Je me suis réveillée tard ce matin. Le soleil brillait toujours
dehors. Encore une belle journée. J'ai eu du mal à m'endormir hier soir. Je n'arrêtais pas de repenser
à Christine. Elle était là dans mon appartement dans la chambre juste à côté de la mienne. J'arrêtais pas
de revoir son visage rempli de larmes, puis son sourire, sa voix, ses longs cheveux, son rire. On avait
passé la soirée à parler et se raconter nos vies, comme si on se connaissait depuis des mois, voire des
années.
J'entends du bruit dans la cuisine. Je suppose qu'elle doit déjà être réveillée. Je me lève, enfile un
short et un tee-shirt et rejoint la cuisine.
Je suis surprise quand je la vois. Elle a un grand sourire ce matin. Elle est en train de préparer le
petit-déjeuner.
"Salut toi. Enfin réveillée?" elle me lance.
"Salut. Bien dormi?"
"Très bien. Et toi?"
"Bien aussi. Que me vaut tout ça ce matin?"
"Ben pour te remercier pour ta gentillesse et de l'hébergement"
"Merci. Mais fallait pas"
"Attends. Si je dois rester ici quelques temps, il est normal que j'aide un peu"
"Tu vas rester alors?"
"Ben si tu veux toujours"
"Bien sûr"
On mange et ensuite, je lui propose d'aller chez Franck prendre des affaires. Elle veut venir avec moi
mais je refuse. Je pense que ce n'est pas bien qu'elle le revoie si tôt. Il peut l'influencer.
Je pars un peu avant le déjeuner. Elle me donne sa clé en me disant qu'il devrait être au travail jusqu'à
12h30. J'ai pris des sacs pour y mettre ses affaires et me suis dirigée à l'adresse indiquée.
J'ai sonné à tout hasard. Je ne voulais pas me servir de la clé et tomber sur lui. J'entends des bruits à
l'intérieur. Zut, je croyais qu'il n'était pas là. Un homme, environ 28 ans, ouvre la porte. Il est
grand, les cheveux bruns et il est assez balaise pour envoyer une femme au sol avec une simple tape.
"C'est pour quoi?"
"Salut. Je suis une amie de Christine et elle m'envoie chercher quelques affaires pour elle"
"Ouais, c'est ça. Qu'est-ce qui me le prouve? Je ne vous connais pas et vous croyez que je vais vous
laisser entrer et prendre les affaires de ma femme?"
"Ce n'est pas votre femme. Et si elle m'a dit de passer c'est qu'elle ne compte pas revenir ici pendant
un moment"
"Où est-elle?"
"A l'abri de vous"
"Qu'est-ce qui vous permet de juger ce que j'ai fait?"
"L'état dans lequel je l'ai trouvé hier et ce qu'elle m'a raconté hier soir"
"Je ne vous laisserais pas entrer là dedans et m'enlever la femme de ma vie"
"Ca, ce n'est pas moi qui vous l'ai enlevée. Vous l'avez déjà perdue hier avant même que je la voie.
Frapper une femme parce qu'elle attend un bébé de vous c'est franchement pas malin"
"Je ne vous permet pas de parler comme ça"
"Je parle comme je veux et maintenant j'aimerai entrer prendre des affaires et retourner à mes
occupations"
"Il en est hors de question. Je n'ai aucune preuve de qui vous êtes"
"Ok."
Je ne voulais pas en arriver là mais visiblement, il ne me laisserait pas rentrer. Je sors mon portable
et tape le numéro de chez moi. Le répondeur se met en route. Je m'en doutais un peu, car je savais
qu'elle ne décrocherait pas, vu qu'elle n'est pas chez elle. Mais je sais que si je parle et qu'elle est
dans l'appartement, elle entendra que c'est moi et décrochera.
"Christine. C'est Joey, décroche s'il te plait"
J'entends un bruit.
"Joey?"
"Oui, je suis devant chez toi. Franck est là et ne veux pas me laisser entrer pour prendre des affaires"
"Ok. Passe-le moi"
"Je ne pense pas que ce soit une bonne idée"
"Je veux juste lui dire qu'il doit te laisser passer. Ne t'inquiète pas"
"Ok"
Je passe le téléphone à Franck.
"Chérie, mon amour, je t'aime, tu me manques, reviens s'il te plait"
…
"Mon amour. Je regrette tout ce que j'ai dit. Je veux que tu reviennes. Je veux qu'on ait ce bébé tous
les deux"
…
"Je ne parlerai plus jamais d'avortement. Je veux ce bébé"
…
"Ok. Je lui dis. Merci mon amour. Je t'aime"
Quand il raccroche, il me regarde avec un grand sourire. Je ne sais pas ce qu'elle a dit mais je peux
l'imaginer en voyant son visage. Je n'arrivais pas à le croire. Elle m'avait dit qu'elle ne craquerait
pas.
"Elle revient, ce n'est plus la peine de prendre ses affaires. Elle revient et toi, tu dégages de notre
vie. Je ne veux pas que tu l'approches"
Je m'en vais sans dire un mot. Je retourne chez moi. J'espère qu'elle est déjà partie. Je suis en colère
et je n'ai pas envie de la voir. Je sais que si je ne la vois pas maintenant, je ne la reverrai
peut-être jamais surtout avec ce que m'a dit Franck mais je n'ai pas envie de la voir sous l'effet de la
colère.