Un amour comme les autres

Chapitre 26 : On mange Kebab ?




  Ce matin, je me lève, j'ai très mal dormi, je dors assez mal depuis deux, trois jours, mais impossible de me souvenir pourquoi. Je me prépare, je vais au lycée et à midi, je vais manger en ville avec Claire. Journée super en prévision. Je sors de la maison, dit au revoir à ma mère, qui, depuis mon retour, est pratiquement toujours sobre si je puis dis, du moins elle n'est plus dans cet état lamentable dans lequel je la voyais chaque jour. Je suis dans la rue, je fredonne une chanson, j'ai le sourire, la musique dans les oreilles, mais je regarde quand même tout autour de moi. Tiens, jolie voiture. Et je repars sur ma chanson tout en allant au lycée. Je traverse la rue. Tiens, toujours cette voiture. Parano comme j'étais avant, j'aurais dis que cette voiture me suivait, je n'y prête pas plus attention que ça. Arrivée enfin à hauteur du lycée, Jesse m'appelle et me saute dessus. " Oh regarde Milie, elle est super belle cette voiture, vitres teintées et tout, la classe quoi "
C'est encore cette voiture, celle de tout à l'heure. La voiture ralentit devant le lycée. Je la regarde, puis finalement, elle s'en va. On entre en cours, on parle un peu de tout et de rien, un peu de mes vacances, mais je préfère rester dans le vague sur ce qu'il s'est passé là-bas. C'est l'heure de la récréation, je sors, je vais acheter des clopes, le tabac n'est pas bien loin, Jesse m'accompagne. " Et Emilie, regarde c'est la même voiture que tout à l'heure. Oh franchement, elle claque trop " " Ouais, ça va. Bon allez, on va acheter mes clopes, on n'a pas le temps, après, on va se payer un retard " " Ok " Je fais comme si, mais je commence vraiment à prendre peur, pourquoi cette voiture me suit depuis ce matin ? C'est absurde, j'ai tué personne, je suis innocente de tout crime, je n'ai strictement rien fait. Je me retourne plusieurs fois mais la voiture est sur le parking. Le conducteur, oui c'est obligé que ce soit un conducteur, doit être à l'intérieur du tabac, à boire un café car c'est ça l'avantage d'être vers un lycée. Les tabacs font aussi café. Du moins bar, mais pour une fille de dire café c'est quand même mieux. On rentre dans le lycée, je presse le pas, j'ai quand même un peu peur, encore et toujours mon éternelle paranoïa me direz-vous. Mais quand le matin, alors qu'il ne fait pas totalement jour, une voiture vous suit jusqu'au lycée, arrivée au lycée, elle ralentit, puis part jusqu'au bar-tabac auquel vous avez l'habitude d'aller, chaque jour, aux récréations de dix heures. Ca fait un peu… Bon, ok, je me prends peut-être la tête pour rien. Et pourtant, je n'arrive pas à me concentrer sur les cours. Cette voiture m'obsède. Qui peut bien vouloir me suivre, qui, qui, qui ?… Je cherche… je ne trouve pas… Aude ? Pour me faire une blague ? Non, elle n'aurait pas tenue et m'aurait appelé déjà, puis ce n'est pas son genre. Bref, je me concentre sur le cours. A midi, je pars rejoindre ma chérie. Midi sonne, je ne me presse pas comme d'habitude, j'ai un peu d'appréhension, j'ai peur que la voiture soit encore là. En sortant du lycée, j'accélère encore plus, mais je regarde quand même tout autour de moi. J'en ai parlé à Jesse, elle m'a dit qu'elle resterait avec moi au téléphone pendant tout le trajet s'il faut et que Jeremy arriverait en courant si quelque chose n'allait pas. J'ai gentiment refusé. Donc, je pars en direction de la ville, rejoindre mon cœur au Kebab. Sur la route, j'ai vraiment peur. Toute voiture noire qui passe me fait sursauter. Je sens une présence, on m'observe, je deviens complètement cinglée, la paranoïa me gagne de plus en plus, je me retourne après chaque pas que je fais. J'arrive enfin au Kebab. De là, je suis en sécurité. Sur la place, les voitures ne peuvent pas passer. Je m'installe, j'entends des voitures freiner, des klaxons, des dérapages, je ne sais pas trop comment appeler ça. On dirait qu'il y a un accident. Mais, je ne sors pas pour autant, il y a trop de monde, après on aura plus de place. Ma curiosité ne me fait pas défaut car je vois Claire arriver en face de moi. Elle a apparemment tout vu, elle arrive en furie.
" Tu aurais pu m'attendre pour rentrer quand même, bref, ce n'est pas grave. Oh c'est un truc de tarés, un gars en voiture noire, très belle cela dit, il s'est arrêté net en plein milieu de la route. Ca a failli faire un carton, je ne t'en parle pas, mais toi tu ne pouvais pas voir, tu venais d'entrer. En fait, super timing, à l'instant où tu es entrée, la voiture s'est arrêtée, ils sont fous ces gens, je te jure, non mais ils ne savent pas conduire. "
" Une voiture noire ? Noire comment ? Elle avait les vitres teintées ? "
" Ouais, des vitres teintés, elle était noire, c'était une grosse voiture, en même temps je ne suis pas callée en voiture, j'y connais rien. Juste jolie voiture. Pourquoi ? "
J'en suis sur, j'en suis persuadée, c'est la même que ce matin. Je ne veux pas l'inquiéter, on mange tranquillement. Je ne suis pas très bavarde, en fait, j'écoute Claire parler, tout en cherchant qui pourrait me suivre, car trop de coïncidence pour que ce ne soit pas la même. Au moment où je rentre, elle s'arrête net en plein milieu de la route. Tout ça, c'est bizarre, attention Julie Lescaut est parmi nous.
Un homme rentre dans le Kebab, moi étant une habituée, je ne l'ai jamais vu. Il demande un renseignement apparemment. Je suis seule à table, Claire étant aux toilettes. Il vient s'installer à une table près de la notre. Claire revient. Le gérant arrive vers nous. " Tiens Emilie, voilà un coca pour toi et un coca light pour Claire, cadeau de la maison " " Merci " Je lui souris, il est toujours super gentil avec Claire et moi, depuis le début. Mais bon, il faut dire qu'il nous voit au moins une fois par semaine ici et le soir le week-end, donc bon. L'homme qui vient de s'installer, marmonne un peu. C'est incompréhensible, en fait, je n'y fais pas vraiment attention. " Oh Laurie, y'a Laurie dehors, je reviens, je vais lui dire bonjour, tu m'attends. " " Promis je ne bouge pas. Comment je pourrais n'ayant pas encore payé. " L'homme derrière moi ne marmonne plus, il écrit maintenant, se doit être un homme d'affaire. Il est plutôt bien habillé, mais je n'ai encore pas vu sa tête. Il se lève de sa chaise. " Excusez-moi, mademoiselle, avez-vous l'heure, s'il vous plaît " Il me parle à moi. Je me retourne, il est debout à ma gauche, il n'est plus derrière moi. Je plonge mon visage sur ma montre, n'ayant toujours pas croisé son regard. " Oui, bien sur, il est 12h35 " Je lève la tête en lui disant l'heure. " Oh mon dieu… Emilie… " " Excusez-moi ? Qu'avez-vous dit ? Vous me connaissez ? " Je n'ai même pas vu Claire revenir. " Emilie, c'est moi, c'est papa. "