Ma première impulsion est de marcher sur la pointe des pieds vers la cuisine quand je réalisai que je n'étais pas seule, du moins jusqu'à ce que je remarque qui la silhouette de la jeune potentielle contre la porte de derrière ouverte, regardait dans mon jardin.
Vous allez peut-être penser que c'est étrange, même pour moi, de comment je peux distinguer ces jeunes traits parmi les 20 autres filles qui m'entourent couramment. Mais cette potentielle particulière a pris de la place ici depuis quelques mois et souvent plus près de moi que je ne le voudrais.
Kennedy reconnu ma présence par une petite inclinaison d'une tête presque immobile, continuant ce que je faisais maintenant, observer la situation à l'extérieur.
Parce que, debout dans une robe qui semblait trop grande pour ma meilleure amie, mega sorcière et un génie, apparu ancré dans le sol sous ses pieds. Elle se tenait fermement comme si en faisant ça, elle était capable de prévenir quelques menaces invisibles. Elle est pieds nus je crois et se balance un peu sur ses talons tournant de temps en temps sa tête comme si elle répondait à quelqu'un que ni moi ni Kennedy ne pouvons voir.
La vue est trop familière, du moins pour moi, depuis que Will était revenu d'Angleterre il y a environ 9 mois. Ce n'était pas toutes les nuits, ni même toutes les semaines, mais régulièrement assez pour le rappeler qu'elle avait encore une façon d'exprimer sa peine et sa douleur.
Heureusement, les promenades nocturnes ont diminué quand les potentielles ont commencé à arriver. Je pense que c'est parce qu'il y avait trop d'étrangères et que franchement, Will était trop fatiguée pour ne pas dormir. Pendant un moment, je me suis demandé quand est-ce qu'elles ont recommencé et depuis quand Kennedy avait pris ma place pour la surveiller ?
"Ca fait longtemps ?" je demande essayant de ne pas fourrer mon nez partout. C'est un concept vraiment bizarre considérant qu'il n'y a pas tellement de choses privées dans la maison Summer ces derniers jours.
Un autre hochement de la tête de Kennedy me dit qu'elle m'a entendu. Mais pas de signe, elle est concernée ou accepte ma compagnie par nécessité, plus que je n'accepte la sienne. Il est 3h du matin et je suis venue chercher du cacao et de la tranquillité. Elle, je devine, est seulement là à cause de la rousse dans le jardin.
"Environ 1 heure" vint l'éventuelle réponse.
J'ai pensé que c'était la chose la plus proche que j'aurais pour une invitation et j'avançai dans la pièce, m'installant entre l'armoire et la porte ouverte.
"Je peux aider à quelque chose ?"
Elle haussa les épaules et se retira du mur pour me faire face avec son regard 'je contrôle la situation'.
Normalement, je n'aime pas faire de conclusions trop vite sur les gens. Vous ne pouvez pas faire d'erreurs dans mon travail. Mais je sais que je fais confiance en mes instincts, et quelque chose à propos de ce regard et de Kennedy en général me faisaient réagir autrement.
Peut-être c'est la façon qu'elle a de toujours avoir une opinion, peu importe si elle a tous les faits ou pas. Ou qu'elle arrive à parler de son éducation privilégiée en même temps que je reçois une autre facture que je sais que je ne pourrais pas payer.
Je sais que la première partie pour moi est de traiter avec de nouveau territoire, mener un groupe de tueuses ou du moins de tueuses potentielles, plutôt que de travailler seule. L'habilité totale et la connaissance avec la détermination et la vivacité d'esprit est lente. Je m'inquiète qu'on n'ait pas le temps qu'on a besoin pour préparer la bataille. Le seconde partie est le temps ou plutôt manque de temps là pour que l'une de nous se croie meilleure que les autres.
Mais si je suis honnête, la chose qui me dérange le plus par rapport à Kennedy n'est pas mes affaires. C'est qu'elle a jeté son dévolu sur ma meilleure amie à la minute où elle a passé la porte d'entrée de cette maison. Et je ne parle pas de 'je suis juste intéressée par ta collection de hamster et tes bijoux'.
Vous voyez, quand Willow m'a dit la première fois pour sa relation avec Tara, j'ai paniqué. C'était une petite panique et pas parce que j'avais des problèmes avec le fait qu'une fille aime une autre fille. C'était juste que - pendant toutes ces années où nous sommes amies, elle n'a jamais fait allusion qu'elle pouvait ressentir ça.
La panique dura environ 60 secondes. J'ai réfléchi durant quelques instants en silence, mais ça été rapide avant que je vienne à la conclusion que rien n'avait changée entre Will et moi. Tout ce que je voulais vraiment était qu'elle soit heureuse - et on ne pouvait pas renier qu'elle était heureuse avec Tara Maclay.
Par la suite, on s'est rendu compte que Tara était une très bonne chose pour Willow et moi. Jusque là, on gardait toutes les deux des choses pour nous et ça avait laissé des traces. Dire son plus grand secret nous a amenés à un nouveau niveau, une sorte de compréhension intime que nous ne connaissions pas avant et qui nous a permis d'accepter que nous grandissions et non pas éloignions l'une de l'autre.
Avec la mort de Tara et le fait que Will ait du travailler si dur pour reprendre le dessus, je sais que je devais être heureuse qu'elle ait quelqu'un d'autre dans sa vie. Je ne sais pas, peut-être que je n'étais pas encore moi-même remise de sa mort. Et pour tout le temps que je savais qu'on n'avait pas, je souhaitai juste que pour une personne de cette maison, il y en ait un peu plus.
Je savais que j'allais le regretter mais je devais demander.
"Est-ce que vous vous êtes disputés ?"
Le regard de Kennedy me dit qu'elle savait que je n'étais pas heureuse de leur relation comme je le faisais croire à la rousse.
"Non, non, rien de ça - le contraire en fait"
Je me demandais si c'est son intention de paraître si vulgaire pendant que je fouillai dans le placard près de là où elle était, ignorant que la plupart du contenu était maintenant soit ébréché, soit cassé. Je pris 3 tasses et ajoutai une cuillère de cacao dans chacune avant de mettre de l'eau à bouillir sur la cuisinière.
"Tu n'as pas à faire semblant d'être d'accord pour Willow et moi" elle me dit pendant que je travaille.
Je pouvais l'ignorer, je pense, ça ne serait pas la première fois qu'elle et moi avons un débat à sens unique. Je sais que je ne pouvais pas prétendre de pas savoir ce qu'elle voulait dire. Mes mains se levèrent dans un geste de moquerie quand je m'arrêtai et optai pour la diplomatie après tout.
"Si Will est heureuse, ce n'est pas à moi de m'interposer"
"Mais tu as tes doutes ?"
Le plus gros problème de Kennedy est de ne pas savoir quand s'arrêter.
"Peu importe si oui ou non, ça n'a rien à voir avec l'affaire, non ?"
Ses traits sont tendus, fatigués et un peu perdus quand elle chuchota "Je n'essaye pas de lui faire de mal"
C'est le premier signe que j'ai de quelque chose sous cette bravoure et cette assurance qu'elle portait comme un badge. C'est aussi un peu déroutant alors je retournai mon attention à l'eau chaude et aux tasses, ajoutant une cuillère de sucre dans une, sachant que Will l'aimait sucré. Je ne sais pas comment Kennedy boit son cacao et je n'ai pas envie de demander. Quand l'eau était chaude, je poussai une des tasses vers elle et pris l'autre, réalisant qu'elle ne regardait plus le jardin mais moi, attendant une réponse, je suppose.
"C'est tout ce que je demande" je répondis rapidement, pensant encore que c'est plus que ce que je ne voulais.
Ce regard trop sur de soi revint.
"Non, ça ne l'est pas" elle me dit - comme si elle savait ce à quoi je pensais. Je sais que je suis trop fatiguée pour jouer ce jeu alors je renonçai à ma tasse avant même d'avoir pris une gorgée, s'approchant pour en finir.
"Bien" j'accordai "Je n'ai pas besoin de demander quelles sont tes intentions. C'est plutôt évident et que tu recherches plus qu'un partenaire de jeu avec Willow. Je n'ai pas besoin de te dire qu'elle souffre encore. Elle a perdu la femme avec qui elle croyait - que même moi je croyais qu'elle serait pour toujours. Et je suis sure que je n'ai pas besoin de te dire que si tu lui fais du mal, tu n'auras pas besoin d'un ticket de bus pour quitter cette ville, parce que je m'occuperais personnellement de botter ton derrière de privilégiée pour te renvoyer d'où tu viens"
Je comptai jusqu'à deux et rajoutai "Nous sommes d'accord ?"
Avec la plus courte résistance, Kennedy déclara forfait à cette bataille qu'elle avait planifié.
"Ouais. Nous sommes d'accord"
Finalement, une réponse qui n'inclus pas un discours.
Je retournai à mon cacao, pas sure pourquoi je restais à mon poste et elle aussi. La montre sur le mur marqua 4h15.
"Alors dis-moi, pourquoi tu es là et elle est dehors ?" je dis, pensant que mon petit discours me donnait carte blanche pour beaucoup de choses maintenant, du moins pour poser des questions personnelles.
Kennedy secoua sa tête. "C'est compliqué"
Une part de moi savait que ça pouvait aller comme ça toute la nuit ; les uns ou deux mots volleyant entre nous deux et peut-être que c'est tout ce que je pouvais espérer. Mais la façon dont elle tenait sa tasse, dont ses épaules s'étaient baissées, me dirent qu'elle avait plus besoin de soutien maintenant qu'elle en voulait l'admettre. Je suis la tueuse et la balle est de mon côté.
"Essayes" j'offris aussi gentiment que possible.
Et je me sentis presque désolée pour mes jugements en entendant le son écorché de sa voix.
"Ca m'effraie comment les choses sont allées vite entre nous. Comment ce que je ressens… pour elle, est fort. Je sais que tu penses que je suis trop jeune et que je pousse trop mais…"
"Kennedy, tu n'as pas besoin de mon accord pour…"
Elle me regarda en disant ces mots, une partie de moi ne croyait toujours pas ce que j'entendis.
"Je suis amoureuse d'elle"
Je sais que ma bouche est ouverte mais les mots ne sortent pas et tout ce que je suis capable de sortir est une sorte de son bizarre comme "Oh"
La potentielle super confidente est amoureuse et de ma meilleure amie et pas seulement ça, tout le courage est réel et elle a peur de ne pas être capable de convaincre Will qu'elle est quelqu'un de bien ou de remonter et d'essayer de nouveau.
Nous sommes assises sur le sol froid à 4h30, moi avec mes jambes relevées sous mon tee-shirt pour la chaleur, elle juste à la porte.
Une voix dans le fond de ma tête soupira, ça va bientôt être le matin.
"Est-ce qu'elle reste souvent dehors si longtemps ?" demanda Kennedy sans se retourner "Je veux dire, je ne veux pas l'importuner mais il doit faire quelque chose comme 4,5° là dehors"
Je m'approchai d'elle sur mes mains et mes genoux pour regarder. Ce n'est pas exactement ce que je pensais faire. Mais, j'étais restée pour du cacao et des confessions alors pourquoi ne pas marcher à quatre pattes sur le sol de ma cuisine.
Willow est toujours dans le jardin mais je n'avais aucune idée de quand elle avait décidé de s'asseoir. Il était clair que Kennedy ne partirait pas sans elle et elle a raison, il fait froid là dehors.
J'intervins.
"Fais-moi une faveur ?" je demandai en me levant. Ma propre tentative de quelque chose - pas vraiment une excuse mais plus proche que du renvoi ou de la colère que je ne comprends pas. "Laisse-moi la ramener à l'intérieur"
L'expression de Kennedy parla plus fort que les mots. Je compris la lutte, elle voyait comme sa place, sa responsabilité, pas la mienne. Je ne veux pas me disputer ou paraître territoriale.
"Nous aimons toutes les deux Willow" c'est tout ce que j'avais besoin de dire et elle me laissa passer.
*****
Je n'eus pas besoin de mes sens de tueuse pour réaliser que mon amie était gelée quand je m'installai en prenant ses deux mains dans les miennes. Je les frottai en même temps qu'elle balançait son corps.
"Je suis venue dehors pour te dire qu'il y a du chocolat chaud avec ton nom dessus dans la cuisine" je lui dis pensant que je besoin de faire de l'humour.
Je ne sais pas si elle peut m'entendre. Si là où elle est, elle peut entendre quoique se soit.
"Tu ne veux pas attendre trop longtemps"
Elle continue de se balancer. Je me mords la lèvre, détestant la voir comme ça.
"Je ne pouvais pas dormir" je continuai "Je sentais l'irrésistible attraction du cacao et la compagnie de ma meilleure amie. Et ben, si c'est dans le jardin où tu veux qu'on se voie, qui je suis pour dire…"
"Je n'aurais pas dû" Will me coupa doucement.
"N'aurais pas dû quoi ?" je suivis le regard de Willow vers la porte de derrière et je me doutais qu'elle savait que Kennedy était là depuis le début.
"Chaque fois qu'on se rapproche - je ressens comme si c'est encore un au revoir. Je ne veux pas dire au revoir"
Une larme glisse sur sa joue, abandonnée. "Je ne voulais jamais dire au revoir"
Elle n'a pas besoin d'expliquer de qui elle parle et ce qu'elle veut dire. Cette partie de cette routine du milieu de nuit n'a pas altéré d'une pincée, même si j'ai longtemps cherché quelque chose de nouveau à offrir en soulagement.
Le fait est que Tara me manquait aussi. Oh, je sais ce n'est pas comme Will mais elle me manque pareillement. Le calme qu'elle pouvait amener dans une pièce simplement en étant là me manque. Le fait que je pouvais tout lui dire me manque - Dieu, même le fait que pendant longtemps, je ne comprenais que 50% de ce qu'elle disait me manque.
Le plus qui me manque, c'est la façon dont elle complétait Willow. Et qu'entre elles, elles m'ont montré la magie autant sur ce que tu fais que sur ce que quelqu'un peut te faire ressentir.
Longtemps après sa phase mauvaise et son retour d'Angleterre, elle était encore une ombre d'avant et j'avais peur qu'elle trouve un moyen d'être avec Tara. Une partie de moi a presque apprécié les nuits où je la trouvais debout là, parce qu'au moins, ça signifiait qu'une partie d'elle n'avait pas complètement abandonné. Maintenant, je réalise qu'on ne peut pas continuer comme ça. Wow, je parle comme Willow dans ma tête !!! Et ça aussi, ça doit s'arrêter.
Je resserrai ma prise sur les mains légèrement chaudes, la rapprochant de moi autant que possible.
"Quelle est la solution Will ?"
"Ne jamais oublier. Ne jamais la laisser être morte" vint une réponse bien répétée.
"Ne jamais sentir à nouveau ces papillons dans ton ventre ?" je risquai "Ne jamais croire que tu peux te défaire de la faim dans le monde ou finir une guerre juste par la façon dont elle te regarde ?"
Willow se recule, accueillant ma justification avec une expression qui portait plus d'incrédulité que de colère. Toutes les nuits de toutes les conversations qui nous ont amenés ici, je n'ai jamais eu un tel ton, une spéculation du futur plutôt que le simple deuil du passé. Elle ne réalise pas que je faisais ce que je pouvais pour ramener mon amie à l'intérieur.
Je change la vitesse et essaie une autre technique.
"As-tu peur de ce qui est arrivé la dernière fois ?"
Elle ne répond pas mais j'ai vu de moi-même comment elle s'est transformée en Warren la première fois qu'elle et Kennedy se sont embrassées. Je sais pour le pistolet et qu'elle n'était pas loin de la tuer pour honte de laisser tomber Tara - pendant juste une seconde. Je sais aussi que c'était Kennedy qui l'a calmé et qui l'a aidé à casser la formule.
Je laisse ses mains, ayant besoin de remonter l'ambiance au moins un moment, et lui frictionner ses cheveux roux qui sont partout sur sa tête. Pour la laisser savoir que ca va, peu importe ce qu'elle ressent. Je comprends ou au moins j'essaie. Je la devance et ouvre sa robe de chambre pour lui montrer qu'il n'y a personne d'autre qu'elle ici cette fois. Ca ne m'est pas venu à l'esprit qu'elle ne portait rien en dessous. Ou il y avait des marques et des bleus qui pouvaient témoigner de ce qui l'avait éventuellement conduit dehors ce soir.
Je ne sais pas si même une tueuse est assez rapide pour cacher ma surprise.
"On dirait que seule Willow mord" et l'aide alors qu'elle assure que la robe est bien fermée autour de sa nuque cette fois.
"Plus Willow que je suis totalement volontaire avec pour l'instant" elle offrit volontiers, plus mal à l'aise que replié sur elle-même maintenant, et incapable de rencontrer mes yeux.
"Est-ce qu'elle t'a fait mal ?" j'ai besoin de savoir.
Will secoue sa tête, comprenant ce que je devais penser.
"Non, non, absolument pas" Son humeur changea visiblement de nouveau comme si elle essayait de comprendre la signification de ce qu'elle allait dire, offrant ce qui venait avec sincérité pour une fois.
"Ce n'était rien que je… ne voulais pas"
De toutes les conversations que Will et moi avons eues depuis qu'elle était avec Tara, les discussions spécifiques sur leur vie sexuelle étaient plutôt inexistantes. C'est pourquoi je sentis que je venais de plonger tête devant dans des eaux inconnues. Elle m'a juste dit une fois que c'était de mieux en mieux avec Tara avec le temps mais c'était tout. Je sais par le manque de bruit entre nos deux chambres que peu importe ce qui se passait arrivait souvent et que Tara était plus vocale que j'aurais pensé.
Avec ou sans précisions, j'essayais de rester ouverte et laisser Will savoir qu'elle pouvait me parler de ça si elle le voulait, juste comme elle a toujours été là pour moi.
"Mais ca allait, non ?" je dis, prétendant avoir un indice.
Saisissant toujours le collet de sa robe, Will approuva.
"Juste nouveau"
"Nouveau ?"
Elle est de nouveau timide et je me sens maladroite parce que je n'avais pas vu ça venir. Bien sur, elle et Kennedy allaient prendre les choses doucement.
"Nouveau, nouveau ?"
"Et… différent" elle fit signe de la tête en même temps.
"Différent en bien ?"
"Ouais. Pas de doutes pour le bien et le différent"
Mais son trouble est visible et je regardai la caractéristique Willow lutter en cherchant la bonne façon de dire ce qu'elle voulait dire.
"Pas qu'il y a quelque chose de mal avec le fait que ce soir différent, ou différent et bien. Je veux dire, je suis habituée à ce que ce soit bien. Moi et les filles, ça a toujours été bien"
Il y a une légère pause "Avec Tara, c'était plus à propos de la magie et de la connexion de notre pouvoir partagé - je veux dire, il y avait toujours l'amour au centre - la plus importante partie pour nous deux. Avec Kennedy, le physique est plus…"
"Intense ?"
Will fit un inconfortable rire étouffé et roula ses yeux, abandonnant la règle qui avait gardé ses discussions sexuelles timides avec moi. Ses joues prirent une familière teinte d'embarras qui m'avait aussi gravement manqué.
"Plus tout"
"Et je redemande - est-ce que c'est quelque chose de bien ou de mal… ?"
Son humeur devint plus réfléchi "J'ai juste pensé qu'après ce qui est arrivé quand Kennedy et moi nous sommes embrassées que je voulais pas risquer autre chose. En fait, autant mes besoins me criaient d'aller vers une fille, j'essayais de me convaincre que j'allais, tu sais, faire sans ça à partir de maintenant"
"Je n'en avais aucune idée" je répondis aussi sérieusement que possible.
"Aucune idée de quoi ?"
"Que tu es Willow Rosenberg, une none déguisée"
Elle n'avait pas manqué mon humour et avant que je réalise, un insolent sourire apparut là où il y avait de la sévérité avant. Son attention retourna à la maison pendant un moment et je vis qu'elle vérifiait si Kennedy était encore là à son poste avant de continuer abaissant sa voix.
"Ben, tu vois, c'est là où mon ingénieux et aussi totalement peu réalise plan a échoué. Il s'avère que je ne suis pas une none. Il s'avère que je suis une vigoureuse lesbienne méga sorcière après tout. Et encore une fois, mon corps a un esprit et ne veut pas écouter ma tête"
Quand Will eut fini, le petit sourire devient un grand sourire, un qui actuellement illumine ses yeux.
Aussi nonchalamment que je fais confiance à mes mains pour être l'effort de peigner la masse de tresses rousses couvrant sa tête dans un état plus ordonné, mon amie souriant, vraiment souriant est aussi une chose que je pensais ne jamais revoir et j'eus besoin de toucher - de la toucher, pour renouveler la connexion qu'on avait.
"Ca explique les cheveux" je dis pendant que je la recoiffais.
Elle fait une tête maintenant, comme si j'étais complètement folle ou qu'elle a manqué quelque chose d'important.
"Tu as des cheveux de sexe sauvage" je lui dis avec une sincérité complète et je perdis presque mon équilibre quand elle repoussa mes mains essayant de s'arranger elle-même. Dans la panique, elle oublia sa robe de chambre ou la vue qu'elle m'offrait quand le matériel s'écarta de nouveau.
"Je n'ai pas les cheveux de sexe sauvage" elle insista "Tu as des cheveux de sexe sauvage, moi j'ai un léger désordre, un capricieux emmêlement au mieux"
Le combat et la mise en ordre ne dura pas longtemps et d'un ton résigné, elle abandonna bientôt avec un ton très offensé à la Willow.
Mon visage approuve, incapable de résister à un coup final dans la plus nouvelle et la plus tendre des défenses qu'elle essaye de construire.
"Will, tu avais peut-être de légers désordres avant mais maintenant, tu as des cheveux de sexe sauvage - et tu sais quoi ?"
Ses yeux rencontrent les miens "Ca te va bien"
Nous sommes de nouveau dans les bras l'une de l'autre, moi ne lui donnant pas la chance de s'écarter et nous enveloppai toutes les deux de toutes mes forces.
"Vivre ne veut pas dire que nous oublions les morts, Will. Ca veut juste dire que nous continuons, entretenant la mémoire mais rester vrai et faire ce qu'ils auraient voulu pour nous"
Je la sentis me caresser en retour et de nouvelles larmes commencèrent à couler. Les miennes aussi cette fois.
"Tout va bien" je murmure "Vraiment, tout va bien"
Malgré le fait d'avoir seulement une sensation partielle que Will va apprendre vivre et même de combien cette nuit a été douloureuse et révélatrice pour elle, je sens que ça la rapprochait plus près de rentrer dans la maison. Peu importe si elle le réalise ou non, Kennedy lui a donné le cadeau de la vie de nouveau bien que les choses qu'elle refuse d'admettre étaient encore son dû. Pour ça, je suis reconnaissante au-delà des mots - au-delà des livres.
A travers mes propres larmes, je me vis regarder en l'air, regarder le soleil se lever. Pour une raison, le jardin est toujours plus grand pour moi à la lumière du jour, inégal et impitoyable par l'abandon qui vient de trop de feuillage et trop peu de temps.
Etrangement, malgré le jour, le parterre semble soigné, les mauvaises herbes sont parties et les fleurs fleurissent où je jure je n'en avais pas planté. Dans un coin au bout, j'eus une vision momentanée et je devais loucher pour être sûr. Je n'ai aucune idée comment j'ai gardé mon calme, comment je suis rendue silencieuse une voix si désespérée de partager ça avec son amie. Mais je l'ai fait, sachant quelque part que je le devais. En un souffle, c'est partit et je m'assis là, questionnant sur si je l'avais bien vu - elle - ou non.
Will commença à bouger, mon indice pour rentrer à l'intérieur je pense. Avec la chaleur du soleil et aucune de nous ne croit qu'elle peut le faire sans perdre plus de poids tout de suite.
A contrecœur, je me levai et la tirai. Je suis fatiguée et elle est bien au-delà de ce point. Nous sommes toujours en train de nous tenir l'une et l'autre quand Kennedy nous accueillis juste devant la porte de la cuisine.
Les tasses vides et non touchées sont parties de la table et remplacées par un nouveau petit déjeuné fumant accompagné de cartons de jus et de boites de céréales ne valant pas leur label en nutrition. La casserole à frire grésillait et dans le salon, j'entendis Dawn prendre les commandes de drôle de formes ou ronds.
Will s'appuya contre moi et je fis pareil, volant un baiser sur le haut de ses mèches rousses avant de la donner à la jeune potentielle qui avait été témoin de tout ça.
Tout d'un coup, je me sentis comme une intrus bien qu'aucune des deux ne m'ait rien dit.
Je les laissai dans la cuisine et fit mon chemin à travers les sacs de couchage et les adolescentes à moitié habillées qui se réveillaient dans le salon et en haut.
Je restai pendant 15 minutes, juste pour utiliser ma propre salle de bain, appeler Alex et le principal Wood avant d'atteindre la porte de ma chambre.
En grimpant sous les draps froids et un édredon que j'ai trouvé par terre, les sons venant d'en bas ne sont plus que flou. Ca me fait penser que si je veux de la tranquillité, je devrais vraiment commencer à dormir la journée.
Et là, le repos dont j'ai besoin semble prendre son temps, ma tête est pleine de choses quotidiennes, comme est-ce que j'ai payé la facture du gaz qu'on a reçu la semaine dernière et est-ce que Dawn sait qu'il va y avoir un groupe supplémentaire de potentielles qui vont arriver ce soir à l'heure du dîner. Est-ce que Anya a appelé le réparateur pour la fuite au sous-sol ?
Je roule en gémissant.
Mes pensées retournent au jardin, à Willow et à la silhouette que j'ai vue avant. Je me demande si elle savait combien on l'aimait tous d'une certaine façon, combien la douleur persiste encore après une année entière. Je me demande si elle sait qu'elle a changé nos vies juste en étant là. Et finalement si je la vois de nouveau ou si cette vision matinale était sa façon de me dire au revoir, combat le bon combat - c'est le moment de continuer son chemin.