Vous est-il déjà arrivé de vivre quelque chose de fort avec quelqu'un, et que tout s'arrête, sans que vous sachiez pourquoi ? Sans savoir non plus si c'est vraiment fini…
Cette histoire, je l'ai vécu, et l'ai écrite comme je l'ai pensée. Il n'y a pas de travail de "style" à proprement parlé, car je voulais préserver ce que j'avais pensé sur le moment…
Cela n'est pas une fiction, mais quand j'y pense, je trouve ça tellement…
Je ne sais même pas comment l'exprimer.
Irréaliste, peut-être ?
Cela a commencé il y a un an, en octobre.
Moi, qui essayai toujours de tout contrôler, et de tout prévoir, ben je peux dire que cela m'est tombé dessus, d'un coup.
Je me regardais plonger dans cette histoire, comme sciemment, alors que je m'étais toujours promis de ne jamais avoir à vivre ça.
Je ne sais pas si mon histoire, du moins une partie très présente, vous intéresse. C'est à vous de voir, quoi en penser.
Quoi en croire.
Je la lui dédis, évidemment, même si je doute qu'elle la lise un jour.
J'ai hésité, puis je n'ai finalement pas changé les identités.
Voilà une histoire pas vraiment extraordinaire, mais qui a le mérite d'avoir été vécu.
Bon courage…
Je l'avais déjà remarqué parmi celles qui travaillaient avec moi.
Cela me semble bizarre de me dire que c'est à partir de là que ça a commencé.
Les gens m'appellent Zaan.
J'avais ramé pas mal de temps avant de me trouver ce boulot à Quick. Déjà parce que j'avais pas fait beaucoup d'efforts de recherche, et ensuite parce qu'une fille sans qualifications et qui a des cheveux en piques ne trouvait pas si facilement que ça un job.
Je me levais pour y aller et je bossais à plein temps. Cela m'emmerdait, mais quand elle était à une caisse à côté de moi, il me semblait que cela passait plus vite.
Elle, elle s'appelle Mylène.
Je l'ai su en regardant son badge, au moment où elle a dispersé des nuggets sur la dizaine de clients qu'il y avait, en glissant sur une flaque d'huile.
Des cheveux qui changeaient de couleurs à peu près chaque fois que je la voyais, 1m73 environ, bref, une grande perche quoi. Mais putain vachement jolie, ça oui !
J'avais enfin fini ma journée, et je prenais mon repas avec une collègue dont je me rappelle même plus le nom.
Elle me baratinait à propos de voyages qu'elle avait fait pendant les vacances scolaires et je commençais à m'emmerder furieusement.
Mylène finissait une heure après moi, à 16h, et j'étais contente quand elle est venue s'asseoir en face de moi. L'autre nunuche s'est finalement cassée et on a pu faire tranquillement connaissance.
Là, au moins, c'était intéressant !
Notre sujet de conversation a fini par tourner autour de nos expériences.
Moi, j'étais ce qu'on pourrait dire une fille libre. Plutôt orientée vers les femmes, mais libre quand même. Mylène, je dirais un peu pareil. Elle avait un mec, Valou de son prénom, que je m'interdisais de détester avec grande difficulté.
Vous savez ce que c'est, c'est toujours les plus jolies qui sont déjà prises.
C'était bien vrai. Vous vous dites sûrement à ce moment là, comme moi je me suis dis : " laisse tomber, c'est mort ". Ben ouais, c'était totalement mort.
Mais bon, merde quand même.
On a parlé, et parlé encore. Il était déjà 20 heures quand on a fini par quitter le quick, et on s'est retrouvées dans un troquet en face de la Sorbonne pour continuer notre conversation. Sur les homos, leurs sectarismes. Sur les hétéros, leur homo phobie. Etc etc, bref on s'amusait bien, et on a clopé comme des malades tout le long.
-Tu commences à quelle heure toi demain ?
Elle m'avait demandé ça comme ça, et moi j'étais déjà en train de grimacer.
-7 heures. Je fais l'ouverture grill. Putain je vais encore me faire des brûlures de merde.
-7 heures ?! Whaou super !
Elle se marrait et je grognais pour la forme. Mais déjà, rien qu'avec cette soirée, et en pensant à son mec, là, j'étais frustrée. Parce que je savais bien que j'y étais déjà...
On est finalement parti et on s'est séparées au métro en se disant à demain.
Comme on avait tord.
Je suis rentrée chez moi, un peu découragée. Je me suis pris un mac do en bas parce que j'avais rien à manger chez moi, et j'ai engueulé mon chien pour la forme.
A minuit, j'allais me coucher quand mon téléphone a sonné.
Déjà, il n'y a pas beaucoup de personnes qui téléphonent aux gens à cette heure-ci, même s'il était de notoriété public que j'étais insomniaque.
C'était Julie, ma dernière ex en date. Avec Julie, ça avait été différent.
Pas de déchirements, de prises de tête, ou de jalousies. Bon, on n'était pas amoureuses, mais on se reposait. Moi je supportais d'être avec elle assidûment, alors que jusqu'à présent je ne supportais personne plus d'une journée, et elle, c'était un peu pareil, je pense. Elle avait fini par rompre parce qu'elle commençait à devenir amoureuse de quelqu'un.
Enfin elle ne l'a pas dit tout de suite, mais je le sentais.
- Allô ?
- Allô Zaan ? C'est Julie.
- Ca va ?
- Pas trop fort…
Ah bah... Déjà ça commençait mal.
- Hum Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai envie d'aller draguer au Pulp.
Le Pulp. Une boite lesbienne juste à coté de chez moi. Julie n'aimait pas le Pulp, elle n'y allait vraiment que quand ça allait mal.
D'ailleurs c'était bien là qu'elle m'avait ramassé.
- Au Pulp ? Oulala qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je peux venir chez toi ?
J'ai jeté un coup d'œil autour de moi, un bordel monstre s'amassait ça et là.
Le ménage Zaan. Le ménage.
- Non je heu… c'est le bordel chez moi. Viens en bas je te rejoins ok ?
Elle était d'accord et on a raccroché. J'ai pris une douche et pioché n'importe quels vêtements sur le bureau. Elle est arrivée vite et je suis descendue.
Il était encore un peu trop tôt pour le Pulp alors on est allé boire un coup.
Là, elle m'a raconté ses déboires avec une jeune femme prénommée Elise.
C'était donc ça. Il me restait encore un peu de gêne quant à la rupture, mais je l'ai laissé continuer son histoire, sans l'interrompre.
C'était ça ce que les gens aimaient bien chez moi. J'étais un roc.
Rien ne pouvait m'atteindre. Ben, ils étaient servis.
Finalement, on est allé au Pulp. Un désastre total.
Julie restait assise sur la banquette l'air morose et moi j'essayais de l'entraîner sur la piste. Bref que dalle. Fran, une de mes autres ex, était là. Je les ai présenté. J'étais agacée. Je voyais Julie se morfondre dans son mélodrame de ne pas savoir si l'autre allait la rappeler ou non. Et en définitive, elle ne l'a pas rappelé d'ailleurs. Bah merde. J'ai tout essayé. Je l'ai engueulé, j'ai cherché à la faire réagir, je l'ai aligné, rien. J'allais quand même pas… euh… enfin lui faire plaisir jusqu'au bout non plus quoi. J'avais Mylène dans la tête, même si c'était sans espoir, c'était comme ça pour le moment…
Et puis merde hein ! J'avais ma fierté moi aussi. Bouche trou c'est j'espère, pas ma vocation.
Finalement, elle a voulu se barrer du Pulp.
Génial… J'avais sacrifié ma nuit alors que je bossais à 7 heures le lendemain.
Plus ferme Zaan, faut que tu sois plus ferme.
Je l'ai raccompagné chez elle, en tirant un peu la gueule quand même.
Julie était complètement bourrée. Je l'ai amené jusqu'à sa piaule et j'ai essayé de la coucher. Un patin. Je me suis reculée un peu brusquement, et elle s'est excusée. Fallait me comprendre, être une pièce rapportée, c'était pas franchement super. Alors elle merdait. Et elle le savait. J'allais pas coucher avec elle pour la consoler de l'autre. Nan je suis sympa, mais nan.
Je l'ai laissé et je suis rentrée chez moi.
Avec tout ça, je me suis tapée une migraine. Une du genre qui fait mal.
Elle a duré jusqu'au soir suivant, et j'ai reçu un coup de téléphone du quick pour me signifier très aimablement que j'étais virer.
Merde Mylène ! Comment j'allais la revoir du coup ?
J'avais rendez-vous le lendemain pour rendre l'uniforme, mais je savais qu'elle bossait pas ce jour là. Je n'avais même pas son numéro de téléphone. Peut-être je pouvais le demander à Quick ?
Qui sait…
Moral à zéro. Je me suis radassée devant la télé, un peu perdue et bien dans la merde. Virée, okay. Mais comment j'allais bouffer maintenant moi ? Mystère, tiens.
J'ai du m'endormir et je me suis réveillée le jour suivant, en me demandant comment je faisais pour ne pas arriver à suivre les jours.
J'avais reçu un texto. Je ne connaissais pas le numéro. Victoire !
C'était Mylène, finalement c'était elle qui avait cherché mon numéro à quick.
Elle s'en excusait (je vois pas pourquoi !), et me demandait si je voulais la revoir. Ou que sinon fallait que je lui dise et elle oublierait de suite mon numéro.
Ah non hein ! Ne l'efface pas, garde-le, cadeau là !
Je me suis empressée de l'appeler, et là… répondeur. Rha fait chier !
Ben ouais c'était du genre à ne jamais répondre. J'ai essayé moult fois, et finalement c'est elle qui m'a rappelé.
Je l'ai rassurée, que oui je voulais là revoir, que non elle n'effaçait pas mon numéro (putain y a pas intérêt !).
On avait finalement rendez-vous près du Quick où j'allais rendre mes uniformes.
Là, j'étais contente. Après tout c'est elle qui avait fait la démarche de me revoir. Puis en me souvenant bien, c'était elle qui était venue s'asseoir à ma table au quick pour me parler. Mais bon en même temps, cela ne voulait absolument rien dire. Surtout avec un mec qui l'attendait pour dîner quand on s'était quittée.
On s'est revu, on a échoué dans le même troquet en face de la Sorbonne. Vu que c'était la fac de Julie, j'étais un peu nerveuse à l'idée de tomber dessus. Mais la fac était fermée le samedi non ?
Finalement on ne l'a pas vu, et on s'est bien marré.
Je lui ai parlé de ma soirée désastreuse avec Julie, et elle m'a dit que la prochaine fois que j'allais au Pulp, je n'avais qu'à l'appeler.
T'inquiète tiens, dès que j'ai du fric je t'appelle toi… Bref !
On s'est quittée à 19 heures, elle parce qu'elle devait rejoindre son mec… et moi mes frangins pour dîner et ciné.
La soirée a été un peu longue. Je cogitais sans cesse à me demander si j'allais avoir du fric pour l'amener au Pulp le lendemain soir. Après tout se serait un samedi, donc s'était gérable.
La journée du lendemain était morne. J'évitais de trop regarder mon téléphone en me demandant si elle allait m'appeler ou non. Après tout, c'était absurde. D'habitude je m'en foutais, ça n'avait pas vraiment de prise. Dès qu'une nana avait un mec, direct je lâchais l'affaire. Moi je n'étais pas partisane du triangle.
Mais là, étrangement ça m'emmerdait.
Je n'avais aucune chance pourtant. Ca faisait 3 ans qu'elle était avec lui, elle m'avait dit qu'elle était amoureuse.
Puis moi elle me connaissait depuis quoi… 1 semaine ? Une naine aux cheveux en piques, pas foutu de faire le ménage ou de garder un boulot.
Aucune chance.
Mais bon, je dois être maso.
Vers 20 heures, je me décide à descendre à la banque. Aucun espoir, et pourtant…
Quand j'ai vu qu'il me donnait des billets, j'ai sorti directement mon portable et j'ai appelé Mylène.
Putain ! Mais ça serait possible qu'elle réponde juste aujourd'hui ?!
Après une heure, j'étais sur le point d'abandonner quand elle a enfin répondu.
- Eh beh toi c'est dur de te joindre ! J'ai dit direct.
- Désolée je n'avais pas entendu qu'il sonnait. Ca va ?
- Ouais. Ecoute, tu m'as dis hier que si j'allais au Pulp je te prévenais… Ben j'y vais ce soir si ça te dit.
- Ouais pas de problème !
Je m'étais attendu à un refus, et j'étais tellement surprise que j'ai lâché mon portable.
- Merde ! Excuse, tu viens alors ?
- Ouais ! Par contre aujourd'hui on est samedi… c'est payant non ? Je ne peux pas le payer alors vaudrait mieux y aller un autre jour.
- Nan je t'invite, après tout ce sera ta première sortie au Pulp !
- Mais je croyais que t'avais pas d'argent ?
Euh… Non je n'avais pas réellement d'argent. Tant pis j'irais dîner chez mon frère pour pouvoir manger. J'allais quand même pas laisser passer ça !
- Je t'invite j'te dis ! 11 heures au mac do St-Denis ça te va ? C'est direct pour toi.
- Et euh, faut s'habiller classe ?
J'ai éclaté de rire.
- Non pas la peine de te prendre la tête. Tu vois moi mon fûte à ficelle, je vais pas me changer et ça passe impec.
Elle riait. J'aimais bien l'entendre rire.
- Ok je ne me prends pas la tête.
On a raccroché, et déjà je me marrais.
Je l'emmenais quand même dans LA boite lesbienne de Paris, et elle avait accepté. Voilà un signe là, nan ?
Bon c'était en amies et tout ça. Mais au moins on s'amuserait bien.
Je me suis assombrie. Après tout c'était vraiment en amies qu'on y allait.
Elle avait toujours un mec, et puis je n'étais pas une briseuse de couple.
Je n'en avais pas les moyens.
Je me suis préparée et j'étais finalement en retard au rendez-vous. Ben oui quoi ! Elle, elle ne répond jamais. Moi, je suis toujours en retard ! Egalité.
Elle était là, habillée comme d'habitude, une clope à la main, et je me suis encore redit qu'il ne fallait pas détester son mec, que s'était un type très bien, tout ça...
- Alors ça va ? T'as pu te libérer c'est cool !
On se dirigeait vers la boite lentement. C'était le début de soirée, on avait le temps.
- Oui, en fait, y avait déjà un truc de prévu chez des potes de Valou, mais je me suis libérée.
- Ah merde… Désolée si je t'ai…
- Nan t'inquiète. Il a été relou et on s'est disputé.
Qu'est-ce que je pouvais dire moi. Se disputer ça ne voulait pas dire se séparer !
- Ce n'est pas cool…
- Non, mais heureusement que je ne bosse pas demain, on restera jusqu'à la fin ?
Pour les métros ? Je devais dormir chez lui mais bon.
-Pas de problème. T'auras qu'à venir chez moi si t'es trop crevée, c'est juste à côté.
On est rentré dans la boite. Il n'y avait pas encore beaucoup de monde. On a pris un vestiaire en commun et on est allé s'installer. Il y avait seulement 2 nanas, qui dansaient bizarrement sur la piste et on a rigolé en les regardant.
Cela commençait à se remplir et on est finalement allé danser. Elle bougeait bien et moi, vu que je sais danser aussi, je m'amusais à faire des figures pour la faire rire.
A un moment, alors qu'il y avait déjà bien du monde, on est allé aux chiottes. Pendant que je buvais, une nana complètement bourrée a essayé de me rouler une pelle. Je me suis gentiment dégagée et j'ai regardé Mylène se marrer pendant qu'on retournait sur la piste.
- Putain ! Tu vas te faire violer un jour toi !
M'emmerde hein !
- Y a pas de risque !
- Bah vu comme tu es vachement mignonne, fais gaffe quand même, elles vont finir par te sauter dessus !
Hum la remarque qui tue. J'ai ris un peu jaune.
Elle me trouvait mignonne, je ne rêve pas ?
On a continué à danser un moment, on s'est pris des consommations.
Bref c'était une bonne soirée.
Mais voilà, moi des fois j'ai de la chance, des fois non.
-Zaan, elle a commencé. Je sais que tu vas me détester.
Merde. Merde ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Merde…
- Pourquoi ? Ca ne va pas ?
- Non… j'ai mal au cœur…
Je me suis arrêtée de danser et je l'ai pris par la main pour sortir prendre l'air. On s'est assises sur une marche à côté, tandis que la file des gens qui voulaient rentrer nous regardait.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Je sais la musique est merdique…
- Non ce n'est pas ça, je passe vraiment un très bon moment. Je ne me sens pas très bien, c'est tout.
Ok, ok, OK ! Bon.
- Tu ne veux pas rester là un moment, histoire de voir si ça va passer ?
- Non je crois que je vais rentrer.
Génial. Putain, elles aiment me planter au Pulp ou quoi ?! La guigne. PUTAIN !
Elle a dû voir mon expression un petit peu abattu parce qu'elle m'a relevé la tête.
- Eh fais pas cette tête là… je suis désolée…
Ouais bah tu ne vas pas t'en tirer comme ça.
- Mais qu'est-ce qu'il ne va pas ? Ce n'est pas que un problème d'estomac je me trompe ?
Elle a rigolé et a détourné le regard.
- Ben… Je pense que tu le sais… Tu me plais beaucoup en fait…
Hum… Faut que je dise quoi là… Bon restons calme. Pas de panique… Pas de…
- Je… Bah tu me plais aussi hein… je t'aurais pas emmener là sinon…
On a rigolé un peu puis elle a soupiré.
- Le problème c'est que ça fait plusieurs jours que ça me prend la tête. J'ai encore rien dit à Valou mais va falloir que je le fasse. Je suis un peu perdue là.
Bon. Bon, bon, bon…
- Mais tu es amoureuse de lui non ?
Elle a eu un rire nerveux. J'ai des supers questions…
- Ben oui je le croyais en tout cas !
Il y eu un silence.
- Tu es sûre que tu ne veux pas rester ?
- Non. Si je reste, je vais vraiment plus pouvoir me retenir.
Bah merde hein te retiens pas quoi. Je demande que ça moi !
- Ben euh, honnêtement moi, je ne peux pas te dire que j'ai envie que tu te retiennes. Mais en même temps, ce serait pas clean vis à vis de ton mec.
- Oui, c'est ce que je me dis. Je suis vraiment désolée, je viens de te niquer la soirée…
Je lui ai souri.
- Nan j'ai passé une superbe soirée. C'est juste que bon, cela aurait pu continuer quoi.
Elle m'a effleuré la joue et j'ai secoué la tête en rigolant.
- Ah nan, ne me fais pas ça hein, déjà que c'est assez frustrant là !
- Désolée, mais c'était ça, ou je t'embrassais.
J'ai fermé les yeux très fort à ce moment. Mais pourquoi je me retenais ?!!!
Elle en avait envie. Moi… Rha ! Putain la frustration.
- Je suis très frustrée là, j'ai dis d'un air très calme.
Elle a rigolé et acquiescé.
Un type, Volkane, que je connaissais d'ici est venu nous voir.
- Salut Zaan !
Je les ai présentés. Mylène avait l'air timide, encore plus quand il a dit :
- Ah ! C'est ta copine ?
Ben vas-y, je n'ai déjà pas assez les pieds dans le plat !
- Heu… Mauvais sujet Volkane.
Mylène et moi, on a rigolé nerveusement tandis qu'il haussait les épaules.
- Ben quoi, elle te plait nan ? Remarque t'as raison, elle est très jolie.
Merde. Merde ! Merde ! Merde ! Connard !!!
- Oui bon ça va… ok elle me plait mais c'est pas le moment là…
Mylène s'est mordue la lèvre et a rougi.
- Putain… un trou de souris... vite...
Il fallait je reprenne les choses en mains. Vite Zaan bordel !
- Bon heu Volkane ? On va aller faire un tour Mylène et moi…
- Ok je peux venir avec vous ?
- Euh non. On a besoin de parler un peu toutes seules là…
Putain, mais je suis très subtile moi. Des claques vite !
Finalement, il a été sympa et il nous a laissé sans trop faire d'histoires. J'ai été récupérer nos affaires aux vestiaires et on s'est dirigées avec Mylène, vers le REX. Frustrée, découragée. Super soirée…
- Il est sympa ton copain, elle m'a dit.
- Ouais. Dans le genre, je dis les choses qu'il ne faut pas, quand il ne faut pas, il est très fort.
Elle a rigolé, et moi aussi. Au point où en était cette soirée.
- Je suis désolée de te planter comme ça…
Ouais moi aussi.
- Ben je ne te propose pas de venir chez moi alors.
Là, j'ai vraiment cru qu'elle allait se jeter sur moi. Vas-y bordel !! Ben non.
- Tu vas rentrer comment ?
- Je vais téléphoner pour qu'on vienne me chercher.
Elle s'est éloignée quelques minutes. Et là je me suis fait rigoler toute seule.
Parce que j'aurais rangé ma chambre, je n'aurais pas hésité à l'entraîner là-bas. Je sentais bien que si je faisais quelque chose, elle ne serait pas contre.
Putain, je suis trop polie moi.
- Voilà, il arrive dans un quart d'heure environ, devant le Rex.
- Bon ben tu veux que j'attende avec toi ?
- Ne t'emmerde pas…
Je lui ai souri et j'ai secoué la tête. Non, ça ne me dérangeait pas.
- C'est qui qui vient te chercher ?
- Valou en scooter
Super… Le mec, avec son scoot en plus.
- Tu vas faire quoi après ? Retourner au Pulp ?
- Euh non. Je vais rentrer chez moi tout connement.
Elle a baissé la tête.
- Ne gâche pas ta soirée à cause de moi…
Ben non mais quoi mais pas du tout...
- Et toi qu'est-ce que tu vas faire ?
On s'est assises sur les marches du cinéma en attendant son…
- Oh je vais me rouler un petit joint et me défoncer jusqu'à ce que je m'endorme.
Je voulais lui demander ce qu'elle comptait faire, mais je m'en empêchais.
Elle s'est tournée vers moi.
- Il faut que je réfléchisse. Et que je lui parle. Ca fait une semaine que je lui mens et que je l'évite. Je peux même plus l'embrasser... Et il a dû s'en rendre compte. Je t'appelle demain ?
J'ai hoché la tête.
- Oui, appelle-moi demain.
J'ai rien dis de plus et elle m'a de nouveau touché la joue. On s'est regardées, elle n'a pas rompu le contact. Je me serais damnée pour qu'elle m'embrasse ou que moi j'ai le courage de le faire. Mais bon son mec allait arriver d'un instant à l'autre, et je ne voulais pas la mettre dans la merde.
Elle a dû avoir la même idée d'ailleurs.
- J'ai trop envie de t'embrasser… c'est pour ça que je suis partie du Pulp.
Je l'ai regardé pendant un moment.
- Tu es vraiment une fille frustrante, j'ai dis finalement.
Mon ton léger nous a permis de rigoler toutes les deux et qu'elle se détende.
Mais au fond là j'étais dégoûtée. Dégoûtée qu'elle ait un mec, dégoûtée qu'on ait toutes les deux des principes.
Dégoûtée de pas pouvoir me permettre de la toucher aussi.
- Tu sais, je comprends que tu ais besoin de réfléchir. D'habitude moi quand une nana qui me plait a déjà quelqu'un, je laisse tomber directe. Je m'en fou en fait je passe à autre chose. Mais là… Pour être honnête ça me fait chier. Je sais pas pourquoi. Alors je vais te laisser réfléchir, faire le point. Et m'appeler. C'est toi qui voies, ok ?
Là-dessus, son mec est arrivé. Je l'ai rapidement salué, un peu froidement peut-être mais c'était un peu excusable quand même. Mylène est venue me faire la bise. Le truc qui tue pour terminer la soirée.
Dangereusement, aux coins des lèvres en plus.
Merde.
Je les ai vu s'éloigner et j'ai attendu de ne plus les voir pour m'asseoir sur une marche et m'allumer une clope. J'en pouvais plus là. Je crois que je n'ai jamais été aussi frustrée et dégoûtée de ma vie.
Normalement, je ne suis pas du genre qui s'accroche. Cela passe, ou pas.
Je laisse toujours venir.
Merde ! Voilà tout ce que je pouvais dire.
J'ai reçu un texto. Mylène qui me suppliait de ne pas rester dans la rue toute la nuit. Je croyais avoir attendu assez longtemps…Ca va hein ! Je fais ce que je veux d'abord ! Mais bon je me suis levée et je suis rentrée chez moi.
Bilan de la soirée… Est-il vraiment utile que je développe…
On s'est revu à halloween, où je suis allée la chercher au Quick.
Je me suis bien marrée, car elle avait les cheveux orange pétant pour l'occasion.
J'ai fais la queue à sa caisse, et je l'ai attendu. Curieusement, on est allées au mac do d'en face pour manger un truc et discuter.
- Bon, j'ai parlé à Valou.
Super. Verdict…
- Ouais… et ?
Elle m'a souri. Je crois qu'elle est sadique cette nana sérieux !
- Ben, il n'est pas content…
Là, c'est moi qui ait souri.
- Je peux le concevoir.
Elle hocha la tête.
- J'ai dis aussi que j'avais besoin de temps pour réfléchir. Lui, il veut que je reste avec lui, mais moi je ne sais pas ce que je veux pour l'instant. On ne met pas fin à une relation de 3 ans sur un coup de tête…
Ce qu'elle disait, je le pensais aussi. Ca n'empêchait pas la frustration, mais j'appréciais le fait qu'elle ne largue pas son copain comme ça.
- C'est clair. Ecoute, moi ce que je peux dire, c'est que je suis là. J'aime être avec toi mais je vais pas te sauter dessus ou quoi. Enfin, je ne pense pas en tout cas ! Réfléchie et mets-toi au calme. Si tu ne veux plus me voir, je comprendrais. Simplement, dis-moi où t'en est. Moi je ne peux pas faire grand chose donc, si tu veux me voir où quoi tu m'appelles…
Elle a acquiescé. Bon, période d'essai !
C'était foutu d'avance.
- Je suis désolée pour samedi soir…
Je l'ai regardée, sûrement bizarrement, car elle a baissé la tête.
- Tu n'as pas à être désolée. Ce n'est jamais évident ce genre de situation. Bon j'avoue, j'ai été frustrée plutôt deux fois qu'une, mais ce n'était pas de ta faute. Tu as des principes, et moi aussi.
- C'est bien ça le plus emmerdant !
Je me suis marrée et elle aussi.
- J'avais vraiment du mal à ne pas t'embrasser, c'est pour ça que je suis partie. Je ne voulais pas gâcher ce moment par une mauvaise situation, ou une mauvaise conscience.
Ca, c'était touchant. Bon j'avais déjà craqué depuis longtemps, mais si ça n'avait pas été le cas, ça l'aurait été à ce moment là ! (et à tous les autres moments aussi mais je jure que c'est pas habituel… je le jure !)
On a parlé un peu d'autre chose pour "alléger" l'ambiance, et on s'est quittées vers 22 heures car son mec l'attendait (depuis une heure et demi) pour manger, et parce que je devais faire quelque chose. La télé, l'ordi, n'importe quoi mais quelque chose !
En rentrant je me suis dis que je m'étais mis dans une situation vraiment compliquée. Il était indéniable que moi, "miss, je ne veux pas de relation durable ni de sentiment ni rien", ben j'en avais pour elle. Merde ! Et le pire c'est que je ne pouvais même pas la toucher. C'était quand même ironique ! J'étais le plus souvent avec des nanas sans éprouver de sentiment, et là, je n'étais même pas avec d'ailleurs, je ne pouvais pas la toucher et j'en éprouvais. La vie est ironiquement mal faite !
Le surlendemain, je prenais le train pour Marseille, où j'allais voir ma mère. Elle m'a proposée de m'accompagner à la gare. Pas idéal pour se voir mais au moins on se voyait ! J'avais eu du mal à me réveiller et je m'étais dépêchée de partir.
Je n'avais donc pas vraiment une "mine éblouissante" comme elle me l'a fait très gentiment remarquer. On a bu un pot au buffet de la gare en attendant le départ du train. Certaines fois, elle m'effleurait la joue de sa main et je ne pouvais vraiment pas m'empêcher de frissonner. Je ne demandais pas pourquoi elle le faisait parce que j'étais parfaitement consciente que ça devenait dur pour elle aussi.
Il lui fallait du temps… du temps… elle a un mec… laisse là décider par elle-même…
M-e-r-d-e.
Il a fallut qu'on se dirige vers le train qui allait partir. Et là sérieusement j'ai cru que j'allais perdre connaissance et tomber. Je m'étais adossée au train pour les dernières minutes, et elle s'est soudain approchée de moi, tout près, en me regardant dans les yeux. C'était peut-être le but en fait, de me faire plonger dans le coma. Elle est restée comme ça pendant… euh… enfin longtemps dirons-nous.
Et le contrôleur (l'enfoiré !) à siffler dans son bidule et j'ai dû monter dans le train.
Mais pourquoiiiiiii elle ne m'a pas embrassée, pourquoi ?!!!!
- Parce que je ne peux pas.
Et en plus elle lit dans mes pensées…
Avant que la porte se ferme, elle m'a pris dans ses bras et m'a embrassée sur la joue. Là, j'avoue j'ai un peu tourné la tête - sans faire exprès ! - et ça s'est dangereusement rapproché des lèvres. Elle ne s'est pas reculée et on est restées comme ça...
La porte s'est refermée.
Elle m'a souri et j'ai fais une grimace à la vitre pour la faire rire.
Le train a démarré, et je l'ai vu rapetisser progressivement jusqu'à ce que le train tourne et qu'elle soit hors de vue.
Oh putain…
Je suis allée m'asseoir finalement, après avoir remarqué qu'une vieille dame me regardait bizarrement. J'étais restée dans ma position de grimace contre la vitre pendant peut-être 3 ou 4 minutes, donc je ne lui en veux pas…
J'ai reçu un texto de Mylène qui me disait qu'elle viendrait me chercher à ma sortie de train. Elle avait rajouté trois petits points, dont j'avais parfaitement compris le sens.
. . .
Alors voilà, je suis allée à Marseille. On s'est parlé une fois sur msn, très rapidement car elle devait aller rendre ses tenues de quick. Elle avait été virée !
Je me suis disputée avec ma mère et je suis finalement repartie un jour plus tôt en catastrophe. Ce n'était pas la super semaine. Et surtout ce qui a suivi.
Je suis retournée chez moi.
C'est là que j'ai plus rien compris. Où plutôt si, mais on peut avoir des doutes sur ce genre de truc !
Elle n'a pas répondu à mes messages, plus donnée aucun signe de vie. Je n'avais plus le net, et elle ne répondait pas à son téléphone. Pas d'au revoir, ni zut, ni rien.
J'ai essayé quelques temps avant de ne plus le faire. J'avais dû la saouler ou allait le faire si je continuais. Si elle ne répondait pas c'est qu'il y avait une raison etc etc… Pendant six mois, je me suis appliquée à l'oublier, et d'ailleurs j'ai cru avoir réussi. Plutôt, je sentais que ce n'était pas fini cette histoire, mais il ne fallait plus que j'y pense. Il fallait que je la mette dans un coin de mon esprit…
Putain c'est qu'une nana merde !
J'entretenais une "non relation" avec Myriam, une fille qui chantait dans un groupe de rock. Myriam, Mylène, je vous vois venir.
Ca faisait deux semaines, et un soir j'étais affreusement en retard (pour changer) à un concert que donnait Myriam. Elle m'avait saoulé pour que je vienne, nianiania je vais te présenter mes potes et nianiania… bref j'étais en retard, on ne comprendra pas pourquoi. J'en étais à mes chaussettes quand je décidais de l'appeler.
Je retransmets l'échange :
- Allô
J'enfile une chaussette tout en tentant de tenir le téléphone en essayant de repousser le chien et en rattrapant le cendrier qui se cassait la gueule.
- Ouais Myriam c'est Zaan, écoute euh… je suis légèrement en retard sur l'horaire j'arriverai sûrement à 21h au lieu de 20h30… je n'arrive pas à joindre ton pote pour qu'il nous rejoigne à l'adresse donc euh…
- Zaan ?
- Putain Citronelle dégage de là ! Ouais quoi ?
- Euh Zaan… c'est Mylène…
Là, le cendrier est tombé et la cendre s'est répandue en tas dans ma chaussure. Le chien m'a sauté dessus et moi je suis tombée à la renverse.
- Merde ! Hum… euh… Mylène?… Mylène, Mylène?
- Oui euh c'est Mylène.
Putain mais quelle c-o-n-n-e !!!!! J'ai regardé le nom que j'avais appelé et je voyais bien Myriam s'afficher. J'avais sauté une ligne en recopiant mes numéros sur mon nouveau téléphone, ça ne pouvait être que ça. Je suis très très forte !
- Je suis vraiment désolée je croyais appeler… quelqu'un d'autre…
Je l'ai entendu sourire. Si si, sourire.
Vu la honte que je me tapais, elle avait de quoi !
- Y a pas de mal, dit-elle cependant.
- Et euh… tu vas bien ?
Oui c'est bien... Enfonce-toi encore plus dans le ridicule… continue.
- Hum ça va et toi ?
- Ouais... je suis en retard en fait…
- J'avais cru comprendre...
- Je… je vais te laisser, je dois y aller...
- Ca m'a fait plaisir de te parler
- Moi aussi… à plus…
- Je t'appelle demain.
On a raccroché.
Attends une minute… elle m'appelle demain ? Demain ?!!
J'ai rigolé un peu et en vidant ma gaudasse, je m'étais dit que j'avais bien eu raison, et que cette histoire n'était pas vraiment finie.
Enfin ne nous emballons pas, ça ne voulait rien dire. Puis quoi, elle devait toujours être avec son mec. Après tout elle avait choisi aussi, puis moi j'étais avec Myriam. Myriam... Je regardais l'heure.
- Et MERDE !
Je dis beaucoup "merde". J'ai pas mal d'occasion pour le dire aussi mais bon.
Toujours est-il que j'ai foncé au rendez-vous avec 1 heure et demi de retard, et je suis arrivée pour la fin de la dernière chanson.
Myriam m'a engueulée comme du poisson pourri et à insister pour savoir pourquoi j'étais en retard et pourquoi je n'avais pas appelé.
Ben qu'est-ce que je pouvais dire d'autre ? J'ai expliqué.
Que j'avais changé de téléphone récemment, et que j'avais accidentellement intervertie son nom avec celui de quelqu'un d'autre dont le nom commençait pareil, et que du coup je n'avais pas son numéro. Et que le cendrier s'était renversé dans ma chaussure, et que le chien avait été enlevé par des aliens, et que Merde! Je n'avais pas non plus besoin de me justifier, j'étais en retard, point !
Myriam, qui avait tenu précédemment à tout savoir sur mes anciennes relations a eu évidement vent de ma 'non relation' avec Mylène, et m'a reprochée d'être amoureuse d'elle et nianiania. Pour finir, elle a fondu en larme, a commencé à me frapper, et est partie avec tous ses potes qui regardaient la scène.
Putain de merde.
Personnellement, elles commençaient toutes à me gonfler là.
Ma mère qui m'engueulait parce que je l'appelais pas assez, ma tante qui me reprochait de ne pas lui dire quand j'étais en galère de thunes et de jamais venir dîner, Myriam qui disait n'importe quoi et qui me tapait dessus et qui me les brisaient pour ses concerts avec de la musique de… euh... bref.
A qui le tour ?
Ben Mylène, on ne peut pas vraiment dire quelle me faisait chier, mais ne pas comprendre, ou plutôt ne pas avoir confirmation (ou plutôt la frustration) me faisait chier ! Bref flûte.
Donc j'ai gueulé un bon coup dans la rue, et je suis rentrée chez moi.
Le lendemain, Mylène m'a envoyée un texto :
"Dsl pr hier ca ma un peu perturbée de t'avoir parlé après tout ce temp, jespere que tas pu rattraper le coup, bonne soirée zoubix"
J'ai vachement bien rattrapé le coup comme on a pu voir…
J'ai répondu :
"C'est moi qui suis désolée de t'avoir imposé ça. Pour hier c'est passé. Bonne soirée Mylène."
Super sec du coup j'en ai renvoyé un après coup.
"ps: désolé aussi de t'avoir perturbé"
Un peu d'humour histoire de détendre l'atmosphère.
Bon, c'était naze mais je ne savais vraiment pas quoi mettre !
Je lui en ai renvoyé un autre pour lui demander ce qui s'était passé, mais elle n'a pas répondu, et je n'ai pas insisté (enfin pas longtemps).
Le bilan ? Myriam m'a larguée alléluia, alléluia… (désolée...)
Plusieurs mois après, je l'ai revu connecté sur le net, mais je ne suis pas allée lui parler.
Peut-être un peu par fierté je pense.
Alors quoi. Ca s'est terminé ici ? Plus rien ? Exactement.
Enfin presque…
On était en juin, à la gay-pride, plus précisément. C'était ma première gay-pride et une des journées les plus mémorables que j'ai connue.
Ouais… mémorable.
J'y étais allée avec des amis du net. On s'est tapé la marche et tout allait bien. C'était, évidemment, assourdissant de musique, et de monde. On faisait les cons derrières les chars, bref c'était déjà une bonne journée.
Quand… soudain…
26/06/2006 14h41:52 Contact Mylène
"T'es a la g-pride? "
4 mots. Boum ! Alerte rouge !
Je me suis arrêtée net en plein milieu de la foule, et un travestit avec des espèces d'échasses m'est rentré dedans.
Je lui ai répondu à l'affirmative, et elle m'a donné rendez-vous à la fin de la parade.
On s'est envoyé des messages un moment, et quand j'ai su exactement où elle m'attendait, j'ai lâché tous mes potes et j'ai tracé dans la foule.
Je crois que je n'ai jamais marché aussi vite. Une nana avec des piques et une veste que Trinity aurait apprécié qui marche d'un pas décidé, et imperturbable à travers la foule, quand j'y pense ça a dû être marrant à voir.
Quand je suis arrivée sur la place de la bastille, fin de la marche, et donc lieu du rendez-vous, ce fut un bordel pas possible pour la trouver.
Et finalement, c'est elle qui m'a trouvée.
Elle était avec un de ses amis, et on s'est éloigné de la manif pour aller dans un bar d'une rue parallèle.
Bon ! On y était. Une discussion sur ''quoi de neuf depuis neuf mois'', ''Je suis plus avec Valou'', ''j'ai enfin trouvé un taf'', ''ah moi aussi'' ''j'ai envie de m'amuser'' plus tard, et on s'était finalement détendues.
Mes amis n'arrêtaient pas de me laisser des messages gueulantes du genre :
"Qu'est-ce que tu fous bordel, t'es où ?", "Pourquoi tu réponds pas ?", "on peut pas vivre sans toi ! ! !" auquel je répondais par un vague : "je reviens plus tard faites pas chier je suis occupée".
C'est vrai quoi non mais sans blague ! 9 mois !
Son pote est finalement reparti donc Mylène et moi, on s'est lentement dirigées vers mes potes. En discutant le long du chemin.
Je lui ai enfin demandé ce qu'il s'était passé, pour savoir qu'en fait, elle ne savait pas. En y repensant, je crois que je savais mieux qu'elle.
Elle m'a dit que c'était devenu plus gérable, et que quand je téléphonais, Valou était toujours à côté etc etc. J'ai préféré ne pas insister sur ça, et j'ai zappé. Je lui ai demandé pourquoi elle m'avait rappelée.
Ben oui quand même, j'aimerais savoir, oui, oui..!
Elle ne m'a pas répondu tout de suite, et je me suis encore excusée du coup de téléphone. Là, elle m'a touchée la joue, encore… Cela faisait 9 mois et l'effet n'avait pas changé.
Je lui ai fait remarquer que ce n'était pas franchement prudent de recommencer ce truc, et elle m'a répliquée de ne pas la regarder de cette manière, sinon elle allait avoir des difficultés de contrôle.
Putain… de bordel… de merde…
Ca menaçait de déraper. Elle avait plus de mecs jusqu'à plus amples informations...
Elle m'a dit qu'elle avait beaucoup pensé à moi, même si elle n'avait pas le droit ni rien… Qu'elle avait faillit venir me parler sur le net et me téléphoner.
Ben pourquoi tu ne l'as pas fait alors… pourquoi ?!!!
Parce qu'elle croyait que je ne voulais plus là voir en pâture.
Bah, elle m'aurait demander, je lui aurai dis, moi, ce que… euh… Putain les femmes…
Si elle n'arrêtait pas de me toucher la joue, ou quoique se soit d'autre d'ailleurs, j'allais vraiment péter un câble…
On est finalement arrivées en vue du char derrière lequel on était censées retrouver mes potes. J'ai essayé de regarder mais je suis, comment dirais-je… une naine.
Du coup, Mylène a cru utile de me porter contre elle pour me soulever.
Putain…
Finalement, elle a eu raison car ils m'ont vu, eux, et on les a rejoint.
On a donc suivi la marche, un peu derrière les autres. C'était le dernier char, celui du Pulp justement, et on s'est remémorées notre soirée au Pulp…
Ouais bon… sans commentaire !
Puis la dernière fois qu'on s'est vu, à la gare…
Puis…
Elle m'a touché la joue.
Encore.
Du coup, ben je l'ai regardé…
Elle m'a regardé…
Et…
Coupure, ablation, perdue, plus personne aux commandes !
Elle m'a embrassée.
Le reste, n'était plus à la gay-pride. Enfin si peut-être, mais moi je n'y étais plus en tout cas.
C'est dingue ça, j'en avais déjà embrassé quelques-unes… euh… bref.
Même déjà éprouver pour quelques unes… Je crois…
Mais jamais j'avais déconnecté comme ça.
Taz me dira plus tard que "c'est tout juste si vous l'avez pas fait en plein milieu de la gay-pride"
Merci de ton commentaire sale naine à rayure.
Enfin… c'est vrai quand même c'était tout juste !
Mais bon, 9 mois ! "Merde !"
Je sais plus comment, mais on est enfin revenu à Bastille.
Cela a commencé à être compliqué, car j'ai vu que mes potes nous regardaient bizarrement, et qu'il fallait peut-être que je fasse "acte de présence".
Une nana que j'avais connue sur le net, et qui m'avait promis une "pelle" à la gay-pride m'a sauté dessus à un moment, et m'a carrément mise à terre.
Je n'ai même pas eu le temps de dire "maman" que j'étais à moitié assommée devant l'Hypopotamus et tout le monde qui se marrait.
Ben j'ai flippé.
Je sentais venir le problème avec Mylène et s'était vraiment, mais alors vraiment pas le moment !
Elle m'a finalement fait la bise, ouf…
Enfin, elle m'a quand même ruiné l'épaule cette abrutie !
On est partit chercher à boire avec Mylène, et on est revenu 1 heure plus tard…
J'aurais pu prendre feu, je crois…
Au bout d'un long moment, les autres ont émis l'hypothèse d'aller manger un morceau en vu d'une soirée boite ensuite.
Moi j'étais vraiment emmerdée parce que je m'étais engagée vis à vis de quelqu'un pour qu'elle puisse passer la nuit chez moi en attendant son train.
J'ai donc accompagné Mylène au métro.
- Viens avec moi...
Putain ! Merde !
J'étais… je ne sais pas si je ne l'ai pas déjà dis… mais j'étais frustrée !
En plus j'ai failli, mais on comptait sur moi alors non...
1 heure et demi après, la nuit tombait et les gens s'en allaient.
Elle a finalement pris le métro.
Heureusement, d'une certaine manière, parce que contre le kiosque à journaux, ça a commencé à partir en vrille…
Eh ben vous savez quoi ? J'aurai très, très bien pu y aller.
Parce qu'après, on a passé toute la nuit en boite à 5, et la personne avec qui je m'étais engagé, à occuper la banquette…
Enfin plutôt la nana qui avait failli me rouler une pelle à la gay-pride.
Et qui l'avait fait un peu plus tard d'ailleurs.
Et moi je me suis endormie à côté, après avoir reçu un texto de Mylène comme quoi ben…
Merde ! ! !
Bilan ? Hihihi… hum...
Je suis enfin rentrée chez moi un peu avant midi. Je me suis connectée pour trouver un message d'elle, disant qu'elle avait passé une super fin d'après midi…
Ben que puis-je dire… moi aussi !
Et… ben oui rebelotte. Silence radio.
Elle m'a contacté sur le net au bout de quelques jours pour me dire qu'elle flippait un tantinet, et qu'elle voulait qu'on aille se boire un verre pour parler.
Finalement il n'y à pas eu de rendez vous, et ce fut le silence complet.
Eh bien…
Cela m'a blasé. (c'est surprenant ? Lol)
Mais honnêtement, je ne pense pas, comme certains m'ont dis, qu'elle se fichait de moi. Je suis, certes, pas objective, mais je crois quand même, que c'était beaucoup plus compliqué que ça.
Qu'elle avait peur de quelque chose.
Peut-être de mes gaffes, qui sait !
Et je crois aussi que ce n'est pas terminé. Depuis quelques temps, je la vois de nouveau connecté sur le net.
On ne s'est pas parlé, mais j'ai un peu pété un plomb sur mes phrases msn.
Bon, j'avais 40 de fièvre, donc je délirais en faisant des jeux de mots débiles sur l'illogisme de…
Et cela n'a pas dû l'encourager ! Ben oui je sais, je ne suis pas parfaite…
Du coup, je la laisse venir si elle a envie, puis sinon…
Ben c'est qu'elle ne voudra pas.
Pour la suite... Qui connaît le futur ? On va dire que la suite est à espérer (pour ma part).
Pourquoi ai-je écrit cette histoire ? Indéniablement parce qu'elle m'a marquée, encore maintenant.
La moralité de cette histoire c'est… qu'il ne faut pas emmener de nana au Pulp !
Je vous jure elle est maudite cette boite. (Ou c'est moi ?)
La plupart des questions que je me suis posées tout le long, et même encore maintenant n'ont pas trouvées de réponse.
Elle seule, pourrait m'en libérer.
Car tant que je ne serais pas fixer, je penserai à elle.
On s'est vu en tout que… quoi, moins d'une dizaine de fois en un an.
Mais chaque seconde en valait la peine.
Et ma pensée, c'est qu'elle en vaut la peine.
Quoiqu'elle décide (ou ne décide pas)
On peut penser que je suis têtue, et on aurait raison !
Car elle ne m'a jamais dis "c'est fini", "ne m'appelle plus", "va te faire voir".
Juste :