Je ne sais pas à quelle heure elle s'est couchée. J'étais tellement
fatiguée que je m'étais endormie dès que ma tête avait touché l'oreiller. Je me rappelle juste que je
l'ai sentie se glisser dans le lit et se blottir contre moi mais je n'ai même pas osé lever la tête. Je
crois que j'ai marmonné quelque chose et que je l'ai entendue me répondre "chut mon cœur, dors". Puis
plus rien.
Une bonne dizaine d'heures plus tard, j'entends le bruit des oiseaux. J'ouvre un œil et aperçois des
rayons de soleil à travers les volets en bois fermés. Je regarde l'heure sur le réveil. 10h15. Je sens
le souffle chaud de Jess dans ma nuque et le contact direct de son bras nu sur le peu de peau découverte
par mon tee-shirt. Sensation très agréable.
Je me retourne doucement et la regarde se réveiller lentement, un sourire déjà dessiné sur ses belles
lèvres qui m'ont tellement manquées pendant la nuit. Je m'empresse de les capturer dans les miennes. Elle
me sourit encore plus.
"Déjà en manque ?" elle me dit d'une voix tout endormie.
"Tu ne peux pas savoir combien"
"Oh si je sais" elle me dit en me roulant sur le dos et en s'étalant sur moi pour m'embrasser.
Après encore 20 minutes de câlins, on décide de se lever après avoir entendu nos ventres râler.
On prend un petit déjeuner rapide, vu l'heure déjà tardive, pour ne pas manquer d'appétit pour le
restaurant prévu à midi au centre commercial.
"Prête miss ?" elle m'appelle déjà devant la porte.
"J'arrive, je prends mon portable et mon portefeuille et je suis là"
Je cours vers la porte et lui claque un dernier baiser sur les lèvres avant de sortir dans un lieu
public où je sais que je vais devoir me retenir pendant des heures.
On arrive au centre commercial à 12h15 et on décide d'aller faire quelques boutiques de vêtements avant
d'aller manger.
"Regarde ça, je suis sûre que ça ira à merveille sur toi" me lance Jess en me montrant un tailleur jupe,
chemisier, veston couleur rouge bordeaux.
"Oh non pitié, si tu veux bien, je vais m'occuper moi-même de ma garde robe"
"T'as un problème avec mes goûts ?"
"Non, juste avec le fait que tu t'obstines à vouloir me voir en jupe"
"C'est bien les jupes, je pourrai glisser plus facilement ma main en dessous"
Une cliente qui passait juste à côté se retourna vers Jess, l'air choqué. Ca me fit éclater de rire
quand Jess la regarda avec un énorme sourire en lui demandant si elle était d'accord.
Finalement, vu le regard méchant de la femme, nous sommes rapidement sorties du magasin sans rien
acheter.
"Jess, si tu nous fais remarquer dans chaque boutique, je ne pourrai jamais rien acheter"
"Désolée mais ce coup-ci, c'était trop drôle"
On en rit encore un coup en marchant vers le restaurant.
Le reste de la journée se passa sans nouveaux incidents, Jess ayant décidé de se tenir tranquille pour
que je puisse acheter quelques vêtements et pour qu'on puisse faire les courses de la semaine.
Arrivées à l'appartement, on déballe les courses et on les range puis on ressort pour une balade sur le
port. Il fait encore plein jour mais cet endroit est tellement magnifique. Plusieurs fois, Jess
m'entraîne dans des ruelles étroites et vides pour m'embrasser rapidement. On aurait dit deux
adolescentes obligées de se cacher. C'était un peu ça, sauf qu'on était adultes. Jess m'expliqua que si
elle n'était pas institutrice, elle ne se cacherait pas comme ça mais le fait d'être une sorte de modèle
pour ses élèves la pousse à agir en cachette, de peur qu'un parent ou pire qu'un élève la voie.
Le temps passe rapidement avec elle et la nuit commence à tomber doucement. Les lumières de la ville et
du port s'allument et les restaurants se remplissent. Comme nous avons déjà mangé dans un restaurant à
midi, nous allons dans un snack qui font des pâtes faites maison à emporter. On prend chacune notre part
et je suis Jess à travers le port vers une petite plage privée où il n'y a plus personne. Elle entre dans
un magasin juste en face de la plage et ressort avec un large sourire.
"On peut utiliser la plage pendant quelques heures"
"C'est une plage privée ?"
"Oui, le propriétaire utilise sa plage la journée pour les touristes qui viennent manger des crêpes dans
sa boutique mais le soir, le côté plage est fermé"
"Comment ça se fait qu'on y ait accès alors ?"
"Je connais le propriétaire, c'est un ami d'enfance"
"Oh ok, alors allons manger seule sur notre plage"
On arrive sur plage, j'enlève mes chaussures pour sentir le sable encore chaud par les rayons de soleil
de la journée. L'endroit est bien clos. Les gens ne peuvent nous voir que de la rue, sauf si on se met
contre le muret qui sépare la plage de la rue. On s'installe à une des tables du restaurant et on mange
nos pâtes en regardant la mer et le soleil couchant qui jaunit certains endroits du ciel déjà bleu
sombre.
"C'est magnifique" je dis, mon regard fixé sur l'horizon.
"J'espérais que ça te plairait"
"Bien sûr, j'adore"
"Je t'aime" elle prend ma main dans la sienne.
On quitte la table et on part s'asseoir contre le mur pour avoir un peu plus d'intimité. Elle se met
directement contre le mur et je m'assois entre ses jambes et pose mon dos sur elle. Elle enroule ses
bras autour de moi et me serre très fort. Mon cœur bat très fort comme à chaque fois que je suis dans ses
bras. Je sens son souffle sur ma nuque et ses quelques baisers délicats pendant qu'on continue à admirer
l'horizon qui n'est plus qu'éclairé par quelques lumières de bateaux à l'horizon.
"Je me sens si bien avec toi" elle me chuchote dans l'oreille ce qui me fait frissonner.
Je me retourne vers elle et l'embrasse passionnément. Notre baiser devient de plus en plus fougueux
quand elle commence à passer sa main sur mon ventre, sous mon tee-shirt.
"Je crois qu'on devrait rentrer, et vite" je dis en lui retirant sa main doucement mais en lui faisant
comprendre avec le regard que je voulais continuer ça chez elle.
On court en riant vers la voiture ce qui nous vaut pas mal de regards curieux de passants.
Une fois en sécurité dans l'appartement, elle me plaque contre la porte et m'embrasse violemment mais
amoureusement. Je la laisse faire quand ses mains retrouvent le chemin de mon ventre sous mon tee-shirt.
Elle monte vers mes seins et je frissonne. Elle se détache de moi pour me tirer dans la chambre.
Là, elle ralentit ses mouvements, devient plus douce, plus délicate même si je vois le désir dans ses
yeux, je vois aussi l'amour et le besoin de profiter de chaque seconde, de chaque caresse, de chaque
sensation.
On se déshabille l'une et l'autre avec douceur, prenant le temps d'observer, de sentir, de toucher.
Cette nouvelle vision est loin des aperçus dans la salle de bain. Son corps est tellement plus beau
quand il a l'odeur et la couleur de l'amour et de l'excitation.
C'est une fois complètement nues qu'on s'allongea sur le lit, elle au-dessus de moi, ses yeux plongés
dans les miens, ses mains appuyées sur le lit, de chaque côté de ma tête pour soutenir son corps avant
qu'elle s'approche plus près, ses lèvres en direction des miennes.
Ses lèvres entrèrent en contact avec les miennes en même temps que ses seins sur les miens. Tout ça avec
une délicatesse si incroyable que j'ai cru que j'allais jouir rien qu'avec cette sensation. Elle me
rendait dingue mais j'aimais ça. J'aimais sa douceur extrême quand quelques minutes avant, elle me
plaquait violemment contre la porte.
Nos deux corps entrèrent en fusion simultanément à cet instant, nos mains prirent le dessus et
trouvèrent leur chemin vers le bonheur sans même réfléchir à leurs actions. Je me laissais aller, je ne
réfléchissais pas, je ne pensais plus, je laissais les sensations et les sentiments guider mes
mouvements.
Je ne sais pas comment, mais on a fini par se retrouver complètement en sueur, l'une contre l'autre,
moi sur le dos, elle sa tête sur mon épaule, son regard dans le mien, avec un sourire qui avait du mal à
s'effacer et qui au contraire grandissait seconde après seconde.
"Je t'aime Alex" elle murmure en se blottissant encore plus contre moi.
"Je t'aime aussi. Bonne nuit mon ange. Fais de beaux rêves"
"Oh oui. Bonne nuit"
On s'endort comme ça, exténuées par la passion qu'on vient de vivre. Aucune de nous n'a la force de se
relever, ni même l'envie de quitter le corps de l'autre pendant quelques secondes, pour fermer les
volets.