, Callisto saisit l'épaule blessée de Gabrielle et l'a traîna hors du lit, entoura un bras autour du cou de la Barde et plaqua son couteau contre son ventre. "Donnes-moi la pierre, Xena, ou ta petite amie meurt."
La Conquérante haussa les épaules. "Tue-la. J'ai d'autres guérisseurs."
Callisto gémit presque à haute voix en se rendant compte que son atout préféré contre Xena n'avait aucune valeur dans cette réalité.
Gabrielle, avala difficilement vu la pression autour de son cou en mesurant le pourcentage de vérité contenu dans le commentaire de Xena et le pourcentage de stratégie. Elle prit une profonde inspiration en se rendant compte que le temps jouait contre elle. "Xena, ce que Callisto a dit est vrai. Le pouvoir de la Pierre de Chronos n'est pas un mythe."
"C'est assez, la morveuse," siffla Callisto en tirant sur son bras enserré autour du cou de Gabrielle ce qui la fit taire. "La Conquérante ne veux pas entendre ton baratin."
Son visage arborant un masque de concentration et de douleur, Gabrielle poussa son bras droit vers le bas et désarma le couteau de la main de sa ravisseuse. Elle leva alors le bras et avec toute sa force, réussit à se défaire de la prise que Callisto avait autour de son cou. "Elle peut t'envoyer n'importe où tu veux aller, Xena. Tout ce que tu as à faire est de dire... 'Alcmène'."
"Ne fais pas ça!" Hurla Callisto, oubliant sa recherche pour retrouver son couteau elle leva sa main libre. "C'est un piège! Elle essais de te duper!"
Xena regarda d'une femme à l'autre en tentant de deviner leurs intentions. Les yeux de l'Amazone étaient sérieux et suppliants, tandis que ceux de Callisto étaient emplit d'horreur. Un picotement à la base de sa nuque lui annonça l'arrivée d'Arès dans le drame et une seconde plus tard, il se matérialisa dans toute sa gloire sombre, en levant les deux mains.
"Le récit de Callisto est véridique, Xena. Utilise cette pierre, et tu perdras tout ce que tu as su gagner jusqu'à maintenant."
"Tu étais au courant de tout ça, n'est-ce pas, Arès."
"Je ne mens pas. Ta petite amie a été envoyée ici par les Parques. Sa mission était de te forcer à renoncer à ton trône. Fais ce qu'elle te demande et tu perds tout. Ton trône, ton palais, ta guerre contre César." Il s'avança tout près d'elle. "Tu n'es qu'à un pas de réussir, Xena. Ne renonce pas."
"Et quel est ton intérêt dans tout ça, Arès ? N'étais-tu pas celui qui travaillait avec Callisto pour garantir que je perdrais tout ?"
"Bien...." Il baissa les yeux, tel un petit garçon prit en flagrant délit. "Je vais te dire. Donnes-moi la pierre et je tuerai Callisto pour toi."
"Arès!"
"Je m'arrangerais même pour que César envoi la moitié de son armée en Gaule. Je peux le faire, tu le sais. Nous parlons ensemble de temps à autre. Il fera tout ce que je lui demanderai."
"Pas intéressé, Arès."
"S'il te plaît, Xena. Ne fais pas ça. Pense à tout ce que tu risque de perdre."
Xena ne pouvait pas nier que les paroles d'Arès étaient persuasives. Même sans son aide, elle savait que son destin était de gouverner le monde. La pierre était une énigme intéressante, mais si ces paroles, aussi bien que celles de Callisto, recelaient tout de même un minimum de vérité....
Arès put sentir la volonté de Xena s'affaiblir. Il sourit. "C'est ça, Xena. Penses-y. Toi, gouvernant le monde. La tête de César planté au bout de ton épée. Tout ce que tu as toujours voulu, est là a porté de main."
"Arrière, Arès," gronda-t-elle, en faisant comme si elle allait briser la pierre.
Le Dieu de la guerre recula vivement, en levant ses mains de nouveau. Il tourna la tête vers Callisto et lui fit signe de s'avancer en prenant Gabrielle avec elle. "La pierre contre l'Amazone, Xena. C'est elle ton traître. Pas Callisto. Pas moi."
En se détendant légèrement, Xena permit à Callisto de se déplacer et de s'approcher plus près, elle étendit ensuite la main en un geste d'offrande.
Callisto sourit, et propulsa la Barde dans les bras de Xena en étirant simultanément le bras pour saisir la pierre.
Xena retira sa main ainsi que la pierre. "Merci, Callisto. Maintenant j'ai tout ce dont j'ai besoin."
Callisto cria, mais fut projeté d'un coup de pied sur Arès, qui l'attrapa et tomba vers l'arrière contre le mur.
La Conquérante baissa la tête, ses lèvres frôlèrent l'oreille de Gabrielle. "Si c'est un sale tour, nous mourons toutes les deux."
Alors, parce que ses tripes lui disaient que c'était la bonne chose à faire, elle prit une inspiration profonde et prononça un mot, "Alcmène".
Autour de la Conquérante, le monde s'estompa et devint ensuite complètement noir.