Ma vie avec elle

Chapitre 29




 

 

(Jeudi 2 mars 2006)

 

 

Valérie était en pleine réunion lorsque le téléphone sonna. Elle s'excusa auprès de ses collègues et décrocha.

 

      -     Excusez-moi, mais c'est Yulia. C'est urgent, lui expliqua son assistante.

      -     Je la prends, merci. Yulia, que se passe-t-il ? Je suis en réunion là.

      -     Excuse-moi, répondit la jeune femme la voix tremblante.

      -     Yul, mon cœur, qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta Valérie.

      -     Je viens d'avoir un accident de voiture, expliqua-t-elle.

      -     Tu n'as rien ? Que s'est-il passé ? S'inquiéta la jeune femme.

      -     C'est à cause de cet abruti qui a décidé de tourner alors qu'il y avait double ligne blanche. Il a freiné tout à coup et j'ai aussi freiné et comme je ne pouvais pas diriger ma voiture sur la droite, je suis rentrée dans sa voiture. Et ce maudit airbag ne s'est pas déclenché. Putain, tu paies ces voitures hyper chères et ça ne fonctionne pas !

      -     Hey ! Calme-toi mon cœur. Tu es blessée ?

      -     Ma tête a heurté le volant du coup, comme cet airbag n'a pas fonctionné. Et j'ai mal à mon épaule. Heureusement que Vika n'était pas avec moi. Tu ne vas pas le croire, mais il y a déjà des paparazzi ! Bordel !

      -     N'y prête pas attention ! La police est là ?

      -     Oui. Et mon père va arriver, je l'ai appelé. Et ce con, quand je lui ai dit qu'il n'avait pas le droit de tourner à cet endroit-là, il m'a dit que comme il n'y avait pas de voitures, il s'est dit qu'il pouvait le faire. Et je lui ai dit : " Ben s'il n'y avait personne qui venait en face, pourquoi tu t'es arrêté ? ". Non mais je te jure, quel con !

      -     Tu me promets que tu n'as rien, demanda Valérie.

      -     Non, promis ! A part mon mal de tête et mon épaule, ça va, rassure-toi.

      -     Tu veux que je vienne ?

      -     Ben… c'est vrai que j'aimerais bien que tu sois là, mais tu ne vas pas venir pour ça. Je vais bien. Faut que je te laisse, je te rappelle plus tard.

      -     Ok. Mais calme-toi, respire un grand coup et dis-toi que ce ne sont que des dégâts matériels et qu'heureusement tu n'as rien eu de plus grave.

      -     Oui, je sais mon amour. Allez, je te laisse. A tout à l'heure.

      -     A tout à l'heure, mon cœur. Je t'embrasse.

      -     Moi aussi. Bye.

 

Valérie raccrocha, le cœur battant légèrement plus rapidement, puis retourna à la table de conférence. Une heure plus tard, elle regagna son bureau et jeta un œil à l'horloge. Elle se sentait fatiguée et pas très en forme. Elle décida de rentrer, de se faire un bon thé et de se coucher sur le canapé devant la télé. Elle l'avait bien mérité après tout.

 

 

Les deux jeunes femmes ne se virent pas durant les deux premières semaines de mars. Valérie avait dû se rendre une semaine à Londres pour ses affaires et Yulia était en Allemagne pour une série de shows et interviews, puis elle dut se rendre à Los Angeles. Valérie arriva à se libérer une semaine et rejoignit son amie le 18 mars à Hambourg, puis elle l'accompagna à Milan le week-end suivant.

 

Alors qu'elle venait à peine de ranger le contenu de sa valise, son téléphone sonna. Valérie se hâta de répondre, pensant qu'il s'agissait de Yulia.

 

-         Val ? Bonsoir, c'est Sandra, lança sa sœur à voix basse.

-         Sandra ? Ca va ? Que se passe-t-il ? S'inquiéta immédiatement la jeune femme.

-         C'est grand-maman. Elle a fait une attaque. On est à l'hôpital là.

-         Une attaque ?! Mais c'est arrivé quand ?

-         En début d'après-midi. J'ai essayé de te joindre tout l'après-midi, mais je tombais toujours sur ton répondeur et j'ai préféré ne pas te laisser de message.

-         Je viens de rentrer de Milan. Comment va-t-elle ?

-         Pas très bien. Elle est aux soins intensifs. Je suis avec maman là. Tu penses que tu peux venir ? Il faut que je rentre. J'ai déposé Alecia chez les voisins et il faut que j'aille la récupérer.

-         Oui, pas de problème. Je suis là dans vingt minutes.

-         Ok. A tout de suite.

 

Valérie raccrocha, le cœur battant, saisit son sac et sa veste, puis quitta l'appartement. Elle appela Yulia sur la route et lui expliqua ce qu'il s'était passé. Après lui avoir promis de la rappeler lorsqu'elle repartirait de l'hôpital, peu importait l'heure, elle coupa son portable et rentra dans l'hôpital, la boule à l'estomac. Elle se rendit directement vers les soins intensifs où elle retrouva sa mère et sa sœur.

 

Il était deux heures du matin, lorsqu'elle rentra finalement chez elle, après avoir déposé sa mère. Elle appela directement Yulia qui répondit d'une voix endormie. Elles parlèrent quelques minutes, puis Valérie passa rapidement à la salle de bain et alla se coucher, exténuée.

 

Valérie passa les jours suivants à travailler jusque vers les seize heures, puis elle se rendait à l'hôpital, au chevet de sa grand-mère. Son état ne s'améliorait guère et Valérie commençait à s'inquiéter également pour sa mère. Sa sœur avait dû rentrer en France et Valérie ne pouvait laisser sa mère ainsi seule. Elle passait donc toutes ses soirées à l'hôpital à parler énormément avec sa mère. Plus les jours passaient et plus elles se préparaient au pire.

 

Le lundi soir, Valérie sentit immédiatement que quelque chose n'allait pas lorsqu'elle entra dans la chambre. Lorsqu'elle croisa le regard plein de larmes de sa mère, elle comprit que la fin n'était plus très loin. Elle prit place sur la chaise à ses côtés et saisit la main que sa mère lui tendit. Elles restèrent ainsi auprès de la vieille femme qui restait en vie à présent grâce aux machines.

 

Sa grand-mère s'éteignit le mardi matin. Valérie resta avec sa mère toute la journée. Elle fut étonnée de la façon dont cette dernière prenait le décès de sa mère, et s'attendait, à tout moment de la voir s'effondrer, mais il n'en fut rien jusqu'à l'enterrement, le vendredi.

 

 

Après cette longue et pénible journée, Valérie rentra chez elle vers les vingt-deux heures, complètement vidée. Sa sœur vint passer deux semaines en Suisse pour rester auprès de leur mère, ce qui permit à Valérie de rattraper son travail en retard. Le samedi suivant, elle prit l'avion pour Moscou. Lorsqu'elle retrouva les bras de Yulia à l'aéroport, elle sentit tout ce poids la quitter enfin, mais elle se sentait également complètement épuisée moralement et physiquement. Yulia le remarqua immédiatement. Elle la conduisit directement chez elle, lui fit couler un bon bain chaud, puis prit soin d'elle durant tout le week-end.

 

Le dimanche soir, alors qu'elles étaient dans les bras l'une de l'autre sur le canapé à regarder la télévision, Yulia se pencha sur elle et l'embrassa tendrement sur la joue.

 

-         Je vais devoir m'absenter demain toute la journée. On commence les répétitions. Tu penses que ça va aller ?

-         Bien sûr mon amour. Ne t'inquiète pas pour moi. Je vais m'occuper de Vika, ça va me faire le plus grand bien.

-         Tu es sûre ? S'inquiéta Yulia.

-         Oui, sûre.

-         Et si ça ne va pas, si tu es trop fatiguée pour t'occuper de Vika, tu appelles ma mère.

-         Je vais bien, mon amour. J'avais juste besoin de changer d'air, je vais beaucoup mieux déjà.

-         Ok, mais tu m'appelles aussi si quelque chose ne va pas.

 

Valérie se redressa et se tourna vers son amie, attendrie par son inquiétude soudaine.

 

-         T'es un amour, lui dit-elle, un tendre sourire aux lèvres.

-         Non, je ne suis pas un amour, répondit immédiatement Yulia. Je n'ai même pas pu venir te retrouver et être avec toi lorsque ta grand-mère est décédée, continua-t-elle en baissant la tête.

-         Hey ! Mais ce n'est pas grave, mon cœur. Tu voulais faire quoi ? Je travaillais comme une dingue la journée et ensuite je passais toute la soirée à l'hôpital avec ma mère.

-         Oui, mais je n'étais même pas avec toi le jour de l'enterrement.

-         Ce n'est pas grave, je t'assure.

-         Tu ne m'en veux pas, demanda-t-elle d'une petite voix.

Mais bien sûr que non, répondit Valérie avant de l'attirer contre elle et l'embrasser tendrement. Allez, si on regardait ce film, lança-t-elle avant de se retourner et se remettre dans les bras de la jeune femme.






Depuis le 26/06/2009