"On devrait peut-être rentrer maintenant. Il se fait tard et on
bosse demain"
Et voilà, à force d'attendre le courage de lui donner le bracelet, j'ai perdu trop de temps et
maintenant, c'est raté.
"T'as raison"
On se lève et repart vers la voiture. Je reste silencieuse tout le trajet. J'essaie de réfléchir à
comment le lui donner et à quoi lui dire. Je voulais lui dire simplement "je t'aime" mais qu'allait-il
se passer si elle ne ressentait pas la même chose? Est-ce que ça se passerait comme avec Elodie, ma
meilleure amie de qui j'avais été amoureuse avant de partir?
En rentrant dans l'appartement, elle balance ses sacs de vêtements par terre et tombe littéralement
sur le canapé.
"Je suis exténuée"
"Je croyais que c'était moi qui devais être fatiguée pour que tu profites de moi"
"Ouais ben, j'avais pas réfléchi au fait que si je te faisais courir dans la ville, je devrais courir
avec"
Elle éclate de rire et je la suis dans son rire et sur le canapé.
"Je pense que je vais prendre une douche. Je reviens." Elle me dit en se levant.
"Ok"
Une fois qu'elle y est, je me lève et passe devant la porte de la salle de bain pour l'écouter. Je
l'imagine nue sous la douche. Mon dieu, faut que j'arrête de délirer là. Je deviens grave. Quand je
n'entends plus le bruit de l'eau qui coule, je repars en vitesse sur le canapé.
Quelques minutes après, elle ressort en peignoir et mes idées perverses recommencent quand je l'imagine
nue sous son peignoir. J'ai envie de m'approcher d'elle et de l'embrasser en lui retirant son peignoir.
Ca en devient frustrant.
Je sens toujours la boite dans ma poche. Mais, au moment où j'allais parler, elle prit la parole avant
moi.
"Tu devrais peut-être aussi prendre une douche ou un bain avant de manger"
"Ouais t'as raison, j'y vais"
Et je me lève presque en courant vers ma chambre pour prendre mes affaires et ressors vers la salle de
bain. Elle me regarde bizarrement ce soir. Aurait-elle des soupçons sur mes intentions? A t-elle
simplement vu que j'étais moi-même bizarre ce soir?
Après la douche, on mange tranquillement, avec des conversations banales qui me relaxent un peu, même si
je sais que je vais devoir me jeter à l'eau bientôt.
Après avoir débarrassé et lavé, elle me dit :
"Tu peux venir avec moi au canapé, s'il te plait, j'aimerais parler d'un truc"
"Bien sûr" je réponds mais pas très rassurée.
"Alex, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui? Tu es bizarre depuis ce soir comme si tu étais nerveuse.
Dis-moi ce qui ne va pas. J'ai fait ou dit quelque chose qui t'a contrariée?"
"Non, Jess, pas du tout. Ce n'est pas toi. Je suis un peu nerveuse mais je t'assure que ce n'est pas
grave et que ça n'a rien à voir avec quelque chose que tu as dit ou fait"
"Alors quoi?"
"Rien vraiment"
"Alex, si tu ne me le dis pas, je vais finir par me vexer"
"Je repensais à des choses du passé, c'est tout" et je me mets à pleurer sans vraiment savoir pourquoi,
sûrement la nervosité.
Elle me prit dans ses bras, je sentais son corps contre le mien, ses cheveux sur mon visage.
"Ne pense plus à tout ça. C'est le passé. Si ça fait mal, il ne faut plus y penser"
"Merci"
Elle reste comme ça un moment à me tenir, je n'ose pas trop bouger, puis elle dit :
"Je crois que j'ai compris" me dit Jess.
"Compris quoi?"
"Tu as peur"
"Peur de quoi? Mademoiselle la psychologue"
"Que quelque chose du passé puisse encore arriver aujourd'hui"
Décidément, elle était plus douée en psychologie que je ne le pensais. Je lui avais parlé d'Elodie et de
ce qui s'était passé avec elle, de l'amour que j'avais pour elle, le fait qu'elle l'ait accepté mais
sans le partager et le fait que cet amour à sens unique m'ait détruite.
Elle me regarde dans les yeux en prenant mon visage entre ses deux mains. Elle ajouta :
"Mais, je ne suis pas Elodie. Je ne vais pas te faire de mal" et elle s'avança doucement vers mes
lèvres.
Mon cœur battait à fond. Au moment où ses lèvres se posent sur les miennes, je tremble de partout. Elle
se retire et me dit :
"Eh! Du calme. Ce n'est qu'un baiser, ne me fais pas une crise cardiaque dans les bras"
"Désolée" je lui réponds en souriant.
Après un moment de silence à se regarder, je me lance :
"Comment as-tu su que… que je pouvais… avoir… ce genre de sentiment pour toi?"
"Parce que c'est ce dont j'avais envie alors j'ai fini par observer tous tes gestes et paroles envers
moi, pour voir si tu ressentais ça aussi. Et puis, je dois avouer que j'avais entendu certaines remarques
que tu disais tout bas et que je te demandais de répéter et le fait que tu refusais de les répéter
confirmait ce que j'avais entendu"
"Ok, je m'incline t'as gagné, c'est vrai, tu es une très bonne psychologue"
"C'est ce qu'on me dit souvent"
On rigole un moment à quelques plaisanteries dans ce genre, ce qui me permet de me détendre un peu plus,
même si mon cœur ne se calme pas encore.
Il est bientôt 22h et avec la longue journée, je baille.
"Ah t'as vu, t'as vu, j'ai réussi à te fatiguer assez pour profiter de toi" elle me crie en chantant.
"Ouais c'est bon. Je suis battue. Vas-y fait de moi ce que tu veux" je lui dis en levant mes mains
comme
quelqu'un qu'on arrête.
Elle s'avance et m'embrasse de nouveau, délicatement mais plus intensément que le premier baiser
d'avant. Je frissonne quand elle passe ses mains dans mes cheveux courts.
Elle s'écarte de mon visage et me regarde.
"Je pense qu'on devrait aller se coucher… je veux dire… chacune dans notre chambre… c'est un peu trop
tôt pour… aller plus loin que ça"
"Bien sûr"
Elle se lève et me prend la main pour m'aider à me lever. Je l'accompagne à la porte de sa chambre et
l'embrasse une nouvelle fois.
"Jess? Est-ce que tu es sûre de ça? De ce qu'on fait?"
"Je n'ai jamais été aussi sûre de ce que j'avais envie"
"Ok. Alors bonne nuit et à demain" je lui dis en souriant et en la prenant dans mes bras pour
l'embrasser.
"Bonne nuit et fais de beaux rêves"
"Ca, il y a de fortes chances. Toi aussi. Je te souhaite de meilleurs rêves que ceux d'hier à cause du
film"
"C'est sûr. A demain"
On s'embrasse une nouvelle fois, avec du mal à décrocher nos lèvres.
Je rentre dans ma chambre, un énorme sourire aux lèvres, le cœur au paradis. En me déshabillant, je sens
la boite dans ma poche. Mince, le bracelet.