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Une semaine, les médecins disent qu'il n'y a qu'elle qui peut s'en sortir, mais que si on lui parle, elle peut nous entendre. Elle ne bouge plus, elle a un air si serein. Aude vient lui rendre visite tous les jours. Elle passe chez Emilie aussi. Sa mère est venue lui rendre visite, je crois qu'elle n'avait plus d'alcool, ni d'argent, elle pensait peut-être qu'elle en trouverait ici. Aude l'a ramenée chez elle directement, elle commençait à faire une crise de je ne sais quoi. En fait, je ne m'occupais pas trop de sa mère. Emilie est beaucoup plus importante pour moi. Je lui tiens la main et ne la lâche pas, je lui parle, de tout, de rien, de nous, de ma prise de conscience, de mon erreur, je pleure aussi. Elle est si paisible, si belle… Une larme se dessine au coin de l'œil d'Emilie pour redescendre et s'éteindre sur le drap. Elle pleure ? Je vais voir le médecin, je croyais qu'elle ne pouvait avoir aucune réaction, pourtant elle pleure vraiment. Il m'explique une grosse théorie complètement bidon sur les poussières dans l'œil, je n'en démordrais pas, je l'ai vu, elle pleurait vraiment, je ne suis pas folle, ou peut-être que si, je suis folle, oui folle d'elle. Je sors, je téléphone à Aude, elle ne peut pas venir tout de suite, mais elle y croit, elle est confiante, Emilie va bientôt se réveiller. Je ne sais pas si confiante est le mot juste, je pense plutôt qu'elle se le dit, et se le redit jusqu'à venir s'en persuader, jusqu'à y croire pour que ça fasse moins mal. Je retourne dans l'hôpital. Je me prends un café. Une infirmière vient et me demande si ça va, je ne dors pas beaucoup… J'acquiesce et retourne dans la chambre de ma bien-aimée… Elle ne bouge toujours pas. Je m'avance vers elle, enlève une mèche qui lui tombe sur les yeux, j'ai envie de l'embrasser. Je l'aime tant, je ne veux pas la perdre, pas comme ça, pas maintenant, jamais. Je me rapproche et lui donne un baiser sur le front, comme ceux qu'elle me donnait, ceux que j'aimais tant, ça me réchauffait le cœur quand j'allais mal, me calmait quand j'étais trop excitée, me redonnait le sourire, me faisait rire, me rendait heureuse. Ce baiser peut-être insignifiant, mais qui voulait dire tellement pour moi. " Et si je m'en sors sans bleus au corps Être normal pour être bien effacé Quelques lignes de ma main. Et si je m'en sors je veux encore sentir La chaleur de ce beau matin, Ensemble allié contre un drôle de destin Sans toi je n'existerais pas, Sans toi je ne me connais pas. Quelques silences au fond de moi, Y'a des silences et c'est comme ça. Et si je m'en sors… " © Julie Zennati, " Et si je m'en sors " |