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Kate, pensive, regarda Bree passer la porte puis disparaître, elle se tourna vers son lit et se déshabilla. Sa nuisette en soie, fines bretelles, était simple mais délicate. "Bree a toujours eu des goûts de luxe, ce n'est pas une exclusivité, mais pourquoi m'a-t-elle donné un truc aussi chic pour dormir, je ne reste ici qu'une nuit ! Mais, je ne vais tout de même pas m'en plaindre, elle est vraiment confortable, un peu courte, mais confortable." Elle se glissa sous la couette et ferma les yeux. Le calme de la chambre était glacial et angoissant, comme la première fois où elle était venue. On entendait dans ce silence, que les cliquetis réguliers de plusieurs réveils et horloges en tout genre. Ce bruit devenait insupportable, il résonnait jusque l'intérieur de son crâne. Rageusement, elle prit son oreiller et le pressa contre sa tête en grommelant. "Raaah ! Mon crâne va exploser ! Il faut que j'essaie d'oublier ces tics tacs incessants... interminables..." Petit à petit, ses mains lâchèrent prise, son oreiller tomba. Sa respiration devint plus faible et régulière, son bras gauche glissa du lit et resta immobile dans le vide tandis que son bras droit s'abandonna sur son ventre. Progressivement, elle sombra dans le sommeil. Après une nuit agitée, Kate se réveilla avec la douce odeur du café et le parfum des croissants chauds. Elle se leva, se recoiffa et se dirigea vers la cuisine. "Bonjour Bree" Dit-elle doucement d'une voix légèrement rauque. " Bonjour Kate, je ne t'ai pas réveillée, j'espère ?" "Pas du tout, mais il est à peine sept heures moins le quart et tu es déjà debout ? Tu en as du courage..." "Je préfère me lever tôt, j'ai un tas de choses à faire dans cette maison." "Café ?" Demanda Bree en souriant. "Oui avec plaisir. " Pendant que Bree préparait le petit déjeuner, Kate ne put s'empêcher de l'observer, minutieuse et gracieuse, chacun de ses gestes semblaient parfaitement coordonnés. Même la couleur de la robe de chambre quelle portait était accordée à celle de sa nuisette. "Mon dieu, je n'ai presque rien sur le dos... Elle a vraiment une sublime chute de reins..." Se mit-elle à penser en la déshabillant du regard. Bree se retourna, deux tasses de café à la main. "Et voila du café bien chaud !" "Heu merci..." Bredouilla Melle Dyto, tirée de ses rêveries. "J'espère que ta nuit fût agréable Kate je veux le meilleur pour mes invités !" "Oui très ! Et ta nuisette est si confortable !" "Oui je trouve aussi et elle te va particulièrement bien, tu n'as qu'à la garder, elle est faite pour toi !" "Non je ne peux accepter Bree, elle est magnifique mais c'est la tienne et elle te va aussi très bien..." La rousse rit et insista jusqu'à ce que Kate accepte. Elles discutèrent des travaux, firent un bilan des petites choses qu'il restait encore à faire. Cela faisait deux grosses semaines qu'ils avaient commencé et il ne restait malheureusement plus grand chose à faire. Les meubles étaient arrivés, les murs peints, le plancher posé, il ne restait plus qu'à disposer les différentes armoires et à y remettre les livres. Kate estima qu'elle avait déjà assez abusé de l'hospitalité de Bree, pour peu, on aurait pu dire qu'elle habitait là, c'est la raison pour laquelle les travaux ont avancé si vite. "Si je veux tenter quelque chose, c'est impérativement dans les prochains jours, car les travaux ayant pris beaucoup moins de temps que prévu, il faut faire vite si je ne veux pas voir tous mes efforts réduits à néant, ou pire : perdre Bree pour toujours. Car une fois les travaux terminés, on continuera à se voir, mais de plus en plus rarement et puis elle finirait par m'oublier encore une fois, et ça je ne le supporterais pas." Le lendemain, Bree découvrit avec colère qu'une partie de l'armoire ancienne qu'elle avait commandée avait été cassée durant le transport par un ouvrier. Elle entreprit donc de la réparer avec l'aide de Kate. Cela leur prit un temps et une énergie considérable, mais pour Kate ainsi que pour Bree, même si Bree ne voulait pas se l'avouer, la difficulté du travail n'était rien face au plaisir qu'elles éprouvaient lorsqu'elles étaient ensemble. "Je suis pleine de poussière ! Je vais prendre une douche et ensuite je préparerais le dîner pendant que tu prendras la tienne, d'accord ?" Demanda Bree en soupirant de fatigue. "D'accord, je peux éventuellement t'avancer un doigt en cuisine ?" "Quoi ?!" Demanda Bree, embarrassée. "Je te demande si tu désires que je t'aide en cuisine, histoire que tu en aies moins à faire." Répondit Kate avec une expression d'enfant innocent. "Ah, heu non, merci Kate, repose-toi, tu en as fait beaucoup aujourd'hui." Mme Hodge se dirigea vers sa chambre pour prendre son nécessaire de toilette et monta se laver. La salle de bain de Bree était spacieuse et très bourgeoise à l'image de la maîtresse de maison. Le lavabo était plus blanc qu'un sourire de vedette, les tapis plus propres qu'un bloc opératoire et les serviettes méticuleusement pliées. En entrant, elle fit couler l'eau de la douche, sortit une serviette propre qu'elle déposa comme d'habitude sur le petit meuble à droite et commença finalement à se déshabiller. Elle plaça ses vêtements dans le bac à linges sales et entra sous la douche. Sentir l'eau chaude courir sur sa peau était un tel soulagement, c'était comme si le temps s'arrêtait, que tous ses problèmes lui glissaient sur la peau et s'évaporaient. La vapeur envahit la pièce, les gouttes d'eau perlaient dans ses cheveux roux et tombaient en créant une apaisante mélodie rappelant les jours de pluie. Bree était tellement détendue qu'elle n'entendit pas le bruit de la porte s'ouvrir et Kate entrer furtivement. Elle commença à se dévêtir, son débardeur, son jean et ses sous-vêtements. Elle regarda ce tas de vêtements, hésitante. "Allez, je dois faire mon choix, il est encore temps de se rhabiller et de partir discrètement, elle n'en saura rien ! Elle a des sentiments pour moi, je l'ai ressenti..." La brune prit son courage à deux mains et commença à parcourir la courte distance qui la séparait de Bree, ça lui sembla pourtant être les quelques pas les plus longs et difficiles qu'il lui avait était donné de faire. La main tremblante, elle saisit le rideau de douche et le fit glisser très lentement. Bree était là, nue devant elle, lui tournant le dos. Kate regarda, captivée, les gouttes d'eau ruisseler sur son dos et ses mains savonneuses qui arpentaient doucement son corps... Immédiatement, Bree sentit une brise fraîche caresser sa peau. Elle se retourna à demi et vit que le rideau était ouvert, puis elle sentit une agréable chaleur derrière elle. "Kate !? Mais que fais-tu là ?!" Cria-t-elle. Bree recula d'un pas, cacha sa poitrine et constata que Kate était totalement nue. "Ne crie pas..." Elle s'approcha doucement de Bree, avança ses lèvres si près que Bree put sentir la chaleur de son souffle. Kate savoura le délicieux parfum qui émanait de sa partenaire. Bree respirait vite, elle était paniquée, mais finit par relâcher doucement ses bras le long de son corps. La brune déposa une main sur la hanche de sa compagne et effleura sensuellement ses lèvres. Aussitôt, Bree l'embrassa avec un désir brûlant, tellement longtemps refoulé qu'elle éprouva le besoin essentiel de sentir le corps de Kate contre le sien. Tandis que ses mains exploraient la peau de son invitée, Bree se délectait de la bouche de celle qu'elle a aimée depuis le premier regard. Elle ressentait un tel plaisir, une telle excitation que tout lui était devenu égal. Kate la caressait toujours plus sensuellement, toujours plus ardemment jusqu'à un endroit qu'aucune femme n'avait encore touché. Progressivement, elle fût envahie par un flux de sensations inconnues, son plaisir s'intensifiait au rythme des va-et-vient, tout ce plaisir lui provoquait une irrépressible envie de crier. Pour Kate, les gémissements de Bree étaient la plus belle mélodie au monde. La rousse gémissait de plus en plus fort, l'eau chaude qui coulait sur sa poitrine devenait comme mille caresses. Soudain, elle se raidit, un puissant et chaud frisson lui envahit le corps tout entier dans un ultime cri de plaisir. Kate la prit dans ses bras et lui déposa quelques baisers dans le cou, puis elle lui murmura à l'oreille : "Je t'aime, je t'ai toujours aimée." Une larme coula sur sa joue. Bree amena sa main jusqu'au visage de Kate et essuya la larme. "Je... je t'aime." Bree l'embrassa à nouveau, elle pouvait ressentir toute l'exaltation, le plaisir et le bonheur qui brillait dans les yeux de Kate. "Je suis désolée... Je ne pouvais pas... Il y avait mes parents... Puis Orson... Les enfants... Et il y a toujours..." Dit-elle tristement tout en serrant Kate contre elle. "Ne pense pas à cela Bree, nous avons le temps d'y réfléchir, terminons notre douche et sortons l'une après l'autre, discrètement." Le soir même, au dîner, Bree arbora son plus beau sourire, mais à la différence du premier qu'elle avait déployé pour Kate, celui-ci était tout ce qu'il y avait de plus naturel... Quand le repas fût terminé, Bree accompagna Kate à la porte. "Andrew, Danielle, dites au revoir ! Bon retour et bonne nuit Kate, à vendredi !" "A vendredi, Bree !" Une fois la porte refermée, la rousse somma sa progéniture d'aller dormir car il était tard et qu'il y avait école le lendemain. "Andrew, il est tard, monte dans ta chambre, s'il te plait." "Maman j'ai 18 ans, on est bien loin du temps où il y avait un couvre feu !" Dit-il, révolté. "Peut-être, mais sous mon toit, il est tard et je voudrais dormir, alors bonne nuit." Il monta rageusement les escaliers et s'enferma dans sa chambre. "Pourvu qu'ils ne remarquent rien !" Pensa Bree, angoissée. "Kate ? Tu peux rentrer ! Ils sont montés, viens vite !" Elles montèrent les escaliers avec une extrême prudence jusqu'à la chambre, se déshabillèrent et se mirent au lit. Les draps étaient imprégnés de l'agréable odeur de Bree, doux et légers comme de la soie. "Tu as la peau aussi douce que le tissu de tes draps, mon amour." Bree frémit en entendant cette phrase, elle avait dit "mon amour", c'était si bon d'entendre ces mots sortir de sa bouche... "Personne ne m'avait appelée ainsi ni même fait de compliments depuis... Depuis..." Une expression de dégoût mêlée à l'angoisse se peignit sur son visage. "Orson." "J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?" S'inquiéta Kate en voyant la triste mine de sa compagne. "Je vais trouver une solution. Je te le promets."Assura Bree. |