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*Ouf ! Quelle journée ! Le travail m'épuise, heureusement, bientôt… Excitée comme une puce qui vient de se trouver un bon pelage à squatter, je me précipitai presque jusqu'à notre lieu de rendez-vous. Aujourd'hui, je me demande où j'ai trouvé la force et le courage d'aller au-devant de mes peurs. C'est encore un mystère. Reste qu'elle était là, déjà. Elle m'attendait.
-Ouaiiiiiiiis ! Ma sœur ! On va faire plus ample connaissance, je suis contennnnte ! -Euh… bonjour… -Moi, c'est Amélie, mais tu le savais déjà ! Et toi ? -Océane…
Eh ben ! Cette nana ne blaguait pas ! Enfin, pas pour l'instant, en tout cas. Avec Amélie, rien n'est impossible et tout s'obtient ! C'est ma devise ! Nous nous retranchâmes dans un coin du café, juste à côté. Pas tout de suite, mais bien plus tard, je lui redemandai si elle vivait seule et elle me répéta que non, qu'elle avait un petit ami, Nick. *Trop chouette. Comme suis-je sensée réagir à un aveu pareil ?*
-Vous vous voyez souvent ? - En fait, il s'absente souvent. Le travail, tout ça… -Hum hum…
Ça sentait le mensonge à plein nez. Pensive, je ne pris pas le temps de lancer une de mes répliques si raffinées, si recherchées si… oui, oui, j'admets qu'elles sont un peu nulles, mais toutes de mon cru ! Et sympathiques. C'est tout ce qui compte.
À force de discuter, je m'aperçu avec étonnement que nous nous entendions à merveille. Nous avions réellement du plaisir à faire connaissance ! Nous pouvions maintenant nous parler à cœur ouvert sans craindre de l'autre qu'elle réagisse mal quand il y a un jour à peine, nous nous chassions et nous évitions comme chats et souris. J'étais sidérée par ce revirement de situation ! Drôle, différente, espiègle… soit j'avais l'imagination très fertile, soit, eh oui, je commençais à ressentir des sentiments importants me lier à elle, cette même femme que j'avais traitée d'effrontée, de sale gamine, de dévergondée ou tout autre qualificatif peu flatteur qui m'avait traversé l'esprit au début. Décidément, la première impression n'est jamais la bonne.
La soirée se déroulait lentement. Audacieuse, Amélie déguisa habilement une demande à coucher dans le même lit qu'Océane. Cette dernière, qui n'était pas dupe, la vit venir et refusa promptement sous prétexte que lorsque Nick rentrait du travail, il voulait sa chérie pour lui tout seul.
*Elle trouve que ça va trop vite et c'est la première chose qui lui est venue à l'esprit pour nous freiner. Probablement…
Naturellement, Amélie ne poussa pas plus loin et enchaîna avec un autre sujet. Comme il se faisait tard, Océane, embarrassée, dû couper Amélie dans son récit (passionnant, pour ne rien arranger), car " Nick n'allait pas tarder ". Toujours avec naturel, Amélie se leva simplement et tendit les bras pour un câlin. Acceptant cette marque d'affection toute neuve, Océane y répondit en passant les siens autour d'Amélie. Sa respiration eut un à-coup quand elle respira le parfum de sa conquête. Submergée, la petite téméraire ne résista pas à lui donner un bisou dans le cou. Face à la raideur soudaine d'Océane, Amélie rit doucement.
-Calme-toi… je ne faisais que te souhaiter bonne nuit ! Allez, fais de beaux rêves… -Bonne nuit… ma petite insolente adorée. -Uh ? -Rien rien !
Oups ! À ce compte, je serais bientôt démasquée ! Il me faut jouer le naturel à tout prix ! Si elle savait que j'avais aimé ça… Ah ! Me voilà bonne pour l'hôpital, maintenant ! Bonne pour le septième. Tiens, tiens… le septième… voilà comment on associe plaisir avec folie : septième étage, septième ciel!
-Ce fut un plaisir ! Ma dame en blanc ? Rappelez quand vous voudrez, surtout… -Oui…
Elle partit et je refermai la porte derrière moi. Cette gamine me manquait déjà… |