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Le lendemain matin, au boulot.
*Pourquoi je n'arrive pas à me l'enlever de mes pensées ? Le boulot ! Je dois me concentrer sur le boulot !* -Nick ? -Coucou, je te dérange ? -Je suis au travail ! Qu'est-ce qu'il y a ? -Si on se faisait une soirée ce soir… en amoureux… -Nick ! Ce n'est pas drôle ! -Bah quoi ! Si on ne peut même plus blaguer entre amis… -Je dois travailler !! -Ok, ok ! Ce n'est pas moi qu'il faudra accuser de laisser tomber les gens comme des vielles chaussettes ! Les amitiés, ça s'entretient, tu sais… -Une autre fois, Nick. Allez, je t'embrasse. Salut !
C'est bien beau, les amis, mais ils ne sont pas à mélanger avec le travail : c'est sacré !
Le soir, chez Amélie.
-Améliiiie ! -OUI ! -La vaisselle ! Qui va la faire ? Ne compte pas sur moi pour la faire à ta place ! -JE VAIS LA FAIRE ! -Et tout de suite ! -Oui oui… j'arrive…
Ras le bol. C'est toujours moi qui me tape toutes les corvées de la maison sous prétexte que j'ai l'âge de me trouver un boulot (je suis majeure) ! J'appelle ça de l'EXPLOITATION !
Heureusement, le téléphone sonne. -C'est moi ! -Amélie ! C'est Océane. -Ma poule, ça roule ! -Tu prends tes libertés, toi. En fait, j'ai un petit temps mort et… -Et… -Ça te dirait de faire un tour ? Chez moi. -Tu parles que ça me dit ! Où habites-tu ? -Mmh…10, rue de -Oui, c'est comme si j'y étais. À tout de suite !
Wah ! Efficace ! J'affichais un léger sourire, pas confiante du tout. Comme j'avais décliné l'offre par téléphone de mon meilleur ami et que je m'ennuyais comme un rat mort dans une bibliothèque, je me disais qu'un peu de compagnie, aussi " flyée " fut-elle, serait toujours davantage la bienvenue que la télévision ou le PC ! Je dois être folle… n'étais-je pas en train de me mettre en danger ? Toutes ces années à ne pas faire d'histoire, à sourire gentiment à tous mes amis garçons et à redouter un peu les autres femmes. Où cela me conduira-t-il ? Comment était-ce arrivé ? Ce n'est pas moi. Ça ne me ressemble pas… Océane, tu t'es mise dans un beau pétrin…
La sonnerie retentit dans le hall à ce moment-là. Je dû éviter de me précipiter à l'entrée. Je baissai l'œillette pour voir à travers. Effectivement, ma petite peste se tenait là, qui se dandinait d'un pied à l'autre. J'étais morte de trouille.
-Bonsoir… Eh ! Ça ne va pas, non ?!!! Hum ! Huuuuuuuum ! -Silence ! Océane… mon Océane, ma conquête… -Hummmmm !!!!
J'étouffa i; Amélie avait une poigne de fer ! Je me débattis comme une furie et lui mordis la main pour me libérer. Terrifiée par autant de fougue, j'exprimai mon ébahissement avec les seuls mots qui me venaient à l'esprit en ce moment :
-Amélie ! Qu'est-ce qui te prend ??! -Je vais t'expliquer. À ma manière. -Ahhhhhhhhhhhhh !
Les mots ne me venaient pas. Assez. Je la voulais maintenant, et tout de suite. Toute la journée à penser à ses lèvres, à sa peau, à son odeur, à son cou…
J'étais de nouveau plaquée au mur. Dieu que son souffle dans mon cou était… Comment dire… excitant ?
*Non !!! C'était immonde ! Complètement immoral ! Mal, très mal ! Je devais y mettre fin !
C'était le calme avant la tempête…
-Amélie… -Mmmh… -Améliiiiiiiie !!!! Arrête… oh non… Amélie, non ! Stop ! Amélie, bordel de merde !!!!!
Là, c'est Amélie se retrouve plaquée au mur.
-Putain ! Je te hais, sale gosse ! Tu m'entends ?!!! Je vais t'exploser la tête pour ce que tu me fais !!
Sauvage, possédée. Fougueuse et sans pitié, mes coups étaient emplis de rage. La nature faisant bien les choses, mon aversion pour cette femme m'avait poussée à l'attendre hors du bâtiment, à l'appeler, à découvrir ce qui la composait, cette espèce d'attraction qu'elle exerçait sur moi. C'était cette attirance qui était à l'origine de ma perte de contrôle. Ce qui faisait que je la voulais maintenant. Avec toute ma folie et ma violence, j'étais sûre de gagner contre elle.
-On en a envie toutes les deux… -Je vais t'exploser, gamine ! Je veux ton corps, et je l'aurais ! -J'aime ça.
À sa réplique, Océane gifla Amélie violemment et prit un air menaçant.
-Tu n'aimeras que si je te le commande.
Les apparences sont souvent trompeuses. Voilà pourquoi Océane et Amélie agissaient ainsi : l'une découvrait une nouvelle facette d'elle-même et l'autre, fascinée par cette dernière, se laissait emporter en rendant les armes. En effet, Amélie ne faisait plus le poids contre Océane qui se déchaînait contre elle. Tant et si bien qu'elle succomba pour de bon, en entraînant Océane dans sa chute.
-Je t'ai blessée, griffée, mordue, battue, commença Océane… et tu n'as rien fait pour m'arrêter ! Tu m'as cherchée, énervée, dégoûtée… et l'on vient de faire l'amour ensemble ! Pourquoi ? -Tu le sais bien. -Non, je ne comprends pas pourquoi…
-Parfois… commença Amélie, c'est comme ça. Soudain. Vient d'abord le coup de foudre. Ensuite, sans savoir pourquoi, la barrière cède. Un jour, je cherche à provoquer et ce jour-là, la chance me sourit. C'est juste ça. Vivre. Jusqu'au bout. On ne tombe pas sur la bonne personne. On l'amène à nous. L'on provoque les évènements qui arrivent dans nos vies, pas le contraire. Ainsi, tu sais pourquoi c'était aujourd'hui, pourquoi c'était hier et pourquoi ce n'était pas demain.
À l'écho que faisaient ses paroles en moi, une explosion d'hormones se dispersa dans tout mon corps, me faisant réaliser l'impact de ces barrières qui me ravageaient depuis toutes ces années. Nous refîmes l'amour avec plus de douceur.
J'avais été sincère. J'avais tout donné. Tout laisser donner. Au fond de moi, je le savais. J'y croyais. Nous deux, c'était fait pour durer. Peu importe ce que j'avais eu en tête au départ. Je l'avais dans la peau. Je l'aimais. Je me surprenais à remercier le ciel et sa providence, moi qui ne croyais qu'au seul pouvoir de l'homme. Mais aujourd'hui était une journée spéciale.
-Merci… soufflais-je tout bas.
J'avais cru entendre Amélie murmurer tout bas un mot de remerciement. *Qui pouvait-elle bien remercier ainsi ?*
-Rendors-toi. Tu es si belle quand tu dors…
Qui remerciait Amélie, c'était un mystère. Le soleil s'était couché depuis longtemps. Maintenant, il fallait dormir. Demain, elles se promirent de ne plus se mentir. Et s'il y eu d'autres fois, c'était une autre histoire. |
