Le lendemain, Valérie se leva vers dix heures, n'arrivant plus à dormir. Elle regarda durant quelques minutes son amie encore endormie, s'émerveilla encore de cette beauté qui s'offrait à elle, puis quitta le lit en silence. Elle s'habilla rapidement d'un survêtement et d'une casquette et s'absenta quelques minutes pour aller acheter le petit-déjeuner dans une boulangerie pas très loin de son appartement. Lorsqu'elle revint, comme Yulia dormait encore et qu'elle n'avait pas le cœur de la réveiller, elle prépara le café et dressa la table, avant de s'installer au salon pour lire le journal.
Alors qu'elle arrivait à la dernière page, elle entendit une petite voix l'appeler. Elle sourit, referma le journal et monta à l'étage.
- Tu veux bien venir par-là, lança Yulia en ouvrant ses bras.
Valérie la rejoignit et se blottit contre le corps tout chaud de la jeune femme.
- Est-ce que tu ne peux pas rester un matin couchée avec moi ?
- Je n'y arrive pas mon cœur. Je n'arrive pas à rester dans le lit si je suis réveillée.
- Mais j'aimerais tellement pouvoir me réveiller avant toi et te réveiller tout doucement. Je n'ai pu le faire qu'une fois depuis que je te connais.
- Hé oui ma grande ! Tu es une grande dormeuse et moi une petite dormeuse ! Aller, debout ! Petit-déjeuner et ensuite, balade.
- Non, non, non, non ! Tu restes encore 5 minutes avec moi, dans mes bras et ensuite, on envisagera de nous lever, plaisanta la jeune femme en resserrant son étreinte. Tu ne dois pas me brusquer et me stresser le matin, sinon je suis de mauvaise humeur pour toute la journée, expliqua-t-elle avec un sourire malicieux aux lèvres.
Elles restèrent donc ainsi, blotties dans les bras l'une de l'autre, durant un bon quart d'heure, puis elles se levèrent enfin et Yulia enfila un pantalon et T-shirt et suivit son amie à la salle à manger pour prendre un bon petit-déjeuner.
Le week-end passa rapidement, trop rapidement. Valérie lui fit découvrir sa région, lui présenta quelques amis proches, amis en qui elle avait confiance et elle savait qu'ils garderaient tout cela secret.
Pour leur dernière soirée, Valérie emmena son amie dans un restaurant gastronomique. Yulia avait choisi de s'habiller de noir. Elle portait un sweat-shirt avec un grand décolleté une chaînette en or autour du cou avec une croix et avait évité de coiffer ses cheveux trop en pétard. Alors que Valérie terminait de se préparer dans la salle de bain, Yulia la rejoignit pour lui demander son avis sur sa tenue.
- Il manque quelque chose, lança-t-elle en quittant la salle de bain et se dirigeant vers le tiroir d'une commode de sa chambre.
Elle l'ouvrit et en sortit le cadeau qu'elle avait acheté à l'aéroport quelques jours auparavant. Elle se tourna vers son amie et le lui tendit. Cette dernière l'interrogea du regard, étonnée d'une telle attention.
- Ouvre-le, lui lança Valérie, les yeux pétillants.
Yulia s'exécuta et ouvrit délicatement la petite boîte. Elle resta bouche-bée en découvrant la gourmette en or.
- Elle ira très bien avec ton pendentif mon cœur. Tiens, je vais t'aider à la mettre.
- Mais tu es folle. Il ne fallait pas. Elle… elle est magnifique. Merci beaucoup, lança-t-elle la gorge serrée par l'émotion.
Une fois que la gourmette fut attachée, Yulia attira son amie dans ses bras et l'embrassa pour la remercier.
- Je t'aime, lui murmura-t-elle à l'oreille.
- Pardon ? Demanda Valérie, le cœur battant la chamade et n'étant pas sûre d'avoir bien compris.
- Je…. Je t'aime.
- C'est la première fois que tu me le dis.
- Oui, je sais. Je t'aime vraiment Val. Je suis tellement heureuse avec toi, tellement bien, je trouve mon équilibre avec toi. Tu es si extraordinaire avec moi et je sais que je ne suis pas facile à vivre tous les jours, mais toi tu sais comment me prendre, j'ai l'impression que tu me connais vraiment bien, que tu arrives à lire en moi, c'est…… wwwouuuuaaaa !
- Moi aussi je me sens vraiment bien avec toi, répondit simplement Valérie. Aller, allons-y maintenant, sinon on va être en retard, dit-elle avant de déposer un doux baiser sur ses lèvres.
Après leur soirée en tête-à-tête, alors que Valérie garait sa voiture dans le parking, elle remarqua l'air absent de Yulia. Elle coupa le moteur et se tourna vers son amie.
- Qui y a-t-il mon cœur ? Tu ne te sens pas bien ? Tu n'as pas passé une bonne soirée ? Il y a quelque chose qui t'a dérangée ?
- Je…. Oui…. Non… enfin…., balbutia-t-elle
- Yulia, s'il te plaît, dis-moi ce qui te dérange.
- Non, c'est stupide ! Aller, rentrons, lança la jeune femme avant d'ouvrir la portière de la voiture.
Valérie la suivit et lorsqu'elles se retrouvèrent dans l'ascenseur, Valérie insista à nouveau pour savoir ce qui tracassait son amie.
- Est-ce que tu m'aimes ? demanda-t-elle d'une petite voix triste, la tête baissée.
- Oh mon Dieu, Yul ! C'est parce que je ne te l'ai pas dit tout à l'heure dans la chambre, lorsque je t'ai offert la gourmette ?
Yulia fit un petit oui de la tête. Valérie prit son menton entre ses doigts et l'obligea à relever la tête et la regarder.
- Bien sûr que je t'aime Yulia. Je t'aime énormément, mais j'ai peur. Peur de refaire les mêmes erreurs, peur de m'attacher à toi, peur d'entendre tout bientôt que tu ne m'aimes plus, que tes sentiments ont changé, peur que…..
- Chut chut chut, ne dis pas ça. Je ne peux rien te promettre, c'est clair, mais je sais que j'ai vraiment envie de vivre cette histoire avec toi.
Elle l'attira dans ses bras et la serra très fort, pour tenter de la rassurer. Lorsque les portes de l'ascenseur se rouvrirent, elles regagnèrent l'appartement main dans la main. Yulia entraîna immédiatement son amie vers la chambre où elle entreprit de la déshabiller et la faire se coucher sur le lit pour lui prouver à quel point elle l'aimait.
L'avion de Yulia décollant à 13 heures, Valérie avait mis le réveil à 8 heures, afin de profiter un peu de son amie, avant de partir pour l'aéroport. Comme elle le redoutait, Yulia eut de la peine à se réveiller. Elles restèrent encore une demi-heure dans le lit, puis elles se levèrent, se prirent une douche ensemble, s'habillèrent et quittèrent finalement l'appartement vers les
9 heures 30.
Yulia fut assez silencieuse sur la route, n'ouvrant la bouche que pour répondre aux questions ou remarques de son amie. Valérie tenta de rester le plus possible en contact avec le corps de son amie, soit en lui tenant la main, soit en posant sa main sur sa cuisse.
Une fois à l'aéroport, elles enregistrèrent les bagages de Yulia, puis comme il leur restait un peu de temps avant l'embarquement, elles allèrent prendre un café.
- Ca va, demanda Valérie inquiète de la voir si calme.
- Ca va, lui répondit-elle.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Je n'ai pas envie de rentrer. J'aimerais tellement que l'on reste ensemble. J'aimerais pouvoir m'endormir et me réveiller tous les jours à tes côtés.
- Moi aussi mon cœur, moi aussi. Mais ce n'est pas possible actuellement.
- Est-ce que tu vas me tromper, demanda soudainement Yulia ?
- Par… pardon ?!
Valérie fut vraiment surprise par sa question. Elle lui prit tendrement la main et tenta de croiser son regard qui paraissait soudainement si triste.
- Yulia ! Je sais que tu ne me connais pas assez, mais tu peux avoir confiance en moi. Lorsque j'aime quelqu'un et que je suis avec cette personne, je suis entière. Je ne fais pas ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse. Fais-moi confiance s'il te plaît, sinon cette situation sera invivable autant pour toi que pour moi. Et moi aussi je peux avoir peur que tu me trompes et j'aurais plus de raison..
- Ah oui ? Et pourquoi ça ?
- Parce que tu es jeune, belle, que tu as du talent, que tu commences à être connue un peu partout dans le monde, que tu vas rencontrer plein de beaux mecs et belles nanas, que tu auras plein de belles tentations et….
- Val ! L'honnêteté est très importante pour moi. Que ce soit en amitié ou en amour. Tu peux me faire également confiance. Si je devais avoir envie de coucher avec quelqu'un d'autre, c'est que mes sentiments pour toi auront changé et je te le dirais immédiatement.
- Très bien. Je pense que ce sujet est clos alors.
Elles terminèrent leur café, Yulia ayant enfin retrouvé le sourire. Valérie accompagna ensuite son amie jusqu'au guichet de douane et resta, à son tour, à l'observer jusqu'à ce qu'elle sorte de son champ de vision.