The princess and the pauper

Chapitre 27 : Seules




 

S'étant arrêtée pour acheter un peu d'alcool, Lena sort du supermarché et retourne dans sa voiture. Elle était déterminée à se saouler, sa vie était détruite en quelques heures, les évènements de la soirée avaient été surréalistes et il y avait de quoi sombrer. Elle ne pouvait même plus supporter de penser à tout ça.

 

Alors que Lena descendait la rue vers la voiture, elle remarqua un clochard dans une entrée, c'était un homme qui devait avoir la trentaine. Elle ne l'avait pas remarqué plus tôt, trop préoccupée par ses pensées. Elle le fixa intensément alors qu'il se tournait vers elle. La scène semblait si familière, ça lui rappelait quand elle avait rencontré Yulia pour la première fois.

 

Depuis que Lena avait quitté le restaurant, tout autour d'elle semblait seulement servir à se rappeler des souvenirs douloureux de Yulia et en voilà encore un autre pour la rendre folle. Plus vite elle pourrait commencer à boire, mieux ce sera.

 

"Est-ce que vous auriez une petite pièce mademoiselle ?" demanda le clochard, sa politesse la ramenant à la réalité en la faisant sursauter. Lena chercha son porte-monnaie dans la poche de sa veste, voyant en même temps sa bague de fiançailles. Ca ne fit qu'augmenter sa haine envers Roman, elle devait s'en débarrasser. Elle retira la bague de son fin doigt, la tenant fermement dans sa main pendant un moment avant de prendre quelques pièces qu'elle tendit à l'homme.

 

Puis elle sortit l'autre main et mit la bague dans la main de l'homme. "Et prenez ceci également, ça vous sera certainement plus utile qu'à moi" dit-elle sur un ton mordant. Le clochard regarda avec de grands yeux la bague puis Lena. Mais, elle ne lui expliqua pas pourquoi elle lui avait donnée, elle se remit juste à marcher vers sa voiture, soulagée d'être débarrassée d'une autre partie de Roman.

 

*****

 

Dès qu'elle arriva à la maison, Lena se servit un grand verre de vodka et l'avala d'un trait, savourant la douce sensation qui brûlait l'arrière de sa gorge alors qu'elle avalait difficilement. Elle avait besoin de tout oublier. Elle était trop fatiguée pour se rendre compte du désastre de sa vie.

 

Le téléphone n'arrêtait pas de sonner mais Lena ne bougea pas de sa place, incapable de parler à qui que ce soit, il n'y avait rien à dire, c'était fini. Elle continua seulement de boire, encore plus de vodka, ses problèmes diminuant pour laisser la place à rien d'autre qu'un sentiment intérieur flou. Elle était dans un bel endroit maintenant.

 

 Mais, plus la nuit avançait, plus Lena était bourrée et chancelante alors que l'alcool faisait son effet, jusqu'à ce qu'elle ne fût même plus capable de se servir un autre verre. "Merde" jura-t-elle lorsqu'elle arriva à cogner la bouteille vide de vodka qui tomba contre son verre et en renversa le contenu partout. Ne pouvait-elle rien faire de bien ? Visiblement non.

 

Elle n'avait rien de mieux à donner. Elle était plutôt belle à regarder, intelligente et assez gentille mais d'un autre côté, elle était faible, une personne qui n'était même pas heureuse quand elle recevait des compliments. Manquer d'assurance n'était pas attractif, elle le savait, avoir ce défaut, être si autodestructive signifiait qu'elle serait toujours seule. Comment pouvait-elle aimer une autre personne alors qu'elle ne s'aimait même pas elle-même ?

 

Alors que Lena avala la dernière gorgée de vodka, la mélancolie commença à s'installer et elle décida d'aller au lit puisqu'elle était fatiguée et émotionnellement épuisée. Elle se déshabilla et resta debout nue devant son grand miroir et elle fondit immédiatement en larmes. Son cœur se brisa pour la personne qu'elle vit dans le miroir, elle avait tant à donner. Si seulement quelqu'un pouvait lui donner sa chance, l'aider à surpasser ses faiblesses, à devenir la personne meilleure. La fille que personne ne voulait, elle ne voulait plus se regarder.

 

Mais elle ne voulait pas retraverser tout ça ; une personne n'avait pas forcément besoin de l'amour pour vivre, n'est-ce pas ?

 

Lena trébucha dans la chambre, cherchant aveuglement un pyjama à travers ses yeux mouillés. Elle trouva finalement et après plusieurs tentatives maladroites, elle arriva à s'habiller. Elle était sur le point d'entrer dans le lit mais elle retourna dans l'armoire. Sur l'étagère tout en haut, elle attrapa son vieil ours en peluche, Hector.

 

Peu importe son âge, dès qu'elle était triste, elle prenait toujours Hector. C'était comme si elle avait à nouveau 7 ans, cachée sous les couvertures, serrant Hector fortement, étouffant ses pleurs dans son coussin.

 

Comme toujours, c'était un pauvre substitut pour avoir l'impression que quelqu'un la tenait et lui disait que tout allait bien aller et après un moment, elle le mit de côté. Elle arracha carrément le tiroir de sa table de nuit, l'envoyant au sol. Elle s'en foutait, elle pouvait voir ce qu'elle cherchait et attrapa un album photos, ouvrant directement la dernière page pour voir sa photo préférée.

 

Yulia lui faisait un doux sourire, semblant si belle. Lena s'arrêta de pleurer alors qu'elle commençait à se perdre dans ses yeux bleus hypnotisants, étudiant les courbes des lèvres de Yulia, rêvant de tendre la main et de caresser sa douce peau et l'embrasser avec amour. Elle était si parfaite.

 

Lena essaya de retenir sa peine, fermant l'album photo et le tenant contre sa poitrine. Elle ferma les yeux et elle commença à sentir la pièce tourner. Yulia…

 

*****

 

"LENA ! LENA !" l'appela une voix. Lena l'entendait comme si c'était un rêve, est-ce que quelqu'un l'appelait vraiment ? Elle n'en était pas sûre, elle se sentait si mal, ses yeux ne voulaient pas s'ouvrir et ses membres ne voulaient pas bouger.

 

"Lena, réveille-toi !" répéta sa mère en la secouant doucement.

 

"Umm" marmonna Lena.

 

Inessa se pencha au-dessus de Lena, son ex-mari Sergey à ses côtés. Ils se regardèrent rapidement avec inquiétude en voyant l'état pitoyable de leur fille, remarquant qu'elle avait vomi à côté de son lit pendant son sommeil. Ce n'était pas bon signe.

 

"Lena, est-ce que tu peux t'asseoir ?" demanda doucement Inessa.

 

"Non, s'il te plait… laisse-moi seule !" marmonna Lena, la voix de sa mère lui donnant mal à la tête.

 

"S'il te plait, Lena, tu dois t'asseoir" supplia maintenant son père.

 

"Je ne peux pas !" rétorqua Lena. Tout d'un coup, elle se sentit mal, elle devait bouger rapidement. "Oh bon sang, je crois que je vais être malade." Elle sauta hors de son lit, ses membres douloureux la portant difficilement jusqu'à la salle de bain.

 

Elle y arriva juste à temps pour vomir dans les toilettes, une sueur froide sur son front et un sale goût lui brûlant la gorge. Elle retomba sur le sol avec aucun désir de bouger alors qu'elle savait qu'une nouvelle vague allait bientôt arriver.

 

Encore une fois, Lena remit sa tête au dessus des toilettes, son estomac convulsant alors que son corps rejeta encore plus d'alcool. Une vague après l'autre, son corps luttant pour tout sortir. A chaque nausée, elle sentait des mains fortes repousser ses cheveux de son visage et entendait une voix apaisante. "Ca va ma chérie. Tout ira bien, je te le promets" disait Sergey doucement en lui massant le dos.

 

Elle continua à se sentir mal, jusqu'à ce que ça s'arrête, retombant vers l'avant sur le sol dur de la salle de bain, son corps incapable de supporter son propre poids. Mais Lena ne resta pas allongée là longtemps, Sergey la souleva, posant son dos dans ses bras, en tenant sa tête pour essuyer la sueur de son front.

 

Sa mère arriva avec un verre d'eau. "Lena s'il te plait, essaie de boire" dit Inessa en tapotant une de ses joues. Lena fit non de la tête, elle voulait juste rester là, dans les bras de son père où elle se sentait en sécurité.

 

"S'il te plait Lena, tu es déshydratée, tu dois boire" insista Inessa.

 

Lena abandonna, en partie parce qu'elle n'avait pas la force de se disputer mais aussi parce qu'elle pouvait sentir l'inquiétude de sa mère, elle se sentait honteuse de lui infliger ça. "Ok" chuchota-t-elle en tendant une main tremblante vers le verre d'eau.

 

Ses parents la regardèrent avec pitié alors qu'elle buvait, chacun d'eux unit mutuellement dans leur désespoir à aider leur petite fille. Ils l'avaient laissé tomber dans le passé et maintenant, elle avait besoin d'eux plus que tout. Ce qu'ils ne réalisaient pas, c'était que, rien que de les avoir là tous les deux, aidait Lena plus qu'ils ne pourraient jamais imaginer.

 








Depuis le 24/05/2009