Un amour comme les autres

Chapitre 11 : Grosse Bêtise




  Il est deux heures du matin et je n'arrive pas à dormir. J'allume mon portable, histoire de savoir si Emilie m'a rappelé malgré que je lui ais dit que ça ne servirait à rien. Oui 12 appels en absences. Ils ne viennent pas tous d'elle. Y'a aussi Aude ? Elle me fait chier, à se mêler de ce qui ne la regarde pas. Elles m'ont laissées des messages sur le répondeur. Je les écoute, elle a essayé de se suicider. Vite réveiller Johan, aller directement chez elle. Mais je ne sais pas où elle habite, ça non plus, je ne me rends pas compte. Elle ne m'a jamais dit où elle habitait. Mais j'y pense, Aude m'a appelé. J'écoute ses messages, elle est paniquée, elle a aussi reçu un message d'adieu de la part de Claire, elle est déjà sur la route. Elle arrive chez moi dans une heure. Je regarde ma montre et l'heure d'appel, elle ne devrait pas tarder. Je ne réveille pas Johan, je laisse un mot sur le frigo et sur mon lit au cas où. Puis je m'habille et je sors attendre Aude. J'entends une voiture qui arrive à toute vitesse qui freine et une voix qui m'appelle. Je comprends tout de suite que c'est elle. Direction chez Emilie. Sur le trajet, je lui explique pourquoi j'ai décidé de faire un break. Elle me regarde et me fait remarquer que j'ai été bête. Mais que je comprendrais pourquoi elle ne veut pas que je vois sa famille une fois chez elle. En un quart d'heure on y est. Elle a les clés de chez Emilie alors qu'elle ne veut même pas que je rencontre sa famille, elle ne veut même pas m'en parler. On rentre. On passe par le salon, on monte directement à l'étage dans la chambre d'Emilie. Elle est là, étendue par terre, inerte, couverte de sang. Il y a une bouteille de whisky à ses côtés. Vite. Appeler les secours, mais je n'arrive pas à bouger. Je m'écroule par terre, la tête dans les mains, je hurle, je pleure, je crie, je suis désemparée. Aude prend les devant. Elle appelle les pompiers, ils arrivent. En attendant, elle prend un foulard et l'enroule sur son poignet. Je ne peux plus bouger je ne veux pas revivre ça, je ne veux pas. Emilie pourquoi, pourquoi… Je t'aime tant. Prise de conscience, c'est ma faute, c'est moi. Aude me parle, je ne réponds pas, elle me gifle. Je reprends mes esprits, je me fais engueuler. Les pompiers arrivent, on redescend. Aude me dit de rester là, je suis au salon. Je ne sais plus quoi faire. Je regarde un peu partout, il y a une femme qui dort sur le canapé, mes cris ne l'ont pas réveillée. Il y a des bouteilles d'alcool fort de partout. Toutes vides, certaines cassées. D'autre simplement tombées. Aude revient, elle regarde la femme et m'informe que c'est la mère d'Emilie. Je crois que je commence à comprendre. On monte dans le camion avec les pompiers. Aude m'explique ce qu'il se passe. " Même si c'est pas à moi de te le dire, tu dois le savoir quand même. Comme tu le sais, Emilie s'est faite violer par son père, il y a quelques années. Il était alcoolique. Il frappait sa mère. Un jour, il l'a ruée de coups, surtout dans le ventre, elle a perdu le bébé. Et tout ça sous ses yeux. Après avoir battu sa mère, il a violé Emilie. Puis il s'est tiré parce qu'il a entendu quelqu'un arriver, en l'occurrence moi. Rassure-toi, je n'étais pas seule. Et c'est pour cette raison que la première fois que vous vous êtes embrassées, elle s'est mise à pleurer. Mais ça tu le sais déjà. Ce que tu ne sais pas c'est que depuis ce jour, elle culpabilise énormément. Pour tout. Si elle ne veut pas te montrer à sa famille, c'est par honte. Elle voudrait te montrer une famille modèle. Mais tout ce qu'elle a, c'est une mère alcoolique et dépressive. Et là, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Tu lui as fait comprendre qu'elle t'avait perdue. Et tu es la seule chose qui la raccroche à ce monde. Si tu regardes bien son poignet, elle se l'ai ouvert en écrivant la lettre C… Claire, ou Christian son père. Au choix, ou peut-être les deux. C comme coupable aussi. Je la connais tellement bien… Si elle meurt, je… " Je culpabilise, Aude pleure, je n'ai plus de larmes, plus de jambes, plus rien. " Je suis… désolée " Je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus où je suis, je l'aime tellement, je ne voulais pas qu'elle fasse ça. On arrive à l'hôpital, elle est transférée d'urgence. On ne peut pas venir, il nous faut attendre. Alors on attend. Ils n'ont pas prévenu la mère d'Emilie, elle était pourtant à la maison. Je crois qu'Aude a dû leur dire quelque chose pour qu'ils ne la préviennent pas. Je me pose sur une chaise et les larmes ne me quitteront pas tant que je ne la saurais pas saine et sauve…