Navsegda

Chapitre 9 : Yulia




La musique résonne dans ma tête, mon cerveau est noyé dans l'alcool, mes poumons sont égarés dans un brouillard de fumée. J'entraîne Lena dans le jardin pour qu'on s'isole un peu du reste de la fête.
- Maintenant je comprends mieux pourquoi toi et Tania, vous vous entendez aussi bien, vous êtes aussi folle l'une que l'autre !
- Non, on profite de la vie c'est tout !
- En prenant un bain de minuit dans le fleuve avec ce froid ?!?
- Et maintenant comme je suis gelée, il faut que je trouve un moyen de me réchauffer...

Je vais pour l'embrasser mais elle se recule en me disant pour plaisanter : "Ne compte pas sur moi!". Je fais semblant de partir fâchée en criant que je trouverai quelqu'un d'autre mais elle me rattrape par la taille et m'enlace avec ferveur.
- Tu crois que je suis assez dingue pour laisser partir une aussi jolie jeune fille ?
- C'est vrai que j'suis plutôt sexy pour 1 mètre 55 !
Son rire pénètre en moi, parcourt la moindre fibre de mon corps éveillant une excitation sans précédent, cela étant sûrement dû au fait que j'ai beaucoup bu ce soir.
- Et si on allait dans un endroit plus tranquille ?
- J'te vois venir Yulia la p'tite coquine !
- Je veux juste te montrer à quel point je t'aime.
.

De cette idylle passionnée, il ne reste qu'un drap froissé et deux corps dénudés d'innocence voyageant dans un silence qu'il ne faut pas briser précipitamment, sa signification étant si forte.
Le feu de la cheminée faisait danser des ombres sur les murs, la pluie venait mourir sur les vitres, il n'y avait pas une voix, seul le bruit de la nature pour nous maintenir éveillées. La souffrance avait dérobé à nos lèvres le peu de mots qui avaient de la valeur nous condamnant ce soir là, l'âme tourmentée de paroles sans son, à vivre dans le mutisme de notre peine.
Nos yeux se sont cherchés à la lueur de la flambée pour se rencontrer dans un regard brûlant de passion, et doucement nos mains se sont liées. Mes baisers descendaient le long de ses formes, son souffle attisait mes désirs, nos lèvres s'effleuraient au rythme de notre peau moite. C'était un acte désespéré mais nécessaire. Cette nuit là, nous nous sommes données l'une à l'autre en silence et avec douleur. Nous nous sommes aimées jusqu'au matin en se faisant l'amour comme si c'était la première fois, comme si nous ne le ferions plus jamais.*


* Phrase inspirée par la citation originale espagnole extraite de la FanFic Vivir en tus recuerdos (chapitre final) :
http://tatu.com.mx/modules.php?op=modload&name=Fanfics&file=index&req=showcontent&id=425
"En silencio hicieron el amor, en un acto desesperado, en un acto necesitado, las dos se amaron en silencio y con dolor, se amaron hasta el amanecer como si nunca lo hubieran hecho, como si nunca lo volvieran a hacer."