Sexe, religion et bonnes manières

Chapitre 4




  Les jours passèrent pendant lesquels les travaux avançaient assez lentement mais sûrement. Bree faisait souvent de bons petits gâteaux en tout genre pour son hôte, elle restait discuter avec elle mais jamais plus d'une heure ou deux, car elle prenait ses distances à la suite du rêve qu'elle avait fait la nuit précédent le début des travaux. C'était chaque jour une excuse différente.

Mardi:
"Désolé de ne pouvoir te parler plus longtemps mais je dois aller chercher Andrew au club de natation !"

Ou encore jeudi :
"On discute, on discute, et hop, je ne vois pas le temps passer ! Je dois conduire Danielle chez une de ses amies."

Et la dernière en date était :
"Mes bégonias ont terriblement besoin de mes soins !".

Et ces nombreuses excuses n'avaient pas échappées à Kate qui se dit qu'il fallait y remédier.

Une semaine et demi après le début des travaux, vendredi après-midi.

"Bree ! Je peux te demander un coup de main ? Il faudrait que j'ai terminé la pose de la première couche de peinture sur ce mur aujourd'hui, pourrais tu m'aider ?"

"Oui bien sûr, ça pourrait être amusant ! Je vais passer quelque chose de plus adéquat."

"Ouiiiiii !" Pensa Kate.

"C'est relaxant de peindre ça me destressera peut-être, je suis tendue ces derniers temps..."

Bree enfila d'autres vêtements et rejoignit Kate.

"Alors tiens, prends ce pinceau et c'est cette couleur qu'il faut mettre. Alors comme ça, tu es tendue ? Pourquoi donc ?"

"Je ne sais pas, je dors mal..."

"Cauchemar...?"

"Oui"

"Tu as de la peinture sur la joue... juste là."

Kate plongea son doigt dans la peinture et l'étala sur la joue de Bree.

"Kate ! Mais pourquoi tu as fais ça ?"

"Tu en as là aussi !"

Kate étala son doigt sur l'autre joue de Bree.

"Oh ! "

Bree passa le doigt sur sa joue et observa la tache de peinture, puis elle plongea sa main dans le pot et la brossa sur le bras de la brune qui répliqua aussitôt en étalant sa main sur l'épaule de Bree. Elles plongèrent toutes deux leurs mains dans ce liquide épais et entamèrent ce qui semblait être une bataille de peinture entre ados ! Bree finit par rire pendant la bataille lorsqu'elle vit la tête de la brune couverte de peinture ! Mais Kate ne se laissait pas faire, elle empoigna un rouleau large, le trempa dans la peinture et l'étala sur le torse de Bree, le vieux débardeur de la rousse laissa deviner une poitrine généreuse aux mamelons raidis par le froid...
Bree s'essuya un peu, puis Kate saisit les mains de sa camarade et les essuya sensuellement avec un chiffon. La brune se rapprocha doucement tout en soutenant le regard de Bree, soudain la porte d'entrée s'ouvrit, c'était Orson qui rentrait de sa journée de travail.

"Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Pourquoi êtes-vous couvertes de peintures ? Que faisiez-vous toutes les deux ?" Questionna-t-il d'un ton soupçonneux.

"Bonsoir chéri ! Tu rentres bien tôt, tu n'as pas eu de problèmes au moins ?" Demanda Bree avec un self control effarent.

"Non, mon patron nous a offert notre fin d'après-midi. Mais tu n'as pas répondu à ma question."

"Nous avons eu un petit accident avec les pots de peintures mais nous contrôlons la situation à présent ! Vas donc te relaxer dans le salon, le dîné sera bientôt servis."

"Je crois que je ferais mieux d'y aller Bree. Bonsoir. Et je nettoierais tout, ne t'inquiète pas." Dit Kate tristement et un peu gênée.

Ce soir là, Orson était devenu méfiant et proposa à Bree de réduire les heures de travail de Melle Dyto, prétextant que les finances n'étaient pas au beau fixe en ce moment. Bree ne put qu'accepter pour calmer les soupçons de son mari jaloux.
Une semaine passa pendant laquelle elles ne s'adressèrent la parole que pour dire bonjour et au revoir, ce n'était pas Kate qui en était la cause, mais Bree qui avait décidé de garder ses distances. La réaction d' Orson l'avait rendu honteuse et gênée, mais Kate lui manquait terriblement. Petit à petit, la méfiance d'Orson faiblie et disparue, ce qui permit aux deux femmes de se rapprocher, de discuter toujours un peu plus longtemps. Un soir, Kate et Bree se mirent à bavarder, puis à plaisanter, cela faisait déjà deux heures quelles parlaient, elles riaient tellement quelles avaient les yeux rougis et des crampes aux joues !

"C'est incroyable, tu faisais vraiment ça quant tu étais enfant ?!" S'esclaffa Kate.

"Oui absolument !"

Kate soupira et dit :

"Tout cela m'avait beaucoup manquer..."

"... De quoi veux-tu parler ?" Demanda la rousse, hésitante.

Soudain un énorme coup de tonnerre leur glaça le sang, elles sursautèrent et la lumière s'éteignit.

"Oh non, les plombs ont sauté à cause de l'orage ! J'ai bien entendu quelques grondements tout à l'heure mais je ne pensais pas que ça deviendrait sérieux..."

Kate prit le bras de Mme Hodge pour la rassurer.

"Ce n'est rien, il est tard, tu ne vas pas appeler quelqu'un à cette heure, je vais changer les fusibles, tu m'indiques où ils se trouvent ?"

"Oui c'est à la cave par ici."

Une fois les plombs changés, Bree proposa à Kate de dîner avec elle avant de partir, ce qu'elle accepta. L'orage redoubla de puissance, de violents éclairs déchiraient le ciel et les tympans de toutes les villes alentours, ce qui rendait toute excursion impossible.

"Kate, je ne peux pas te laisser rentrer en voiture avec un temps pareil, c'est trop dangereux !
Reste dormir à la maison cette nuit, tu pourras repartir demain, ce serait plus prudent..."

"Je ne voudrais pas chambouler ton ménage Bree, ne t'inquiète pas, tout ira bien."

"Si, j'insiste ! Reste là cette nuit, s'il te plait."

"D'accord Bree mais, pourquoi tiens-tu absolument à ce que je reste ? Il n'y a pas grand danger en voiture."

"Eh bien, je... je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose c'est tout, les arbres sont dangereux... Je vais te chercher un pyjama et des draps propres, tu dormiras dans la chambre d'amis qui se trouve à coté de la mienne."

Une petite heure plus tard, Bree avait fait le lit et préparer le dîner, mais il n'y avait que trois couverts car ce soir le mari de Mme Hodge dormait à l'hôtel à cause du violent orage.

"Vous dînez avec nous Melle Dyto ?" Demanda Andrew.

"Oui ta mère a l'extrême gentillesse de me garder ici cette nuit, c'est trop dangereux dehors."

"Waw, deux femmes, un jour d'orage... Ca ferait un bon film..." Dit-il en soulevant un sourcil.

"Un film ? Ha c'est amusant ! Mais quelle serait la catégorie de ce film ?" Rétorqua Kate qui rentrait dans son jeu.

"Cela dépend du rapport qu'entretiennent les actrices !".

Andrew éclata de rire pendant que sa mère rougissait.

"Andrew ça suffit, mange donc avant que ton gigot ne refroidisse !" Répliqua Bree, sèchement.

Une fois le repas terminé, Kate continua ses travaux et Bree poursuivit la lecture de son livre dans la pièce d'à coté.
Aux alentours de 23 heures, Andrew monta dans sa chambre, puis finit par se coucher, Bree coinça un marque-page dans son livre et rejoignit Kate dans la bibliothèque.

"Kate ?" Dit doucement Bree sur le pas de la porte.

La brune sursauta.

"Je suis désolée, je ne voulais pas te faire peur, je suis passée te donner ça pour cette nuit, je vais me coucher."

"Ce n'est rien Bree, j'étais perdue dans mes pensées, tu m'as surprise, je vais aller me coucher aussi alors."

La rousse accompagna son ancienne camarade dans la chambre d'amis.

"Bien… Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis dans la chambre juste en face de la tienne, bonne nuit."

"Merci, bonne nuit Bree."

Mme Hodge tourna les talons en direction de sa chambre.

"Bree attends !"

Le sang de la rousse ne fit qu'un tour, puis elle devint pâle, le coeur palpitant elle se retourna.

"Oui Kate ?"

Elle bredouilla :

"Je... heu… Merci pour la nuisette."

Bree se tranquillisa.

"Mais de rien, c'est normal ! A demain."






Depuis le 29/04/2008