Yulia pleura pendant des jours après avoir découvert la mort de son père. Quand Lena la ramena à l'appartement après la prise de bec avec sa mère, elle était complètement inconsolable. Elle avait trouvé ça dure de dire à haute voix qu'il était partit, même à Lena et à la fin, elle lui avait montré la lettre comme elle n'arrivait pas à faire de sens. Rien n'avait de sens à partir du moment où elle l'avait découvert, c'était tout ce à quoi elle pouvait penser.
Depuis ce jour, elle avait passé ses journées à fixer le vide, perdue dans ses mémoires, qui étaient tout ce qu'il lui restait de son père à part le gros chèque. Elle l'a planqué dans sa table de nuit et le sortait occasionnellement pour le regarder et penser à combien c'était un pauvre substitut pour son père. Comment de l'argent pouvait seulement compenser sa perte ?
Yulia ne pouvait pas manger du tout parce que son estomac était noué. Elle ruminait si oui ou non elle était vraiment la cause de la mort de son père. Selon ce que sa mère lui avait dit ou plutôt lui avait crié, c'était son cœur. Elle ne savait même pas quand il est mort ou quand il a été enterré, ayant pas de détails rendait les choses plus mal, elle devait savoir, il était son père après tout.
Aussi, la façon dont on l'avait trompé et qu'elle a su pour sa mort dans un testament la laisser froide chaque fois qu'elle pensait à ça. Larissa Volkova détestait sa propre fille, elle avait été clair et Yulia la détestait pour avoir posé les reproches sur elle, elle se sentait comme orpheline.
Lena était extrêmement inquiète pour Yulia parce que comme les jours passaient, elle semblait descendre de plus en plus bas dans la dépression. Depuis la première nuit où ils avaient ramené ses affaires de chez ses parents, Lena avait trouvé ça agonisant d'être allongé et d'essayer de dormir pendant qu'elle pouvait entendre les pleurs étouffés de Yulia à travers les murs de la chambre. A la fin, bien qu'elle voulait donner de l'espace à Yulia pour faire son deuil, elle ne pouvait plus supporter d'entendre l'agonie de son amie plus longtemps.
Les dernières nuits, Lena dormait avec Yulia dans sa chambre, la berçant dans ses bras jusqu'à ce que les larmes diminuaient et qu'elle s'endormait finalement, rassurée par les étreintes de Lena. Lena la regardait dormir, voulant désespérément enlever la peine. Ca lui serrait le cœur de vois la douleur dans les yeux de Yulia, le chagrin la consumant entièrement. Lena voulait la protéger du monde et spécialement de sa mère.
Quand Lena regarda Yulia qui était endormie pour la nuit, elle l'embrassa doucement sur sa joue rosée, admirant le beau profil de sa meilleure amie. Comment une mère peut traiter son enfant comme Larissa Volkova a traité sa seule fille ? Lena se sentit extrêmement en colère et en voulait à la mère de Yulia au point qu'elle aurait aimé retourner à l'appartement et parler avec elle mais elle ne le ferait pas pour le bien de Yulia, elle savait au fond d'elle que ça rendrait les choses encore pires.
Pour Lena, c'était la chose la plus cruelle que la mère de Yulia pouvait faire, de blâmer Yulia pour la mort de son père. Elle le prenait clairement pour un héros et le double fardeau de la culpabilité et du chagrin était de trop pour que Yulia vive avec. Est-ce que Larissa ne pensait pas que Yulia avait déjà traversé assez ?
Même quand elles avaient fait le tri du courrier de Yulia ensemble et qu'elle avait reçu la bonne nouvelle disant qu'elle avait été récompensée par un diplôme exceptionnel, c'était une creuse victoire pour elle. Pour Yulia, il n'y avait pas de joie de l'avoir, qu'est-ce que c'était un diplôme si elle n'avait pas de parents pour être fière d'elle ? Lena avait été très enthousiasme mais malgré tout ce que Yulia ressentait pour elle, ce n'était pas la même chose que d'avoir un père heureux pour elle, son visage rempli de fierté, si ca n'avait pas été pour lui, elle ne serait pas aller à l'université.
Lena regarda de nouveau Yulia, voulant plus que tout revoir Yulia sourire. Comment elle allait y arriver, elle n'en était pas sûre mais elle voulait l'aider à faire son deuil et à continuer sa vie, elle était déterminée à ne pas la laisser tomber.
*****
"Lena, c'est là" dit Yulia devant un grande pierre tombale en marbre. C'était la tombe de son père. Elle lut la pierre tombale, il est mort en novembre dernier, à peu près il y a cinq mois. Oleg Volkov, mari aimant de Larissa, 1950-2006. Pas de mention de lui étant un père aimant. L'avait-il vraiment dédaigné à la fin et si oui, pourquoi lui avoir laissé tout cet argent ? Elle se sentit frissonner quand la réalité la frappa que son père était allongé sous le sol où elle était debout, elle se sentit mal.
Yulia se tortura l'esprit, essayant de se rappeler ce qu'elle faisait le jour où il est mort mais elle eu un blanc pendant que ses journées dans les rues se confondèrent. Tout ce qu'elle savait était qu'elle aurait du être là avec lui. De savoir qu'il était mort avant qu'ils n'aient pu arranger leurs différences lui brisait le cœur et elle pleura de nouveau. Puis, elle entendit une voix calme dans son oreille et sentit deux bras chaud s'enrouler autour de sa taille par derrière.
"Eh, je sais que c'est dur mais prends ton temps" Lena était remerciée par un mur de silence, peut-être qu'elle n'aurait pas du venir ici avec Yulia, après tout, c'était un problème très personnel et elle devait laisser Yulia le traiter seule.
"Est-ce que tu veux que je te laisse un moment ?" Lena demanda.
"Non" Yulia plaça ses mains au-dessus de celles de Lena qui étaient encore autour de sa taille et tira les bras de Lena plus fortement autour d'elle "J'ai besoin de toi ici Lena" elle dit tournant sa tête pour regarder Lena dans les yeux.
Lena ne bougea pas. "Ok" Elle hocha la tête et chuchota avant de poser simplement sa tête sur l'épaule de Yulia, profitant de leur proximité.
Après un moment, Yulia ouvrit un grand sac qu'elle avait amené avec elle et sortit un bouquet de lis blancs. Elle les plaça sur la tombe et s'agenouilla. Quand Lena avait suggéré qu'elle devait venir ici, elle avait pensé que c'était une mauvaise idée mais maintenant qu'elle était là, elle se sentait mieux maintenant qu'elle pouvait vraiment dire au revoir, c'était le mieux qu'elle devait à son père.
Yulia commença à parler fort comme s'il était encore là pour l'entendre pendant que Lena la regardait juste de près, écoutant son sa plainte qui vient du cœur pour être pardonné "Papa, je suis vraiment désolée de t'avoir laisser tombé" Yulia s'arrêta, luttant pour prendre sa respiration "s'il te plait, ne pense pas que j'ai arrêté de t'aimer, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferais jamais. Je devais juste le faire Papa parce que j'étais…"
Yulia hésita, se rappelant qu'elle n'avait jamais dit à Lena la raison de sa dispute avec ses parents, elle n'était pas prête à lui dire tout de suite. "Si ça n'était pas pour toi" elle continua avec une voix enrouée "Je n'aurais jamais eu le courage de faire quelque chose ou de devenir quelque chose, j'ai eu mon diplôme à la fin tu sais, tout ça parce que tu m'as donné tellement d'amour et de soutient. Ca signifie tellement pour moi de te rendre fier, et même maintenant que tu es partit, je te promets que je ne te laisserais pas tomber de nouveau, je deviendrais quelqu'un" elle finit sur une note déterminée et optimiste.
Yulia s'arrêta et fixa la tombe une nouvelle fois avant de se lever, tous ses souvenirs lui revenant. Oleg Volkov était un battant, un homme qui était fier et fort qui avait travaillé pour sa famille et avait donné à Yulia autant qu'il avait à donner. L'expression d'adoration qu'il avait toujours quand il la regardait sera à jamais gravé dans son cœur ; ça ne mourrait jamais. Il l'avait aimé, peu importe ce que sa mère lui a dit, elle le sentait maintenant qu'elle était à l'endroit où il reposait, c'était comme s'il la regardait là, elle sentit qu'il avait finalement comprit.
Quand Yulia regarda derrière elle, elle put voir que les joues de Lena étaient mouillées comme les siennes et elles partagèrent toutes les deux un regard de compréhension avant de se tenir respectueusement une à côté de l'autre devant la tombe jusqu'à ce que Yulia bougea pour partir. Ses yeux restèrent un moment sur la pierre tombale qui portait le nom de son père pendant qu'elle se rappelait ce qu'il lui avait dit le premier jour à l'université "C'est juste un début pour toi Yulia, tu as un don, s'il te plait, ne gaspille pas ce qui est un talent donné par Dieu"