Sexe, religion et bonnes manières

Chapitre 3




  Bree se leva la première du sofa en direction de la salle à manger, la brune la suivit. Kate évoqua durant le déjeuner quelques anecdotes concernant ses clients et Bree lui raconta quelques potins sur les personnes apparemment très correctes de la ville.
Elles riaient beaucoup, se parlaient de leurs voisins, de recettes de cuisine mais jamais elles n'abordèrent leurs souvenirs de lycée, de collège ou toutes autres classes.
Le repas terminé, Kate remercia Bree pour sa savoureuse cuisine et rentra chez elle.
La rousse replongea dans son quotidien et sa vie de famille durant deux jours, deux jours pendant lesquels elle ne cessa de parler de cette brune et de sa future nouvelle bibliothèque.

Chambre à coucher environ 22h.

Les sujets de conversation, mis à part :

"Comment était ta journée ?"

Se réduisaient à :

"Je suis sûr que Kate réussira parfaitement la pièce, elle a l'air très rigoureuse !"

Mais Orson en eut rapidement assez.

"Bree ! Ca suffit maintenant ! Kate par ci, Kate par là... Tu n'as plus que cette jeune femme à la bouche ! " Cria-t-il, irrité.

Bree rougit immédiatement.

"Marie-toi donc avec elle si tu ne peux plus t'en passer !" Poursuivit-il avec ironie.

"Orson ne dit pas de bêtises ! Ressaisis-toi, je suis juste enthousiaste à l'idée d'avoir une nouvelle pièce dans notre maison, je pensais que cela te ferait plaisir."

"Oui, je suis content, moi aussi, mais, s'il te plait, cesse donc de parler d'elle ainsi, je vais finir par devenir jaloux."

"Orson ! Mais qui t'as mis pareilles idées en tête, voyons?" dit-elle, outrée.

"Les Morgans, qui habite la ville d'à côté, se sont séparés, il y a quelques semaines car Mr Morgan a découvert que sa femme avait une maîtresse ! Je le sais par un ami. Par ailleurs, je suis républicain, Bree ne l'oublie pas, ces choses là ne sont pas dégoûtantes pour nous et puis tu as fini par te laisser faire, même si ce n'était pas autorisé par ta religion. L'autre soir, tu sais lorsque nous avons pratiqué les préliminaires poussées que tu qualifies de "sales" et il me semble que tu as grandement apprécié..." Murmure-t-il.

"Oui et bien, inutile de reparler de cela, je n'aurais pas dû, et puis je ne vois pas ce que ça à voir avec le sujet. En tout cas, elle arrive demain pour commencer les travaux, je compte sur toi pour être aimable et bien élevé en sa présence, et ne va surtout pas aborder ce sujet, c'est inconvenant."

"Oui, de toute façon, tu es la première à penser que ces choses là sont répugnantes et pas naturelles alors je n'ai rien à craindre de toi chérie, je te fais entièrement confiance ma puce !"

Bree déglutit, éteignit la lumière et s'endormit peu après.
Soudain, elle ouvrit les yeux, elle se trouvait dans son salon, sombre, éclairé faiblement par la lune. Elle fit quelques pas et passa devant un miroir. Elle constata qu'elle était toujours en nuisette, subitement son reflet lui souffla :

"Fais-le ! Tu en meurs d'envie."

Bree continua son chemin, glissa sur un pinceau et tomba violemment. Une silhouette d'homme fondit sur elle en lui saisissant le poignet :

"Mais que fais-tu donc par terre Bree ?! Ce sont ces travaux qui te terrassent ? Ou peut-être que c'est le poids de ta conscience qui t'empêche de continuer ! Relève-toi pécheresse !" Hurla-t-il.

"Je ne suis pas une pécheresse, je le jure !"

Brusquement, il la souleva et la projeta dans la sofa puis disparut, tout devin noir. Une voix lointaine retentit autour d'elle :

"Aller viens Bree, on laisse ces petites pestes entres elles, on peut très bien s'amuser toutes les deux !"

Des rires de jeunes filles éclipsèrent progressivement la voix, puis se fût le silence. Une lumière s'alluma et Bree s'aperçut que Kate se tenait devant elle, en tenue de travail, vieux débardeur sali de peinture et jean troué, un pinceau à la main.

"Tu as glissé sur mon pinceau, Bree, il fallait faire plus attention, maintenant c'est trop tard !"

Bree cligna des yeux et tourna la tête, la brune se trouvait maintenant à ses côtés, en tenue de soirée, un verre de champagne à la main.

"Huuum Bree, j'ai soif, tu sens bon... Je m'y connais en grand cru... laisse-moi goûter à ton nectar..."

Tout à coup, Orson apparut derrière Kate, la saisit aux bras et hurla :

" Vas-y, fais-le, tu en meurs d'envie, regarde-toi !"

Bree regarda ses jambes et vit quelles étaient complètement trempées, elle baignait dans une petite flaque, le tissu du sofa foncé par l'humidité. Elle souleva sa nuisette, sa culotte était littéralement noyée. La rousse leva la tête, incrédule, en direction de Kate. Orson avait de nouveau disparu. Aussitôt la brune tendit le bras, agrippa la nuisette de Bree au niveau de la poitrine et la déchira !

"Nooon!" cria Bree en se réveillant en sursaut.

"Que se passe-t-il ? Chérie, ça ne va pas ?" Demanda Orson inquiet.

" Si... si… j'ai fait un cauchemar, rien de plus..."

Bree regarda son réveil, il était 7h30. Elle décida de se lever. Orson la suivit.
Ils prirent le petit déjeuner. Comme tous les jours, Orson partit travailler et Bree resta s'occuper de la maison...

"Elle arrive aujourd'hui, il ne faut pas que ce cauchemar me trouble... C'est un service que je rends à une amie et ça me donne l'occasion de papoter un peu, puis nous pourrions discuter et peindre en même temps...Voila tout." Se dit Bree, perdue dans ses pensées.
Tout à coup, une bribe d'images lui revint en mémoire, sa chute, à cause d'un pinceau...

"Non, pas de peinture... Mais ce n'est qu'un rêve, voyons, c'est sûrement dû à la dispute que j'ai eue avec Orson... Rien de bien important... Quand arrive-t-elle ?"
Elle regarda sa montre...
"Dans une demi heure... Patience... Pourquoi suis-je si impatiente tout d'un coup ? Je suis excitée par les travaux c'est sûr..."

Trois quarts d'heure plus tard...
drrrring...

"Enfin ! Elle a 15 min de retard !"

Elle ouvrit la porte et rapidement le sourire lui revint à la vue de Kate.

"Bonjour Bree ! Excuse-moi d'être en retard, je sais que tu aimes que les invités soient à l'heure, mais j'ai de quoi me faire pardonnée ! Viens dans ma voiture sur la banquette arrière, j'ai quelque chose que tu vas certainement trouver très appétissant !" Lança-t-elle, un grand sourire aux lèvres.

Bree devint pâle.

"Pardon ?!"

"Oui, viens voir j'aurais besoin d'aide, je ne peux pas le faire toute seule ! Suis-moi."

Kate saisit doucement le poignet de Bree et l'entraîna dehors. Son coeur battait à tout rompre.
Elle ouvrit la portière de sa voiture et dit :

"Sur le chemin, je suis passée devant une boulangerie qui vendait tes chocolats préférés, tu sais, ceux fourrés aux pralinés, tu adorais ça au lycée, je crois que c'était ta mère qui t'en faisait toujours pour ton quatre heure ! Et je suis aussi passée chez un antiquaire qui vendait moitié prix un magnifique miroir dans le style que tu désirais pour ta bibliothèque ! Je n'ai pas résisté, je te l'ai pris ! Je vais monter et tu vas réceptionner le miroir car je n'arriverais pas à le sortir seule."

"Ah c'est donc pour les chocolats ! Et pour ce miroir que tu voulais que je monte dans ta voiture..."

"Oui pourquoi ?"

"Oh pour rien, pour rien ! Merci beaucoup, il est superbe ! Je suis surprise que tu te souviennes de mes chocolats préférés, c'est une très délicate attention !"

"Orson ne s'en rappelle jamais lui..."pensa amèrement Bree.

Une fois le miroir débarqué et déposé dans la maison, Kate installa son matériel dans la bibliothèque et alla mettre des vêtements usés. Tout en préparant ses outils, elle continuait à discuter avec Bree.

"J'espère que mes vielles loques ne te dérange pas ! Je les mets pour éviter les taches car j'ai déjà essayé de nettoyer une tache de peinture sur de la soie ou même du coton et je peux te dire que c'est une torture ! Les taches de vin sur les vêtements ou de graisse sur les tapis sont nettement plus faciles à enlever avec une solution de vinaigre, de citron ou de javelle selon la nature de la tache."

Bree sentit une chaleur brûlante s'emparer de son corps, sa respiration s'accélérait, elle plaça discrètement la main dans le bas de son dos, où quelque chose avait encore coulé...

"Oh non ! Pourvu que ça ne se remarque pas ! Pense à quelque chose d'autre... Heu, pense à ton jardin réduit à néant par un gros chien... Tes pauvres fleurs piétinées et détruites... Hum, ça va mieux."

L'agitation de son bas ventre s'atténua petit à petit.

"Bree tu m'écoutes ?" Demanda Kate.

"Oui, oui, je t'écoute Kate, tu disais qu'avec des taches d'herbes, il faut utiliser du dentifrice et... On peu aussi prendre du... Heu..."

"Du javel ou de l'alcool à brûler... Mais le mieux c'est le dentifrice."

"Oui du... Dentifrice... Hum." Bredouilla Bree qui devenait de plus en plus libidineuse...

"Bon assez parlé nettoyage ! Je vais d'abord retirer tes meubles, enlever la tapisserie, repeindre et remplacer les vieux meubles par ceux que tu as choisi, j'achèterais quelques trucs de décos et je devrais avoir fini dans trois voir quatre semaines, à raison de trois jours par semaine ! Nous allons donc nous voir tous les mardis, jeudis et vendredis ça te va ?"

"Oui parfaitement ! Tu commences quand tu veux, je vais faire des cookies, je serais dans la cuisine si tu as besoin de moi."

"Ok !"

"Bon, au boulot, ma grande" Pensa la brune.