Ce matin, je me suis réveillée à cause d'un bruit à ma porte. Elle
venait de toquer et d'ouvrir la porte, les bras chargés d'un plateau repas. Mais, en voyant que j'étais
nue, elle laisse tomber le plateau.
"Joey, je… oh pardon. Je suis désolée. Je ne savais pas"
Je tire la couverture sur moi jusqu'au cou.
"Chris, ce n'est pas grave. Calme-toi."
Je glisse sur le côté du lit pour attraper mon tee-shirt et un short. Je m'approche d'elle. Elle était
encore là debout sans bouger, fixant le lit où je n'étais plus.
"Chris, ce n'est pas grave je te dis"
"Je suis désolée, je n'aurais pas dû rentrer comme ça, sans attendre ton autorisation. Je n'ai pas pensé
que tu pouvais… Et merde, regarde, j'ai tout renversé"
"Bon ben, je crois qu'on va prendre le petit déjeuner dans la cuisine mais merci quand même, c'était
vraiment sympa d'avoir voulu me faire cette surprise" je lui réponds en montrant les dégâts sur le sol
avec ma tête. "Allez viens, on va manger, on nettoiera après"
Je l'aide à faire un deuxième petit déjeuner, un sourire aux lèvres parce qu'elle avait quand même voulu
me surprendre avec ce premier petit déjeuner au lit, raté c'est vrai. Mais, c'était marrant quand même.
Une fois le petit déjeuner fini, on nettoie ma chambre. Heureusement que je n'ai pas mis de moquette sinon
ça aurait été pire mais j'avais prévu le coup, je m'étais toujours dit "pas de moquette dans la chambre,
on ne sait jamais les tâches qu'on peut y avoir".
"Encore désolée pour avant. Si j'avais su, je ne serais pas rentrée"
"Ce n'est pas grave, après tout, je suis faite pareille que toi. La prochaine fois, je mettrai une
pancarte sur la porte 'attention camp de nudistes'"
Elle éclata de rire et moi aussi. On avait du mal à finir le nettoyage parce qu'on rigolait à chaque
fois qu'on repensait à la pancarte sur la porte.
"Bon, je vais me doucher et m'habiller et ensuite, on pourra aller à la police, si tu es prête"
"Faut vraiment faire ça, Joey ?"
"Bien sûr"
Je la regarde fixement.
"Ok alors. Mais, je veux que tu sois là, je me sentirai plus forte"
"Je serai toujours là" et je me lève, lui fais une bise sur le front et me dirige dans la salle de bain.
Quand je sors de la salle de bain, elle était dans sa chambre, le regard fixé sur la fenêtre. Je
m'approche.
"Tu sais que si tu arrêtes de regarder cette fenêtre, elle sera encore là tout à l'heure, c'est magique"
Elle se retourne et se contente de me faire un léger sourire. Je comprends qu'elle n'a pas la grande
forme et je sais pourquoi. Même si on vit un cauchemar, on a souvent du mal à porter plainte contre
quelqu'un à qui on tient, ou du moins à qui on tenait pendant des années.
"Ca va bien se passer. Je te le promets. Je serais là" je lui dis en la prenant dans mes bras.
Elle pose sa tête 2 minutes sur ma poitrine avant de prendre une grande respiration.