Après cette petite discussion, je continue à la masser mais, il n'y
a plus aucune parole échangée, chacune était partie dans ses pensées. J'essaie de contrôler mon désir
pour elle. Je ne suis pas du genre à sauter sur tout ce qui a une paire de seins mais, elle me plait
vraiment et je ne sais pas combien de temps je vais tenir comme ça.
Au bout de 10 minutes, je ralentis mes mouvements, mes mains deviennent plus légères sur son dos, le
massage se transforme en caresses. Elle ne réagit pas, je regarde son visage à moitié enfoui dans le
coussin. Elle dort. Je me relève doucement du lit et part chercher une grosse couverture dans l'armoire.
Je la pose sur elle, prenant bien soin de couvrir tout son dos pour qu'elle n'attrape pas froid.
J'approche, ensuite, mon visage du sien, pose mes lèvres doucement sur sa joue et l'embrasse avant de
lui chuchoter doucement un "bonne nuit ma belle, je t'aime" et je sors de la chambre.
Je m'arrête deux secondes dans le couloir. J'ai presque les larmes aux yeux tellement je l'aime, mais je
n'ose rien lui dire. Je me sens complètement bloquée. Dès qu'elle pose une question qui pourrait me
permettre de tout lui avouer, je deviens distante et réponds d'une façon détournée. Tout le monde semble
croire qu'elle est lesbienne parce qu'elle vit avec moi. C'est vrai que nos accolades sont plus
charnelles que d'autres, que nos baisers sur les joues sont nombreux, mais il n'y a rien de plus, du
moins pour elle. D'un côté, j'aime me sentir si proche d'elle, partager ces moments privilégiés avec
elle, mais d'un autre, elle ne sait pas tout le mal qu'elle me fait par ces gestes.
Je m'enferme dans la salle de bain. Il me faut une douche. Ce massage m'a complètement retournée. Quand
je me déshabille, je vois à l'aspect de ma culotte, l'effet qu'elle m'a fait. Je passe mon doigt sur la
tâche mouillée en soupirant "tu vois l'effet que tu me fais".
Je suis totalement excitée, j'ai besoin de sexe. Malheureusement, la femme de mes rêves est hétéro et ne
sait même pas mes sentiments. Clara! J'en ai envie mais je sais que ça ne serait pas juste, vis-à-vis
d'elle et vis-à-vis de Christ. Tant pis. J'enfile mon peignoir et cours dans ma chambre. J'attrape mon
téléphone et compose le numéro de Clara.
Elle ne répond pas. Je tombe directement sur la messagerie. Elle doit dormir ou être avec une autre
fille.
Je retourne à la salle de bain, déçue et toujours excitée. J'entre dans la douche, tire le rideau et
ouvre l'eau tiède, même plus froide que chaude. Rien n'y fait. Je ferme les yeux et revois son dos nu,
mes mains se posant sur sa peau, la chaleur de sa peau si douce. Je ressens mon entrejambe s'humidifier.
Sans avoir le temps de réfléchir, mes mains commencent à se promener sur mon corps, sur mes seins, sur
mon ventre, sur mon sexe. Ma respiration s'accélère au rythme de mes doigts sur mon clitoris. Je sens
sa présence, comme si elle était sous cette douche avec moi, comme si c'était ses mains sur moi, en moi.
Je pousse le rideau et pose ma jambe sur le rebord de la baignoire pour avoir un meilleur accès. Je ne
contrôle plus rien, je ne contrôle plus mes doigts qui s'enfoncent en moi aussi profondément que
possible.
Au moment où je jouis, j'entends un bruit dans le salon mais il est trop tard, je ne peux plus me
retenir et je cris son nom. Deux secondes après, la porte de la salle de bain s'ouvre.
"Tu m'as app…"
Elle s'arrête net quand elle me voit dans la douche, ma jambe relevée sur le bord, mes doigts encore
en moi. Je suis autant choquée qu'elle. Je n'ose même pas bouger. Ma tête me dit de retirer mes doigts
et de refermer le rideau mais mes bras ne semblent pas vouloir bouger d'un pouce.
On se regarde sans un mot, yeux dans les yeux quelques secondes, puis elle se recule.
"Je… Je suis désolée… je croyais que… que tu m'avais appelée… désolée"
Et elle referme la porte.
Je suis rouge de honte. Mon corps bouge enfin et je finis ma douche rapidement. Je n'ose même pas sortir
de la salle de bain.