Un amour comme les autres

Chapitre 7 : Reviens-moi




  Depuis qu'Emilie est partie de la maison, je ne bouge pas. Johan s'inquiète. Je crois que c'est la première fois qu'il s'inquiète autant. Depuis la mort de maman, il a changé du tout au tout. Il est extrêmement présent à la maison, il a même appelé son travail pour dire qu'il ne viendrait pas aujourd'hui, car il doit rester avec moi. Je ne comprends pas son soudain changement, mais en fait, je crois n'en avoir pas envie, juste qu'il reste comme ça. Emilie me manque terriblement. Mais comment a-t-elle réagi après que je l'ai embrassée. Si elle l'avait mal pris. Peut-être qu'elle ne voudra plus me revoir après ça. Mais pourquoi j'ai fais ça, je suis stupide. Je ne veux pas la perdre. J'ai déjà perdu trop de gens que j'aimais, je ne peux pas perdre Emilie. Il faut que je lui parle, mais comment lui faire comprendre. Si je lui mens, elle le verra, elle me connaît trop bien, mais si je lui dis la vérité, elle ne voudra probablement plus jamais me parler. J'ai tellement besoin d'elle. Je ne peux pas en parler à Johan, je ne sais pas comment il le prendrait. Mais il faut tout de même que je lui parle, on ne peut pas rester en froid comme ça éternellement, pas nous. Elle doit être au lycée, cette fois je ne débarquerai pas dans son cours comme la dernière fois, je l'attendrai devant la porte. Quelqu'un frappe à ma porte. C'est Johan, il voit que je ne vais pas bien et ça l'inquiète. " Ecoute, je ne sais pas ce qui se passe, mais tu peux tout me dire, même si ça vous concerne, toi et Emilie. J'ai perdu tout ce que j'avais dans la vie, il ne me reste plus que toi, je n'ai pas l'intention de te lâcher. Pour être franc avec toi, j'avoue qu'au début, je n'acceptais pas du tout le fait que tu sois avec elle, mais tu vois si tu es heureuse avec elle, alors je ne vous empêcherais pas d'être ensemble, car tu es ma petite sœur et je veux ton bonheur avant tout. Ne fais pas comme moi j'ai fait, ne gâche pas tout sous prétexte que les gens autour de toi n'acceptent pas la personne que tu aimes. Ne renie pas ton amour pour les autres, tu vis pour toi et non pour eux. " Je ne pensais pas que mon frère était si tourmenté, je ne comprends pas ce qu'il veut dire par ne fais pas comme moi, mais il a raison sur un point, je ne dois pas laisser les gens diriger ma vie. " Tu entends quoi par ne fais pas comme moi ? " " J'ai simplement gâché la plus belle chose qui peut arriver à un homme dans sa vie ". Je ne comprends toujours pas totalement ce qu'il entend par là, même si j'avoue avoir une petite idée. Pour le moment, le simple fait de savoir qu'il est avec moi me réconforte. De savoir que quelque soient mes choix, il sera là. J'avoue que je n'ai jamais vu quelqu'un changer radicalement de cette façon, c'est horrible comme les épreuves de la vie peuvent changer un homme. Johan redescend. Quelqu'un sonne à la porte d'entrée, je me demande qui ça peut être. Sûrement encore quelqu'un de la famille qui demande si ma mère a laissé un petit quelque chose pour lui. " Oui vas-y entre, elle est dans sa chambre " Ha c'est pour moi. Serait-ce possible que ? Non… bah finalement si… C'est bien Emilie. " Salut. " " Salut… " Je ne sais pas quoi dire. Ni quoi penser, je suis simplement contente, non heureuse de la voir, mais en même temps je ne sais pas si j'en ai le droit. Il y a un blanc terrible, où aucune de nous deux n'ose parler. Elle regarde mon étagère, scrute chaque parcelle de ma chambre, mais ne parle pas, ni ne me regarde. C'est bon j'ai compris, elle me hait. Il faut que je m'excuse. " Ecoute il faut qu'on parle " Elle m'a devancée. Vite, les excuses. " Oui je sais, je voulais te dire que je suis désolée… Je ne voulais pas… Enfin… Si… Mais je ne veux pas que notre amitié s'envole juste pour ça… Enfin pas juste… Mais si… Enfin non… Enfin… " Je m'embrouille, je m'enfonce, si seulement il y avait un trou, je me cacherais bien dedans. Et là, la question fatidique " Est-ce que tu regrettes ? " " Je… " Mais lance-toi, dis-lui que tu ne regrettes pas, que tu es folle d'elle, que tu l'aimes plus que tout, que tu ne peux pas supporter d'être loin d'elle, que ça te fait tellement de bien d'être entre ses bras, de la sentir là. Ou simplement d'entendre sa voix. " Ok j'ai compris. Bon j'y vais, j'étais juste venue pour savoir comment tu allais. " Elle se retourne et se dirige vers la porte. Elle a la main sur la poignée, elle est prête à partir, je ne veux pas que tu partes, je t'aime. " Non " Bah voilà c'est sorti tout seul. Elle se retourne vers moi, elle se contente de me regarder, elle ne parle pas. " Non je ne veux pas que tu partes, non je ne regrette pas, non je ne veux pas te perdre, non tu n'as pas compris… " Ok là, je crois qu'on ne peut pas être plus explicite que ça. Quoi que si en fait. Elle ne parle toujours pas décidément, elle veut m'achever. Elle sait très bien que je ne suis pas patiente, dis quelque chose n'importe quoi. " Pourquoi tu m'as embrassée ? " A la réflexion, dis tout, mais pas ça. " Parce que… Parce que… " Je vois bien qu'elle attend une réponse concrète, mais comment la lui donner, si je lui dis, elle voudra peut-être plus jamais me parler. J'hésite, et puis je me lance. " Parce que je t'aime, que j'en avais envie depuis très longtemps, même si ce n'est pas réciproque, je te jure que je ne le referai pas, tout ce que je veux c'est ne pas te perdre, je suis désolée. " Elle ne dit toujours rien, elle sourit, elle lâche la poignée de la porte s'avance vers moi, se met à côté de moi. Ses lèvres viennent délicatement se poser sur les miennes. Je sens qu'elle sourit encore, je ne veux pas que ce baiser se termine, il est si doux, si beau, si parfait. Magique, Indescriptible. Je sens une larme couler. Mais ce n'est pas la mienne. Je ne pleure pas. Emilie ? Emilie pleure, pourquoi elle pleure. " Pourquoi tu pleures ? J'ai fais quelque chose de mal ? Milie ? " " Je, non désolée, ce n'est rien, j'ai cru que j'allais te perdre et je ne le voulais pas, c'est l'émotion. Ne t'inquiète pas. Par contre, je ne peux pas rester, il faut que je rentre à la maison, désolée. Je t'appelle ce soir. " Là, j'avoue ne rien comprendre, mais alors rien du tout, je n'ai strictement rien compris. Elle s'en va, me laissant sur mon lit. Incrédule. Je m'allonge et j'attends son coup de téléphone…