Et voilà ! A 26 ans, je rentre enfin dans la vie active. Qui l’eut
cru? Moi qui, à 13 ans, faisais un cirque d’enfer pour arrêter l’école. Et, en plus, je n’en sors pas
vraiment, puisque me voilà professeur des écoles. Après avoir longtemps hésité sur ma vie
professionnelle, je m’étais lancée dans des études universitaires et j’ai passé, avec succès, mon diplôme
pour être institutrice. Donc, l’école, ça continue encore!
Mon prénom, c’est Alexandra. Mais, le peu d’amis que j’ai m’appellent Alex. Je viens d’une petite région
du nord de la France, près de Lille. Je suis issue d’une famille nombreuse, mais pas très liée. J’ai eu
beaucoup de problèmes après avoir avoué à ma famille mon homosexualité. Et oui! Un coup dur pour cette
«famille» de conservateur. Mais, bref, mon départ pour l’université a arrangé tout le monde.
Mais, un autre problème s’avançait vers moi. Me voilà enseignante à Saint-Tropez, une ville totalement
inconnue pour moi, la nordiste. Que vais-je devenir face à ces jeunes de CE2, qui ne me connaissent pas
et que je ne connais pas? Comment vont être mes collègues ? Comment vais-je oublier mon passé? Cette
histoire, avec ma meilleure amie, qui m’a poussé à partir? Ma famille qui ne veut plus me voir?
Bref, cette rentrée, c’est le stress. Demain, c’est la première journée. Il est minuit, ce soir, et je
ne dors toujours pas. Demain, l’école commence à 8 heures et je dois me lever à 6 heures et demi. Pour
l’instant, je dors dans un hôtel pourri car je n’ai pas trouvé d’appartement dont le prix correspond à
mon budget. Dans combien de temps pourrais-je dormir dans un vrai lit à moi, avec des voisins calmes?