Ma vie avec elle

Chapitre 12




  Valérie se leva ce dernier jour d'octobre 2003 à cinq heures du matin et se sentait reposée et prête à attaquer une grande journée de travail. Lorsqu'elle descendit les marches, son regard fut immédiatement attiré par son portable. Elle ne put s'empêcher de le saisir au passage et le consulta tout en se dirigeant vers la cuisine pour se préparer un bon café.

Son cœur se mit à battre plus vite en constatant que Yulia lui avait laissé de nombreux messages. Elle avait tenté de la joindre à plusieurs reprises durant toute la soirée et la nuit et son dernier message avait été déposé il y a moins d'une heure. Elle lui disait qu'elle allait se coucher et qu'elle espérait vraiment que Valérie la rappellerait dès qu'elle aurait ses messages.

La jeune femme prépara d'abord son café, se rendit au salon où elle prit place sur le canapé, puis, dans un grand soupir, composa le numéro de Yulia. Cette dernière lui répondit à la deuxième sonnerie, d'une voix toute endormie.

- Val ?
- Oui, c'est moi. Je te réveille ?
- Oui… oui, mais c'est très bien. Je…. Il… il fallait que j'entende ta voix au plus vite. Je…. Je …. Je suis vraiment désolée ! Excuse-moi, j'ai réagi bêtement. Je suis complètement stupide et….
- Non, Yul. C'est moi qui suis désolée. J'aurais du te parler tout de suite de cette histoire, mais je ne voulais pas le faire par téléphone et une fois au Japon, je ne voulais pas gâcher notre séjour là-bas. Pardonne-moi. Mais je t'assure que tu n'as aucun souci à te faire, je ne ressens absolument plus rien pour Laura.
- Je sais. Je suis trop con. Et toi, sache qu'il ne s'est absolument rien passé avec Ivan. Après que je sois partie de l'hôtel, il m'a emmenée dans un bar et on a parlé un peu, puis on est allé se balader dans les rues et on a terminé dans une boîte et là, j'avais besoin de me défouler et on a un peu abusé de l'alcool. Et quand je me suis réveillée, j'étais dans sa chambre, dans son lit, mais rassure-toi, lui dormait sur le canapé. Et en fait, il s'est arrangé pour faire déplacer notre vol de retour, car on n'aurait absolument pas été en état de voyager. Lena et le reste de l'équipe sont donc rentrés sans nous.

Valérie avait ressenti comme un coup de poignard dans le ventre lorsque Yulia avait mentionné le fait qu'elle avait passé la nuit dans la chambre d'Ivan. Qui pouvait lui certifier qu'il ne s'était absolument rien passé entre eux ? Personne à part Yulia et Ivan. Mais Yulia était peut-être trop saoule pour se souvenir de quoi que ce soit…. Elle devait lui faire confiance.

- Val ? Val, tu es toujours là ? s'inquiéta Yulia ne l'entendant plus.
- Oui.
- Il faut que tu me croies mon amour. J'ai eu plus qu'assez le temps de réfléchir et me rendre compte à quel point je tenais à toi. Tu es tout pour moi et je ne laisserai pas ton ex nous séparer ni qui que ce soit d'autre.
- Où es-tu ?
- Chez mes parents. Quelle heure est-il en fait ?
- Il est…. cinq heures et quart chez moi, donc sept heures et quart chez toi.
- Et tu es déjà debout ? s'étonna Yulia.
- Oui. J'ai été aux bains thermaux hier après-midi avec Caro et je me suis couchée très tôt. Mon portable était resté en bas en mode silencieux, je n'ai vu tes messages qu'en me réveillant. Et toi, que vas-tu faire de ta journée et de ton week-end ?
- Je vais dormir une bonne partie de la journée, car je suis morte et demain, mon père m'a proposé d'aller faire un peu de shopping. Il s'ennuie de sa petite fille chérie ! plaisanta-t-elle.
- C'est bien. Ca vous fera du bien à vous deux de vous retrouver un peu. Allez, je vais te laisser dormir maintenant. Rappelle-moi quand tu seras réveillée, peu importe de l'heure.
- Très bien. Tu vas faire quoi ? s'inquiéta soudainement Yulia.
- Heu… je vais aller travailler mon cœur. Une semaine d'absence et tu ne t'imagines pas toute la paperasse qui m'attend.
- Et…. Tu as l'intention de revoir Laura ?
- Non, ce n'est absolument pas prévu. Si je devais la revoir, je t'en parlerais, je te le promets. Aie confiance en moi s'il te plaît.
- Oui, mais ne me cache plus rien. Ok ? demanda-t-elle d'une petite voix d'enfant.
- Je te le promets. Rendors-toi maintenant. Je t'embrasse très fort.
- Moi aussi. Val ?
- Oui ?
- Je t'aime.
- Moi aussi je t'aime.

Valérie raccrocha le cœur léger et un énorme sourire aux lèvres. Caroline avait raison, comme elle avait toujours raison en fait. Elle devrait plus souvent l'écouter, ça lui éviterait bien des soucis. Sur ces bonnes pensées, elle termina son café et remonta à l'étage pour prendre sa douche et se préparer pour se rendre à son bureau où elle y passerait toute sa journée.