Voilà quatre jours que Valérie était rentrée de New York et avait retrouvé sa vie stressante. Mais malgré son travail, elle ne cessait de penser à Yulia. Elle avait sans arrêt des flashs des moments passés en sa compagnie, de ses yeux, de son sourire, de son rire, de l'odeur de sa peau, de la chaleur de son corps contre le sien. Yulia lui avait envoyé plusieurs textos lui demandant comment elle allait, ce qu'elle faisait. Elle lui expliquait également ses journées, ce qu'elle et Lena devaient faire, les projets et voyages futurs, etc. Mais à aucun moment, elle ne lui avait parlé de ses sentiments. Est-ce qu'elle lui manquait un peu, est-ce qu'elle l'avait déjà oubliée, est-ce qu'elle avait retrouvé Pasha, est-ce que ce baiser signifiait quelque chose pour elle ? Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête ! Voilà pourquoi elle ne voulait pas s'attacher à ce petit bout de femme ! Caroline entra dans son bureau après avoir frappé un coup rapide à la porte et la tira de ses pensées.
- Appelle-la, lui lança-t-elle en voyant son amie assise à son bureau, les yeux dans le vague.
- Qui donc ?, demanda-t-elle.
- Tu sais très bien de qui je parle. Depuis qu'on est rentrée, ton esprit est sans arrêt ailleurs. Elle te manque cette petite, ça se voit comme le nez au milieu du visage.
- Mais non. Et de toute façon, c'est une histoire qui ne peut pas marcher.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- Caro ! Tu le sais très bien. De un, elle est bien trop jeune, de deux, elle a un métier qui, selon moi, l'empêche d'avoir toute relation suivie avec quelqu'un, et de trois, je n'ai pas envie de m'en ramasser encore une fois plein la gueule.
- J'ai pu l'observer un peu quand on était à New York et d'après moi, elle est déjà très attachée à toi. Alors prends ce foutu téléphone et appelle-la. Je suis sûre que de son côté, elle en meurt d'enviemais elle n'ose pas.
- Je l'appellerai plus tard, là j'ai ce maudit dossier à terminer, répondit Valérie en reprenant les diverses feuilles sur son bureau.
- Ok, mais tu vas le faire, promets-le moi.
Valérie n'eut pas le temps de répondre, car la sonnerie de son portable retentit au même moment. La jeune femme le saisit et regarda le nom de l'appelant affiché. Son cœur fit un bond en voyant le prénom de Yulia clignoter.
- Je n'aurai pas besoin de le faire, elle l'a fait avant moi, lança-t-elle à Caroline qui poussa un grand " Yes " avant de quitter le bureau de son amie.
- Allo, répondit-elle après une grande inspiration.
- Valérie ? Bonjour, c'est…. C'est Yulia. Comment vas-tu ?
- Bonjour Yulia. Je vais bien, merci, et toi ?
- Ca va… enfin, ça peut aller, se reprit-elle.
- Qu'est-ce qui ne va pas, demanda Valérie en appuyant sa tête contre le dossier et fermant les yeux.
- Je…. Tu….. Je n'aurais jamais pensé que tu puisses me manquer autant. J'ai essayé de ne pas t'appeler comme tu ne m'appelais pas, mais là, j'avais trop besoin d'entendre le son de ta voix.
- Yulia…. C'est….. Je te manque, c'est vrai ça, demanda-t-elle le cœur battant encore plus fort.
- Oui. Je n'arrête pas de penser à toi. J'ai tellement été calme ces jours-ci, j'avais toujours la tête ailleurs, je n'arrivais pas à me concentrer dans ce que je faisais et là, Lena m'a suppliée de t'appeler, car elle n'en pouvait plus de me voir comme ça, expliqua-t-elle en riant pour tenter de détendre un peu l'atmosphère.
- Où es-tu ?
- On vient d'atterrir à Moscou.
- Et comment va ta gorge ?
- Ca va. Le médecin m'a dit que j'avais un kyste, que j'avais besoin de repos. J'ai le choix entre me faire opérer et retirer ce kyste ou alors prendre des médicaments presque à vie. Si je continue à chanter, l'état de ce kyste va se détériorer. De toute façon, il va falloir que je me fasse opérer. On doit se voir dans quelques jours avec Ivan, notre tour manager et nos parents pour en parler et prendre une décision. La suite des concerts dépendra de mon état.
- Et tu te sens comment ?
- Ca va. En fait, j'ai la trouille de ne plus pouvoir chanter et que tout s'arrête là.
- Ca va aller, tu verras. Il faut déjà que tu te reposes et que tu te fasses opérer au plus vite, tenta de la rassurer Valérie.
- Oui, mais cette opération me fait peur. Et normalement, dans plus d'un mois, on est censé partir au Japon pour une tournée et le 24 mai, il y a le concours de l'Eurovision. Et à cause de moi, ça risque d'être annulé.
- Vous représentez la Russie à l'Eurovision, demanda Valérie étonnée.
- Oui. Tu te rends compte ? Mais là, parti comme c'est, je vais tout faire foirer.
- Yulia ! Arrête ! Ca peut arriver à tout le monde ce genre de chose. Le plus important dans tout ça, c'est ta santé et rien d'autre.
- Oui, je sais. J'ai envie de te voir, changea-t-elle soudainement de sujet.
- Moi aussi, lui répondit Valérie le cœur battant.
- Je ne peux pas quitter Moscou ces prochains jours. Tu penses que tu pourrais venir pour quelques jours ?
- Je….. je ne sais pas. Je pourrais éventuellement arriver vendredi et repartir lundi soir. Est-ce que tu peux t'arranger pour me réserver une chambre d'hôtel ?
- Bien sûr. Je vais m'en occuper de suite. Mais tu n'arriveras jamais à avoir ton visa à temps, lança Yulia avec une grande déception dans sa voix
- Ne t'inquiète pas pour ça. Comme ma société a également un bureau à Moscou, nous avons des arrangements pour les visas business ! Très bien. Attends, ne bouge pas, demanda-t-elle en se connectant à la page internet de l'aéroport de Genève pour consulter les horaires des vols. Très bien, j'ai un avion vendredi qui décolle à 13h00 avec une arrivée à Moscou à 18h30.
- J'y serai, lança immédiatement Yulia. Je me réjouis vraiment de te voir.