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Elle court dans la nuit, poursuivit par des hommes à chevaux, armés jusqu'aux dents. Elle est à bout de souffle ses poumons se compressent et la douleur est insupportable. Elle ne comprend pas ce qu'elle à fait de mal, n'y pourquoi on la traque ainsi, mais elle est persuadée que la chevelure rousse qu'elle s'époumone à suivre, est dans le même bateau qu'elle. C'est alors qu'elle entend le bruit des sabots qui s'approchent, la lumière des lampes torches révèlent à présent sa position et juste avant de sombrer, elle revoit le visage de la jeune rousse appeler son nom en pleurant…
Yulia se réveille en sursaut. Les écouteurs dans les oreilles, elle s'est endormit en plein milieu de sa chanson. Paniquée, elle se dépêche de regarder par la fenêtre, les immeubles et les voitures défilent à toute vitesse sous ses yeux encore endormis.
-Merde, j'ai manqué mon arrêt de bus! Je vais encore arriver en retard à mon boulot. Stephen ne sera vraiment pas content.
Bon, il me reste une demi-heure à perdre dans cette saleté d'autobus qui sent la cigarette. Pensa-t-elle.
Elle regarda autour d'elle, l'autobus était presque vide : une vieille dame avec un horrible chapeau, une mère et son fils hyperactif, une jeune femme rousse cachée derrière son journal et un jeune couple d'adolescents en train d'échanger leur salive, occupaient les quelques sièges disponibles. Elle soupira en repensant à son rêve…tout lui avait semblé si…si réel.
-DING !
L'autobus venait de s'arrêter à la demande de la jeune rousse qui n'avait pas quitté des yeux son journal. Quand elle le plia pour débarquer, le cœur de Yulia s'arrêta. Ce visage…ce visage inconnu, elle en était sûre, était le visage de son rêve. Le bruit de la porte qui se referma la fit brusquement sortir de ses pensées. Trop tard elle était partit. C'est alors que Yulia aperçut que la jeune inconnue avait oublié son journal sur son siège. Elle le ramassa, le fourra dans son sac et sonna à son tour, afin qu'elle puisse se rendre à son travail. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
-Yulia Viktorovich Volkova!!!
- Stephen…eh… je sais pas quoi… Sergeevna !
-Non mais as-tu vu l'heure!!! Dit l'homme d'une trentaine d'année qui ne pouvait s'empêcher de hurler son mécontentement.
-Il est l'heure d'arrêter de crier moins le quart?
- J'espère que tu ne trouves pas cela drôle?
-Honnêtement…un peu. Avoua t-elle
-Et bien je me demande si tu trouverais cela encore drôle si je te foutais à la porte!
-Écoute, c'est pas de ma faute, j'étais en train d'écouter "100 years " quand je me suis endormie dans le bus.
-Donc si je comprends bien, c'est la faute de Five for fighting, si tu es en retard ce matin?
- Exactement, ils n'ont qu'à chanter des chansons plus rythm…
-Bon, j'en ai assez entendu. Coupa t-il sèchement. Un, je les adore et deux, je ne peux pas en dire autant de tes dessins puisque je n'en ai pas vu un seul.
- Mes dessins…en fait…je n'ai pas eu vraiment le temps cette semaine, je dors très mal ces temps-ci…je fais toujours le même sale cauchemar.
-Et bien c'est moi qui deviendrai ton pire cauchemar si je n'ai pas trois croquis d'ici la fin de la journée. Est-ce bien clair?
-Oui mon général! Ironisa t-elle
-Écoute Yulia, tu as beaucoup de talent mais la collection doit être prête pour le mois prochain et pour l'instant Nathalia a déjà un porte folio plein à craquer de robes de soirées. Tu le sais que je crois en toi mais si tu ne prends pas ton travail plus au sérieux nous n'aurons pas le choix que de choisir ses modèles.
- Pfff…Nathalia a autant d'imagination qu'une boîte de conserve, elle ne fait que changer la couleur de ses vêtements !
-Si tu passais autant de temps à la détester qu'à dessiner, nous aurions au moins trois collections complètes !
-C'est plus fort que moi, je suis allergique à cette fille, juste le fait d'être dans la même pièce qu'elle ça me rend malade. Pas toi?
-Ma chérie, la seule chose à laquelle je suis allergique c'est les crevettes ! Vous devriez cesser cette petite querelle, tout ceci est ridicule…
-Qu'est-ce qui arriverait si tu mangeais une crevette ?
-Ça me tuerait probablement. Mais… où veux-tu en venir ?
-Voilà, ça me tue de devoir faire la paix avec elle ! Et en plus, c'est elle qui a commencé. Dit-elle sur la défensive.
-En effet, c'est elle qui a commencé…à dessiner. Compléta-t-il.
-Bon d'accord, j'ai compris le message. Dit-elle avant de se rendre à sa table de travail.
Elle s'assit et tenta de ce concentrer mais elle n'avait qu'une seule chose en tête : la rousse qui hantait ses nuits et maintenant ses journées! Elle ferma les yeux un instant puis se mit à dessiner. Les couleurs, les textures, tout semblait lui venir spontanément. Après 3 crayons usés jusqu'à la pointe, une quinzaine de croquis et quatre heures de travail acharné, elle avait finalement terminé.
Avant de quitter, elle alla montrer le résultat à son patron.
-Bien…vraiment bien… dit l'homme d'un air songeur.
-C'est tout ?
-J'aime bien les couleurs, le style vieillot et les détails sont impressionnants. Tu t'es inspiré du style Louis XIV ?
- Aucune idée…c'est venu comme ça. Alors ?
-Je vais les montrés à mes supérieurs et on en reparlera.
-Génial ! Nathalia peut aller se rhabiller… Et elle n'a qu'à mettre ses affreuses robes, de toute façon personne n'en voudra !
- Avant que tu t'en ailles, Puis-je te poser une question ?
-Tu viens déjà de le faire. Dit-elle avec un large sourire.
-Pourquoi est-ce que les 15 mannequins de ta collection ont tous les cheveux roux ?
Yulia s'approcha de Stephen lui arracha les feuilles des mains, puis les regarda attentivement. Il avait raison, elle leur avait toutes attribuées une longue chevelure rousse…mais pourquoi ?
-Je…je dois y aller…dit-elle confuse. À demain !
-Yulia demain c'est samedi! Lui cria-t-il
Mais elle avait déjà claqué la porte.
Elle marchait dans les rues sombres et glacées de Moscou en tentant de se résonner : Ce n'est qu'une stupide coïncidence, si ça se trouve je l'ai déjà vu dans le bus et mon subconscient a tout simplement enregistré son visage. Arrivée devant la porte de son appartement, elle chercha ses clés dans son sac et tomba sur le journal quel avait récupéré ce matin. C'était décidé, demain elle reprendrait le bus à la même heure en espérant la revoir et qui sait peut-être lui parler ?
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Yulia montait les escaliers d'une tour qui ne semblait pas avoir de fin. À ses côtés, un homme l'entraînait de plus en plus vite vers le sommet en lui répétant des consignes :
-Quand elle te parle ne la regarde jamais dans les yeux, tu réponds toujours par " oui votre altesse " et surtout tâche de ne rien faire qui pourrait contrarier ma nièce… Tu-as compris sale roturière!
-J'ai un nom vous savez ? Rétorqua t-elle.
-Ma pauvre maintenant tu n'as plus rien... Se moqua-t-il en souriant de ses dents jaunies.
Ils arrivèrent enfin devant une énorme porte, l'homme donna trois coups secs et s'annonça :
-Vladimir Svevolodovna Olegovna, vous amenant votre nouvelle servante, votre altesse.
-Merci, laissez-nous à présent cher oncle.
Il quitta la pièce sans ajouter un mot.
Yulia se contentait de regarder le plancher comme lui avait ordonné l'homme au nom interminable. La princesse lui adressa la parole :
-Comment vous nommez-vous?
-Yu…Yulia…Bredouilla-t-elle en regardant ses pieds.
-Moi s'est Elena. Dit-elle doucement.
Yulia releva la tête et croisa son regard pour la première fois, ces cheveux roux, ces yeux verts …
-DRING, DRING, DRING !!!
Yulia ne voulait pas se réveiller, elle voulait rester dans ce rêve, dans ces yeux.
-Foutu réveil matin ! Se lamenta-t-elle en l'éteignant.
Mais pourquoi s'était-elle réveillée à 7h un Samedi matin ?
-La rousse ! S'écria t-elle. Elle avait complètement oublié.
Elle se leva d'un bond, se regarda dans le miroir : On aurait dit que la foudre l'avait frappé en pleine tête! Tant pis, il faisait froid, elle mettrait sa tuque et ses gants ce matin. Elle s'habilla et courut à l'arrêt le plus proche.
Son cœur battait la chamade quand elle monta dans l'autobus. Elle la chercha du regard puis l'aperçue. Il y avait un siège inoccupé juste à côté d'elle. Pas pour longtemps pensa-t-elle. Elle s'y assit et se trouva soudain complètement stupide. Mais qu'est-ce que je fais ici ? Comment engager la conversation? Je ne me suis même pas brossé les dents!…paniqua-t-elle intérieurement. Quand soudain elle pensa : Le journal ! Elle fouilla dans son sac et le sortit avec hésitation.
-Je crois que ceci vous appartient. Dit-elle mal assurée.
La rousse sortit de sa rêverie et lui accorda un regard légèrement surpris.
- Eh…merci…j'avais justement envie de connaître les nouvelles… de la semaine passée ! dit-elle en souriant.
Quel imbécile, le journal n'est plus bon, si je pouvais, je le roulerais et me donnerais un bon coup sur la tête. Pensa Yulia qui se sentait de plus en plus stupide.
-Désolée, je n'y avais pas pensé. Dit-elle en baissant la tête et en regardant ses pieds.
J'ai l'impression de vivre un " déjà vu". Pensa-t-elle en riant intérieurement.
-C'était quand même très gentil de votre part…
-Yulia! …eh…je m'appelle Yulia, Yulia Volkova.
-Enchanté Yulia, moi c'est Lena Katina.
Puis elles se serrèrent la main. Et un lourd silence s'installa entre les deux jeunes femmes.
- Il fait froid aujourd'hui. Risqua Yulia qui cherchait désespérément un sujet de conversation.
-Vous avez raison, heureusement que j'ai pensé à mettre mes gants.
-Moi aussi, je ne les ais pas oubliés ! Et en passant vous pouvez me tutoyer…je veux dire nous devons avoir à peu près le même âge donc…
- D'accord si vvv…tu…en fais de même. Se rattrapa Lena.
L'autobus stoppa net.
-C'est ici que je descend. Dit la rousse à la brunette.
-Quelle coïncidence, moi aussi ! Mentit Yulia, qui aurait tout fait pour prolonger cette discussion.
- Vraiment ? Dans ce cas, après toi !
Elles descendirent de l'autobus et arrivèrent dans une rue que Yulia ne connaissait absolument pas, l'orientation n'avait jamais été son fort.
-Je vais dans cette direction. Dit Lena en pointa à droite.
-C'est pas vrai ! Moi aussi. Mentit Yulia, une seconde fois.
-Alors nous pourrions marcher ensemble. Si cela ne t'ennuis pas bien sûr ?
- Non, pas du tout ! Répondit Yulia un peu trop vite à son goût, elle avait peur d'être démasquée.
Et elles se mirent en route en silence. Un énorme coup de vent fit perdre l'équilibre à Yulia qui glissa sur une plaque de glace. La pauvre jeune fille tenta de rester debout en accrochant le bras de Lena mais ne fit que l'entraîner avec elle dans sa chute.
- C'est le meilleur moyen que tu as trouvé pour briser la glace ? Demanda-t-elle à Yulia entre deux fous rires.
-Je suis désolée, j'espère que cela ne causera pas un froid entre nous ? Dit-elle en l'aidant à se relever.
-T'es marrante ! Alors qu'est-ce que tu fais dans la vie…attends, laisse-moi deviner : clown…ou…cascadeuse professionnel…ou encore… un clown qui fait des cascades ! Dit la rousse d'un air moqueur.
- Très drôle ! Non, je travaille dans le domaine de la mode, je dessine des collections de vêtements. Dit Yulia avec une certaine fierté dans la voix.
-C'est une blague ! Moi aussi !
-C'est vrai ? Dit Yulia les yeux ronds.
-Non.
-Tu t'amuses à te payer ma tête?
-Un peu… C'est seulement que la mode ne m'intéresse pas du tout, mais tu aurais dû voir la tête que tu as fait, ça valait au moins 100 $ !
-Alors qu'est-ce qui t'intéresse ?
- L'histoire !!! Dit Lena avec passion.
-ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ…imita Yulia.
-Arrête de faire semblant de dormir veux-tu ? Dit-elle en lui donnant un coup de coude amical.
-Désolée, c'est que l'histoire n'a jamais été ma matière préférée à l'école, si tu vois ce que je veux dire.
Et elles parlèrent ainsi pendant plus de deux heures : la famille, les amis, leurs relations amoureuses antérieures et même leurs souvenirs d'enfance furent abordés. Quand soudain, Yulia s'arrêta en plein milieu de sa phrase, venant de ce rendre compte de l'heure tardive qu'il était.
-Lena…euh…ou allais-tu au fait ?
-Nulle part !
-Quoi ?
-Je marche dans cette rue tous les samedis matin, beau temps comme mauvais temps ! Et toi ?
- En fait je…je…bégaya-t-elle
-Je crois que je ne suis pas la seule menteuse ici ! S'exclama Lena avec un sourire malicieux.
- Bon d'accord, je t'ai peut-être légèrement suivi. Finit par avouer Yulia à contre cœur.
- Mais pourquoi ?
- C'est…c'est stupide, écoute de toute façon, même si je te le disais, tu ne me croirais pas !
-C'est comme tu veux. Et merde ! Je suis en retard. Réalisa-t-elle en consultant sa montre. Mais… on pourrait peut-être se revoir demain pour le petit déjeuner ?
-Vraiment ? Je veux dire bien sûr… avec joie !
-On se dit demain dans l'autobus à la même heure, je t'emmènerai dans un resto que j'adore, les muffins y sont frais du jour ainsi que leurs journaux !
-Génial, ça me va !
- À demain, je te garde une place ! Cria Lena en s'éloignant.
-À demain… chuchota Yulia, juste avant de réaliser qu'elle était complètement perdue…dans les deux sens du terme. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
-Yulia dépêche-toi !
Encore une fois Yulia se retrouvait aux trousses de la jeune rousse, mais le décor était tout autre : il faisait beau soleil, elles étaient au bord d'un lac et personne à leurs trousses. Yulia finit par rattraper la jeune fille et la poussa à l'eau toute habillée pour ensuite aller la rejoindre. Mortes de rire, elles en sortirent trempées jusqu'aux os et ensemble, elles se couchèrent dans l'herbe afin de regarder le ciel.
-Ce ciel est magnifique, comme j'aimerais le peindre…Rêvassa Yulia tout haut.
-Tu sais je n'ai jamais fait ça auparavant. Avoua Elena, la respiration saccadée.
- Tu n'as jamais ri ? Demanda Yulia d'un air faussement étonnée.
-Non je veux dire…sortir du palais… sans escortes.
-Je leur dirai que c'était mon idée alors!
-Sûrement pas, des plans pour que tu te retrouves au bout d'une corde ! Et puis ils n'oseront jamais toucher à la fille du roi. Je leur dirais que j'avais envie de me promener et que j'ai amené ma servante avec moi pour porter mes affaires !
Yulia se releva en faisant la grimace.
-Qui a-t-il ?
-Servante, j'ai l'impression de n'être que cela aux yeux de tout le monde et en particulier aux yeux de ton oncle, Sir de la méchanceté et sa fille, sa majesté des prétentieuses! Tu sais qu'elle a fait exprès de renverser un seau et qu'ensuite elle m'a accusé ?
- Ma cousine et moi ne nous sommes jamais très bien entendues, je suis désolée que tu en aies souffert. Et sache qu'à mes yeux tu es beaucoup plus qu'une servante…
Elles furent interrompues par les bruits des sabots qui se rapprochaient. L'escorte royale arrivait. Un homme débarqua de son cheval et prit la parole :
-Votre altesse, vous ne devriez pas sortir des limites permises, votre père est mort d'inquiétude à votre sujet ! Et regardez-vous, vous allez attraper froid. Que vous est-il arrivé ?
- Je suis tombée à l'eau et ma servante a plongé pour me porter secours. Mentit-elle.
- Venez, nous avons amené votre jument pour le retour.
Il lui montra la bête du doigt.
-Mais et mon amie alors ?
-Elle n'a qu'à revenir à pied. Dit l'homme froidement.
-Merci pour cette belle journée. Chuchota Elena à l'oreille de Yulia, avant de partir, non sans lui effleurer la main au passage.
Yulia les regardait s'éloigner, elle n'avait aucune idée de comment retourner au palais mais elle s'en fichait complètement car Elena l'avait qualifié d'amie, son amie…
DRING, DRING, DRING !!!
Le réveil fut brutal pour Yulia ce matin, elle avait passé la veille à tenter de retrouver le chemin de son appartement et n'avait réussi qu'à la tombé de la nuit. Et puis ce rêve…On dirait des morceaux de casse-tête que je dois démêler mais je n'y arriverai jamais toute seule. Ce matin j'essayerai d'en parler à Lena, quitte à ce qu'elle me prenne pour une folle! Décida-t-elle.
Plus convaincue que jamais, Yulia sortit de chez elle, claqua la porte et…se mit à frissonner tellement l'air était glacial. Elle rentra de nouveau chez elle pour aller chercher ses gants et ressortit pour la deuxième fois. Cette fois c'est la bonne! Se dit-elle en marchant d'un pas déterminé vers l'autobus.
Elle était là, ses longs cheveux roux dissimulés sous quelques flocons de neige, ses joues rosies par le froid, ses yeux plus étincelants que n'importe quels joyaux de…Wow…Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
-Paff ! La porte se referma et l'autobus se remit en marche.
Yulia devait avoir l'air assez étrange debout dans l'autobus, la bouche ouverte en train de contempler sa nouvelle amie. Heureusement, Lena ne semblait avoir rien remarqué de son entrée peu habituelle et lui fit signe de venir s'asseoir. La belle rousse enleva ses gants du siège qu'elle lui avait réservé, comme promis.
-Bien dormie ? Lui demanda Lena, avec un magnifique sourire.
-Pas mal. Répondit-elle légèrement endormie.
-Et toi ?
-Super, j'ai rêvé que je mangeais une montagne de crêpes au chocolat avec le beau Léonardo Dicaprio ! Et toi ?
-Moi quoi ?
-As-tu rêvé cette nuit ?
-Je ne me rappelle jamais de mes rêves. Alors où est-ce que tu m'emmènes manger ? S'empressa-t-elle d'ajouter pour détourner la conversation.
-Chez Olga ! La reine des œufs brouillés ! Tiens, c'est ici qu'on descend. Dit-elle en sonnant. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Elles rentrèrent dans le minuscule restaurant, enlevèrent leurs manteaux et leurs gants puis allèrent s'asseoir sur une banquette près de la fenêtre.
-Bon matin Lena ! Dit joyeusement la femme aux rondeurs généreuses tout en lui servant une tasse de café.
-Bon matin à toi Olga ! Lui répondit Lena.
-C'est bien la première fois que tu m'emmènes de la visite, tu aurais dû me prévenir plus tôt, j'aurai mis un tablier sans taches ! Qu'attends-tu pour me présenter à ton amie ?
-Yulia, je te présente ma tante Olga, tante Olga, Yulia.
-Enchantée. Dit Yulia.
-Tu le seras encore plus après avoir goûté à mes crêpes au sirop et au chocolat. Lui confia la vielle dame avec un clin d'œil. Je reviens avec vos assiettes. Cria-t-elle de la cuisine.
- Je crois que tu n'as pas vraiment le choix. S'excusa Lena avec un léger sourire. Ce n'était peut-être pas une bonne idée de t'emmener ici, après tout on ne se connaît que depuis hier mais j'ai l'étrange impression de t'avoir toujours connue. Lui confia-t-elle.
Avant que Yulia ne puisse aborder le sujet, la tante Olga arriva les mains chargées de montagnes de crêpes.
-Voici tes crêpes Yulia, et pour toi ma citrouille, une montagne de crêpes au chocolat comme tu les aimes ! Dit-elle en lui pinçant la joue.
-Ma citrouille ? Dit Yulia avec un regard moqueur vers Lena.
-Tu ne connais pas cette histoire ? S'exclama Olga. Quand Lena était petite, elle…
-Merci ma tante mais je crois que tu as d'autres clients qui attendent. Dit Lena horriblement gênée.
-Bon appétit dans ce cas. Puis elle se détourna vers Yulia. Tu auras la suite de l'histoire une autre fois !
-Je suis impatiente de l'entendre. Répondit-elle. Elle se détourna pour regarder Lena qui avait déjà attaqué la moitié de ses crêpes au chocolat.
-S'il te plait n'en rajoute pas. Dit-t-elle la bouche pleine. Il se trouve que quand j'étais jeune…ce que c'est bon… j'étais légèrement enrobée. Réussit-elle à articuler entre deux bouchés.
-Sans blague ! Dit Yulia en se servant du sirop d'érable. Je pense à ça, il ne te manque que Léonardo pour être comblée !
-Non, il ne me manque que du sirop d'érable ! Dit-elle en lui prenant la bouteille des mains.
CONTACT
La bouteille de sirop se renversa brusquement sur la table, les yeux de Lena se révulsèrent et tout son corps se raidit d'un seul coup. Yulia paniquée, s'apprêtait à appeler de l'aide quand elle revint enfin à elle.
-Lena…Lena ! Ça va ?
-Je dois partir. Dit-elle le regard absent.
-Non mais tu déconnes, je vais appeler l'ambulance, tu…tu… as du faire une crise de je sais pas quoi…attends peut-être que tu fais de la fièvre. Dit Yulia en essayant de mettre sa main sur son front.
-Ne me touche pas !!! Cria Lena en se levant assez brusquement pour que les quelques clients attablés se détournent vers elles. Écoute je crois qu'on doit cesser de se voir. Dit sèchement Lena en ramassant son manteau et en quittant Yulia qui ne comprenait rien à ce qui venait de se passer.
Et si cela avait un lien avec…mais elle fut dérangée dans sa réflexion par la tante Olga qui lui parla tout en lui resservant du café.
-Ne t'inquiète pas mon cœur, des chicanes ça arrivent à tout le monde. Tu devrais aller lui parler : la conversation est la clé de tous conflits.
-Mais qu'est-ce que je peux bien lui dire? Elle a été assez claire sur le fait qu'elle ne voulait plus me revoir.
-Arrête de dramatiser, veux-tu ! Et regarde sur la banquette, ma nièce oublie toujours tout !
-Ses gants, elle a oublié ses gants... Dit Yulia qui y voyait là comme un signe du destin.
-Elle doit mourir de froid, la pauvre. Et moi qui suis débordée. Dit faussement la tante Olga en regardant les deux seuls clients qu'elle avait. Mais qui serait assez gentil pour les lui rapporter ?
-Je vais me sacrifier.
- Allez rattrape-la, l'adition est pour moi. Dit tante Olga en la dirigeant vers la sortie.
-Mais je ne sais pas où elle est partit ? Dit Yulia au pas de la porte.
-138 rue Forêt noire…comme le gâteau. Allez bonne chance !
-Merci pour tout. Dit-elle à la tante Olga qui était retournée servir sa maigre clientèle.
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Elle se mit à courir à toute vitesse, le vent lui fouettait le visage mais ne l'arrêtait pas, rien au monde n'aurait pu le faire. Sauf les quelques fois ou elle s'était arrêtée pour demander son chemin, bien entendu. Elle arriva finalement devant un vieil immeuble, elle chercha l'adresse que la tante Olga lui avait indiqué et se retrouva devant une porte, la porte de Lena. Elle se prépara mentalement et malgré elle, se mit à faire un monologue à voix basse.
-Allo…Lena…eh…tu avais oublié tes gants et… ils sont frais…je veux dire il fait frais …mais qu'est-ce que je raconte… donc voilà, c'était juste pour…
La porte s'ouvrit.
-Yulia ! Mais qu'est-ce que tu fais là à parler…seule ?
- Oublié gants ! Balbutia-t-elle en les lui montrant, prise au dépourvu.
-Merci. Elle les lui prit des mains et ferma la porte.
Yulia, sous le choc de son lamentable échec, se retourna prête à prendre le chemin du retour quand elle entendit la porte s'ouvrir à nouveau et une voix l'interpeller :
-Écoute, il fait froid dehors…alors…est-ce que tu voudrais entrer quelques minutes?
Elle ne se fit pas prier d'avantage et entra, de peur que la jeune rousse change d'avis. Yulia fut assez surprise de la décoration intérieure. Il était difficile de deviner que cet appartement était celui d'une jeune fille qui avait à peine atteint la vingtaine. Car tout était de style ancien, les tables, les cadres, les lampes…Yulia se sentait comme dans un musée et ne voulait toucher à rien de peur d'abîmer la moindre de ces antiquités.
-C'est…c'est très joli chez toi. Finit-elle par dire.
-Pas obligée de mentir tu sais ?
-Pourquoi est-ce que je mentirais ?
-Tu l'as déjà fait, la première fois que l'on s'est vues alors…
-Toi aussi je te signale !
-C'était une blague, et toi tu n'as jamais voulu m'avouer pourquoi tu m'avais suivit ?
-Tu veux la vérité ? Dit Yulia à bout de nerf.
-Oui.
-Je le trouve affreux ton appartement ! Voilà t'es contente ?
-Pas vraiment, tu évites ma question.
-Et toi tu m'évites tout court, c'était quoi ce plan au restaurant, tout à l'heure !
-Tu me croirais bonne pour l'asile si je te le disais.
-Essaye toujours…je ne suis pas la mieux placée pour juger tes capacités mentales en ce moment.
- Bon d'accord. Tout à l'heure, j'ai eu une…une…
-Une ?
-Une vision ! Avoua Lena à contre cœur.
-Quel genre de vision ?
-Écoute, je tiens à spécifier que j'aime les hommes et que je suis célibataire par choix car les hommes m'aiment bien aussi.
-Et quel est le rapport avec ta vision ? Demanda Yulia qui ne voyait aucun lien entre la conversation et l'orientation sexuelle de Lena.
-Attends, Je vais te montrer. Dit-elle en lui prenant doucement la main.
CONTACT
-Tu ne ties pas encore changé ! Dit Yulia à Elena qui l'attendait, assise dans sa chambre royale.
-Je voulais souffrir avec toi. Mais qu'est-ce que tu faisais, tu aurais dû revenir bien avant le coucher du soleil.
-Je me suis perdue en route et… en cherchant ta chambre. De toute façon, je n'étais pas à cheval moi !
-Le château est trop grand pour toi ou c'est toi qui es trop petite pour lui ?
-Bon, pendant que tu finis de te moquer de moi, moi je vais me changer avant d'attraper froid.
-Attend, j'aurais…j'aurais besoin de ton d'aide pour enlever mes vêtements. Dit Elena mal assurée.
-Ta mère ne t'a jamais montrée comment faire ? Répondit Yulia en souriant.
-En fait elle m'a seulement montrée à les mettre et puis elle nous a quitté donc je n'ai jamais eu la leçon 2 " comment les enlever " . Dit la rousse avec un clin d'œil.
-Oh mon dieu, je suis désolée j'ignorais que ta mère était…était…
-Morte. Compléta Elena. Ça ne fait rien, j'avais à peine 6 ans quand la tuberculose nous l'a enlevée…j'ai eu le temps de m'en remettre.
-Donc, ton offre tient toujours pour que je te déshabille ?…eh…enfin…Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Tenta t-elle de rattraper maladroitement.
-Mais c'est ce que je meure d'envie que tu le fasses. Chuchota Elena qui se rapprochait de plus en plus de Yulia. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
-Notre conversation tourne étrangement autour de la mort ce soir.
-Non…de l'amour. Dit Elena en un souffle, juste avant que leurs lèvres se touchent.
Lena lâcha la main de Yulia et la vision s'arrêta sur ce baiser. Les deux jeunes filles se regardèrent un long moment sans dire un mot jusqu'à ce que Yulia interrompe le silence.
-Mais pourquoi tu n'as pas eu de vision à notre première rencontre ?
-Les gants ! S'exclama Lena. Nous n'avions jamais eu de vrai contact avant ce matin.
-Elles nous ressemblent beaucoup mais ce n'est peut-être qu'une coïncidence…Tenta Yulia.
-Tu veux rire, c'est notre portrait craché !
-C'est la première fois que ça t'arrive ?
-Je n'ai jamais embrassé de fille de ma vie si ce que tu veux savoir.
-Non, en fait je parlais de tes visions…
- Ha…oui…il y a deux ans, lors d'une sortie au musée avec ma classe d'histoire, j'ai touché à un objet, un collier si je me souviens bien et puis j'ai vu des images exactement comme au restaurant. Je ne l'ai jamais dit à personne, j'ai prétendus avoir un malaise.
-Quel genre d'images ?
-Rien de très précis, j'étais poursuivie et je courrais dans la forêt.
-Tu étais seule ?
-J'en sais rien, ça s'est passé si vite.
-Les gens qui te poursuivaient étaient à cheval n'est ce pas ?
-Comment sais-tu cela ?
-Écoute, je crois que c'est le moment de t'avouer la vraie raison pour laquelle je t'ai suivi en sortant de l'autobus.
Yulia lui raconta tout, du premier au dernier de ses étranges rêves, de la mystérieuse apparition de la jeune rousse dans l'autobus et de son désir de savoir si ce n'était qu'une simple coïncidence.
-Donc si je comprends bien, dans ton rêve : Je suis une princesse du nom d'Elena et tu es ma servante, c'est bien ça ?
-Oui en gros, mais je préfère le nom de " fille qui s'occupe de la princesse " si ça ne te dérange pas trop ?
-J'aurais bien envie d'un thé pour me calmer les nerfs…esclave? Dit-elle en claquant des doigts.
-Tu crois que c'est le moment de rire avec ça ?
-Pour être franche je ne crois plus rien et je suis complètement perdue en ce moment mais je me dis qu'il vaut mieux en rire que d'en pleurer, tu ne crois pas ?
-Moi non plus je ne crois plus rien…
-Bon, voilà ce qu'on va faire, je vais faire des recherches sur le collier du musée ainsi qu'une princesse prénommé Elena qui aurait vécu au moyen-âge.
-Et moi ?
-Toi tu rentres chez toi, tu bois une tisane relaxante et tu vas dormir en espérant que tu rêves de nouveau.
-Ça me va ! Dit Yulia qui avait toujours eu horreur des recherches.
-Avant que tu partes, te rappellerais-tu d'un quelconque nom de famille, cela faciliterait beaucoup mes recherches.
-Mmmmmmm………ton oncle !
-Mon oncle ?
-Son oncle…je veux dire. Attends une minutes…ça finissait par A .
-Comme le trois quart des noms russes !!! Dit Lena exaspérée.
-Désolée.
-Ça ne fait rien, l'effort était là. Dit Lena en reconduisant son amie vers la porte.
- On se voit demain matin ?
-Non, j'ai un cours, demain après-midi ça te convient ?
-Pas de problème !
-À 1 heure chez Olga alors.
-D'accord j'y serai, à demain votre altesse ! Dit Yulia en s'inclinant.
- À demain. Répondit Lena qui ne pu s'empêcher de sourire. Fais de beaux rêves.
Comment ne pas faire de beaux rêves quand je rêve à toi. Pensa Yulia en retournant chez elle.
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Yulia était assise à sa table de dessin, elle aurait dû travailler sur les retouches de ses dessins mais ne pouvait s'empêcher de repenser à cette nuit…Son rêve n'était rien d'autre que la suite de la vision de Lena. C'était tellement doux…tellement sensuel… tellement…
-Alors comment avancent ces retouches ? Demanda Stephen à Yulia.
-J'aimerais tant la retoucher...
-Ne te gêne pas alors !
-Tu crois que je devrais oser ?
-Oui, c'est ta robe après tout !
-Ah…ma robe…oui tu as raisons.
-On ne parlait pas de la même chose ?
-Stephen je peux te poser une question, comment dire…personnelle ?
-Extra large ! Répondit-il le sourire aux lèvres.
-Arrête, je suis sérieuse là.
-Yulia Volkova, sérieuse ? Es-tu sûre que ça va ?
-Stephen quand as-tu su que tu étais…tu sais…
-Non désolé, je ne vois pas. Mentit-il.
-Homosexuel. Dit-elle tout bas.
-HOMOSEXUEL !!! Cria-t-il si fort que les deux autres stylistes se détournèrent. Oui en effet je le suis, et j'en suis fier. Yulia, je n'ai aucunement honte de qui je suis alors je t'en pris, apprends à dire les vraies choses.
-Désolée, c'est que c'est tout nouveau pour moi.
-D'accord je vois, écoute bien : l'amour est sans doute le plus beau mais aussi le plus compliqué sentiment que l'homme puisse jamais ressentir. Les gens ont tendance à tout généraliser : tu aimes une femme, tu es une lesbienne ! J'aime un homme, je suis une tapette ! Mais vois-tu, ce n'est pas si simple.
-Donc….?
-Donc, n'aie pas peur de tes sentiments, accepte les, vis les et je l'espère, partage les avec la personne que ton cœur a élu.
-Merci…comment pourrais-je te remercier ?
-En me montrant tes modifications.
-Eh….pour être honnête…. Dit-elle en regardant l'horloge.
-Tu n'as absolument rien fait c'est ça ?
-Je n'arrive pas à me concentrer, je ne fais que regarder l'heure en espérant que le temps s'accélère pour qu'enfin je la rejoigne.
-C'est étrange de se dire que même si tu tentes de tuer le temps c'est lui qui finira par te tuer…
-En parlant de tuer ! Grogna Yulia en voyant Nathalia s'approcher de son bureau.
-Stephen ! En plein l'homme que je voulais voir. Dit cette dernière avec sa voix stridente.
-Que puis-je pour toi ma…ma crevette ?
-Mon père t'invite à manger chez nous ce soir, bon vin, repas gastronomique et nous serons tranquilles pour revoir mes dessins.
-J'en sais trop rien, ce soir ça fait 1 ans et 8 mois avec Nicolas et nous avions prévu…
-Mon père, principal investisseur de ta compagnie, serait ravi de te recevoir. Ajouta-t-elle.
-Bien sûr…je verrai ce que je peux faire.
-Excellent ! Oh et pendant que j'y pense. Yulia, j'ai adoré les robes que tu as dessinées.
-Vraiment ? Répondit-elle surprise.
- Je ne savais pas que nous faisions des collections pour personnes âgées. Fais gaffe, la traîne risquerait de rester prise dans la chaise roulante durant le défilé.
-C'est toi qui aura besoin d'une chaise roulante quand j'en aurais fini avec toi. Dit Yulia en se levant de sa chaise. Stephen la retint.
-Allons les filles nous sommes entre adultes civilisés!
-Il a raison Yulia, et moi qui voulais t'inviter au dévoilement de ma future collection signée " Nathalia Olegovna ".
-Je n'ai pas encore fait mon choix. Spécifia Stephen à Nathalia.
-Qu'est-ce que tu viens de dire ? Demanda Yulia pensive.
-Que je n'ai pas encore choisit entre vos deux collections ?
-Non pas toi, Nathalia.
-Et bien je parlais de ma future collection : " Nathalia Olegovna " qui…
-C'est ça ! S'exclama Yulia en quittant le bureau sans dire au revoir à Stephen et encore moins à Nathalia.
-Elle est complètement folle!
-La folie est très près du génie…Répondit Stephen en regardant Yulia partir.
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Yulia serait probablement en avance au rendez-vous mais elle ne pouvait attendre plus longtemps. Elle poussa la porte du restaurant et à sa grande surprise, aperçut Lena assise à la même table que la dernière fois, entrain de lire quelque chose. On dirait bien que je ne suis pas la seule impatiente à cette rencontre. Pensa Yulia.
-Désolée de vous déranger mademoiselle mais est-ce que cette place est prise ?
-Eh…oui en fait j'attends quelqu'un. Répondit-elle, toujours perdue dans ses papiers. En voyant que son interlocutrice ne partait pas elle n'eut d'autre choix que de lever les yeux pour voir…
-Yulia !
-Moi aussi je suis contente de te voir. Dit-elle surprise de tant d'enthousiasme.
-C'est que je ne t'attendais pas avant une bonne heure.
-J'ai fini plus tôt.
-Vraiment ?
-Non. J'avais juste envie de te revoir le plus vite possible.
Lena rougit à ces mots et un léger malaise s'installa à la table. Heureusement un jeune serveur arriva pour prendre leur commande.
-Bonjour les filles qu'est-ce que je vous sers?
-Tante Olga ne travaille pas aujourd'hui, Lucas?
-Non ma mère est partit suivre un cours de cuisine à Saint-Pétersbourg, elle ne revient que la semaine prochaine. Alors votre commande ?
-Pour moi ce sera la spécialité du chef, bien que le chef ne soit pas là. Dit Lena en taquinant son cousin.
-Tu ne me fais pas confiance ? Tu apprendras jeune fille à ne jamais insulter un grand chef, il pourrait se vexer et cracher dans ton assiette !
-Je ne vois pas de grand chef ici…et toi Yulia ?
-Ne l'écoute pas, je suis extra. Dit-il à la brunette.
-D'accord alors prouve-le, une spécialité du chef pour moi aussi, s'il te plait.
-Tu ne voudrais pas mon numéro avec cela ?
En faite…..Répondit Yulia qui n'avait rien vu venir de la proposition du jeune homme.
-Laisse-la tranquille, il n'est pas question que tu l'ajoutes à ton tableau de chasse. Dit Lena plus agressive qu'elle ne l'aurait voulu.
-D'accord. Relaxe, ce n'était qu'une proposition… Lena tiens-toi loin des couteaux tu pourrais blesser quelqu'un…moi !
-Ne me tente pas.
- Je reviens dans dix minutes avec vos assiettes. Je t'aime cousine !
-Moi aussi je t'aime. Répondit-elle plus détendue.
-Je t'aime Yulia ! Cria-t-il en s'éloignant.
-Là, tu vas trop loin Lucas ! Dit Lena, mais il avait déjà disparut en cuisine.
-Il est marrant ton cousin. Et pas laid en plus…
-Ce n'est pas ton genre.
-Qu'est-ce que tu en sais ?
-C'est qu'il est trop…
-Trop ?
-Ha…et puis fait comme tu veux !
Yulia aimait l'idée de s'imaginer Lena jalouse car en vérité elle ne s'intéressait pas une seconde à son cousin.
-Alors qu'est-ce que tu regardais avant que j'arrive ?
-Quoi ? Ha oui, excuse-moi j'étais ailleurs…Donc, voici le collier dont je t'avais parlé. Dit Lena en lui montrant ses recherches. Il date du XVI siècle soit la fin de la période Médiévale ou vers la chute de Constantinople si tu préfères.
-Tu pourrais parler français ?
-Il est très vieux.
-Merci, j'aime mieux ça. Et où l'ont-il trouvé ?
-Normalement un bijou de ce genre aurait dû être découvert dans le château ou du moins dans l'enceinte du Royaume mais les archéologues l'ont trouvé en morceau, dans la forêt voisine.
-Étrange…et pour la princesse ?
-Il se trouve qu'Elena était un nom très à la mode dans le temps ce qui engendre une liste de 120 princesses ainsi prénommées.
-Olegovna !
-Pardon ?
-Elena quelque chose Olegovna. C'est son nom.
-Tu en es certaine ? Tu as fait un autre rêve cette nuit ?
-Disons que mon rêve de cette nuit aurait pu être classé 18 ans et plus…
-Ha…tu as vu la suite alors ?
-Toi aussi ?
-Ce n'est pas pour rien que j'ai retiré ma main au baiser !
À cet instant Lucas arriva avec leurs assiettes. Décidément il a le don d'arriver au bon moment. Se dit Yulia qui ne voulait pas revivre un second malaise.
-Bon appétit mesdames !
-Tu as craché dans mon assiette ? Demanda Lena en prenant une gorgée d'eau.
-Non…seulement dans ton verre !
À cette remarque, la jeune fille recracha l'eau qui se dispersa en face d'elle…c'est à dire exactement là où se trouvait Yulia.
-Tu vas me payer ça Katina ! Dit Yulia en prenant elle aussi une gorgée dans le but d'asperger son amie.
Et les filles commencèrent une bagarre d'eau non sans rire de la tête de l'autre à chaque cracha bien envoyé.
-Je crois que notre dîner est tombé à l'eau. Dit Lena en reprenant son souffle.
-Pauvre Lucas, maintenant c'est immangeable.
-Il va s'en remettre, mais mon estomac lui, je n'en suis pas si sûre. Qu'est-ce que tu dirais de venir manger chez moi, c'est à quelques pas.
-J'adorerais.
-Et en plus nous sommes complètement trempées, nous en profiterons pour nous changer car avec ce froid nous risquons de nous transformer en statue de glace.
Lena laissa quelques billets mouillés sur la table et elles se dirigèrent vers la sortie quand Lucas l'interpella.
-Hey Lenok !
-Quoi ?
-Tu n'oublies pas quelques chose ?
-Mmmm…je ne crois pas.
-Pourboire…?
-Nous n'avons pas soif, merci. Dit-elle en sortant suivie de Yulia.
-Tu aurais quand même pu lui donner quelque chose. Dit Yulia en marchant à ses côtés.
-Comme quoi ? Ton numéro !
-Arrête avec ça, on dirait un enfant qui refuse de partager ses jouets.
-C'est peut-être parce que je veux te garder pour moi… Chuchota Lena tellement bas que Yulia n'était pas certaine qu'elle avait bien entendu.
Elles continuèrent à marcher ainsi côte à côte dans un silence absolu. Une fois ou deux, leurs mains se frôlèrent ce qui donna à Yulia des frissons qui n'avaient rien à voir avec la température. Puis elles arrivèrent devant la porte de l'appartement de Lena.
-Je crois que j'ai perdu deux orteils. Se lamenta Lena en pénétrant dans l'entrée. Allez, ne reste pas plantée là, entre.
Elles s'assirent toutes deux sur le sofa du salon en tentant de se réchauffer avec une bonne tasse de thé.
-Tu ne trouves pas cela ironique ? Demanda Lena qui brisa le silence.
-Quoi donc ?
-Toi et moi, trempées des pieds à la tête comme dans…
-C'est vrai que ton salon me rappelle un peu le Moyen-Âge ! Blagua Yulia.
-Tu ne t'arrêtes donc jamais de plaisanter ?
-Si, seulement quand mes lèvres sont occupées à autre chose… Et sur ces mots elles échangèrent un doux baiser.
-C'est étrange. Souffla Lena.
-Quoi ?
- On n'a pas eu de visons.
-C'est faux, moi j'ai vu des étoiles…
Et sur ce, un deuxième baiser encore plus passionné que le précédant fut entamé. La langue de Yulia se fraya un chemin pour rejoindre celle de la rousse, qui ne pu retenir une plainte d'appréciation. Yulia se mit sur les genoux de Lena et commença à déboutonner son chemisier ce qui fît tomber la tasse de la rousse qui se fracassa sur le sol. Yulia s'apprêta à la ramasser quand Lena la retint.
-Ne t'arrête pas… Supplia-t-elle entre deux baisers. Ce n'était qu'une simple copie…
-Chambre…
-Quoi ?
-Ta chambre ? Répéta Yulia.
Sans décoller leurs lèvres, Lena entraîna Yulia dans sa chambre, elles tombèrent toutes deux sur le lit et enlevèrent leurs vêtements comme si chacun d'eux leur brûlaient la peau. Cette nuit là, l'histoire se répéta pour la première fois…
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-C'était encore mieux que dans mes rêves… Avoua Yulia en se blottissant contre le corps encore chaud de Lena.
-Tu crois que c'est trop tôt pour te dire que je t'aime ?
-Je crois qu'après 500 ans, tu peux te le permettre.
-Je t'aime.
-Moi aussi je t'aime mon amour.
Et tout en lui donnant un baiser sur le front, Yulia s'endormit afin de profiter des quelques heures de sommeil qui lui restaient avant le lever du jour.
-Ne bouge pas !
-Arrête de me faire rire alors.
-Écoute, ton père m'a demandé, non, en fait ton père a demandé à son frère de dire à son serviteur de me demander si je pouvais peindre un portrait de sa fille. Alors je t'en prie cesse de bouger et je pourrais peut-être devenir plus qu'une simple servante aux yeux de ton père.
-Tu veux plaire à beau papa ?
-Si tu continus comme ça, je te dessine une moustache !
-Non, je vais ressembler à ma grande tante Olga !
-De toute façon quoi que je fasse, je ne pourrai jamais t'enlaidir…
-Si je pouvais bouger, j'irais t'embrasser pour ce que tu viens de dire.
-Mais rien ne m'empêche de me déplacer moi !
Et elle alla lui donner un tendre baiser.
-Est-ce que tu me reluquerais la poitrine par hasard ? Demanda Elena, amusée.
-Hein…? Non désolée, je regardais ton collier, il est splendide… quoi que ta poitrine aussi maintenant que tu me le fais remarquer.
-Il appartenait à ma mère, c'était un cadeau de mon père pour leur mariage… Dit-elle en le détachant de son cou.
-Mon père a offert une fleur à ma mère pour leur mariage…quoi que si je me souviens bien c'était une mauvaise herbe en fin de compte !
-Tiens !
-Quoi ?
-Je te l'offre.
-Non, Elena c'est trop, je ne peux pas accepter.
-C'est un ordre ! Et puis maintenant c'est moi qui aurais une bonne raison de regarder ton décolleté.
-Merci…
- Lève-toi mon amour. Dit Lena en l'embrassant sur l'épaule.
- Quelle heure est-il ? Demanda Yulia les yeux à peine ouverts.
-9h 39.
-SEIGNEUR! STEPHEN VA ME TUER !!! S'écria Yulia en se levant d'un bon.
-C'est qui ce Stephen, le diable ?
-Non, mon patron mais j'ai peur qu'il pactise avec le diable si je suis encore en retard ! Dit Yulia en s'habillant à la hâte.
-Ça c'est mon gilet, mon ange. Fit remarquer Lena.
-Tant mieux comme ça j'aurai un prétexte pour te revoir.
-Parce qu'en plus de me voler mon cœur, tu me voles mes vêtements ?
-Ouais, en plus d'être menteuse je suis une voleuse !
-As-tu rêvé cette nuit ?
-Oui mais je suis trop pressée pour t'en parler tout de suite. Dit-elle un pied à l'extérieur.
-Trop pressée pour m'embrasser ?
-Jamais pour ça. Dit-elle en revenant sur ses pas.
-Je t'attends pour dîner ?
-Rien ne me ferait plus plaisir ! Répondit-elle en sortant pour affronter le froid matinal.
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-Je suis désolée ! Dit Yulia en ouvrant la porte avec force.
-Pas autant que moi. Répondit Stephen qui l'attendait à l'entrée, il avait l'air abattu.
-Je suis en retard et tu ne pètes pas un câble ?
-Écoute je voulais te l'annoncer avant qu'elle ne le fasse. J'ai été piégé, je n'ai pas eu le choix. Hier soir, au souper, son père n'arrêtait pas de me mettre la pression. Donc…
-Tu l'as choisit, elle ?
-Yulia, ma chérie ! Juste à temps pour célébrer avec nous, la toute nouvelle collection "Nathalia Olegovna " ! Dit Nathalia en arborant un sourire triomphal.
-Je n'arrive pas à le croire. Dit Yulia tétanisée.
-Moi non plus, c'est un rêve devenu réalité !
…Un cauchemar tu veux dire…
- Dommage que papa n'ait pu venir trinquer avec nous ! Mais ne t'inquiète pas pour tes dessins, on leur trouvera bien une utilité. Nous manquions justement de papier pour alimenter notre feu de foyer ! Continua-t-elle. Quant à tes autres affaires, tu peux les mettrent dans la poubelle, en sortant.
-Quoi! Stephen, Qu'est-ce qu'elle raconte ?
-Nous avons eu des coupures budgétaires imprévues…je…je devais licencier quelqu'un et comme tu arrives souvent en retard ces temps-ci…Dit-il en évitant le regard de Yulia.
-D'accord j'ai compris, pas la peine de me faire un dessin. Les miens ne vous plaisent pas de toute façon !
-Ne dit pas ça…Dit Stephen qui la regardait faire ses boîtes avec rage.
-Je vais me gêner, tu ne t'es pas gêné pour me foutre à la porte toi !
- Au revoir Yulia, je te souhaite d'être heureuse. Dit-il la mine basse.
-Je te souhaite de te faire écraser par un bus ! Hurla Yulia avant de claquer la porte, pour la dernière fois.
-Ce qu'elle peut être susceptible ! Je crois que c'est inutile de l'inviter au banquet de ce soir, après la scène théâtrale qu'elle vient de nous interpréter, ça m'étonnerait qu'elle ose revenir en ces lieux. Dit Nathalia en regardant les gens du personnel figés sur place.
-Le spectacle est terminé, remettez-vous au travail ! Ordonna Stephen.
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Lena était dans le salon, scotchée devant son écran d'ordinateur quand elle entendit quelqu'un frapper à la porte.
-J'arrive tout de suite ! Cria-t-elle en se dirigeant vers l'entrée.
- Salut beauté.
-Yulia ! Eh…écoute mon cœur, je t'aime beaucoup mais ne crois-tu pas qu'on aurait dû en parler avant que tu viennes vivre ici. Dit-elle en regardant l'énorme boîte de carton que Yulia tenait entre ses mains.
-Non, ça… c'est…c'est mon travail.
-Yulia, as-tu pleuré ? Demande Lena qui avait remarqué les yeux rougis de son amie.
-Moi ? Non, non c'est juste mon allergie qui me joue des sales tours.
-À quoi es-tu allergique ?
-Nathalia !
-Je vois, allez entre.
Yulia déposa sa boîte à l'entrée puis alla rejoindre Lena dans le salon.
-Viens dans mes bras et raconte-moi ce qui s'est passé.
-Je ne veux pas t'ennuyer avec ça.
-C'est un ordre !
-C'est drôle, ça me fait penser à mon rêve de cette nuit.
Elle lui raconta le conflit entre Nathalia et elle, son patron qui n'est que le pantin du père de cette garce et son congédiement assez peu discret.
-Quelle Vache ! S'exclama la rousse à la fin du récit.
-Ouais, tu la dis… Woaw !
-Quoi ?
-C'est toi sur cette image ? Dit Yulia en se défaisant de l'étreinte de la rousse, afin de s'approcher de l'ordinateur.
-Non, c'est Elena Svevolodovna Olegovna!
-J'ai peint cette toile. Dit Yulia pensive.
-Vraiment ?
-Pas réellement moi…mais l'autre Yulia l'a fait. Et ce collier c'est le collier de ta mère…de sa mère…merde…ce que ça peut être compliqué !
-C'était dans ton rêve ?
-Oui et à la fin tu me l'offrais…pour être honnête, je n'ai pas vraiment eu le choix de l'accepter !
-D'accord, donc je prends note de ne jamais t'offrir de collier… aurais-je au moins le droit de t'offrir une bague ?
-Ce n'ai pas ce que j'ai voulu dire et…est-ce que tu as trouvé d'autres informations à son sujet ? Demanda Yulia qui aurait aimé approfondir le sujet de la bague…
-Elle était fille unique, donc la seule héritière du trône mais elle est morte très…tu le dis si je t'ennuis ?
-Pas du toooooooooouuuuuuuuuut…………. Baya Yulia.
-Je savais que l'histoire ne t'intéressait pas, mais là, c'est quand même de notre histoire qu'il s'agit !
-Désolée, c'est que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit. Je me demande pourquoi ?
-Allez va te reposer.
-Merci ma princesse. Dit-elle en l'embrassant.
-Tu connais le chemin de la chambre?
-Ce chemin là, je le connais.
Ce fut ses derniers mots avant de tomber dans un profond sommeil.
-Chut………mon amour je t'en pris arrête de pleurer. Supplia Yulia qui tentait de consoler ces beaux grands yeux verts.
-C'était…C'était la seule personne qu'il me restait, je l'aimais tellement et…et quelqu'un me l'a enlevée.
-C'est faux tu m'as moi.
-Mon père……
-Je te promets que nous trouverons qui l'a tué. Dit la brunette en embrassant délicatement les lèvres de l'orpheline.
C'est à cet instant fatidique que la porte de la chambre s'ouvrit.
-Elena, mon père souhaiterait s'entretenir avec…VOUS DEUX! Cria la cousine d'Elena sous le choc. Je le savais…dit-elle en s'éloignant à la hâte.
- Si les gens venaient à l'apprendre…c'est la mort assurée. Paniqua la rouquine.
-Ne t'inquiète pas, nous n'aurons qu'à nier, elle n'a aucune preuve. Répondit Yulia en la serrant contre son cœur.
-Promets-moi que quoi qu'il advienne rien ne nous séparera jamais.
-C'est prom…
-YULIA ! Réveille-toi, il faut que tu viennes voir ça.
-Hein…quoi ?
-Vite. Dit Lena en l'entraînant par la main.
- Calme-toi, il n'y a personne de mort !
-Si justement. Dit Lena en lui pointant le téléviseur.
TÉLÉ
Le très grand designer de mode Stephen Sergeevna aurait été retrouvé sans vie dans le hall d'entrée de son entreprise à 22h 32 ce soir. La jeune femme qui a fait cette macabre découverte n'est nul autre que Nathalia Olegovna, fille du célèbre homme d'affaire Vladimir Olegovna . Voici un témoignage que la jeune femme nous livre avec émotion :
-Dans quelle circonstance avez-vous vu le défunt pour la dernière fois ? Demanda le journaliste.
- Nous venions de déguster un banquet en l'honneur de ma future collection, " Nathalia Olegovna " qui sortira l'automne prochain.
-Et Stephen lui ?
-Il était resté plus tard pour ramasser les restes de la fête. J'étais parti avec les autres quand j'ai réalisé que j'avais oublié mon sac à main et quand je suis revenue j'ai vu…j'ai vu…excusez-moi c'est trop dur.
-On comprend votre état de choc. Merci beaucoup Madame Olegovna.
Le suspect numéro 1 dans cette affaire se nomme Yulia Volkova (photo) qui s'est mystérieusement volatilisée. Si vous la voyez, prévenez immédiatement les autorités, elle pourrait être dangereuse. La cause du décès reste à confirmer mais pour l'instant les médecins légistes parlent de possibilité de strangulation.
Après la pause, une vieille dame fête ses 102 ans…
Lena éteignit la télévision.
-Yulia, ça va ? Parle-moi.
-Stephen…c'est…c'est impossible. Quand je pense aux dernières paroles que je lui aie dites. Sanglota Yulia en enfouissant son visage dans ses mains.
-Ils te recherchent.
-Mais je n'ai rien fait !
-Je leur dirais que tu étais avec moi.
-Dis-moi que tu me trouvais tellement belle quand je dormais que tu n'as pu t'empêcher de prendre une photo. Supplia Yulia au bord du désespoir.
-Désolée…
-Alors nous n'avons aucune preuve : c'est leur parole contre la notre. Je n'ai pas le choix, je dois me rendre…
- Promets-moi que quoi qu'il advienne rien ne nous séparera jamais. Demanda Lena en la suppliant du regard.
-C'est promis.
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La lumière blanche aveuglait Yulia, non elle n'était pas morte mais en ce moment même elle se demandait si ce ne serait pas mieux que de subir cet interrogatoire.
-Où étiez-vous le 27 septembre entre 20 et 23 h? Demanda l'horrible inspecteur d'un ton sec.
-Je vous l'ai répété 100 fois, j'étais chez ma copine et elle vous l'a confirmé également.
-C'est un faible alibi, mademoiselle Volkova.
-Désolée, c'est le seul que j'ai !
-De nombreux témoins affirment que la journée de son décès, vous auriez proféré des menaces de morts à son endroit. Je cite : " Je vais te pousser devant un bus ! "
-C'est faux, je n'ai jamais dit ça !
-Qu'avez-vous dit alors ?
-J'ai dit que…que je lui souhaitais d'être écrasé par un bus…c'est différent.
-Même chose. Dit-il en prenant des notes.
-Vous ne connaissez pas le contexte !
-On m'a raconté de source sûre, que vous aviez été renvoyée ce jour même. C'est un bon mobile de crime, vous ne trouvez pas?
-J'ai déjà été renvoyé auparavant monsieur, et je peux vous affirmer qu'aucun de mes ex patrons n'ont rendu l'âme.
-Est-ce que vous avez des gants mademoiselle Volkova ?
-Comme tout le monde à Moscou. Répondit-elle agacée.
-Le meurtrier ou devrais-je dire la meurtrière aussi en avait au moment de passer à l'acte
-Mais regardez-moi ! Stephen était deux fois plus grand que moi, il m'aurait fallu une échelle pour atteindre son cou.
-Cessez d'être insolente. Et dites-nous où avez-vous cachez la cassette !
-Quelle cassette ? Demanda Yulia confuse.
-La cassette de surveillance dans laquelle vous étranglez ce type !!!
-Premièrement, ce type avait un nom ! Dit-elle en se levant. Et deuxièmement, je ne parlerais plus qu'en présence de mon avocat.
-Ramène-la en cellule. Ordonna l'inspecteur à son collègue.
-J'espère que vous aimez l'orange, mademoiselle Volkova. Ricana ce dernier en refermant la porte de sa minuscule cellule.
Sur ce matelas froid, dans cette chambre sombre, elle s'endormit en repensant à la chaleur et la lumière que lui procurait son amour…sa Lena.
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-Bon matin chère nièce ! Quoi qu'il y eu meilleur matin que celui de l'enterrement de mon frère aîné. Dit son oncle d'une voix triste.
Yulia et Elena se figèrent sur place, elles s'attendaient à des accusations, vu ce qui était arrivé la veille mais son oncle semblait très calme. Peut-être que sa cousine n'avait rien dit?
-En effet mon oncle, le réveil fut assez pénible…
-Nous recherchons encore son assaillant… mais qu'est-ce que vous avez là ? Dit-il en pointant le cou de Yulia.
-C'est…c'est…Bégaya Yulia en cherchant de l'aide dans le regard d'Elena.
-Le collier de ma belle sœur. Sale petite voleuse ! Dit-il en l'empoignant par le peu de cheveux qu'elle avait sur la tête. Je crois qu'une corde serait plus appropriée à ton cou.
-Arrêtez ! Cria Elena. C'est un cadeau.
-Un cadeau ? Pourquoi offrir un tel bijou à une simple servante, à moins que…ma fille disait donc vrai ! Ne vous inquiétez pas les filles, on ne vous séparera pas.
-Vraiment ? Demanda Elena soulagé.
-Bien sur, nous vous enterrerons l'une à côté de l'autre. Dit-il en souriant malicieusement.
-Vous êtes un monstre ! Cria Yulia en se libérant de son emprise.
-Non, c'est vous deux les monstres! Mais je devrais vous remercier car grâce à vous je ne serai pas obligé de te tuer comme je l'ai fait avec ton père ! Bientôt, je serai roi et ma Nathalia une princesse.
-Elena, suis-moi! Dit Yulia en agrippant sa main au passage.
Elles coururent jusqu'à l'extérieur du château afin d'échapper au terrible sort que leur amour interdit leur réservait.
-Père, pourquoi n'avoir rien tenté pour les empêcher de fuir ? Demanda Nathalia qui venait de pénétrer dans la pièce.
-Parce que quelqu'un qui n'a rien à cacher de s'enfuit pas ! J'enverrais des gardes à leur recherche, dès ce soir. Notre plan ce déroule à merveille, elles courent à leur propre perte…
-Volkova, réveille-toi! Tu as de la visite. Dit le gardien en tapant sur les barreaux de la cellule.
-Lena…? Questionna-t-elle à moitié endormie.
-À moins qu'elle ait les cheveux courts et une barbe, je ne crois pas ! Ironisa le gardien avant de se retirer.
-Bon matin Yulia, quoi qu'il y eu meilleur matin que le lendemain de votre arrestation. Il fait chaud aujourd'hui, dommage que vous ne puissiez sortir… Dit la voix de l'homme qui était caché dans l'ombre de la pièce.
-Vous !
-Je ne crois pas vous connaître ? Généralement les meurtrières sont rayées de ma liste d'invités.
-Vous êtes le père de Nathalia, n'est-ce pas…Vladimir ?
-En effet, c'est moi. Dit-il en sortant de l'ombre, il lui présenta sa main à travers les barreaux.
-Qu'est-ce que vous me voulez ? Dit Yulia d'un ton indifférent en ne regardant même pas la main de l'homme qu'il retira avec déception.
-Directe. Ça ne me déplaît pas chez une femme ! Je pourrais avoir votre numéro de téléphone ? On pourrait sortir un de ces jours…ou une de ces années, tout dépendant de la sentence. Demanda-t-il en sortant un crayon de sa poche.
-C'est une blague ? Demanda Yulia qui se demandait si elle n'était pas en train de rêver.
-Oups ! Quel maladroit, j'ai échappé mon stylo. Pourriez-vous me le rendre, je me vois mal allez de votre côté afin de le récupérer.
-Voilà ! Dit Yulia en se penchant pour le ramasser.
-Merci beaucoup.
-Il fait beau aujourd'hui Mr. Olegovna ?
-Je vous en prie, appelez-moi Vladimir. Et oui il fait un temps superbe.
-Alors pourquoi portez-vous vos gants ? Demanda la jeune prisonnière qui les avait remarqués au moment de l'échange.
À cet instant le portable de l'homme sonna.
- Excusez-moi un instant, Allô. Non, tu gardes la cassette !!! Écoute chérie, on en a déjà parlé. Dit-il tout bas. Je dois raccrocher… Bye !
-C'était ?
-Ma fille, on s'est loué un film hier soir et elle…elle voulait que je le rapporte !
-Le soir du meurtre ? J'espère que ce n'était pas un film d'horreur !
-Oui… bref, au revoir Mademoiselle Volkova. Je devrais demander à ma fille de vous dessiner une nouvelle combinaison, l'orange vous grossit ! Et sur ce, il lui tourna le dos en se dirigeant vers la sortie tout en accrochant une jeune femme qui entrait au même instant.
-Lena !
-Mon amour, tu m'as tellement manquée.
-Mais…on s'est vues hier.
-Ne gâche pas le moment, nous n'avons que cinq minutes. Dit la belle rousse les larmes aux yeux.
-Si seulement il n'y avait pas ces foutus barreaux, j'ai une envie folle de t'embrasser !
-C'était qui cet homme ?
-Celui qui est responsable de tout cela. Dit Yulia en regardant Lena droit dans les yeux.
-Tu en aies certaine ?
-Écoute, je n'ai pas le temps de t'expliquer comment j'en suis venue à cette conclusion mais tu dois me faire confiance.
-Je t'écoute.
- Je crois que sa fille, Nathalia, possède la cassette de surveillance qui prouve mon innocence. Tu dois la récupérer avant qu'ils ne la détruisent. Ils ne nous auront pas une deuxième fois…
-C'est l'heure mademoiselle Katina. Dit le gardien en regardant sa montre.
-Je te promets de revenir bientôt avec la clé de ta liberté.
- Tu as mon sort entre tes mains…
-Ne me mets pas de pression surtout ! Dit-elle juste avant de l'embrasser au travers des barreaux.
-Je t'aime.
-Moi aussi, je t'aim…
-C'est l'heure de ma pause ! Coupa le gardien mécontent.
-Au revoir ma princesse.
-À bientôt…Dit Lena en sortant de la pièce.
-Et maintenant qu'est-ce que je fais ? Demanda Yulia au gardien.
-Tu as un lit et une toilette, tu as le choix entre dormir ou…
-D'accord, j'ai compris merci !
-Bonne nuit alors. Dit le gardien en éteignant les lumières, laissant ainsi Yulia seule dans l'obscurité.
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Les deux jeunes filles avaient couru toute la journée dans l'espoir de semer la garde royale qui était à leur trousse. La nuit tombée, elles avaient trouvé refuge dans la forêt pour se reposer malheureusement ce répit fut de courte durée.
-Cours, ne t'arrête pas ! Supplia Elena.
- Je n'y arrive pas, ils nous rattrapent…
À cet instant, un cavalier attrapa Yulia par son collier qui vola en éclat. Elle tomba face contre terre, le souffle coupé. Puis un autre l'assomma violemment au passage. Le sang gicla de sa bouche, Elena se retourna pour assister à ce spectacle sanglant, son visage fut la dernière chose que Yulia aperçut avant que les ténèbres l'envahissent.
-Yulia…Ne lui faite pas de mal ! Implora Elena à genoux.
-Nos ordres sont clairs. Dit le chef en embarquant le corps de la jeune inconsciente sur son cheval.
-Et quels sont-ils ?
-Ramener la princesse et son amante en vie…pour le moment. Ajouta-il, pendant qu'un homme ligotait les mains de la jeune condamnée derrière son dos. En route vers le château !
En route vers notre mort…Songea Elena.
-Debout la belle aux doigts sanglants !
-Qui a t-il... ? Demanda Yulia au gardien.
-Tu es attendue dans la salle d'interrogatoire.
-Ça me rappelle l'école secondaire, quand j'étais convoquée chez le directeur.
-À côté de l'inspecteur, tous les directeurs te sembleront sympathiques ! Crois-moi.
Il lui mit les menottes et la conduisit dans la pièce ou l'inspecteur l'attendait avec un sourire en coin. Il l'invita à s'asseoir.
-Voyez-vous ce que j'ai en main mademoiselle Volkova. Dit-il en brandissant fièrement le sac de plastique contenant un objet cylindrique.
-Je ne vois qu'un simple crayon.
-Pas juste un simple crayon ! Voyez-vous, ce crayon a été retrouvé dans les poches de la victime lors de l'autopsie cet après-midi.
-Et…?
-Et il se trouve que ce crayon possède vos empreintes.
-C'est impossible !
-Vous direz cela au juge lors du procès.
-Puis-je le regarder de plus près ?
-Vous n'en avez pas assez eu d'y toucher ? Dit l'inspecteur en lui tendant la pièce à conviction.
Ce crayon, je le reconnais…c'est celui de Vladimir ! Je me suis faite avoir : la poignée de main, le crayon… tout cela pour avoir mes empreintes avant l'autopsie. Résonna-t-elle. Je suis trop stupide !
- Monsieur, tout ceci n'est qu'un coup monté, vous devez me croire…
-Gardez vos mensonges pour émouvoir le jury.
À cet instant, la porte s'ouvrit.
-Monsieur, pardonnez-moi de vous déranger mais une jeune femme demande à vous voir de toute urgence.
L'inspecteur, exaspéré, se leva pour rejoindre son collègue.
-Que me veut-elle ?
L'autre homme baissa le ton afin que Yulia, toujours assise, ne puisse entendre le reste de leur conversation.
-C'est impossible ! S'exclama l'inspecteur septique. Volkova, en salle de visionnement dans une heure.
-Dois-je m'occuper de convoquer M. Olegovna et sa fille pour…hésita son collègue.
-Le film ! Bien entendu, plus on est de fous, plus on rit…Tout bien réfléchit, c'est moi qui deviens fou avec cette affaire, j'aurais du devenir médecin, on n'a beaucoup moins de pression !
Tu as réussi mon amour, tu les as eus. Pensa Yulia en se faisant escorter à sa cellule.
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Vladimir entra dans la salle de projection suivi de sa fille. Ils se retrouvèrent face à un énorme téléviseur ainsi qu'à des visages familiers.
-Bonjour inspecteur, mademoiselle Volkova et………..On ne se serait pas déjà vu quelque part ? Demanda Vladimir à la jeune femme rousse assise à côté de Yulia.
-Je vous connais vous ! Vous êtes la fille qui est venue chez moi cet après-midi, vous vouliez que je dessine votre robe de mariée. Madame Petrov, c'est ça ? Tenta Nathalia.
-Pas exactement, je m'appelle Lena Katina et je ne compte pas me marier, du moins…pas pour l'instant. Dit-elle en croisant le regard de Yulia.
-Papa je ne comprends pas, qu'est-ce qu'on fait ici !
-Je vous conseille de vous asseoir et nous allons regardez cette vidéo ensemble. Dit l'inspecteur, la télécommande en main.
-C'est ridicule, quelle vidéo ? Vous nous avez piégés, je veux sortir ! Dit Nathalia légèrement hystérique.
-Calmez-vous mademoiselle et asseyez-vous. Vous n'avez pas à vous en faire…à moins que vous ayez quelque chose à vous reprocher ?
-Mais pas du tout.
Elle s'assit visiblement nerveuse puis l'inspecteur appuya sur "play".
ENREGISTREMENT (muet)
Stephen et Nathalia étaient seul au bureau, ils jetaient le surplus du festin quand elle lui présenta les restes des hors d'œuvres disposés sur un plateau.
-Vous n'aviez pas dit qu'il était resté seul après la fête ? Demanda l'inspecteur surpris.
-En faite euh…….Tenta-t-elle de se justifier.
-Regardez ! Interrompit Yulia en montrant l'écran de télévision.
Stephen en choisit un au hasard et en prit une bouchée. Il la recracha aussitôt mais il était trop tard, le mal était fait…Son visage devint écarlate, son corps fut prit de violents spasmes puis il s'écroula sur le dos…mort.
-C'était un accident…Se défendit-elle. Papa aide-moi !
-Désolé ma fille, assume tes erreurs…
-Que lui as tu donné ? Demanda Yulia à Nathalia.
-J'en sais rien moi, le traiteur en avait fait au poulet, au bœuf, aux crevettes, au poisson, au…
-Crevettes. Il y était allergique. Se rappela Yulia.
-Mademoiselle Olegovna, je vous arrête pour le meurtre…Dit l'inspecteur en se levant.
-Attendez ! Dit Lena. Il n'est pas encore mort, il respire, regardez…
On voyait clairement la cage thoracique de l'homme se soulever puis se contracter. Étant persuadé d'avoir assassiné son patron, la pauvre jeune femme agitée n'avait pas remarqué que celui-ci respirait toujours. Ne sachant plus quoi faire, elle prit son portable et composa un numéro.-Qui avez-vous appelé ? Demanda l'inspecteur.
-Mon père.
-Tu n'as pas pensé à l'ambulance ! Dit Yulia rageuse de regarder la scène sans pouvoir intervenir.
-Bien sûr que si. Mais mon père me l'a déconseillé puisqu'il était déjà mort et en plus le numéro de l'hôpital ne fait pas parti de mon répertoire.
-911 c'est trop compliqué à retenir pour ton cerveau !
-Calmez-vous mademoiselle Volkova. Donc, votre fille vous a appelé monsieur Olegovna ? Demanda l'inspecteur intrigué.
-C'est juste.
-Et…?
-Et comme vous pouvez le voir, il est venu me rejoindre. Répondit Nathalia à la place de son père.
La porte du bureau s'ouvrit. Vladimir y trouvant sa fille en panique, elle lui montra le corps gisant sur le sol puis il lui pointa la salle de bain. Elle y couru sur le champ.
-Ou étiez-vous allée? Questionna l'inspecteur de plus en plus septique.
-Aux toilettes, me laver les mains comme mon père me l'avait ordonné.
C'est alors que Vladimir s'agenouilla pour prendre le pouls du corps de Stephen
-Vous saviez qu'il était en vie…Réalisa Yulia.
Puis l'homme plaça ses mains autour du cou de la victime en serrant de toutes ses forces jusqu'à ce que le torse de Stephen reste figé…à tout jamais.
-Vous l'avez tué ! S'écria la brunette, la colère lui fit monter les larmes aux yeux.
-Pourquoi ? C'est insensé ! Dit l'inspecteur.
-Pas tant que ça. J'ai eu quelques soucis financiers ces derniers temps…et… je ne tournerai pas autour du pot : je suis ruiné. Comme cet homosexuel n'était pas marié, la compagnie revenait à son associé en cas de décès, cet associé c'était moi. J'y ai vu comme un cadeau de la vie…ou de la mort si je puis m'exprimer ainsi.
-Non vous ne pouvez pas ! Comment avez-vous osé, père ? Stephen était mon patron et je l'aimais beaucoup.
-Je l'ais fait pour toi…
-Vladimir Olegovna, je vous arrête pour le meurtre de Stephen Sergeevna. Dit l'inspecteur en se levant pour lui passer les menottes.
-On a réussit. Dit Yulia en savourant à la fois cette victoire et le merveilleux baiser échangé avec la belle rousse.
-J'aimerais être menotté en Gentleman. Demanda Vladimir en présentant ses mains vers l'avant au lieu de derrière le dos.
-Comme vous voulez. Dit l'inspecteur en s'exécutant.
-Excusez-moi mon brave. Si je me souviens bien un meurtre est puni d'emprisonnement à vie ? Demanda le nouveau détenu.
-En effet. Dit l'inspecteur en refermant le dernier bracelet métallique.
-Donc un deuxième n'aggraverait pas mon cas !
Sur ces mots, il donna un coup de tête à l'inspecteur et profita de sa chute pour lui voler son arme. Le revolver pointé sur sa cible : Yulia. Il tira sur la gâchette, deux balles atteignirent la jeune fille en plein ventre.
-Le rouge est une couleur qui vous va à ravir Mademoiselle Volkova…Dit le Vladimir couvert d'éclaboussures de sang.
- Oh mon dieu…J'appelle le 991! Dit Nathalia en sortant son portable.
-Ma fille ne touche pas à… BANG!
Il ne pu terminer sa phrase qu'il se retrouva étendu sur le sol. L'inspecteur qui s'était relevé l'avait attaqué à coup de matraque derrière la tête. Il lâcha son arme et contempla le tragique résultat de son incompétence : la jeune rousse pleurant sur le corps ensanglanté de Yulia.
-Mon amour ne me laisse pas. Notre amour est plus fort que tout : plus fort que le temps, plus fort que la mort. Tu m'as promis…tu m'as promis…Elle ne réussit pas à finir sa phrase, le chagrin la submergea.
-Lena…Fut le dernier mot prononcé par Yulia avant de perdre connaissance.
Yulia était en train de vomir dans le coin du cachot quand Elena tenta de la réconforter en posant sa main sur son dos encore douloureux.
-Comment fais-tu ? Demanda Yulia en se relevant.
-Comment fais-tu quoi ?
-Comment fais-tu pour rester aussi calme cinq minutes avant notre mort.
-J'ai peur moi aussi, mon amour…
-J'aurais tant aimé vieillir à tes côtés.
-Que dirais-tu de mourir à mes côtés ?
-Je voudrais t'embrasser une dernière fois…
-Qu'est-ce qui t'en empêche ?
-Ça…Dit Yulia mal à l'aise en pointant l'endroit où elle avait été vomir.
-Ce que tu peux être sotte, viens ici !
Elles s'embrassèrent comme jamais elles ne l'avaient fait, comme si ce baiser représentait toutes les années qu'on leur volaient subitement. Puis la porte s'ouvrit.
-C'est l'heure. Dit un garde en leur faisant signe de sortir.
-Ne regarde pas la foule brandir leurs poings et ne les écoute pas balancer leurs insultes. Conseilla Elena en marchant vers leur destinée.
-Tu es le seul visage que je veux voir et la seule voix que je veux entendre avant de mourir. Dit Yulia en lui prenant la main.
Elles montèrent sur les deux tabourets en bois installés pour elles puis on leur serra la corde autour du cou pendant que les larmes coulaient sur leurs joues.
-Ne me lâche pas la main…Dit Lena la gorge aussi nouée que son cœur.
-Jamais…je t'ai promis que rien ne nous séparerait jamais…
-Je t'aime.
-Je t'aim…
Et sur ces mots les deux tabourets furent retirés.
-Elle ouvre les yeux !
-Lena…?
Yulia réussit à entrouvrir les paupières avec difficulté mais l'effort en valait la peine car le visage qu'elle vit à son réveil n'était nul autre que le visage qu'elle venait de quitter dans son rêve.
-Où suis-je ? Demanda Yulia.
-À l'hôpital mon trésor, tu y es depuis trois jours déjà. J'ai eu tellement peur…
-Et Vladimir ?
-Emprisonné à vie, sa fille n'a écopé que de 4 ans pour : complicité, entrave à la justice, dissimulations de preuves, faux témoignage et…
-Dieu que tu peux être belle…J'ai arrêté d'écouter après le 4 ans.
-En parlant de Dieu, je crois qu'il n'a pas voulu de toi au paradis !
-Je n'y suis pas ? Pourtant j'étais certaine d'avoir aperçu un ange à mon réveil.
-Le docteur a dit qu'il serait préférable que tu évites de gaspiller ton énergie au début, il te recommande de ne pas trop parler…
-Mais il n'a rien dit à propos d'embrasser ? Fit remarquer Yulia en levant un sourcil.
-Si…ça me revient, il t'a prescrit un baiser toutes les 4 heures. Dit Lena en se penchant au dessus du lit d'hôpital.
Elles s'embrassèrent savourant chaque seconde comme si cela avait été leur dernière. Couchées sur le lit simple, main dans la main, elles contemplaient la vue de la fenêtre.
-On a réussit, on a vaincu notre destin. Dit Lena.
-Au contraire, je crois que notre véritable destin vient de s'accomplir. Sache qu'aussi tragique fut notre passé, notre avenir sera merveilleux, je te le promets et je tiens toujours mes promesses…
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5 ANS PLUS TARD
Yulia et Lena étaient assises au premier rang où se déroulait la première de la collection entièrement dessinée par Yulia. " YUNA " semblait avoir un énorme succès auprès du public et en particulier auprès des photographes qui s'en donnaient à cœur joie.
-Cette robe de mariée est magnifique…! S'exclama Lena en regardant le mannequin parader sur l'estrade.
-Tu étais encore plus ravissante qu'elle le jour de notre mariage. Assura Yulia en lui prenant la main où un splendide diamant ornait son annulaire gauche.
-Toi aussi amour…Répondit
-Le défilé est de ce côté, tu sais!
-Ça m'étonnerait que ce soit plus beau que ce que je contemple en ce moment.
-Tu sais pour ma prochaine collection j'avais pensé à une collection pour… pour enfants. Je crois que j'en serai rendue là et toi ? Proposa maladroitement Yulia.
-Je ne compte pas faire de collection pour enfant ! Quelle étrange question.
-Non, je te parlais d'adopter…
-Tu es sérieuse ! Lena l'embrassa avant même qu'elle finisse sa phrase. J'ai toujours rêvé d'avoir une petite fille ou… un petit garçon ! Dit Lena qui ne tenait plus en place.
-Peu importe, l'important c'est que ce sera le notre et que nous l'aimerons de tout notre cœur.
-Tu as raison. Dit Lena en appuyant sa tête sur l'épaule de Yulia.
C'est ainsi qu'ensemble, elles regardèrent la fin du défilé, en sachant très bien que ce n'était que le commencement…
FIN
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