Durant les deux semaines et demi qui suivirent, Valérie et Yulia s'appelèrent plusieurs fois par jour et elles ne comptaient plus les sms envoyés. Chaque occasion était une bonne excuse ! Valérie savait exactement ce que Yulia faisait de ses journées et cela la faisait sourire. Elle avait ce besoin de tout lui raconter, de lui demander conseil sur telle ou telle chose, d'avoir son avis sur telle ou telle autre chose.
Le mardi 1er avril, Yulia et Lena devaient participer à l'ouverture d'un nouveau club à Moscou. Yulia aurait vraiment voulu que Valérie la rejoigne, mais cette dernière avait beaucoup trop de dossiers importants à terminer. Elle avait très bien senti que son amie était déçue, mais elle n'avait malheureusement pas le choix.
Le lendemain vers 14 heures, alors qu'elle terminait une longue réunion, son portable sonna et Valérie s'excusa et quitta la salle de conférence pour répondre à l'appel de Yulia.
- Bonjour, répondit la jeune femme d'une voix toute endormie.
- Ne me dis pas que tu te réveilles seulement maintenant, lança Valérie en jetant un coup d'œil à sa montre et constatant qu'il était 16 heures à Moscou.
- Oui, continua Yulia timidement. Je suis rentrée très très tard ! Ou plutôt très tôt ! Et en plus, je n'étais pas très fraîche !
- Et ben bravo, lança Valérie en sentant un petit pincement de jalousie. Fais attention à toi quand même.
- Ne t'inquiète pas mon cœur.
- Mon cœur ? C'est la première fois que tu m'appelles ainsi, remarqua-t-elle touchée par cette expression.
- Oui et alors ? Ca te dérange ?
- Non…. Non pas du tout ! Au contraire !
- Est-ce que tu as quelque chose de prévu ce week-end ?
- Non, rien de spécial pour l'instant. Pourquoi, demanda-t-elle le cœur battant.
- Je pensais que j'aurais pu venir chez toi ce week-end et repartir lundi ou mardi. Il faut juste que je regarde encore avec notre planning pour les répétitions et nos réunions, car on va partir au Japon le 17 avril pour notre promo. Et j'ai vraiment envie de te voir, car tu me manques trop. Et qu'ensuite, j'aurai très peu de temps libre, car les voyages vont s'enchaîner. Et que j'aimerais tellement que tu viennes avec moi partout. Tu me manques. Tu es comme une drogue pour moi. Plus j'en prends et plus j'en redemande et je suis en manque.
Valérie adorait quand Yulia se mettait à parler autant. Elle ne pouvait pas la voir, mais elle l'imaginait tellement s'agitant et gesticulant avec ses mains tout en parlant et cela la faisait rire. Cette femme la faisait tellement craquer et elle adorait tout ce qu'elle lui faisait ressentir, que ça soit elle qui ait réussi à briser cette protection qu'elle s'était faite autour de son cœur.
- Yulia ! Tu me manques aussi et…. Oui, je serais heureuse que tu viennes ce week-end, mais tu n'arriveras jamais à obtenir ton visa en si peu de temps. C'est beaucoup plus simple pour moi avec mon visa business.
- Ne t'inquiète pas pour ça, j'ai déjà demandé il y a quelques jours de ça qu'on s'occupe de mon visa et j'ai aussi des connections pour l'obtenir très rapidement. Tu t'occupes par contre de me réserver une chambre d'hôtel ?
- Tu plaisantes, lança immédiatement la jeune femme. Il n'en est pas question, tu prendras la chambre d'amis, continua-t-elle d'un air sérieux.
- D'accord, ça me convient !
- Je plaisantais Yul !
- Je sais … moi aussi ! Bien, je vais me lever, me faire un café et ensuite je m'occupe de tout cela et je te rappelle un peu plus tard.
- Ok, j'attends de tes nouvelles.
- Tu vas faire quoi toi maintenant ?
- Et bien, je vais aller manger, car on a eu une réunion qui a duré plus de 3 heures et je meurs de faim et ensuite, je repasse au bureau pour boucler un dossier et après je rentre chez moi. Je suis crevée !
- Je vais m'occuper de toi ce week-end, tu verras. Prends des forces, plaisanta Yulia.
Après avoir raccroché, Valérie passa dans son bureau chercher son sac et sa veste, puis elle quitta le bâtiment pour se rendre dans la pizzeria située de l'autre côté de la rue pour y manger un plat de pâtes tout en lisant le journal. Elle regagna ensuite son bureau où elle reçut un sms de Yulia disant " Est-ce que je dois regarder les vols pour Genève ou Zurich ! ". Elle sourit et lui répondit " Genève comme ça je peux venir te chercher à l'aéroport et c'est moins loin que Zurich! "… Quelques secondes plus tard, elle en reçut un autre où il était écrit " Et est-ce que tu m'en veux si j'arrive le soir et non pas le matin ? ". Valérie éclata de rire en lisant cette question et lui répondit " Absolument pas ! "
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Alors que Valérie regagnait sa voiture au parking pour rentrer, Yulia l'appela.
- Ca y est ! Ma réservation est faite. Par contre, il y a un petit problème !
- Ah bon ? Lequel, s'inquiéta Valérie.
- Ben… je ne sais pas trop comment te le dire en fait !
- Yul ! Qu'est-ce qui se passe ?
- Ben…. Va falloir que tu changes un peu ton programme !
- Ah bon ? Et pourquoi ça, demanda la jeune femme légèrement inquiète ?
- Parce que j'arrive à midi moins le quart à Genève, lança-t-elle en riant. Désolée, mais je ne pouvais pas attendre jusqu'au soir pour te voir. Alors je me lèverai tôt et je dormirai dans l'avion.
- Ouf, tu m'as fait un peu peur quand même ! Mais c'est génial !
- Tu es sûre ? Tu arriveras à te libérer de ton travail ?
- Oui, ne t'inquiète pas ! Je prends en général rarement des rendez-vous le vendredi et je profite pour terminer plus tôt et rattraper un peu mes heures supplémentaires. Alors je serai à l'aéroport pour t'accueillir. Je me réjouis vraiment, tu sais ?
- Ooooooh oui ! Moi aussi je me réjouis ! Plus que deux jours mon cœur et je serai enfin à nouveau dans tes bras.
- Hhhhmmmm oui ! Mais tu es sûre que tout est en ordre avec Ivan ?
- Ne t'inquiète pas pour ça. Aller, je te laisse. Appelle-moi plus tard avant de te coucher.
- Ok ! Je t'embrasse. A tout à l'heure.
Valérie raccrocha, puis prit place au volant de sa voiture. Elle s'arrêta au supermarché pour y faire quelques achats avant de rentrer chez elle. Elle passa ensuite la soirée étendue sur le canapé à regarder une série policière. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus eu l'occasion de passer une soirée tranquille comme ça et ça lui faisait un très grand bien. Elle se sentait tellement détendue qu'elle s'endormit et c'est la sonnerie du téléphone qui la tira de son sommeil vers les minuits.
- Val ? Mais où es-tu, demanda Yulia inquiète.
- Yul ? … Je… je suis à la maison, répondit-elle en se frottant les yeux et s'asseyant sur le canapé. Je me suis endormie devant la télévision.
Elle se massa légèrement la nuque endolorie par la position qu'elle avait prise sur le divan.
- Putain, je me faisais du souci ! Je t'ai envoyé plusieurs sms, mais pas de réponse et là, voyant l'heure, j'ai pensé qu'il t'était peut-être arrivé quelque chose.
- Excuse-moi Yul ! Je te l'ai dit, je suis vraiment crevée et je ne pensais pas m'endormir ainsi. Désolée.
- Non…. Non … c'est moi qui suis désolée de t'avoir réveillée.
- Oui, mais tu as bien fait, car si j'avais dormi là, j'aurais du aller chez un chiropraticien demain matin, expliqua-t-elle en s'étirant pour détendre son corps. Comment tu vas toi ? Qu'est-ce que tu fais de beau ?
- Je pense à toi. Tu me manques. J'ai passé la soirée avec mes parents ! C'est tellement rare, alors on en a profité.
- C'est bien.
Elles parlèrent ainsi encore quelques minutes, puis elles raccrochèrent et chacune alla se coucher en ayant comme dernière pensée l'autre qui était à des milliers de kilomètres.
Valérie était arrivée avec plus de trois quarts d'heures d'avance à l'aéroport et elle en profita pour aller boire un café et lire le journal. Vers midi moins le quart, alors qu'elle allait rejoindre les portes d'arrivée des passagers, elle remarqua sur les panneaux d'affichage que le vol en provenance de Moscou était retardé. Elle s'informa et on lui signala qu'il était annoncé un retard d'environ 20 minutes. Elle monta donc à l'étage où se trouvaient des boutiques et se balada un peu en attendant. Elle s'arrêta devant la vitrine d'une bijouterie et décida d'y entrer pour choisir un cadeau pour son amie. Elle porta son choix sur une gourmette en or, que la vendeuse lui emballa dans un beau papier cadeau.
Lorsqu'elle arriva à la porte des arrivées, son cœur battait la chamade et elle sentait cette dôle de sensation dans le bas de son ventre. Elle respira un grand coup et regarda les gens passaient les portes un à un, jusqu'à ce qu'elle voit enfin Yulia. Elle portait un jeans, un pullover blanc à capuchon, une veste en cuir noir avec des rayes beiges sur les manches et une casquette rouge. Elle tirait derrière elle sa valise sur roulettes et était en pleine conversation téléphonique. Lorsqu'elle vit Valérie, elle lui sourit et se dirigea droit sur elle, tout en continuant sa conversation.
- Oui, maman, je sais. Ne t'inquiète pas, tout va bien. Et dis à Ivan de se détendre un peu et qu'il ne m'appelle pas. Je l'appelle dès que j'arrive à Moscou mardi….. Oui…… Promis….. Maman, il faut que je te laisse maintenant. Je vous embrasse tous les deux. Au revoir !
Puis elle raccrocha et vint se blottir dans les bras de son amie. Elles restèrent ainsi durant de longues secondes, les yeux fermés, profitant de ce moment de retrouvailles. Elles avaient l'impression que ces deux semaines et demies avaient duré une éternité. Valérie pouvait sentir la respiration de son amie dans son cou, ce qui la fit frissonner. Lentement, Yulia se recula et déposa un doux baiser sur ses lèvres.
- Bonjour. Ca fait trop du bien de te revoir, murmura Yulia les yeux pleins de tendresse. J'avais promis à ma maman de l'appeler et comme notre avion a eu du retard à Moscou, j'ai préféré l'appeler directement en arrivant. Excuse-moi.
- Tu n'as pas à t'excuser. Aller, donne-moi ta valise, lança-t-elle en saisissant la poignée. Ma voiture est au parking souterrain.
Yulia la suivit à travers la foule de nombreuses personnes présentes dans le hall.
- Tu as fait bon voyage sinon, demanda Valérie en quittant le hall pour se diriger vers les caisses du parking.
- Oui, j'ai dormi presque tout le voyage. L'homme à mes côtés était triste de voir que j'écourtais la conversation avec lui pour dormir, expliqua-t-elle en riant. C'était un beau mec, mais bon, j'étais trop fatiguée !
- Et si tu n'avais pas été fatiguée, tu aurais fait plus ample connaissance avec lui alors, demanda Valérie en sortant de la monnaie de sa poche de jeans pour régler le parking.
- Peut-être, répondit-elle un sourire malicieux sur les lèvres. Mais non !!! Je plaisante, lança-t-elle en voyant l'air triste de Valérie.
Elles montèrent dans l'ascenseur et à peine les portes refermées, Yulia se jeta dans les bras de son amie pour l'embrasser passionnément. Elles s'embrassaient encore lorsque les portes se rouvrirent deux étages plus bas sur un homme en costume cravate qui attendait avec sa mallette à la main. Il les regarda d'un air gêné, puis Yulia sortit la première un énorme sourire aux lèvres, suivie de Valérie légèrement moins à l'aise.
- Oups, lança Yulia en riant et saisissant la main de son amie.
Elles se dirigèrent ainsi vers le 4x4 noir de Valérie.
- Wooouuuuuuaaaaa ! Une BMW ? J'adore cette marque de voiture, lança Yulia en faisant le tour du véhicule pour l'observer.
- Ah oui ?
- Oui, mais pas autant que je t'adore toi, continua-t-elle avant de prendre place sur le siège passager.
Valérie resta bouche bée en entendant cela. C'était la première fois que Yulia faisait vraiment allusion à ce qu'elle ressentait pour elle. Elle prit place à son tour dans le véhicule sans relever ce que Yulia venait de dire, puis démarra et quitta le parking. Elle demanda ensuite à Yulia de chercher un poste de radio qui lui plaise, pendant qu'elle quittait l'enceinte de l'aéroport et se dirigeait vers l'autoroute.
Une heure et demie plus tard, Valérie arrêta son véhicule vers une station d'essence pour refaire le plein. Yulia quitta également le véhicule pour se détendre les jambes et vint se mettre aux côtés de son amie et regarda le paysage tout autour d'elle.
- Wouuuaaa ! C'est magnifique, lança-t-elle en regardant les montagnes encore enneigées. On pourra y monter ?
- Oui, bien-sûr ! Je t'emmènerai, mais tu verras, c'est encore plus beau l'été, quand tout est vert !
Le klaxon d'une voiture les fit sursauter. Elles se retournèrent en même temps et virent Caroline arriver au volant de sa Mini ! Elle s'arrêta derrière elles et sortit pour venir les saluer.
- Bonjour Yulia ! Ca fait plaisir de te voir ici. Tu as fait bon voyage ?
- Oui, très bon, merci !
- Vous avez le temps d'aller boire un verre avant de rentrer ?
Valérie interrogea Yulia du regard et cette dernière acquiesça.
- Très bien, alors on se voit au Contre-jour, ça te va, demanda Caroline à Valérie ?
- Ca marche. Je vais payer et on te rejoint.
Caroline reprit place derrière le volant et quitta la station pendant que Valérie terminait de mettre de l'essence et allait payer.
Valérie trouva une place de parc pas très loin du café où elles avaient rendez-vous. Avant de sortir du véhicule, elle prit la main de Yulia et l'attira doucement vers elle pour l'embrasser.
- Lorsque tu auras envie de bouger, tu me feras signe ! On boit un verre et après on rentre. J'ai vraiment envie de me retrouver seule avec toi, murmura Valérie.
- Moi aussi, mais ça me fait plaisir d'aller prendre un verre avec Caro. Ne t'inquiète pas. Aller, allons-y, lança-t-elle en déposant un baiser rapide sur ses lèvres et ouvrant la portière.
Il y avait déjà beaucoup de monde dans le bar, mais les deux jeunes femmes trouvèrent rapidement la table où était Caroline. Elle y était déjà assise avec une autre jeune femme aux cheveux noirs et vêtue très élégamment. Valérie fit les présentations et elles prirent ensuite place côte à côte.
Pendant que Valérie parlait avec deux autres personnes assises à la table d'à côté, Caroline échangea quelques mots en russe avec Yulia. Lorsque Valérie reporta son attention sur son amie, un groupe de plusieurs personnes s'approcha et saluèrent Valérie.
- Dis-moi, tu en connais du monde, remarqua Yulia lorsqu'ils se furent éloignés.
- Heu … oui ! Disons que j'ai presque toujours vécu ici, donc….
- Tu voudras bien m'apprendre le français, demanda Yulia en posant sa main sur le genou de son amie. - Bien sûr ! Mais avant, il faut que tu apprennes l'anglais, c'est beaucoup plus important pour toi. Tiens, à partir de ce soir, je ne te parlerai plus qu'en anglais.
- Ca marche, répondit-elle en tendant la paume de sa main que Valérie tapa de la sienne pour sceller leur accord.
Elles restèrent encore une heure, puis Valérie murmura à son oreille qu'elle avait envie de rentrer maintenant. Elles se levèrent en même temps et saluèrent les deux jeunes femmes, puis quittèrent l'établissement, suivies par le regard d'un groupe de quatre jeunes personnes assises à une table.
- Ho ho ! Apparemment, ces gens doivent se dire que tu ressembles étrangement à une personne connue. Mais qu'est-ce qu'une personne connue viendrait faire dans un trou pareil, plaisanta-t-elle en la prenant par la taille.
- En tout cas, tu es connue même dans ce trou, remarqua Valérie en lui indiquant de l'index un magasine pour adolescents dans la vitrine d'un kiosque.
- Aie oui ! Merde alors ! Il va tout de même falloir que je sois discrète, continua-t-elle en baissant sa casquette sur ses yeux !
Valérie ria et saisit sa main tout en rejoignant la voiture. Ce petit bout de femme la rendait tellement heureuse. C'est seulement en voyant son visage en couverture de magasines qu'elle prenait vraiment conscience de qui elle était vraiment, qu'elle sortait en fait avec une célébrité. Mais pour elle, elle restait une femme comme une autre et elle préférait garder son anonymat et rester en retrait de toute cette vie publique qu'avait Yulia. Son cœur se mit à battre plus vite et elle accentua la pression de sa main dans la sienne.
Une fois arrivée à l'appartement de Valérie, Yulia entra et regarda tout autour d'elle, afin d'étudier en détails l'univers de son amie. Le hall d'entrée donnait directement sur un grand salon ouvert sur la salle à manger. Les canapés étaient de couleur beige et il y avait plusieurs coussins déposés en vrac. La table basse était en bois, de couleur foncée, avec une grande bougie orange posée sur une assiette légèrement transparente. La décoration était très simple, très peu chargée, tout y était à sa place et il y régnait un grand ordre. L'attention de Yulia fut attirée par la grande télévision avec tout un équipement home-cinéma et la chaîne hifi avec à ses côtés toute une collection de CD. Elle s'approcha et jeta un coup d'œil afin de voir un peu quel genre de musique Valérie écoutait.
- Tu trouveras de tous les genres, expliqua Valérie en la regardant affectueusement. Viens, je vais te montrer la chambre et après je te fais visiter le reste de l'appartement.
Yulia la suivit et elles montèrent à l'étage où se trouvaient les deux chambres et le bureau de Valérie. La chambre à coucher était décorée dans le style japonais.
- Wouuuaaa ! C'est beau, s'exclama Yulia en entrant dans la chambre. C'est très reposant ! J'adore le Japon ! On doit d'ailleurs y aller tout bientôt, remarqua-t-elle. Tu y es déjà allée ?
- Oui, une fois, à Tokyo, mais j'aimerais beaucoup y retourner.
- Je t'y emmènerai alors.
Valérie déposa la valise dans un coin de la chambre, puis elle lui fit voir sa salle de bain privée, avec baignoire-jacuzzi. Yulia lui fit d'ailleurs un grand clin-d'œil avec un immense sourire en lui désignant la baignoire. Elles terminèrent ensuite la visite et pendant que Valérie allait préparer un apéritif, elle proposa à Yulia de sortir sur la terrasse. Elle la retrouva quelques minutes plus tard, debout en train de regarder le paysage qui s'offrait à elle.
- Tu n'as pas froid, demanda-t-elle avant de déposer un plateau sur la table et de s'approcher d'elle pour l'entourer de ses bras.
- Hmmmm non ! Je suis bien. C'est vraiment très beau. J'aime beaucoup ton appartement. Je pourrai mieux t'imaginer quand on se parlera dorénavant au téléphone. La prochaine fois que tu viendras à Moscou, je te présenterai mes parents et je te ferai visiter notre appartement. Mais tu verras, ça n'a absolument rien à voir avec le tien.
- Ca n'a pas d'importance. J'aurai vraiment envie de voir où tu vis et…. Tu es sûre que tu veux me présenter tes parents ?
- Oui ! Tu n'en as pas envie ?
- Si, mais tu ne penses pas que c'est un peu rapide ?
- Non ! Tu le penses toi ? Tu trouves que ça va trop vite entre nous, demanda Yulia soudainement inquiète.
- Je ne veux pas réfléchir. Je prends la vie comme elle vient, tu sais. Mais il est clair qu'il y a des erreurs que je ne veux plus commettre. Aller, ne parlons pas de ça maintenant. Tu aimes le vin doux, demanda-t-elle en voulant s'éloigner d'elle, mais Yulia la retint.
- Ne pars pas tout de suite ! Je suis bien comme ça dans tes bras. Juste une minute encore, tu veux bien ?
Valérie resserra un peu son étreinte et Yulia bascula sa tête en arrière, la posa sur l'épaule de son amie, pour se retrouver joue contre joue. Valérie ferma les yeux à son tour et déposa de doux petits baisers sur la joue de son amie. Elle respirait son parfum et touchait du bout de son nez sa peau si douce. Puis Yulia redressa sa tête et se retourna pour se blottir dans ses bras et l'embrasser tendrement dans son cou.
- Tu veux me faire goûter ton vin maintenant, murmura-t-elle à son oreille.
Le corps de Valérie fut parcouru d'un long frisson. " Mon Dieu ! Comme elle était bien dans ses bras ! Si elle le pouvait, elle la garderait là, auprès d'elle, pour toujours ! " Mais elle savait qu'elle devait lever le pied et se protéger le plus possible. Ses deux dernières relations l'avaient beaucoup trop fait souffrir et elle s'était promis de ne plus commettre les mêmes erreurs. Depuis sa dernière rupture, elle s'était jetée à corps perdu dans son travail et avait laissé sa vie sentimentale de côté. Et cela faisait une année et deux mois qu'elle était célibataire quand elle rencontra Yulia. Elle savait qu'elle se lançait dans une histoire difficile avec elle, mais quelque chose la poussait à tenter sa chance tout en restant prudente.
Elle chassa ces pensées de son esprit et alla ouvrir la bouteille de vin blanc, pour remplir les deux verres. Elles prirent place chacune sur une chaise et restèrent là à profiter de ce ciel dégagé. Lorsque la température chuta et que la nuit commença à tomber, Valérie lui proposa de rentrer et de songer au repas.
- Qu'est-ce que tu aimerais manger, demanda Valérie en déposant le plateau sur la table basse du salon.
- Je n'en sais rien. On pourrait se commander quelque chose de tout prêt. Vous avez ça chez vous, des livraisons à domicile ?
- Oui, bien sûr ! Italien, chinois, indien ?
Valérie ouvrit le tiroir d'une commode et en sortit trois petits menus qu'elle tendit à Yulia en lui demandant de faire un choix. La jeune femme se mit à rire en les consultant.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a de si….. ! Oh mon Dieu ! Pardon ! lança-t-elle en se rendant compte que les menus étaient en français et que Yulia n'y comprenait rien. Je suis désolée. Dis-moi si tu veux manger italien, chinois ou indien et je te traduirai les menus, continua-t-elle en riant également de son erreur.
Yulia lui tendit finalement le menu chinois et elle vint prendre place aux côtés de son amie sur le canapé. Valérie lui fit l'énumération des différents plats, puis elles firent leur choix et elle appela ensuite le traiteur pour passer leur commande.
Trente minutes plus tard, on sonnait à la porte pour leur livrer leurs plats. Elles s'installèrent à la salle à manger où Valérie avait dressé la table pendant que Yulia prenait une douche. A la fin du repas, Yulia l'aida à débarrasser avant de se préparer un café qu'elles dégustèrent sur le canapé, dans les bras l'une de l'autre. Valérie avait éteint les lumières, avait allumé la bougie orange sur la table basse et mis un CD de musique douce. Elles restèrent ainsi, à regarder la flamme de la bougie dansait, profitant de ce moment de détente tellement rare dans leur vie.
Vers minuit, Valérie lui proposa de monter se coucher. Pendant qu'elle alla prendre sa douche, Yulia s'installa sous les draps, complètement nue. Elle lutta contre le sommeil qui la gagnait gentiment et lorsque Valérie entra dans la chambre, elle ouvrit les draps pour la laisser la rejoindre. Yulia vint lentement se coucher sur le corps de son amie et commença à l'embrasser tendrement, puis de plus en plus passionnément en sentant le désir monter en elle. Cette fille allait la rendre folle, se dit Valérie avant de se laisser faire l'amour.