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Souzdal fait partie de l'Anneau d'Or. Cette appellation désigne une dizaine de villes médiévales dans les environs de Moscou. Ces dernières nous invitent à la découverte de la civilisation, de l'art et de la foi de la Sainte Russie. Elles sont les témoins d'un sentiment religieux bien vivace il y a quelques siècles. Souzdal est la perle de l'Anneau d'Or avec ses églises et ses monastères à l'architecture hors norme. C'est une véritable ville musée dans laquelle l'atmosphère paisible est imprégnée de poésie. Le contraste entre les monuments médiévaux et la vie pastorale donne à ce lieu un charme particulier, une beauté envoûtante. Ici, on peut respirer la vie dans toute sa splendeur en se promenant le long de la rivière qui berce la nature de sa douce mélodie. Si j'étais un artiste, je ferais de Souzdal ma muse. Je goûte à ce paradis terrestre une fois par an quand je vais voir mes grands-parents. Mon père est à chaque fois anxieux par cette visite car il sait qu'on lui posera des questions auxquelles il devra répondre en mentant, histoire d'embellir la réalité. Il m'a justifié cet acte par le fait que ses parents avaient sacrifié beaucoup de choses pour que leur fils unique ait la vie qu'ils n'ont jamais pu avoir. Mon père veut qu'ils soient fiers de lui et ce n'est pas en racontant la vérité que cela arrivera. - Pourquoi Talina n'est pas venue ? lui demande sa mère avec grande déception. - Elle ne sentait pas bien pour faire le voyage... Elle est vraiment désolée de ne pas être présente mais elle vous embrasse très fort. - Ca fait tellement longtemps qu'on ne l'a pas vue, ajoute son père. - En tout cas, je suis très heureuse de te voir Yulia. C'est fou comme tu ressembles à ta mère, n'est ce pas Andrey ? Il acquiesce de la tête. Tu es vraiment très belle ! - Merci grand-mère. - Et les études, ça se passe bien ? - Ca peut aller. Voilà maintenant cinq ans qu'on donne l'illusion à ces deux personnes rattrapées par le temps que nous sommes la famille la plus heureuse qui soit. Mon père ne cesse de me répéter que nous n'avons pas le choix. Il refuse que ses parents emportent dans leur cercueil une immense déception suite à toutes les abnégations qu'ils ont fait pour offrir la meilleure des vies possibles à leur fils, et qu'ils constatent finalement que tout cela n'aura servi à rien. Il veut que sa mère et son père montent au ciel le coeur léger avec la satisfaction d'avoir réussi quelque chose durant leur existence. - Et comment va Pasha ? le questionne son père. - Très bien, il profite de sa retraite avec sa famille. - Il pourrait quand même trouver un peu de temps pour venir voir son frère... Mon grand-père se lève de son fauteuil et propose à son fils d'aller se promener dans la ville pour parler de tout et de rien comme au bon vieux temps, quant à moi je reste aider ma grand-mère à préparer le dîner. |