|
Seigneur, un messager de Sparte voudrait vous voir, annonça le garde royal. - Fais-le entrer, ce sera peut-être une occasion de m'amuser un peu, dit nonchalamment la conquérante en mettant une olive dans sa bouche.
Le garde salua bien bas et fit entrer un homme de haute taille.
- Conquérante, j'ai ici un message du Seigneur de Sparte. Il s'approcha et courba l'échine. Il présenta un parchemin, évitant soigneusement de regarder la grande femme dans les yeux.
Xena ouvrit le parchemin et sourit. Le Seigneur de Sparte l'invitait pour son mariage qui devait avoir lieu dans les trois jours.
- Dis à ton Seigneur que je viendrai et que je serai ravie d'assister à son mariage. Cela fait longtemps que je veux prendre Sparte, c'est l'occasion ou jamais puisque j'y suis cordialement invitée, n'est-ce pas ? Calicius, tu vas me permettre de te prendre ta ville en beauté. Elle sentit l'excitation faire bouillonner son sang. C'était sa raison de vivre, la guerre, exterminer tous ceux qui se mettaient au travers de ses ambitions de conquête, elle voulait régner sur le monde, et cela commencerait bien sûr par toute la Grèce. Ensuite, elle pourra assouvir sa vengeance et voir Cesar ramper à ses genoux. Ce sera jouissif Cesar, mais avant il me faut toute Elle fit venir son lieutenant et lui fit part de ses projets et de sa stratégie d'attaque. Ils passèrent le reste de l'après-midi à préparer des plans pour la guerre, qui selon Xena serait brève et impitoyable. Elle se demandait qui avait accepté d'épouser ce gros balourd, une grosse balourde évidemment, se dit-elle en riant. Xena entra à Sparte en grande pompe. Trente soldats de sa garde royale, parés de leurs armures étincelantes, la suivaient ainsi que cent chevaux portant des présents dont des barils d'un vin des plus exquis. Le Seigneur de la ville vint à sa rencontre en souriant de toutes ses dents. - Conquérante, tu me fais un immense honneur en venant à ma cérémonie d'union. Je suis heureux de t'accueillir à Sparte. - Je suis heureuse de pouvoir partager ton bonheur, Calcius. Elle fit signe à un de ses soldats : Fais goûter notre vin qui est un présent pour tous ses invités. - Ce vin est très bon Xena, je te remercie. - C'est un plaisir, mais promets-moi qu'il ne sera servi que le soir de ton mariage. - Comment puis-je te refuser cette faveur. Personne n'y touchera. - Bien, et si tu me présentais à ta future, demanda la guerrière lorsqu'elle fut introduit dans les appartements qui lui étaient alloués. - Suis-moi, Xena, j'avais hâte que tu la voies, c'est une pure merveille. Xena resta sans voix devant la grâce et la beauté de la future, elle ne laissa pourtant rien paraître de son émotion. La jeune fiancée posa sur elle un regard aussi doux que celui d'un agneau. Xena remarqua qu'il y avait de la tristesse et de la résignation dans les yeux d'un vert émeraude. Tiens, tiens, jolie princesse, tu ne sembles pas heureuse d'épouser celui qui aurait fait de toi une reine ? Plus maintenant puisque ce soir il baignera dans son sang. J'avais projeté de te tuer avec lui, mais… - Bonjour Majesté, c'est un honneur de vous connaître, dit, interrompant ses pensées, la voix la plus douce que Xena ait jamais entendue. - Eh ben dis donc, moi tu ne m'appelles jamais Majesté, tu dois vraiment la craindre ma beauté, reprocha Calcius à sa future, mais celle-ci ne daigna pas répondre, trop impressionnée par la grande et belle guerrière et par ce qu'elle avait entendu dire des faits d'armes et du manque de pitié de celle-ci envers le genre humain, et la rencontrer enfin la déstabil - Comment s'appelle la ravissante fleur que j'aurais aimé voir pousser dans mon jardin, demanda-t-elle en mangeant du regard la dite fleur. - Gabrielle, dit la jeune femme en rougissant du compliment et sans oser soutenir le regard dont elle sentait l'intensité qui la fit involontairement frissonner. - Gabrielle. Elle prononça avec délectation le joli prénom qui allait si bien à sa propriétaire. Calcius interrompit leur intermède en proposant à Xena d'aller se reposer avant le banquet donné en son honneur. Seule dans la somptueuse chambre qu'on lui avait allouée, Xena repensa à la jeune blonde. Je ne pensais pas trouver un si beau morceau en venant ici, bientôt tu m'appartiendras ma jolie, je ne permettrai aucun obstacle entre moi et ta ravissante personne. On frappa doucement à sa porte. Le cœur de Xena bondit dans sa poitrine. Serait-ce Gabrielle qui venait la voir ? - Entrez, annonça-t-elle. Elle fut déçue de voir que ce n'était pas la personne qu'elle espérait, mais deux jeunes femmes d'une grande beauté, portant des seaux d'eau fumants et des serviettes en lin. Calcius connaît parfaitement mes goûts, il m'envoie un petit encas. Eh bien je serais bête de ne pas en profiter. - Déshabillez-vous, ordonna-t-elle d'une voix forte, qui ne permettait aucun refus. Elle fut satisfaite de voir les deux ravissantes jeunes femmes obtempérer, elles avaient vite compris ce qu'on attendait d'elles. Elles s'approchèrent de la conquérante et, avec des gestes lents et savants, entreprirent de la déshabiller. Xena se laissait faire. Elle se rendit compte qu'elle espérait assouvir le désir qu'elle avait ressenti en présence de Gabrielle. Elle ne voulut pas participer, laissant les deux esclaves prévenir ses envies. Lorsqu'elle se retrouva nue à son tour, la plus âgée des deux femmes la poussa doucement vers le lit. Elles se mirent de part et d'autre du grand corps et commencèrent à le caresser, lentement. Xena, d'une docilité exemplaire, les laissa faire. Elle prirent chacune un téton en bouche et jouèrent de leurs mains sur le corps d'une beauté sculpturale, l'emmenant doucement mais sûrement vers le point de non retour. Xena n'en pouvant plus, poussa la tête de la femme à sa gauche vers le bas, celle-ci comprit ce que voulait la conquérante. Elle posa ses lèvres sur le sexe inondé. Xena poussa un râle dès que la bouche commença son savant ballet. La plus jeune leva la tête vers l'autre femme et lui fit un signe entendu. Elle délaissa le centre du plaisir et s'allongea sur le dos à hauteur des fesses de la conquérante. L'autre femme retourna doucement Xena et mit deux coussins sous son ventre, Xena sentit la langue qui lui fa Avant de se rendre vers la salle des banquets, Xena se rendit dans la salle où on avait entreposé les fûts contenant le vin. Elle appela doucement et une voix étouffée sortit de l'un des barils. - Oui, mon Seigneur, je vous entends. - Bien, dès que vous entendrez quelqu'un venir pour emporter du vin, vous irez sur votre gauche, c'est la salle où nous dînerons. - A vos ordres Conquérante, nous serons prêts. - Je pense que ce ne sera pas long. Ah, autre chose, ne touchez pas à la jeune blonde qui se trouvera à la table. S'il lui arrive quoi que ce soit, c'est toi qui auras à en répondre. - Oui, Conquérante, je m'en assurerai personnellement. - Je n'en n'attendais pas moins de toi. Je vous souhaite à tous bon courage. La fête battait son plein. Xena avait entendu dire à l'un de ses hommes d'aller chercher le vin apporté en cadeau. Elle sut que la bataille était imminente. Elle regarda vers Gabrielle qui mangeait sans se préoccuper de ce qui l'entourait. La princesse leva ses yeux et rencontra l'intense regard bleu acier, elle s'y noya de toute son âme répondant ainsi au désir de la conquérante, elle se surprit à souhaiter être enlevée par cette beauté ténébreuse et emmenée loin sur son beau destrier. Elle baissa tristement la tête se d - Qu'est-ce qui se passe, cria Calcius, à l'un des gardes qui était entré en trombe. - Majesté, nous sommes attaqués, des hommes armés sont sortis des tonneaux de vin, finit-il en regardant haineusement Xena qui avait brandi son épée en signe de défi. - Xena, tu n'es qu'un traître, je vais te tuer, sale garce. Xena sourit froidement et, en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, elle était déjà sur lui en lançant un cri de guerre qui glaça le sang de Gabrielle. Horrifiée la future reine en demeura tétanisée, regardant fascinée la superbe guerrière qui parait toutes les attaques de Calcius, qui lui-même était le meilleur épéiste de son royaume. Gabrielle retenait son souffle, tremblant pour la vie de la magnifique souveraine. Dieu, est-ce vraiment ce que je souhaite, qu'Elle vive ? Et ensuite, elle te tuera aussi, sois-en sûre Gabrielle. La mort serait certainement plus douce, ce porc de Calcius vaut-il mieux qu'elle ? Certainement pas. Mais Xena est si belle, si gracieuse quand elle se bat. Arrête. Gabrielle ! C'est un monstre sans cœur ! Souhaite plutôt qu'elle te tue, il ne serait pas très réjouissant de lui servir de butin de guerre. Ses pensées furent interrompues quand elle vit la tête, de ce qui aurait dû être son mari le soir même, rouler à quelques mètres du corps de son propriétaire. Xena marcha vers elle, laissant ses soldats s'occuper du reste, avec un sourire carnassier, elle prit Gabrielle par la taille et la jeta par dessus son épaule.
Quand Xena arriva à Corinthe, l'excitation de la bataille tombée, elle se demanda pourquoi elle avait ramené la jeune femme qui reposait en travers de la selle. Celle-ci dormait, malgré l'inconfort de sa position. Xena sourit et descendit de cheval, elle allait porter la jeune ex-princesse, mais celle-ci se réveilla et regarda sévèrement la grande femme. Elle se laissa glisser de la selle encore somnolente, puis regarda autour d'elle, attendant un ordre de son nouveau maître. Xena se contenta de lui demander de la suivre à l'intérieur du palais. - Est-ce que tu veux prendre un bain, demanda la conquérante sur un ton brusque qu'elle regretta quand elle vit l'air perdu de son butin de guerre. Je pense que le voyage a dû te fatiguer, je suis sûre qu'un bain te relaxera avant de dormir, enchaîna-t-elle sur un ton plus doux. - Oui, je veux bien. Je crois que j'aurais aussi besoin d'un bon massage, la selle n'était pas très confortable, Gabrielle regretta sur le champ son audace, un massage. Dieu, à quoi pensait-elle. - Je vais voir ce que je peux faire, je pourrais même m'en occuper moi-même. - Heu… En fait je crois qu'un bain sera largement suff - Hum, bon, c'est comme tu veux, dit tristement Xena en remarquant l'air dégoûté de la jeune femme. Viens, je vais te montrer la salle de bain. Gabrielle suivit la grande femme, en se demandant ce qu'elle allait devenir. Elle pouvait s'avouer à elle-même qu'elle avait été heureuse de se débarrasser de son ancien maître, mais pas de la manière dont c'était arrivé. Nul ne mérite de mourir ainsi. Cette femme pouvait être si imprévisible. Gabrielle se promit de ne jamais la mettre en colère, elle tuait avec tant de facilité. Elle était encore indécise quant à son avenir et n'avait pas vu que la grande femme s'était arrêtée, elle entra de plein fouet dans son dos. Son regard de pure terreur fit prendre conscience à Xena que la jeune femme était terrifiée. - De quoi as-tu peur Gabrielle ? Ai-je fait quelque chose qui te rende si craintive ? - Tu as tué de sang froid un homme qui ne t'avait rien fait et qui, au contraire, avait eu la gentillesse de t'inviter à ses noces. - Allons Gabrielle, je sais que tu es heureuse d'en être débarrassée, ose me dire le contraire. - Ce n'était pas une raison de s'attaquer à lui et à son peuple. - Gabrielle, il n'arrivera rien à son peuple, il aura juste un nouveau gouverneur et un nouveau souverain, le peuple de Sparte n'a absolument rien à craindre et j'ai mis en place des hommes qui ont toute ma confiance pour mener à bien cette mission. - Des hommes comme toi, tellement habitués à tuer qu'ils le font avec le sourire ? - Tu ne peux pas comprendre, et tu n'as pas besoin de comprendre. Oublie Calcius, c'est à moi que tu appartiens à présent. - Je vois, la vérité est toujours dure à entendre. - Keira, appela la conquérante sans répondre. Occupe-toi d'elle, ordonna-t-elle à la vieille esclave maure qui apparut devant eux, elle a besoin d'un bain et d'un massage, ensuite viens me voir dans ma chambre. - A vos ordres, Conquérante, répondit la femme âgée. Venez madame. - Keira, la Conquérante attendit que Gabrielle soit à l'intérieur de la salle et sur un ton bas pour que cette dernière n'entende pas, c'est un bien précieux, Keira, alors tu as intérêt à bien prendre soin d'elle. - Oui, Conquérante. - Bien, ne me déçois pas, Keira. Keira ne ressentait aucune animosité pour cette jeune blonde qui, tout l'indiquait, allait devenir la favorite de la Conquérante au contraire, il y avait dans le regard vert émeraude une bonté et une pureté qui était devenue si rare dans ces contrées, elle comprenait l'intérêt de la Conquérante pour cette ravissante petite chose. Et elle s'enquit de sa tâche en faisant tout pour plaire à cette nouvelle venue qui, bientôt peut-être, comblerait le vide dans le cœur de son Seigneur qu'elle aimait tendrement. Gabrielle se sentit mieux entre les mains expertes de l'esclave, celle-ci lui prodiguait un message digne des Dieux. Elle soupira de bien-être. Elle se demandait pourquoi la grande guerrière se montrait si prévenante. N'était-elle pas une nouvelle esclave au même titre que cette Keira ? Xena ne pouvait oublier la lueur de dégoût qu'elle avait perçue dans le regard de la jeune blonde. Mais pourquoi est-ce que je m'en fais tant pour ça ? Après tout je suis la destructrice des nations, le monde entier est à mes pieds. Pourquoi une si petite chose a-t-elle autant d'influence sur moi ? Je vais me dépêcher de la mater et de la soumettre, j'en ai vu de plus hostile. Tout le monde me déteste alors une de plus qu'est-ce que ça fait. Et pourtant cette pensée la déstabilisait. Elle ne voulait pas que Gabrielle la déteste. Elle voulait qu'elle soit son amie, mieux son amante. Elle savait au plus profond d'elle-même qu'elle ne ferait rien qui puisse nuire à Gabrielle et encore moins l'obliger à faire des choses contre son gré. Pourquoi ? Les Dieux seuls le savaient. Je dois d'abord l'apprivoiser. Oui c'est ça, l'amener petit à petit à changer d'opinion à mon égard. Je vais l'inviter à dîner et voir ce qu'elle aime ce qui l'intéresse et ma foi ensuite improviser. Gabrielle je te veux et je t'aurai. Une petite voix venue de nulle part lui insuffla sournoisement : Gabrielle n'est pas un objet qu'on convoite de manière aussi abrupte. Elle a besoin d'être apprivoisée en douceur et rappelle-toi comment tu as tué son fiancé sous ses yeux horrifiés. Crois-moi, tu ne réussiras pas. Elle est pure et toi tu es pourrie jusqu'à la moelle. Si Lyceus vivait encore, il te tuerait sans remord. Lyceus est mort, hurla-t-elle à la pièce vide, et toi tu n'es rien qu'une voix et tu m'appartiens. Je suis ta conscience et tu ne peux pas me faire taire, alors si tu veux que Gabrielle s'intéresse un tant soit peu à toi, tu dois changer et freiner tes ardeurs, crois-moi je ne te veux que du bien. D'habitude tu sautes sur les femmes qui t'intéressent en les traînant de force sur ton lit et là tu tempères, c'est bon signe. Si tu forces celle-ci, elle te haïra à tout jamais. Je sais tout ça, Gabrielle est différente, dit-elle à haute voix. Xena commença à planifier le dîner en tête à tête qu'elle aurait avec la ravissante blonde. Elle décida que ce serait pour le lendemain, car ce soir, elle laisserait Gabrielle se reposer calmement et la ferait servir dans sa chambre. Gabrielle ne devait en aucun cas se sentir prisonnière du palais ou du moins une prisonnière bien traitée. Lorsque Keira entra avec un plateau rempli de victuailles, l'estomac de Gabrielle manifesta sa faim de façon bruyante. Elle fit un grand sourire à l'esclave en rougissant légèrement. - Désolée, hum, j'ai si faim, s'excusa-t-elle - Sa majesté, vous dit que s'il manque quoique ce soit, vous me le demandiez. Elle vous dit de bien vous restaurer et de vous reposer. - Quelle prévenance de la part de quelqu'un d'aussi cruel. - Quand vous la connaîtrez mieux, vous verrez qu'elle n'est pas si cruelle que ça, vous savez. - Je ne tiens pas à la connaître, mais je sais que je n'ai pas le choix. Et quant à sa cruauté, crois-moi Keira, je l'ai vue de mes propres yeux tuer le Seigneur de Sparte de sang froid et… - Le Seigneur de Sparte ? La coupa l'esclave, celui-la même qui, avec son armée, massacre des villages en tuant hommes, femmes, enfants et vieux sans distinction ? Violant femmes et enfants. Il méritait de mourir lentement et dans d'atroces souffrances. Xena, elle, n'a jamais tué des gens désarmés, elle les soumet certes, mais ne les tue pas s'ils se rendent sans essayer de combattre. Et si elle apprend que l'un de ses guerriers a commis un viol, elle le tue de ses propres mains. Alors ne comparez pas l'incomparable. Xena ne s'est jamais attaquée aux personnes sans défense. Et n'oubliez pas une chose, Gabrielle, c'est une guerrière et une conquérante. C'est la plus honnête et la plus loyale de tous les seigneurs de guerre que j'ai connus. - Je vois que tu as bien appris la leçon, rétorqua Gabrielle, mais au fond elle espérait que l'esclave dise vrai, c'est elle qui t'a dit de me dire tout cela ? - Non, répondit la vieille femme, avec véhémence, sa Majesté ne se rabaisserait jamais à ça. Croyez-moi Gabrielle, c'est la pure vérité. Gabrielle vit que l'esclave était sincère, et qu'elle vouait une adoration sans borne à son Seigneur et Maître. Serait-il possible qu'elle se soit trompée ? Mais non, se dit-elle, elle l'avait vue à l'œuvre. Mais si Keira disait vrai, alors ce meurtre était nécessaire. Après tout, elle n'allait pas le tuer en lui demandant la permission, et en y repensant, Xena l'avait tué du premier coup. Si elle avait vraiment été cruelle, elle l'aurait un peu plus torturé, non ? Si elle m'en donne l'occasion, je me ferai ma propre opinion. Après tout, Keira est peut-être dans le vrai, elle a l'air si sincère en parlant de son maître. Elle l'aime vraiment, ça se voit dans ses yeux. Tout en réfléchissant, Gabrielle se servait machinalement dans les plats de nourriture exquise posée devant elle. Keira sourit en voyant les émotions passer sur ce visage si beau et si enfantin. Elle savait qu'elle avait semé la graine du doute et c'était une bonne chose. Elle pouvait deviner que cette ravissante jeune femme allait mettre un peu de baume dans le cœur meurtri de la conquérante. Et ça, c'était tout ce qui pouvait arriver de mieux à la grande guerrière. - Mangez, mon enfant, et reposez-vous. Un jour, quand vous aurez moins de haine pour la Conquérante, je vous raconterai sa triste histoire et ce qui l'a poussée à agir comme elle le fait. - Pourquoi pas maintenant, dit rapidement Gabrielle dont la curiosité avait été éveillée. - Un autre jour, Gabrielle. Apprenez d'abord à la connaître, ensuite on verra. - Mais je veux savoir maintenant, supplia-t-elle, pour me faire une opinion plus clémente, et je crois que tu as déjà réussi à me faire changer d'avis sur elle, alors si tu continues, je serai peut-être tout à fait convaincue. - Pas aujourd'hui, Gabrielle, plus tard, sourit la maure, devinant la curiosité prononcée de sa jeune protégée. Il faut savoir être patiente ma fille. Allez, je vous laisse, dormez bien. Gabrielle se retrouva seule, à repenser à tout ce que lui avait dit cette femme qui avait l'air si serein et si bon. A présent que sa curiosité avait été attisée, elle espérait vraiment mieux connaître Xena. Elle l'avait certes impressionnée au début, Xena était d'une beauté à couper le souffle, elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi beau de toute sa courte vie. Si cette vieille femme, tout en étant asservie, aimait son Seigneur, c'est que celui-ci méritait cette estime. Sur ces pensées, elle s'endormit avec pour dernière image une grande femme aux yeux d'un bleu époustouflant. Le lendemain, Gabrielle eut du mal à situer l'endroit où elle se trouvait. La chambre luxueuse ne lui était pas familière. Puis elle se souvint de tout. Elle fut étonnée d'avoir si bien dormi alors que son avenir était des plus incertains. Mais elle se sentait bizarrement bien. Pas du tout alarmée ou paniquée. Elle était plutôt sereine. C'était sûrement sa conversation avec Keira qui en était la cause. Elle avait même étrangement hâte de revoir la beauté ténébreuse qu'était la Conquérante. Elle entendit frapper discrètement à sa porte. Elle cria, entrez, et une jeune femme pénétra dans la chambre, un panier dans les mains. - Bonjour madame, j'espère que vous avez bien dormi, et sans attendre de réponse elle enchaîna, je suis là pour prendre vos mesures, la Conquérante veut que je vous confectionne une robe pour le dîner de ce soir. - La Conquérante donne un dîner ce soir ? Est-ce qu'il y aura beaucoup de monde ? Demanda Gabrielle, paniquée à l'idée que la conquérante ne la présente comme le trophée de guerre qu'elle était en somme. - Non, madame, il n'y aura que vous deux, répondit distraitement la couturière déjà occupée à prendre les mesures du corps de Gabrielle après l'avoir mise debout. Gabrielle ne sut si elle était horrifiée ou heureuse à cette idée. Dîner en tête à tête avec la Conquérante n'était pas une chose à prendre à la légère. Et pourtant elle avait espéré cela la veille. Mais maintenant que cette envie s'était concrétisée, elle ne se sentait pas d'attaque. Elle était plutôt nerveuse. Qu'allait-elle lui dire ? Elle était le maître du monde, de - Voila c'est fini, Keira va venir vous apporter le petit déjeuner, je repasserais plus tard pour l'essayage. - Heu… Oui, d'accord, merci. - De rien, à tout à l'heure, madame. Bon, je sais que je ne suis pas destinée à l'esclavage, puisque cette femme me dit madame, Xena donne des ordres pour que je sois bien traitée, n'est-ce pas de bonne augure. Dieu, c'est complètement fou ! Hier, je la haïssais et aujourd'hui j'ai peur de la décevoir, c'est à ne rien comprendre. Keira entra dans la chambre avec le petit déjeuner entre les mains. Gabrielle se dit que décidément on la gâtait vraiment. Elle se demandait encore si c'était de l'initiative de Keira ou si c'était des ordres de la Conquérante, elle ne put s'empêcher de poser la question. - Keira, est-ce que la Conquérante sait que je suis traitée comme une reine. - Bien-sûr, Gabrielle, nous ne faisons rien sans son accord. Et je dois avouer qu'elle agit plutôt bizarrement, dit la vielle femme comme si elle se parlait à elle-même, mais surveillant la réaction de la jeune femme, elle n'est jamais allée du côté des cuisines avant, jusqu'à hier, et ce qui est le plus étrange, c'est qu'elle a elle-même préparé vos plateaux, bizarre, finit-elle. - Ah bon !? - Oui, sourit la vieille femme devant l'air étonné et ravi de la jeune femme. - Alors je vais devoir tout manger pour ne pas la décevoir. - Oh oui, elle a vraiment choisi chaque met et les a entreposés avec soin, Keira ne lui dit pas que la Conquérante avait hésité plusieurs fois en posant un petit vase avec une rose au milieu, puis en l'ôtant, le reposant et le reôtant plusieurs fois de suite avant de le jeter contre le mur où il s'était fracassé, tout ça sous les yeux ébahis de la maure. Xena lui avait posé le plateau entre les mains en haussant négligemment les épaules. Xena était, il n'y avait aucun doute, sous le charme de la jeune blonde. Et celle-ci en était manifestement inconsciente. La maure se dit qu'elle était une belle entremetteuse, mais c'était pour le bien de celle qu'elle considérait comme son enfant et elle aimait déjà la jeune femme si innocente qui souriait encore en buvant son jus de fruit. Oui, elle allait tout faire pour que ces deux-là soient plus proches et qui sait ce que la vie leur préparait. Que du bon espérait-elle. Elle était plutôt confiante en l'avenir. La couturière avait fait de l'excellent travail et en si peu de temps, se disait Gabrielle en admirant son reflet dans la glace. Elle dut reconnaître que ce caftan la faisait ressembler à une vraie princesse orientale. Elle en était ravie, au moins elle serait présentable. L'heure du dîner approchait et elle se sentait de plus en plus nerveuse. Elle en tremblait presque. Respire Gabrielle s'encouragea-t-elle, respire, après tout ce n'est qu'un dîner, et tu pourrais lui raconter une de tes histoires, tout le monde les adore. Oui, mais des paysans ignares ne sont pas Xena. Allait-elle les aimer. Eh bien je verrai bien. On frappa légèrement à sa porte, elle se retourna, prête à suivre Keira qui était sûrement venue la chercher pour la mener à la Conquérante. Son cœur s'arrêta de battre quand elle vit Xena debout devant la porte, une main tendue. La Conquérante faisait des ravages dans son cœur déjà si fragile, elle ressemblait à une déesse dans son caftan bleu nuit brodé de fils d'or. Gabrielle, le souffle littéralement coupé, restait là debout à la dévorer des yeux sans pouvoir s'en empêcher. La voix chaude et rauque de l'apparition la ramena doucement à la réalité. - Est-ce que ça va, Gabrielle ? S'inquiéta Xena qui interpréta mal le comportement de Gabrielle, croyant que la jeune femme était plutôt effrayée, elle baissa son bras tendu, n'aie pas peur, je viens te chercher pour aller dîner. Viens, il ne t'arrivera rien de mal, je te le promets. - Je… Je n'ai pas peur, et je sais qu'il ne m'arrivera rien. - Tant mieux, dit la Conquérante soulagée, tu n'as absolument rien à craindre Gabrielle, tout se passera bien, je veux juste dîner en ta compagnie et apprendre à te connaître. Tu me crois, Gabrielle ? - Oui, bien-sûr, allons-y, dit plus gaiement Gabrielle, qui s'était remise de son saisissement, et c'est en souriant qu'elle offrit son bras à sa compagne, voulant par ce geste, lui signifier qu'elle savait qu'elle était en sécurité. Xena prit plutôt la main de Gabrielle, heureuse que celle-ci ne la craigne plus. Gabrielle sentit un léger frisson lui parcourir l'échine au contact de la grande main si chaude et si douce. Comment une main qui avait tué tant de personnes pouvait être aussi chaleureuse ? Décidément, Xena était un véritable mystère et elle se ferait un plaisir à le percer. Après un excellent dîner composé des mets les plus fins, Gabrielle se sentit repue. Elle leva les yeux de son assiette de dessert pour rencontrer deux globes d'un bleu si intense qu'elle ne put les soutenir longtemps. Xena sourit, puis demanda doucement : - Alors, dis-moi, Gabrielle, est-ce que tu te sens bien ici ? Es-tu heureuse ? - Je me sens bien, c'est vrai, mais heureuse je ne sais pas ce que ça veut dire, je ne l'ai jamais été. - Jamais ! Même quand tu étais petite ? S'étonna la grande guerrière - Surtout quand j'étais petite. Ma mère, ma sœur et moi, nous vivions dans l'angoisse en permanence. - Ah oui ? Et pourquoi donc ? Demanda Xena curieuse de tout savoir sur cette ravissante jeune femme. - A cause de mon père. Il… Excuse-moi heu… Je ne sais pas comment il faut que je t'appelle. - Xena sera parfait, Gabrielle. - Oui, Xena, je ne veux pas t'ennuyer avec mes histoires de famille. - Tu ne m'ennuies pas du tout, continue, Gabrielle. Il faisait quoi pour que vous soyez toutes aussi angoissées. - Eh bien, il buvait beaucoup, il commençait dés le réveil, et l'alcool le rend très violent. Il nous battait tout le temps toutes les trois. Pourtant, on se faisait toutes petites, mais il trouvait toujours une raison de le faire. Un verre mal placé sur la table ou un plat pas assez chaud ou pas assez épicé, enfin il trouvait toujours une bonne raison de se défouler sur nous. - Je vois, Xena était sincèrement désolée pour sa jeune protégée, même si elle n'était pas heureuse aujourd'hui, elle l'avait été dans son jeune âge et son adolescence, jusqu'à la mort de Lycéus… Elle soupira. Et comment as-tu atterri chez Calcius ? Elle regarda Gabrielle droit dans les yeux. - Pour sauver mon village de la ruine et de la destruction. Mon père m'a donnée à lui. - Ah, remarque il a bon goût au moins, enfin il avait. Il y a longtemps que tu lui as été cédée et c'était quel village ? - Non, l'hiver dernier, à Poteidaia, Gabrielle ne savait que penser du compliment que lui adressait la grande femme, mais elle en était secrètement ravie. Est-ce que cela voulait dire que Xena la trouvait jolie ? - Gabrielle, Calcius n'a pas tenu sa promesse, il a ravagé ton village. - Tu mens, cria Gabrielle avec véhémence avant de se rendre compte à qui elle s'adressait. Elle baissa la tête, attendant un châtiment qui ne vint pas. Pourtant, Calcius lui avait dit que Xena était une meurtrière qui se délectait du sang de ses victimes, et qu'elle tuait pour rien, juste parce qu'on élevait la voix contre elle par exemple et c'est ce qu'elle venait de faire. - Non, Gabrielle, je ne te mens pas. Dimitrious ! Cria-t-elle très fort. Un homme en habit de la garde royale pénétra dans la salle. - Oui, Conquérante, dit-il solennellement en se mettant à genoux. - Dimitrious, dis-moi, qu'est-il arrivé au village de Poteidaia ? - Le Seigneur de Sparte l'a mis à feu et à sang l'hiver dernier, mon Seigneur. - Y a-t-il eu des survivants ? demanda Gabrielle, qui se repentait d'avoir douté de la sincérité de Xena. - Oui, madame, les femmes et les enfants ont été vendus comme esclaves. Mais tous les hommes ont été exécutés, enfin certains y ont échappé à ce qu'on dit. - Merci, Dimitrious, tu peux te retirer à présent. Est-ce que tu me crois maintenant. - Oui, Xena, je te crois, excuse-moi de t'avoir traitée de menteuse. Alors mon père est peut-être mort et ma mère et ma sœur sont des esclaves à présent. Oh Dieux. - Je suis désolée, Gabrielle. Hormis les autres habitants, je crois que ton père méritait de mourir. - C'était mon père, Xena, même si il était le plus odieux des hommes, il ne méritait pas de mourir. - Si tu le dis. - Tuer n'est pas toujours la meilleure solution, Xena. - Parfois si, Gabrielle, parfois cela devient nécessaire pour survivre. Gabrielle, si cela peut te rendre le sourire, je te promets de rechercher ta famille. Mais je ne veux pas te donner de faux espoirs. Peut-être qu'on ne les retrouvera jamais, mais je vais tout mettre en œuvre pour qu'on les retrouve, quel que soit le prix. - Pourquoi ferais-tu cela, Xena ? - Je viens de te le dire, Gabrielle, pour que tu retrouves le sourire. Dis-moi maintenant, Gabrielle, qu'est-ce qui te ferait vraiment plaisir. - Tu veux vraiment le savoir ? Gabrielle ne pouvait s'empêcher de ressentir du plaisir à entendre son nom sortir des lèvres de Xena, malgré le chagrin de savoir son père probablement mort. Pourtant elle n'arrivait pas vraiment à croire que son père n'était plus et elle espéra que c'était le cas. Xena avait une façon de le prononcer qui la faisait presque frissonner, elle ne voulait pas s'attarder sur ce que cela voulait dire, pas maintenant en tout cas, se dit-elle. - Oui, je veux vraiment le savoir, répondit Xena, s'attendant au pire et priant pour que la jeune femme ne demande pas sa liberté. - Eh bien, vois-tu Xena, j'aime inventer des histoires et j'en ai plein la tête. Il m'arrivait souvent d'en raconter aux villageois quand mon père n'était pas dans les parages, il détestait ça. Alors ce qui me ferait vraiment plaisir, c'est d'apprendre à lire et à écrire pour les transcrire et ne pas les oublier. - Eh bien, si ce n'est que cela, sourit Xena ravie et rassurée, ton vœu sera exaucé. Je vais faire venir un savant pour te donner des leçons. - Oh, merci Xena, merci du fond du cœur, elle se leva et contourna la table pour venir serrer dans ses bras la grande femme, merci tu ne sais pas à quel point tu me fais plaisir. - De rien, ravie de l'entendre, Gabrielle. Elle rendit maladroitement l'étreinte de sa jeune compagne en souriant, troublée par cette proximité si soudaine et si chaleureuse. Gabrielle se retira en rougissant de son audace, privant les deux femmes d'un contact très plaisant. - Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris. - Ne sois pas désolée, Gabrielle, non, ne le sois pas, ta spontanéité est pour moi une bénédiction. Bien, je dois aller travailler à présent, tu peux faire ce que tu veux de ton temps Gabrielle. - Est-ce que je peux aller me promener dans les jardins ? - Bien-sûr, je viens de te le dire, tu fais ce que tu veux. - Tu veux dire que je ne suis pas ta prisonnière ? - Non, Gabrielle, tu ne l'es pas. - Tu veux dire que si je veux m'en aller d'ici, je suis libre de le faire. - Oui, tu l'es, répondit la grande femme le cœur serré, car elle savait que si la jeune femme émettait ce souhait, elle ne ferait rien pour l'empêcher, elle voulait vraiment que Gabrielle soit heureuse, même à ce prix, se dit-elle amèrement. Est-ce tu vas le faire ? Partir, je veux dire ? - Non, Xena, je ne partirai pas. - Bien, souffla Xena soulagée. On se revoit demain soir, alors ? - Avec plaisir, répondit-elle surprise que ces paroles soient vraiment sincères. Elle avait vraiment apprécié de passer du temps avec la grande femme et elle ne voulait pas que ça s'arrête. En plus, Xena lui offrait la possibilité de sortir de l'ignorance et ça, personne ne l'avait fait avant. Alors oui, elle ne comptait aller nulle part, elle voulait encore entendre Xena prononcer son nom et dire le sien. Xena choisit le plus vieux des savants. Il était connu pour son immense érudition et sa patience. Elle voulait donner l'occasion à Gabrielle d'apprendre toutes les sciences qu'elle désirait. Mais avant tout, elle ne voulait pas qu'elle soit attirée par l'homme, alors ses soixante-quinze ans n'avaient aucune chance, du moins elle l'espérait. Gabrielle était une élève si studieuse et elle avait une telle soif d'apprendre qu'elle mit à peine deux lunes pour savoir lire et écrire. Le matin, elle se levait et ressentait une joie à la perspective d'apprendre encore et encore de nouvelles choses, elle s'était prise d'une réelle affection pour son précepteur qui le lui rendait bien. Et tous les soirs, elle dînait avec la Conquérante et lui faisait part de ses progrès. Xena regardait fièrement la jeune femme s'épanouir et s'ouvrir à la vie chaque jour un peu plus. Elles apprenaient à se connaître et s'apprécier chaque jour d'avantage. Xena ne pouvait plus se passer de Gabrielle et il en était de même pour cette dernière. Un soir, Gabrielle se retrouva seule à la grande table pour dîner, elle se dit que la Conquérante n'allait pas tarder. Lorsque le vieux domestique s'approcha pour lui servir de la soupe, elle lui demanda d'attendre que Xena vienne. - Ce n'est pas la peine, Gabrielle, la Conquérante est partie pour Athènes et nul ne sait quand elle reviendra. Gabrielle en ressentit un immense chagrin. Xena était partie sans lui dire au revoir. Elle ne l'avait pas vue de la journée, mais elle ne s'en était nullement inquiétée, sachant qu'elle allait la voir au dîner. La chaise désespérément vide lui brisait le cœur. Les larmes au bord des yeux, Gabrielle toucha à peine au repas, trop triste pour manger, elle quitta la grande salle pour se réfugier dans sa chambre. Sur son lit, elle se demandait pourquoi elle était dans cet état. Xena ne serait partie que quelques jours, alors pourquoi ressentait-elle ce froid dans son cœur. Elle arriva à la seule conclusion possible, elle était amoureuse de la femme la plus puissante du monde. Cette révélation la rendit encore plus triste. Xena ne lui rendrait jamais son amour. Que ferait-elle d'une naïve paysanne encore ignorante. Xena était une déesse vivante. Sa beauté n'avait pas d'égal. Gabrielle n'avait jamais rencontré une femme aussi belle que la Conquérante. Elle aimait tant la lueur qui s'allumait dans ses yeux extraordinaires quand elle souriait. Gabrielle soupira longuement. Elle s'endormit enfin, les joues pleines de larmes. Les jours qui suivirent furent moroses pour la jeune femme. Elle errait comme une âme en peine dans l'immense palais. Même les leçons ne lui donnaient plus de satisfaction. Keira essaya tout ce qui était possible pour rendre le sourire à sa jeune protégée, mais rien n'y fit. Elles étaient toutes deux assises dans la chambre de Gabrielle, quand des acclamations retentirent de toutes parts, la foule amassée dans la grande cour scandait le nom de la Conquérante. Xena était de retour. Gabrielle bondit de sa chaise et courut à la fenêtre, un grand sourire illuminant ses traits enfantins. Keira la taquina gentiment : - Eh ben ! Si j'avais su que c'était elle qui pouvait effacer cet air si triste de ton beau visage, je t'aurais parlé d'elle plutôt que de m'échiner à t'inventer des histoires de vieilles folles. - Je voudrais courir vers elle, s'exclama Gabrielle ignorant la gentille taquinerie, mais je ne sais pas si je dois d'abord la laisser se remettre du voyage. J'ai tant besoin de la voir et de la toucher, dit vivement la jeune femme, puis elle rougit violemment en se rendant compte qu'elle venait de livrer son âme à Keira. - Va la voir, Gabrielle, la rassura la maure heureuse de ce juste dénouement, je suis sûre qu'elle meurt d'envie de te revoir elle aussi. - Tu crois, demanda Gabrielle le cœur emplit d'espoir, car elle ne pouvait attendre une minute de plus, mais avait besoin d'encouragements. - J'en suis sûre, Gabrielle. Va, ma fille, va, la poussa-t-elle, elle avait vu Xena s'attacher chaque jour un peu plus à la jeune femme, mais Keira ne savait pas que Gabrielle avait suivi la même voie que son aînée, celle du cœur, et la vieille dame sourit en se disant que sa tendre et chère enfant était en de bonnes mains. Gabrielle ne se le fit pas dire deux fois, elle courut vers l'endroit où se trouvait la femme qui avait ravi son cœur. Elle se tint timidement en arrière, attendant que la femme descende de sa monture. Xena regardait froidement la foule qui acclamait son retour, la seule personne qu'elle brûlait de voir était une ravissante blonde qui lui avait cruellement manqué. Et quand elle la vit, son cœur fit une embardée. Un sourire tendrement ravi lui vint naturellement aux lèvres. Elle était vraiment heureuse de revoir sa jeune protégée. Elle descendit de cheval et marcha vers Gabrielle sans la quitter des yeux. Hypnotisée, Gabrielle ne pouvait croire que ce sourire qui rendait cette femme si belle, lui était dédié. Elle vit pourtant la Conquérante abandonner ses gens et venir vers elle. Son cœur gambadait dans sa poitrine lui coupant le souffle. Arrivée à sa hauteur, Xena ouvrit grand ses bras. Gabrielle ne se fit pas prier, elle avança d'un pas et fut happée par une puissante étreinte qu'elle rendit avec bonheur en entourant les hanches de la puissante femme. - Je suis si heureuse de te revoir Xena, tu m'as tellement manqué. - Tu m'as manqué aussi Gabrielle, plus que je ne saurai le dire. - C'est vrai ! - Absolument, cela a l'air de t'étonner, Gabrielle. - Un peu, je l'avoue. - Et pourquoi donc ? - Je ne sais pas, peut-être parce que tu es partie sans me le dire et sans même me dire au revoir, murmura Gabrielle. - Je l'ai fait Gabrielle, mais tu dormais si profondément, et je n'ai pas voulu te réveiller, alors je me suis contentée de t'embrasser sur le front. - Oh, ne put que dire Gabrielle. - Est-ce que cela va te convaincre Gabrielle ? Demanda la grande guerrière en se baissant et en posant tendrement ses lèvres sur celles de la jeune femme. La foule applaudit ce geste en hurlant le nom de leur souveraine. Ses gens étaient étonnés, car ils n'avaient jamais vu leur Seigneur sourire de cette manière et encore moins embrasser quelqu'un sous leurs regards. Gabrielle qui avait oublié tout ce qui l'entourait en voyant Xena, se rendit compte qu'elle s'était totalement abandonnée devant des dizaines de témoins. Elle rougit violemment et enfouit sa tête dans la poitrine de son amie enfin retrouvée. Xena sourit tendrement, se détacha doucement de la jeune blonde qui se cramponnait à elle, et la guida vers l'intérieur du palais sans la lâcher, tout cela sous le regard bienveillant et ravi de Keira qui avait suivi toute la scène du balcon de la chambre de Gabrielle. Xena n'avait jamais ressenti une émotion aussi intense. Pourtant, elle n'avait fait qu'effleurer les lèvres si douces de son amie. Et pour la première fois depuis si longtemps, elle se sentit vraiment heureuse. Et ce bonheur était décuplé par la surprise qu'elle réservait à cette jeune femme qui venait de prendre la place la plus importante dans son cœur meurtri.
Xena emmena sa compagne à l'intérieur, elle ne voulait pas que Gabrielle voie le chariot qui devait arriver avec la surprise. - Tu auras quel âge demain, Gabrielle ? Demanda la grande femme en souriant, sachant que Gabrielle ne lui avait rien dit de son anniversaire. - Comment tu sais que c'est demain, Xena ? Je ne me rappelle pas l'avoir mentionné devant toi. - Ah, j'ai de nombreux talents, Gabrielle. - Incluant celui d'être devineresse ? Plaisanta la jeune blonde taquinant la grande femme et devinant que c'est son précepteur qui avait vendu la mèche. - Tout à fait, jeune fille, alors cela te fait quel âge ? - Tu devrais le savoir puisque tu es devineresse. - Petite maligne, je vais dire 18 ans ? - Xena ! Tu me crois vraiment aussi jeune que ça ? - Heu oui, pourquoi tu en aurais plus ? - J'aurai 24 ans, Xena. Et en parlant de tes nombreux talents, je dirais qu'embrasser en fait définitivement partie, finit Gabrielle en rougissant. - Eh bien attends que je t'embrasse vraiment, répliqua Xena en souriant malicieusement, ce qui fit encore plus rougir la jeune blonde, tu es adorable quand tu rougis, Gabrielle. Xena essaya toute la journée de détourner l'attention de la jeune femme de l'aile du palais où se préparait la surprise, elle n'eut aucun effort à fournir, car Gabrielle adorait la compagnie de la guerrière et ne s'ennuyait nullement en sa compagnie. Le soir venu, elles dînèrent dans une atmosphère joyeuse et conviviale. Xena questionna Gabrielle sur ce qu'elle avait fait pendant son absence. - Pas grand-chose, Xena. Le premier jour, je l'ai passé dans ma chambre à me demander pourquoi tu étais partie sans me le dire, et… Je le sais maintenant, coupa- t-elle la grande femme qui allait répliquer. - A la bonne heure. - Je prenais mes cours, je me promenais un peu partout dans les jardins et dans le palais. Xena, pourquoi je n'ai pas le droit de sortir de l'enceinte du château ? Un jour je le voulais, mais le garde m'a dit que tu avais laissé des ordres dans ce sens, pourtant tu m'as dit que j'étais libre de faire ce que je voulais. - Gabrielle, dehors j'ai beaucoup d'ennemis, et ils savent qu'ils ne peuvent pas s'en prendre à moi, alors souvent ils attaquent ce que j'ai de plus cher. Et Gabrielle, tu sais que tu en fais partie. - Non, je ne le savais pas. C'est vrai Xena ? Demanda la jeune femme avec un sourire ravi. - Oui, fut la réponse simple de Xena, mais son regard le disait bien mieux. Gabrielle fut avalée par le regard intense, elle s'y laissa couler avec bonheur, elle était comme hypnotisée par l'azur de ces yeux. Puis elle vit le visage tant aimé s'avancer lentement sans la quitter des yeux comme pour y chercher l'approbation. Gabrielle ferma les siens, envoûtée et attendant avec ferveur. Xena sourit tendrement, puis caressa de ses lèvres la douce bouche. Gabrielle se sentit emportée dans un exquis voyage, elle enroula les bras autour des puissantes épaules, quémandant plus. Xena approfondit le baiser et la jeune blonde y répondit avec passion. Son cœur battait à tout rompre, elle souhaita que la langue qui l'explorait ne ressorte jamais de son écrin de velours. Elles se séparèrent lentement en haletant, toutes deux étourdies et flageolantes. Elles ne pouvaient prononcer aucune parole, tant l'émotion qui les avait submergées était forte. Gabrielle s'agrippait à Xena comme si sa vie en dépendait, cette dernière n'en menait pas large non plus. - Ca va, Gabrielle ? Ne put que dire la grande et fière guerrière qui se sentait toute petite après les sensations éprouvées dans les bras de cette petite grande femme. - Oui, enfin je crois. Je crois que je ne reconnais plus mon corps, je veux dire, il ne m'appartient plus. - Allez viens, décida la grande femme en éclatant de rire, je crois qu'il est temps d'aller se coucher, assez d'émotions pour ce soir. - D'accord. Xena ? - Mmmm… - Tu avais raison. - A propos de quoi. - A propos d'attendre que tu m'embrasses vraiment. Aphrodite peut aller se coucher. - Gabrielle, je ne suis pas une déesse, je ne suis qu'une garce et une brute sanguinaire, l'aurais-tu oublié ? - Tu ne l'es plus à mes yeux, Xena. J'ai découvert que tout ce qu'on me disait à ton sujet était faux. - Pas complètement Gabrielle, pas complètement. - C'est vrai, mais tu n'es ni une garce, ni une brute, tu es même la femme la plus gentille que je connaisse. - Stop Gabrielle, tu vas ruiner ma réputation. - Je ne le dirai à personne, Xena, promis, finit la jeune blonde en souriant malicieusement. - Bien. Bonne nuit Gabrielle, dit tendrement Xena en arrivant devant la chambre de son amie. - Bonne nuit Xena, à demain. En pénétrant dans sa chambre, Gabrielle se sentit très seule. La souveraine lui manquait déjà. Elle aurait tant voulu que Xena reste encore un peu avec elle. Mais c'était mieux ainsi, se dit-elle, car elle savait que si Xena était restée avec elle, Gabrielle n'aurait pas succombé à la tentation de découvrir l'amour dans ses bras. Elle s'imagina les mains fortes et douces à la fois, la déshabiller lentement et partir à la conquête de son corps. Elle trembla de désir à cette vision. Elle s'allongea sur son lit. Mais le désir était si fort et si tenace que sa main voyagea d'elle-même vers son entrecuisse. Elle se caressa en s'imaginant que c'était la main de son amie qui la fouillait intimement. Au bout de quelques instants de va et vient, elle se laissa aller à la jouissance. Elle s'endormit enfin avec, comme dernière image, le sourire éclatant de Xena. Dès le réveil, Xena alla inspecter sa surprise. Tout était prêt, elle avait fait le voyage jusqu'à Athènes pour choisir elle-même ce qui plairait certainement à Gabrielle. Elle fut satisfaite du résultat, elle se promit de récompenser l'équipe qui avait travaillé jusqu'à très tard dans la nuit, sous la houlette express du chef de la garde royale. Elle se présenta à la porte de la chambre de sa protégée et frappa. Gabrielle lui ouvrit la porte, les cheveux en bataille et la mine rosie d'un sommeil paisible. - Xena ! Dieu, je dois être horrible à regarder, je croyais que c'était Keira, finit-elle dans un souffle, très gênée que Xena l'aie vue dans cet état. - Au contraire, tu es adorable au réveil, aussi naturelle que jolie. Contrairement aux femmes trop fardées qui font peur au réveil. Joyeux anniversaire Gabrielle, que la vie t'apporte tout ce que tu souhaites. - Merci Xena, et c'est déjà fait, elle m'offre ce que je n'aurais jamais imaginé avoir, TOI. Emue jusqu'aux larmes, Xena se contenta de serrer dans ses bras le corps chaud et abandonné avec une confiance totale. - Allez, change-toi vite, je suis pressée de te montrer ton cadeau. - Tu as un cadeau pour moi !? - Bien-sûr, Gabrielle, c'est la coutume. On offre toujours un présent le jour d'un anniversaire, non ? - Oui, je sais, mais c'est la première fois pour moi. En fait, chez moi, on ne fêtait même pas ce jour. Et honnêtement, je ne m'attendais pas à ce que tu le fasses. - Eh bien à partir d'aujourd'hui, ce sera fait. Gabrielle ne dit rien, trop émue pour parler, Est-ce que Xena voulait dire qu'elles allaient rester ensemble longtemps encore ? C'est une question qui n'avait pas de réponse, après tout, se dit-elle. Xena ne le pensait peut-être pas vraiment. Elle se prépara rapidement en pensant à tous les changements survenus dans sa vie en si peu de temps. Mais surtout à la découverte jour après jour, de cette magnifique grande femme qu'on lui avait dépeinte comme étant une femme sans cœur et sans sentiments aucun. Elle était heureuse de voir par elle-même que Xena était une femme généreuse gentille et pleine d'attentions. Keira avait raison de l'aimer. Elle avait enfin compris que Xena se battait pour sa survie et celle de son peuple. Certes, elle avait une manière assez violente de le faire, mais il y avait certainement pire que cette grande guerrière formée et ne vivant que pour le combat et la conquête. - Voila je suis prête, Xena. - Tu permets que je te bande les yeux, Gabrielle ? - C'est vraiment nécessaire ? - Oh oui, curieuse comme je devine que tu l'es, tu ne vas pas résister à l'envie d'ouvrir les yeux, la taquina la souveraine. - Oh, tu as raison, c'est un grand défaut, je le sais, mais je ne peux y résister. - Gabrielle, la curiosité est peut-être un défaut, mais elle est la base de la recherche et du savoir. - Si tu le dis. D'accord, bande-moi les yeux, la surprise n'en sera que plus grande. - Voila, je vais te guider, fais-moi confiance. - Je te fais confiance, Xena, toujours, dit-elle derrière son écran noir. - Bien. Xena entoura la taille de sa compagne de son bras et commença à la guider vers le lieu de sa surprise. Gabrielle frissonna au contact de la main qui serrait doucement sa hanche, ses sens décuplés par sa cécité temporaire. Xena s'arrêta et ôta lentement le bandeau noir des yeux de sa compagne et attendit. Elle ne fut pas déçue, les yeux de la jeune femme s'illuminèrent et sa bouche s'ouvrit en un " Ho " d'extase pure. Elle admira dans un silence religieux, la salle transformée en une immense bibliothèque où s'alignaient des étagères croulant sous le poids des parchemins classés par auteur. Elle se tourna vers Xena les larmes aux yeux. - Tu m'as demandé un jour si j'étais heureuse et je t'avais répondu que je n'en connaissais pas la signification. Xena, ce mot a pris tout son sens pour moi aujourd'hui. Car pour la première fois de ma vie, je le suis, je suis en train de flotter dans une sphère de bonheur. Xena, jamais je ne pourrai trouver les mots pour t'exprimer ma gratitude et ma reconnaissance pour tout ce que tu fais pour moi. Je me sens vivre à tes côtés, Xena tu m'as ramenée à la vie, merci, merci mille fois, je t'aime, Xena. Gabrielle se jeta dans les bras de Xena en sanglotant. Jamais elle n'avait été aussi heureuse. Xena la berça tendrement dans ses bras encore toute secouée par les paroles de la jeune femme. Xena se sentait heureuse aussi, elle avait l'impression de voler aux côtés de la femme qui avait enfin donné un sens à sa vie solitaire et de plus, elle venait de lui dire qu'elle l'aimait. Pour la première fois, elle avait retrouvé la part d'elle-même qu'elle avait perdue il y a si longtemps, trop longtemps. Et voila que ce petit bout de femme la lui restituait. Elle sentit ses yeux s'embuer et ne fit rien pour empêcher la lente descente des grosses larmes qu'elle n'avait versées qu'une fois, une seule et c'était à la mort de son frère Lycéus. Apaisée, Gabrielle se souleva sur la pointe des pieds et colla sa bouche à celle de la grande femme pour un baiser empli de tendresse et de passion. Elle aimait tant embrasser la guerrière. C'était si bon qu'elle ne s'en lasserait jamais. Elles restèrent ainsi jusqu'à ce que le manque d'oxygène se fasse dangereusement sentir. Haletantes, elles se regardèrent longuement, disant avec leur regard ce que leur bouche ne pourrait jamais exprimer avec autant de ferveur et d'intensité. - Gabrielle, je vais te laisser découvrir ton cadeau, je vais aller nous trouver de quoi manger, toutes ces émotions m'ont donné faim, je reviens vite. - Très vite, s'il te plait, rétorqua la jeune blonde en collant ses lèvres aux siennes, un seul instant loin de toi équivaut au Tartare. - Je ne serai pas longue, promis, assura Xena en l'embrassant à son tour, et Gabrielle ! Appela-t-elle quand elle arriva près de la porte. - Oui. - Moi aussi je t'aime, elle sourit affectueusement et partit. Gabrielle resta figée un long moment, savourant les dernières paroles de la souveraine. Elle m'aime se répéta-t-elle comme un mantra. Dieu, elle m'aime, je n'arrive pas à y croire. Xena la femme la plus belle de En attendant le retour de sa moitié, Gabrielle fit le tour de sa bibliothèque. Il y avait des traités de tous les philosophes dont lui avait parlé son professeur, Platon, Anaxagore, Socrate, Zénon d'Elée, Aristote et bien d'autres, ainsi que des parchemins de poètes, Homère, Esope, Hésiode, des noms qui avaient fait rêver l'ignorante qu'elle était alors. Xena lui offrait le savoir dont elle avait toujours rêvé. Qui sait peut-être qu'un jour son nom figurera parmi tous ces poètes. Elle rit d'elle-même, ses poèmes n'égaleront jamais ceux de ses aînés. Elle en riait encore quand elle entendit la voix de Xena hurler et une autre qu'elle ne connaissait pas qui suppliait. Elle se précipita dehors. Et là, elle vit la femme de sa vie pousser violemment une femme qui la suppliait de la garder, car elle avait des enfants, mais Xena, sous les yeux ahuris de Gabrielle, lui donna un coup de pied qui l'envoya au bas des escaliers. Elle hurla ensuite aux gardes de la jeter dehors avec interdiction formelle de revenir au palais. Xena était hors d'elle. En se retournant, elle vit Gabrielle, qui la regardait avec tristesse et résignation. Elle aurait tant voulu aller vers elle et lui dire ce qui s'était passé. Mais la colère était si forte qu'elle préféra battre en retraite plutôt que d'affronter le regard plein de reproche de la femme à qui elle venait d'ouvrir totalement et sans restriction son cœur. Ce qui aurait dû être une journée idyllique avait été gâchée par une cuisinière sans cœur. Xena maudit le jour où celle-ci avait été engagée. Maintenant, Gabrielle croirait qu'elle avait été violente juste parce que c'était sa nature. C'est ta nature Xena, se tança-t-elle. Pourquoi a-t-il fallu que j'aille dans cette maudite cuisine ? C'est parce que tu voulais choisir toi-même le petit déjeuner de la femme que tu aimes. Oui et voila le résultat, à l'heure qu'il est, elle doit sûrement me haïr. Parle-lui, explique-lui, elle comprendra, c'est une jeune femme intelligente. C'est pas sur qu'elle veuille encore m'adresser la parole. Et si elle décidait de me quitter ? Dieu, je ne le supporterai pas. Calme-toi Xena, elle ne partira pas avant d'avoir des explications. Plongée dans ses pensées moroses, Xena s'enferma dans sa chambre. Elle se rassurait en se disant que Gabrielle accepterait de l'écouter. Gabrielle de son côté se refusait à juger son amie sans savoir ce qui s'était vraiment passé. Elle voulut en avoir le cœur net, elle se dirigea d'un pas décidé vers la cuisine, car elle savait que c'est de là qu'était partie l'action. Elle verrait Xena plus tard. Keira fut la première à venir vers elle. - Que s'est-il passé Keira ? Pourquoi Xena était si en colère contre cette pauvre femme ? - Gabrielle ! Tu n'as toujours pas compris, hein ? Cette femme était une garce sans cœur. Regarde ce qu'elle a fait à ce pauvre gamin. Gabrielle vit en effet un petit garçon les joues encore pleines de larmes. Une des femmes de l'office lui bandait la main, le pansement était rouge de sang. - Ce pauvre garçon qui est encore trop jeune pour réaliser ses gestes, a mis ses doigts dans le gâteau qui t'était destiné et en a dérangé un peu la décoration. Betty, celle que tu traites de pauvre femme, lui a planté profondément une fourchette dans la main. Xena est arrivé à ce moment-là. - Oh Dieu, Xena ! S'exclama Gabrielle se reprochant d'avoir mal jugé son amie. Elle se précipita vers le gamin et le berça un moment dans ses bras, en lui assurant que Xena ne laisserait plus personne lui faire de mal. Puis elle coupa une grande part de gâteau et la lui tendit. Le sourire ravi et gourmand de l'enfant l'emplit de joie. Elle le laissa manger avec ravissement sa friandise et se tourna vers la maure. - Keira, je sais qu'elle n'a pas mangé, est-ce que je peux avoir un peu de nourriture pour deux. - Je te prépare ça tout de suite, Gabrielle. Son plateau dans les bras, Gabrielle jongla pour frapper à la porte de la chambre sans le laisser tomber. Xena lui ouvrit, la mine triste. Elle fut vraiment étonnée et rassurée de voir Gabrielle un grand sourire aux lèvres. - Tu sais, dit doucement Xena en lui prenant le plateau des mains. - Curieuse comme tu sais que je le suis, je suis allée me renseigner à la cuisine. Pardonne-moi d'avoir douté de toi, Xena. - Ce n'est rien, tu ne pouvais pas savoir. - Oui, mais je m'en veux, je t'ai dit que je t'accordais toute ma confiance, alors que cet incident l'a fait vaciller. Tu me pardonnes. - Bien-sûr ma chérie, je suis contente que tu sois curieuse, je n'aurais peut-être pas pu t'expliquer, je ne suis pas très douée avec les mots. - Xena ? Tu peux faire quelque chose pour moi. - Bien-sûr ! Tout ce que tu veux Gabrielle. - Embrasse-moi, s'il te plait. La grande femme ne se fit pas prier, heureuse que l'incident n'ait pas gâché leur amitié grandissante et leur amour.
Gabrielle n'avait jamais véritablement cru en sa bonne étoile. Mais depuis quelques temps, depuis qu'elle avait croisé Xena, son destin était en train de changer en une bulle de bonheur exquise. Pour la première fois de sa vie, elle pouvait dire qu'elle était vraiment heureuse. Un bonheur sans limite. Elle sentait encore sur ses lèvres la douce texture de celles de la grande guerrière. Elle se surprit à rire toute seule dans le grand couloir qui menait à la bibliothèque. Quand les autres habitants du palais n'avaient droit qu'au regard froid de la conquérante, elle bénéficiait de ses tendres sourires et en prime de ses baisers qui la faisaient chavirer de bonheur. Gabrielle se sentait pourtant insatisfaite encore, car elle voulait plus de Xena. Elle voulait que la grande brune se lâche vraiment. Gabrielle la sentait réticente à aller plus loin, c'était toujours elle qui mettait fin à leurs trop rares baisers. Gabrielle rougit de ses pensées, elle se demandait d'où lui était venue cette image du corps nu contre elle. Elle frissonnait encore en entrant dans la grande salle pleine de parchemins flambants neufs. Elle ne vit pas le temps passer tant elle était plongée dans ses lectures. Xena faisait les cents pas dans sa chambre. Elle était tellement frustrée qu'elle aurait voulu se défouler sur n'importe quoi ou n'importe qui, la pensée de Gabrielle la regardant avec du reproche dans ses beaux yeux océan lui fit réviser sa dernière option. Sur quelque chose se dit-elle, définitivement. Elle prit son épée et sortit s'attaquer à un des arbres du bois qui jouxtait son palais. Après une chandelle d'exercices intenses, elle n'arrivait toujours pas à calmer sa frustration. Elle se demandait pourquoi elle n'allait pas tout simplement dans la bibliothèque, déshabiller sa jeune occupante et calmer ses désirs montant crescendo. Elle se refusa net cette option. Gabrielle n'apprécierait certainement pas sa brutalité. Elle avait plutôt besoin de tendresse et de temps. Et ça en cet instant, Xena n'en avait pas. Elle avait besoin de se défouler. Elle fonça vers la blanchisserie où elle savait trouver ce qu'il lui fallait. Quand elle pénétra dans le bâtiment seulement éclairé par le soleil, toutes les femmes se turent d'un seul élan et la fixèrent, se demandant ce que leur souveraine venait faire dans un endroit où elle n'avait jamais mis les pieds auparavant. Xena lança un regard froid et circulaire sur toutes les lavandières, il s'arrêta sur une jeune blonde au corps généreux. - Toi ! Héla-t-elle la jeune femme qui trembla de peur, suis-moi, ordonna-t-elle d'un ton sec. La jeune femme la suivit en se demandant quelle faute elle avait commise et surtout quel serait son châtiment et elle se résigna au pire. Après tout, elle appartenait à cette femme capricieuse et sans cœur. Xena l'emmena dans sa chambre. Elle s'assit sur le bord de son lit, écarta ses jambes et de la tête signifia à la jeune esclave ce qu'elle désirait. Celle-ci soulagée, comprenant ce qu'on attendait d'elle, se jeta à genoux et plongea sa tête entre les cuisses de sa reine. Sa langue fouilla le sexe chaud et humide. Elle voulut entourer de ses bras les hanches de la grande guerrière, mais celle-ci les lui ôta sans un mot en les ramenant derrière le dos de la jeune blonde. Cette dernière commença un long massage du clitoris gonflé à bloc. Xena gémit en jetant sa tête en arrière. Elle ne voulait pas que son esclave la touche, car elle voulait imaginer que c'était Gabrielle qui lui donnait ce plaisir, cette seule pensée décupla son plaisir et la fit chavirer. Gabrielle leva la tête du parchemin satisfaite de l'avoir lu jusqu'au bout. C'était merveilleux de pouvoir enfin lire les essais de ces hommes qu'elle admirait tant. Et ceci était possible grâce à la grande générosité de Xena. Penser à son amie lui fit comprendre combien elle lui manquait. Elle sortit de la bibliothèque et se dirigea vers la chambre de son amie. Un garde était posté devant la porte. Gabrielle allait lui demander gentiment de la laisser entrer quand soudain, elle entendit un gémissement, elle reconnut la voix de sa bienfaitrice et faisant abstraction du garde qui lui n'osât pas l'en empêcher, elle poussa brutalement la porte croyant que Xena souffrait. Ce qu'elle y vit la cloua sur place, les membres paralysés, le regard fasciné et le cœur en lambeaux, elle ne pouvait s'empêcher de regarder jouir la femme qu'elle aimait. Xena ouvrit les yeux et fut bouleversée de voir l'immense douleur que reflétait le regard de sa jeune protégée. Elle repoussa vivement l'esclave. Mais trop tard, Gabrielle avait puisé dans l'énergie qui lui était restée pour s'enfuir loin de ce spectacle qui lui déchirait le cœur. Gabrielle courait comme si le diable était à ses trousses, elle sortit du palais comme une furie sous le regard ébahi des sentinelles. Elle courut à en perdre la raison pendant des heures ne se rendant pas compte qu'elle avait pénétré dans la grande forêt. Hors d'haleine, et quand elle fut sûre qu'elle était à bonne distance de celle qui venait de lui briser le cœur, elle se laissa tomber sur le sol mousseux en pleurant toutes les larmes de son corps jusqu'à ce qu'elle s'endorme d'épuisement. Xena, sous le choc, avait mis du temps à se lever du lit. Quand elle retrouva ses esprits, elle se dirigea vers la chambre de Gabrielle, croyant que celle-ci s'y était réfugiée. Ne la trouvant pas, elle pensa à aller la chercher dans la bibliothèque. Personne non plus dans la grande pièce sauf la tasse de thé refroidie que la jeune blonde y avait laissée. Son cœur commença à cogner comme un forcené dans sa poitrine quand elle réalisa après de vaines recherches que la jeune femme n'était plus dans le palais. Et quand les sentinelles à la porte, plusieurs marques de chandelles plus tard, lui apprirent qu'ils l'avaient vue courir hors du château, son angoisse se mua en une colère diabolique qui se retourna contre les pauvres gardes qui furent brutalement assommés. Xena ne perdit pas de temps et organisa une battue. Elle en prit la tête. - Ecoutez bien ce que je vais vous dire, hurla-t-elle, personne ne rentre au palais jusqu'à ce qu'on ait retrouvé ma princesse, dussions-nous la chercher durant des années. Si l'un d'entre vous essaye seulement d'arrêter, et son corps sera offert aux vautours, il sera crucifié. Tous les soldats et les villageois recrutés répondirent dans un cri d'approbation.
- Si l'un d'entre vous fait mine d'abandonner le soldat le plus près l'abattra sans ménagement. Maintenant lieutenant, organisez les groupes de recherches, fouillez tous les villages alentours, entrez dans chaque maison, brûlez celle où on vous empêchera de pénétrer, nous partons tout de suite vers la forêt.
Elle choisit une trentaine d'hommes de ses gardes pour cette mission et ils se séparèrent en petits groupes à l'orée du bois. Le soleil entamait lentement mais sûrement sa descente vers l'ouest, et l'angoisse de Xena grandissait. Elle se demandait comment elle ferait pour vivre sans sa princesse, si celle-ci venait à disparaître définitivement. Elle chassa vivement cette pensée qui lui donnait la nausée. Elle se promit de la retrouver au plus vite. Gabrielle était à pieds et eux étaient à cheval. Elle se dit que la jeune blonde ne pouvait être bien loin. Elle avait peur pour sa jeune amie, seule dans cette immense forêt en pleine nuit. Elle pria les Dieux pour qu'elle la retrouve avant que les ténèbres ne rendent la vue impossible et que les prédateurs qui la peuplent ne trouvent Gabrielle avant elle. Elle talonna son étalon en hurlant le nom de sa princesse. Elle se répétait comme un mantra : " Je vais la retrouver, il faut que je la retrouve ! Gabrielle ! Mon amour, où es-tu ? ". Un grognement sourd réveilla Gabrielle en sursaut. Elle sentait presque le souffle de la bête qui approchait. Et celle-ci devait être énorme vu le son de son cri. Les ténèbres qui l'entouraient centuplaient sa panique, elle était frigorifiée et perdue dans cette immense forêt. Elle se leva difficilement et tâtonna à la recherche d'un arbre salvateur. - Si je ne trouve pas tout de suite un arbre, je suis perdue, se murmura-t-elle pour se donner du courage, tu es quoi toi, un ours un sanglier ? Et là elle réalisa, Dieu, je suis perdue, Artémis, aide-moi je t'en conjure. Je ne veux pas mourir déchiquetée, pas avant d'avoir revu Xena au moins une fois. Des larmes de douleur glissèrent sur ses joues. Elle cria presque de joie lorsqu'elle sentit l'écorce dure sous ses doigts. Elle remercia mentalement Perdicus de lui avoir appris à grimper aux arbres lorsqu'ils étaient enfants. Elle se hissa jusqu'à la plus haute branche de l'arbre et attendit. La bête qui était un ours énorme avait senti son odeur humaine. Enragé, le colosse grognait en tapant fortement le tronc pour faire tomber sa proie. Gabrielle tremblante de peur s'accrochait de toutes ses forces à la branche. Elle pria Xena de venir à son secours. Cette pensée de la grande femme jouissant dans les bras d'une autre fit revenir la douleur remplacée un instant par la peur d'être attaquée par la redoutable créature. " Pourquoi Xena ? Pourquoi ? Je t'aurais donné ma vie si tu me l'avais demandé, et mon corps avec bonheur. Puis elle réalisa, elle ne m'aime pas comme je l'aime, je le sais maintenant, sinon pourquoi recherche-t-elle le plaisir charnel dans d'autres bras. Elle me trouve peut-être trop naïve, trop inexpérimentée. J'ai déjà entendu parler de ses appétits sexuels, et ce n'est certainement pas toi, pauvre paysanne, qui allais la satisfaire. Alors pourquoi est-ce que je ressens cet étau qui m'étouffe et qui me serre le cœur à l'en briser. Eh bien bravo Gabrielle ! Tu vas certainement mourir entre les griffes de cette énorme bête et tout ce à quoi tu penses, c'est pourquoi Xena ne veut pas te faire l'amour, c'est du joli. Dieu, rien qu'une fois sentir ses mains sur mon corps, la sentir nue contre moi, la caresser jusqu'à satiété. Gabrielle ! Je te le confirme, l'angoisse de la mort te rend complètement tarée. " Dès que ses yeux se fermaient, la bête s'acharnait de plus belle contre le tronc, la ramenant à la réalité. Elle décida de l'ignorer en pensant à des choses plus heureuses. Et tout ce qui lui venait à l'esprit étaient les doux baisers que lui avait donnés la guerrière, et elle se laissa aller à ces images, qui lui redonnaient un semblant d'espoir. Elle se dit que si elle pensait fort à Xena, celle-ci viendrait sur son beau destrier pour la sauver. Xena ne savait plus à quels Dieux se vouer. Elle aurait voulu se mettre là, à genoux et les prier un par un à l'aider à retrouver sa Gabrielle. Elle maudit ses pulsions sexuelles qui avaient été la cause de cette fuite. Des larmes amères coulèrent le long de ses joues bronzées. Par sa faute, Gabrielle était perdue et transie de froid, seule. Elle entendait les autres hurler le nom de sa belle à l'aube naissante, cela la rendit encore plus triste. Abattue et sans force, elle hurla au ciel sa douleur. Elle était là, plongée dans sa souffrance, lorsqu'elle entendit une plainte lointaine. Un regain d'énergie et d'espoir lui revinrent, elle se redressa sur sa monture et se dirigea vers le son, persuadée que c'était la voix de Gabrielle. Elle hurla son nom en galopant ventre à terre vers l'endroit d'où venait le cri si faible, mais assez clair pour son ouie aiguisée. Gabrielle sursauta sur sa branche, c'était Xena qui venait la chercher, elle le savait, elle le sentait. Elle avait entendu des cris lointains et y avait répondu de toutes les forces qui lui restaient. Et voila que sa chère guerrière avait entendu son cri. Et elle cria à son tour le nom de son amie aussi fort qu'elle le put, car l'espoir était enfin revenu. La bête fatiguée s'était laissée tombée contre l'arbre, attendant que sa proie se fatigue et descende toute seule. - Sale bête, tu croyais m'avoir hein ? Eh bien prépare-toi à mourir, car mon amie Xena va te couper en morceaux, c'est la plus forte, elle a conquis le monde entier, alors une petite chose comme toi, elle n'en fera qu'une bouchée. Le son d'un galop stoppa ses délires de soulagement. Elle hurla : Xena, il y a un énorme ours sous l'arbre où je suis perchée, fais attention il est très en colère. Xena crut défaillir de joie en entendant sa Gabrielle la mettre en garde contre l'animal. Elle remercia le ciel d'avoir gardé sa torche allumée, scruta l'endroit à sa recherche. L'ours, en voyant la lueur vacillante de la torche, se mit debout en grognant. Xena s'assura que Gabrielle était en sécurité, quand elle la vit accrochée à la branche la plus haute, un sentiment de fierté la submergea. Puis elle toisa l'animal qui ne l'impressionna pas malgré sa grande taille. Tout ce qu'elle savait à cet instant était que cette créature sauvage était un obstacle entre elle et l'amour de sa vie. Elle sauta de sa monture, dégaina son épée et fonça vers l'ours. Celui-ci n'eut que le temps de pousser un dernier grognement avant de tomber raide mort, sa tête proprement coupée par la lame tranchante. Xena, les larmes aux yeux, éleva ses mains vers sa jeune protégée qui était fort impressionnée par la force et la vitesse du combat. Gabrielle se glissa de branche en branche jusqu'à ce qu'elle sente des bras puissants lui entourer la taille. Elle se laissa tomber sachant qu'elle était enfin en sécurité. Elle se retourna dans les bras de son héroïne et la serra de toutes ses forces en enfouissant son visage dans le cou chaud, en pleura à chaudes larmes. - C'est fini Gabrielle, c'est fini je te tiens mon ange, je suis là. Tu m'as fait tellement peur. Gabrielle sanglota de plus belle en entendant les mots de la conquérante, qui n'avait pas hésité à courir à sa recherche dans une nuit noire et sans lune. Elle était tellement soulagée d'être enfin contre le corps chaud de sa sauveuse qu'elle en oublia pourquoi elle en était arrivée là. Xena siffla sa monture et tenant toujours son amie contre elle, y grimpa et se dirigea vers le château. Elle rappellerait ses troupes plus tard. Tout ce qui comptait c'était que Gabrielle était en sécurité dans ses bras. Un large sourire de pur bonheur se forma sur ses lèvres.
Quand elles arrivèrent au palais, le soleil commençait à se lever. Xena envoya l'un des gardes rappeler tous ceux qui étaient toujours à la recherche de la jeune blonde. Xena se dirigea vers sa chambre, Gabrielle toujours dans ses bras, mais la jeune femme dont le souvenir de la guerrière jouissant dans les bras d'une autre était encore cuisant, ne put la laisser faire, elle se repoussa gentiment. - Tu peux me poser maintenant Xena, je préfère aller dans ma chambre, j'ai besoin de me laver de toute cette mousse qui me colle à la peau. - Tu peux le faire dans ma chambre, Gabrielle. Je vais demander à Keira de nous préparer un bain, moi aussi j'en ai besoin. - S'il te plait, Xena, n'insiste pas, je préfère être seule pour le moment. - Gabrielle ? - Oui, Xena. - Est-ce que c'est à cause de ce qui s'est passé que tu ne veux pas rester avec moi ? Je suis bête, bien-sûr que c'est la raison. Gabrielle, puis-je espérer que tu me le pardonneras un jour ? - Je ne sais pas Xena, répondit-elle les larmes aux yeux en s'éloignant de celle qui parvenait à la rendre si heureuse et si malheureuse pour les mêmes raisons, j'ai besoin de rester seule pour l'instant, finit-elle sans se retourner, ratant le regard ravagé et désespéré de la grande brune. Gabrielle entra dans sa chambre, prit un bain rapide et se coucha. Mais elle ne put trouver le sommeil, elle revoyait sans cesse le film de la princesse guerrière dans les bras d'une autre, le visage de Xena reflétant l'extase éveilla son corps, elle ressentit un désir brûlant qu'elle ne savait comment satisfaire, elle pleura de plus belle. Elle ne s'expliquait pas pourquoi Xena qui l'embrassait avec tant de passion avait préféré une autre qu'elle. C'était une question qui tournait jusqu'à l'obsession dans sa tête. "Elle ne m'aime pas et elle ne me désire pas ! La voila ta réponse, Gabrielle, ne cherche pas plus loin, peut-être qu'elle ne le fera jamais avec toi. Elle préfère d'autres bras que les tiens. La question est ; est-ce que je suis capable, moi la naïve Gabrielle de Poteidaia, de faire en sorte qu'elle me désire ? Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi cette blonde qui… Oh Dieu, elle avait sa tête entre les cuisses de Xena. Tu n'aurais jamais pu le faire, avoue-le. Bien-sûr que si ! Je suis peut-être ignorante dans ce domaine, mais j'apprends vite. Il faut que je trouve un moyen, il le faut, ça fait trop mal de l'imaginer avec d'autres que moi. Gabrielle ! Tu es jalouse et tu la veux pour toi toute seule. Et alors, est-ce mal ? Je ne crois pas.". Elle s'endormit enfin en se jurant que bientôt Xena n'appartiendrait qu'à elle. Plusieurs jours passèrent. Gabrielle sans le vouloir fuyait Xena, et la grande femme ne fit rien pour changer cela. Elle respectait le désir de Gabrielle de rester loin d'elle. Xena s'en voulait d'être aussi faible face à la jeune blonde, mais elle ne voulait pas la perdre pour toujours. Elle savait par Keira que sa jeune protégée avait perdu l'appétit et qu'elle affichait tout le temps une mine triste et préoccupée. " Il n'y a plus d'étoiles dans ses yeux ", lui avait dit la fidèle servante. Ce matin-là, Xena jugea que la situation n'avait que trop duré. Il fallait qu'elle parle à Gabrielle. Elle savait que la jeune blonde passait ses journées dans sa bibliothèque, d'un pas décidé, elle entra dans l'antre de sa jeune amie. - Gabrielle, il faut qu'on parle ! Jusqu'à quand tu vas encore fuir ma présence. Réponds, Gabrielle, ordonna-t-elle à la jeune blonde qui n'avait pas levé les yeux du parchemin qu'elle parcourait sans le lire, jusqu'à quand Gabrielle ? Reprit-elle d'une voix plus douce, presque suppliante. - Je ne sais pas Xena, ça fait encore si mal. Je ne peux pas faire comme s'il ne s'était rien passé, comme si cela ne me faisait rien, comme si je n'y pensais pas matin et soir et même dans mon sommeil. - Est-ce que je dois me résigner ? Dis-le moi, Gabrielle, est-ce que je dois me résigner ? - Te résigner à quoi, Xena ? Demanda Gabrielle qui avait enfin décidé de regarder la souveraine droit dans les yeux, et ce qu'elle y vit lui fit chavirer le cœur, Xena avait tellement maigri. - A… A te perdre, articula-t-elle difficilement, tant l'idée lui faisait mal. - Je peux te poser une question, Xena ? - Tout ce que tu veux, Gabrielle. - Est-ce que tu me trouves, hum… Désirable ? - Gabrielle, bien-sûr, tu es la femme la plus désirable que je connaisse. - Mais toi, tu ne me désires pas ! - Gabrielle, tu ne peux pas dire ça. Tu ne peux t'imaginer à quel point je te désire, à quel point je te veux. - Alors explique-moi pourquoi tu faisais l'amour avec cette femme ? - Gabrielle, je ne faisais pas l'amour… - Ah, non, et c'était quoi alors, hurla-t-elle coupant la grande femme, explique-moi, Xena. Sa tête entre tes cuisses, c'était quoi ? Je ne savais pas que tu pouvais être d'aussi mauvaise foi, Xena, tu crois que je suis trop idiote pour voir que tu jouissais. Gabrielle lui jetait sa hargne et sa frustration au visage, elle s'était levée et avait posé ses mains sur la table avançant son corps vers Xena pour donner plus d'impact à ses mots, elle avait encore si mal. - Gabrielle, crois-moi, ce n'est pas ça faire l'amour, je ne faisais que satisfaire un besoin physique. Est-ce que tu sais ce qu'est un bordel, Gabrielle ? - Bien-sûr que je sais ce que c'est. - Eh bien c'était pareil, c'est comme si j'avais été dans ce lieu, sauf qu'étant la souveraine, je me sers dans mon palais. Et crois-moi, Gabrielle c'est à toi que je pensais en le faisant. - A moi ?! Alors pourquoi n'es-tu pas venue vers moi, j'aurais tout accepté de toi, tout. - Je ne sais pas, je craignais de te brusquer ou de te choquer… - Tu me crois si gourde que ça, Xena ? - Arrête de déformer mes propos, Gabrielle, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Et jamais je ne penserais une chose pareille. Tu es tout sauf gourde, Gabrielle. - Ah, oui et qu'est-ce que signifie tout ? - Gabrielle, tu es si pure, si jeune et… Si belle… J'ai craint de faner cette pureté par mes mains si pleines de sang, Xena fut étonnée elle-même par cet aveu pourtant si vrai. Gabrielle, personne au monde ne compte plus que toi, et crois-moi, si je te dis que je te désire comme je n'ai jamais désiré personne. - Prouve-le moi alors, dit Gabrielle d'une voix douce en se rapprochant de la grande guerrière si près de son corps qu'elle sentait son souffle chaud sur son visage, elle comprit enfin ce qu'avait signifié cet acte et elle était touchée au plus profond de son cœur par les aveux de celle qu'elle aimait tant. Xena tremblante, l'entoura de ses bras pour la sentir contre elle, elle poussa un doux soupir à ce contact, elle baissa la tête et tendrement posa ses lèvres sur la bouche de la jeune blonde qui se colla à elle de tout son corps. Xena explora longuement et lentement ce fruit tant convoité. Elle allait prendre son temps pour emmener sa jeune blonde au sommet. Sa bouche, telle des ailes de papillon, effleurait les lèvres si fraîches et si douces. Gabrielle tremblait de tout son corps. Elle sentait les lippes aller et venir tendrement sur sa bouche sans jamais les presser. Impatiente, elle posa sa main sur la nuque de son aînée l'incitant à approfondir le baiser. Xena posa longuement son regard sur le sien, comme pour y chercher l'approbation qui lui permettrait de continuer et prouver sa passion à la jeune novice. Gabrielle, sans la quitter de ses yeux de jade, prit l'initiative de l'embrasser à son tour, exprimant dans ce geste son besoin de la grande guerrière. Xena n'y tenant plus et ne répondant plus de son corps et de son cœur qui palpitaient à l'unisson, saisit Gabrielle aux épaules et l'entourant derrière les genoux de son autre bras la porta jusqu'à sa chambre. Elle la posa délicatement sur le lit et s'allongea près d'elle. Gabrielle la croyant encore réticente, se colla à elle de tout son corps entourant sa hanche de sa jambe pour mieux arrimer son bas ventre au sien, elle prit son visage entre ses mains et la regarda intensément : - Je le veux Xena, je veux que tu disposes de mon corps et de mon âme, ils sont à toi. - Gabrielle, tu ne peux imaginer à quel point j'ai envie de toi. - Je le peux Xena, crois-moi, souffla-t-elle haletante de désir, j'ai envie de toi aussi fort, je veux t'appartenir entièrement. Xena, fais-moi l'amour. Xena, n'y tenant plus, arracha d'un coup sec le vêtement en le déchirant sur toute sa longueur, pressée et impatiente de se repaître du corps qui l'affamait. Gabrielle gémit sous la violence du geste. Son désir en fut décuplé. Les mains tremblantes, Gabrielle entreprit de dénuder sa compagne : - Je veux sentir ton corps contre le mien Xena, aide-moi. Xena n'en fit rien, elle la laissa, en souriant, se débattre avec les boucles qui maintenaient son armure. Elle admira le galbe parfait des jeunes seins. Elle se pencha et prit un téton dans sa bouche, ce qui fit frémir sa compagne la rendant plus impatiente. Gabrielle arriva enfin à ses fins, elle essaya d'arracher la chemise, mais elle n'avait pas la force légendaire de la souveraine. Xena s'esclaffa devant la mine dépitée de sa jeune amie, elle eut pitié de son impuissance et leva les bras pour permettre à l'autre d'enlever ce dernier rempart. Gabrielle demeura sans voix un moment, admirant sans honte le corps parfaitement musclé. - Tu es si belle, Xena, murmura-t-elle les yeux brillant d'une convoitise non dissimulée. Elle se cambra contre le corps luisant de la souveraine quand celle-ci se mit au-dessus d'elle pour mieux se nourrir de son corps. Xena laissa ses mains s'aventurer à leur gré sur le plus beau territoire qu'elle s'apprêtait à conquérir. Elle embrassa Gabrielle avec toute la passion que celle-ci lui inspirait. Sa langue à peine sortie, rencontra sa sœur avide de danser le bal des passions exacerbées. Xena, sans rompre le baiser, caressa longuement de sa paume le téton érigé. Gabrielle ivre de désir immisça sa jambe entre celles de son amante et l'éleva, sentant la moiteur venir mouiller sa cuisse, elle gémit fortement. Xena comprit que sa compagne était prête. Sa main voyagea lentement à l'intérieur de la cuisse tendre, faisant délirer sa cadette. Quand elle posa enfin sa main, emprisonnant le sexe palpitant, Gabrielle chavira de plaisir. De ses doigts, Xena explora cet antre velouté et moite, faisant gémir Gabrielle de plus belle. - En…tre en m…oi Xena, supplia la jeune femme, je veux te sentir en moi, haleta-t-elle. Xena répondit à la supplique en pénétrant de son majeur le vagin dilaté et accueillant, elle le fit aller et venir lentement, menant Gabrielle au bord de l'évanouissement. Elle introduisit un second doigt tout en massant de son pouce le clitoris en érection. Gabrielle crut mourir de plaisir tant la sensation des doigts qui la fouillaient était intense. Les doigts de Xena butèrent sur un obstacle. Elle comprit que sa jeune amie était vierge, elle sentit son cœur exploser dans sa poitrine en faisant un tour complet dans son ventre, les entrailles serrées comme dans un étau, elle était si heureuse d'être la première qu'elle sentit tout son corps vibrer. Elle sourit et, délaissant la bouche, promena la sienne l'acheminant vers le ventre frémissant. Elle joua longuement avec le nombril tout en continuant son massage sur le bourgeon dur et gonflé. Elle leva sa tête pour admirer un moment le visage crispé de Gabrielle qui, elle le savait, n'en pouvait plus de plaisir. Quand sa bouche remplaça ses mains, Gabrielle se tendit comme un arc, elle haleta : - Xena, c'est trop fort. - Je sais mon amour, profites-en. Tu es si belle que tu me rends folle. - C'est, ahhhhhh, toi qu…qui me rends…folle. Gabrielle sentit une déferlante s'abattre sur elle, son corps ne fut que spasmes de jouissance, et celle-ci dura un long moment, lui donnant l'impression de perdre complètement pied. Enfin, elle se laissa aller sur le lit, toute molle et sans force, un sourire béat de satisfaction naquit sans qu'elle ne puisse le contrôler. Xena remonta vers elle et la prit tendrement contre elle en la berçant doucement. - C'était… C'était extraordinaire, Xena. Jamais je n'aurais cru un jour sentir quelque chose d'aussi merveilleux, cette sensation de plaisir si fort qu'il en devient douloureux. - Cela a un nom Gabrielle, l'orgasme. - Et il était fulgurant, merci, Xena. - Tout le plaisir était pour moi, ma belle. Gabrielle, je ne savais pas que tu étais vierge. Je pensais que Calcius avait… - Non, il ne l'a pas fait, la coupa-t-elle, il disait que le plaisir n'en serait que plus fort si il attendait la nuit de nos noces. Mais je suis heureuse qu'il ne l'ait pas fait ainsi je n'aurais appartenu à personne d'autre qu'à toi. - Oui, cela me fait énormément plaisir, Gabrielle, plus que tu ne pourrais l'imaginer. - Xena… - Oui, ma douce. - Les femmes mariées du village disaient toutes que la première fois c'est douloureux. Est-ce que je n'ai pas senti de douleur parce que tu es une femme ? - Non, c'est parce que je ne t'ai pas déflorée, je craignais justement de te faire mal. - Xena, je ne serai jamais complètement à toi si tu ne le fais pas, je veux que tu sois celle a qui je l'offre, ma virginité, je veux dire. - Ma Gabrielle, souffla Xena en la serrant tendrement dans ses bras, ce sera un grand honneur pour moi. - Alors fais-le ! Elle se colla d'avantage à son aînée, posa ses mains sur ses joues et l'embrassa avec amour et dévotion. - A une condition, rétorqua la guerrière lorsqu'elle eut retrouvé son souffle. - Oh, tu émets déjà des conditions, plaisanta malicieusement la jeune blonde. D'accord, dis-moi tout. - Je ne le ferai que si tu acceptes de m'épouser, Gabrielle, car je veux plus que tout que tu sois ma femme légitime et ma reine. - Tu… Tu … veux… - Respire, Gabrielle, respire, Xena se méprit sur la réaction de la jeune femme qui donnait l'air de suffoquer sous le choc, elle détourna son regard et s'apprêtant à quitter le lit, mais je comprends que cette idée puisse te faire autant horreur, Gabrielle… - Arrête, Xena, supplia Gabrielle en lui prenant le bras pour la retenir, l'émotion qui l'avait submergée et laissée sans voix la faisait trembler de tous ses membres. Comment tu peux penser ça après ce qui vient de se passer. Xena, regarde-moi, mon amour, pria-t-elle en entourant le visage de son amante de ses mains, Je t'aime ! A en mourir, et rien ne me rendra plus heureuse que d'être ta femme et de vivre à tes côtés jusqu'à ma mort. Xena, je le veux, ardemment et de toute mon énergie, finit-elle en se serrant de toutes ses forces contre sa compagne. - Gabrielle ! Ma douce et tendre beauté, je t'aime aussi de tout mon cœur et de toute mon âme. Et dès à présent, je ne vivrai que pour une seule chose, ton bonheur mon amour. Rien ne m'importera plus que de te rendre heureuse, car tu le mérites plus que quiconque sur cette terre. - Dis-le moi encore, Xena. - Je t'aime, Gabrielle.
Le lendemain au réveil, Xena admira la beauté de sa future femme encore endormie. "Elle a l'air si jeune et si innocente, pensa la grande guerrière avec un pincement au cœur, et pourtant elle a subi tant d'épreuves. Je sais ce que je dois faire pour que ton bonheur soit complet, mon ange, et j'espère sincèrement y arriver. Elle se détacha doucement du corps qui l'entourait, voulant laisser sa douce compagne dormir. Mais quand elle ôta son bras sur lequel reposait la tête du dit ange, celui-ci se réveilla à son tour en se collant de plus belle contre son amante : - Tu comptais t'enfuir sans me faire un câlin ? - Je ne voulais pas te réveiller, Gabrielle, mais apparemment c'est raté, chuchota Xena en souriant tendrement. - Tu m'abandonnes déjà ! - Gabrielle, j'ai des obligations en tant que souveraine, et si je paresse au lit, je ne serai plus très crédible. Et mes sujets ne me respecteront plus. - Oh si, Xena, personne au monde n'inspire le respect comme tu le fais, toi, et crois-moi, ce n'est pas parce que tu te lèves tôt. - Je sais ma tendre future femme, mais là je dois y aller. - Mmmmm… J'adore ce que tu viens de dire, j'ai vraiment hâte de le devenir vraiment, Xena. - Je sais, moi aussi j'ai envie que ce jour arrive vite, mais toi, reste encore au lit, tu n'as aucune raison de te lever aux aurores comme moi. - Oui, mais le lit est trop vide sans toi et je préfère me lever plus tôt. Je te vois pour le petit déjeuner ? - Absolument, je te vois en bas dans une heure. - A dans une heure alors, tu me manques déjà, Xena. Xena attendrie se pencha sur elle et l'embrassa passionnément avant de quitter précipitamment la pièce, car elle savait qu'elle ne pourrait résister au corps si parfait de sa jeune fiancée. Gabrielle se laissa aller sur le lit, nageant dans une mer de bonheur, se languissant déjà de l'absence de sa reine. Pourtant, une ombre vint ternir sa félicité, le manque de sa famille se fit brutalement ressentir. Sa sœur et sa mère étaient si loin d'elle, peut-être même mortes, et elles ne seront pas là pour ses noces. Les larmes qu'elle retenait coulèrent abondamment. Xena, de son côté, alla trouver son lieutenant pour lui confier la plus importante des missions à ses yeux. Elle lui ordonna de partir sur le champ. Celui-ci s'exécuta sans discuter, décidé à mener à bien sa tâche et motivé par la récompense promise. Xena, satisfaite, alla en cuisine ; toutes les personnes présentes sourirent de bienveillance, comprenant que leur souveraine était venue chercher le petit déjeuner de la jeune femme qui avait tant adouci le monstre qu'ils craignaient tant, et ils lui en étaient tous reconnaissants. Ils s'empressèrent autour d'elle pour l'aider à choisir les mets les plus raffinés. Xena leur sourit et emporta le plateau regorgeant de victuailles. Elle partit et les laissa ébahis par tant de bienveillance. - Eh bien, soupira la cuisinière en chef, cela fait 15 ans que je suis à son service et je ne l'ai jamais vue sourire ainsi. Il n'y a pas de doute possible, notre souveraine est amoureuse. - Eh oui, quoi de mieux que l'amour pour vous faire apprécier la vie, renchérit son assistante. - Tu as raison. Allez au boulot, notre chère Gabrielle mérite un repas de Roi. Et je sais par les plats qui reviennent toujours vide que c'est une grande mangeuse. Ce sera notre manière de la remercier d'avoir apprivoisé le fauve. Ils se mirent tous à la tâche, pour satisfaire la belle Gabrielle et leur souveraine par la même occasion. Xena avait encore le sourire en entrant dans sa chambre. - Gabrielle, je dois dire que le personnel de cuisine t'aime beaucoup, ils se sont tous précipités pour remplir ce plateau, annonça-t-elle sans perdre le sourire. Celui-ci se figea en remarquant les yeux rougis de sa bien-aimée; elle posa son fardeaus, s'assit sur le lit et prit Gabrielle dans ses bras. Qu'est-ce qui se passe Gabrielle ? Dis-le moi, pourquoi as-tu pleuré ? Est-ce que j'ai fait ou dit quelque chose… ? - Non, Xena, rassure-toi cela n'a rien à voir avec toi, c'est juste que j'ai pensé à ma mère et à ma sœur et cela m'a chagriné. Je vais me marier et elles ne le sauront jamais. Ce qui me rend plus triste encore c'est que je ne sais même pas si elles sont encore en vie. - Je sais, c'est dur et je comprends ton chagrin. Si je pouvais faire quoique ce soit pour l'adoucir, je le ferais mon amour. - Je le sais, Xena, ne t'en fais pas, je me sens déjà mieux puisque tu es là. - Allez viens, faisons honneur à ce repas qui n'attendra pas pour refroidir. Gabrielle serra plus fort encore la guerrière et se leva pour aller rapporter le plateau sur le lit. Elle prit une fraise dans sa bouche en laissant une grande partie à l'extérieur, elle se rapprocha de la grande brune avec une lueur coquine dans le regard. Xena comprit l'invitation en croquant le bout du fruit avant de le mâcher avec délectation. Ce petit jeu dura jusqu'à ce qu'elles n'en puissent plus de désir. Xena repoussa sa jeune tentatrice sur le lit et se coucha sur elle en l'embrassant lascivement. D'un coup de rein, Gabrielle se débarrassa de son fardeau, le retourna et se mit à califourchon sur ses hanches. Elle prit les mains de la guerrière qui se laissa faire en souriant, et les mit au-dessus de la tête brune. - A mon tour de te donner du plaisir, mon beau chevalier servant, je veux te mener là où tu m'as emmenée. - Je suis à toi, ma chérie, fais de moi ce que tu veux. Les paroles de la jeune blonde avait décuplé son désir, elle décida de la laisser mener la danse. - Tu m'aideras hein, je ne sais pas si je saurai. - Tu sauras, Gabrielle, suis ton instinct. Qu'est-ce qu'il te dit en ce moment ? - Il me dit de te dénuder et d'embrasser chaque parcelle de ce corps magnifique, royal et si tentant. - Eh bien, il faut toujours écouter son instinct. La jeune blonde fit lentement glisser la chemise de son amie sans la quitter du regard, ses lèvres suivaient chaque mouvement et, timidement, elle sortit sa langue pour se délecter du goût si rare de ce mets convoité. Elle sourit de satisfaction en sentant le grand corps sculptural trembler sous elle. Et elle suivit son instinct qui lui dictait de faire exactement ce qu'elle aurait voulu que Xena lui fasse. Elle s'allongea de tout son corps sur sa déesse et, tout en l'embrassant avec ferveur et amour, elle laissa sa main se promener jusqu'à l'entrecuisse déjà abondamment humide. Ses doigts glissèrent sans difficulté dans cette moiteur qu'elle adora. Le doux gémissement de Xena l'encouragea à continuer dans cette voie. Elle s'enhardit en faisant glisser son majeur à l'intérieur de l'intimité désiré, elle le poussa à l'intérieur et le fit aller et venir, puis deux doigts suivirent. Elle sentit les reins de Xena se soulever pour suivre le rythme de son doigté, elle accéléra la cadence de son poignet quand elle sentit l'orgasme de sa guerrière monter, les gémissements de celle-ci se firent plus forts et plus saccadés. Elle cria enfin le nom de sa bienfaitrice et se laissa aller sur l'oreiller, un sourire de béatitude sur les lèvres. - Tu as aimé Xena ? Demanda doucement Gabrielle, en enfouissant sa tête dans le cou de son amante pour mieux sentir cette odeur si particulière qu'elle aimait tant. - Tout le palais doit être au courant que j'ai aimé Gabrielle, taquina-t-elle sa jeune compagne, ou dois-je crier encore plus fort pour t'en convaincre ? C'était merveilleux, ma chérie, merci. - De rien, tout le plaisir était pour moi, et je ne savais pas qu'on pouvait ressentir un tel plaisir à entendre les gémissements de celle qu'on aime. Tu crois que c'est pareil pour tout le monde. - Pour tout le monde, je ne sais pas, mais pour les amoureux si. Je dois t'avouer, Gabrielle, que je ne me suis jamais sentie aussi bien, jamais. - Xena ! Je sais que je suis naïve, mais pas tant que ça, tout le monde parle de ton appétit sexuel légendaire. Et je t'assure que les histoires grivoises à ton sujet ne manquent pas et avec hommes et femmes. - Gabrielle, c'est vrai, personne ne t'a menti sur ce sujet, mais je peux te dire que je n'ai jamais ressenti ça avant toi. Avec les autres, ce n'était que sexuel et intéressé, avec toi, c'est différent, Gabrielle, je le ressens dans mon cœur et dans mon âme. Et ils sont tous deux à toi et crois-moi, Gabrielle, quand je te le dis, je ne les ai jamais offert à qui que ce soit avant toi, jamais avec autant de force en tout cas. Avec toi, je sais ce que signifie vouloir vivre avec quelqu'un jusqu'à la fin des temps. Et ce que je désire le plus au monde aujourd'hui, c'est de vivre auprès de toi jusqu'à ce que la mort nous sépare, je t'aime tant Gabrielle. Emue aux larmes, Gabrielle se serra contre son amie en soupirant de bonheur. - Moi aussi je t'aime, Xena, à en mourir. Et tout ce que je veux, c'est de te suivre jusqu'à la mort. Quelque soit ta vie et ton combat, je resterai à tes côtés, fidèle et aimante. Je suis amoureuse de toi, Xena, et tu ne pourras plus jamais te débarrasser de moi. - Je n'y penserai jamais. Bien, et si on allait voir la couturière pour ta robe de mariée. - Allons-y, plus tôt elle sera prête et plus tôt on se mariera. - Comme tu veux, mon ange. - Xena ? - Oui, mon amour. - Tu ne m'as jamais parlé de ta famille. Est-ce que tes parents sont encore vivants ? Est-ce que tu as des frères et sœurs ? Mais tu n'es pas obligée de répondre, si tu ne le veux pas. - Si, je veux te répondre. Ma mère est toujours vivante, elle vit avec mon frère Toris. Quant à mon père, je n'en ai aucune idée, il nous a abandonnés quand j'étais encore petite. - Et est-ce que tu leur rends visite ? - Non, ma mère tient une auberge à Amphipolis et elle ne veut plus me voir. - Pourquoi Xena ? - Parce que je suis responsable de la mort de mon frère, Lycéus, et après cela, je suis devenue ce que je suis aujourd'hui. Et pour ma mère comme pour tous mes peuples, je ne suis qu'un monstre sanguinaire sans âme et sans cœur. - Mais pourquoi tu dis que tu es responsable de la mort de ton frère. - Je l'ai incité à combattre un seigneur de guerre qui était venu pour nous détruire. - Xena, tu n'es donc pas coupable, il est mort en combattant à tes côtés. - Il était sous ma responsabilité, Gabrielle, et il était si jeune. - Xena, et si on allait rendre visite à ta mère, je suis sûre qu'elle a changé d'avis depuis. - Non, Gabrielle, je ne le crois pas, elle est toujours très en colère contre moi. Et elle n'acceptera de me revoir que si je renonce à être ce que je suis aujourd'hui, à savoir la Conquérante. Gabrielle, ne t'en fais pas pour moi, tout va bien. Et si on pensait plutôt à l'organisation de notre mariage ? - D'accord, se résigna Gabrielle, et se promettant d'en reparler plus tard, je pourrais commander le repas et m'occuper des décors. - Tout ce que tu voudras, mon ange. Je te laisse t'en charger, tu veux bien ? - Oh oui, j'adorerais ! Je ferai en sorte que ce jour soit inoubliable pour toi, mon amour. - Chaque jour auprès de toi est inoubliable, mon petit ange adoré. Elles s'embrassèrent tendrement pour sceller leur amour. Quelques jours plus tard sur une route pas très loin de Corinthe, Lila et sa mère se demandaient encore pourquoi elles étaient traitées comme des princesses depuis qu'elles s'étaient retrouvées après avoir été libérées du joug de leur maître respectif. - Mère, j'ai peur. - Je sais, moi aussi j'ai peur. - Tu crois qu'ils nous traitent ainsi parce qu'ils vont nous tuer ? - Ne pense pas au malheur, ma fille, nous venons à peine de nous retrouver. Quand elles entendirent l'un de leurs accompagnateurs crier à un autre d'aller avertir Xena de leur arrivée, elles n'eurent plus aucun doute sur leur futur sort. - Xena ! Mère, c'est à Xena qu'on nous mène, ce monstre sans cœur nous fait bien traiter pour mieux se délecter de notre mort. Tu crois qu'elle va nous crucifier ? - Je ne sais pas, mon enfant. Prions les Dieux pour que notre mort soit douce ! Dieu, je vais mourir sans revoir Gabrielle. - Quelque chose m'intrigue quand même. Pourquoi Xena nous aurait-elle réunies pour nous tuer ensuite ? Peut-être qu'elle nous veut juste comme esclaves ? Tu ne penses pas, mère ? - Que les Dieux t'entendent, ma fille. A Corinthe, Xena s'assura auprès de la cuisinière que l'attention de Gabrielle serait détournée un bon moment et elle sortit pour accueillir sa future belle-famille. Elle se demandait encore ce qu'elle allait leur dire et comment surtout leur annoncer que leur fille s'apprêtait à lui dire oui pour la vie. Peut être laissera-t-elle la jeune femme s'en charger. Gabrielle saura trouver les mots bien mieux qu'elle ne le ferait elle. Elle vit le chariot arriver de loin et entrer dans la cour du palais, elle marcha à leur rencontre. Elle tendit la main vers Hécuba, un large sourire aux lèvres. - Bienvenues dans mon palais, j'espère que vous avez fait bon voyage. - Oui, très bon, répondirent la mère et la fille à l'unisson, nullement rassurées par la bienveillance de la féroce guerrière. - Je sais que vous vous demandez pourquoi vous êtes là. Mais laissez-moi d'abord vous mener à votre chambre, vous vous y détendrez et vous restaurerez avant, je sais que vous avez fait un long voyage. Les deux femmes suivirent la conquérante de moins en moins rassurées. Elles pénétrèrent dans l'immense pièce où un bain chaud les attendait ainsi qu'un plateau rempli de nourriture. Et d'un commun accord, elles s'accordèrent un répit en profitant de ce qu'il leur était offert avec tant de grâce. Xena alla chercher Gabrielle dans les cuisines. Elle la mena dans sa chambre et la fit asseoir. Elle voulait que Gabrielle soit informée de la présence de sa famille de la manière la plus douce. - Gabrielle, que ferais-tu si on te disait que ta famille est encore en vie ? - Xena, si tu sais quelque chose à ce propos, dis-le-moi tout de suite, je t'en prie. - Tu n'as pas répondu à ma question chérie, que ferais-tu ? - Eh bien, je demanderais où ils se trouvent et, avec ton aide j'espère, j'irais les chercher. Tu le veux bien, hein Xena, m'aider ? - Bien-sûr. Bon et si je te disais que je sais, moi, où elles se trouvent. - Xena ! Mène-moi à eux, je veux les revoir. - A elles Gabrielle. Il n'y a malheureusement que ta mère et ta sœur, Je n'ai aucune idée de l'endroit où pourrait être ton père, et ce n'est pas faute d'avoir cherché. - Xena ? Est-ce que c'est toi qui les a trouvées, tu les as recherchées, c'est ça ? - Oui, Gabrielle, et je ne pouvais rien te dire, si c'est ça ta prochaine question. - Pourquoi tu ne m'en a rien dit, Xena, j'aurais aimé… - Je ne voulais pas te laisser espérer pour rien, Gabrielle, la coupa-t-elle. Je craignais qu'on ne les retrouve jamais, alors j'ai préféré me taire jusqu'à ce qu'on les retrouve saines et sauves. - Oh Xena, si tu savais à quel point je t'aime. Xena, je veux y aller tout de suite, s'il te plait, je ne veux plus attendre une minute de plus, elles m'ont tellement manquées. - On va y aller mon amour, laisse leur juste le temps de manger et de se changer… - Xena ! Est-ce que… Est-ce qu'elles sont là, dans le palais ? - Oui, ma chérie, elles sont arrivées tout à l'heure. Bon je vois que tu ne me laisseras de répit que lorsque tu les auras vues. Allez viens, allons les retrouver. Finalement je préfère que tu y ailles seule, c'est ta famille après tout et je suis sûre qu'elles préfèreront te voir seule. Allez va, elles sont dans la chambre du fond. Gabrielle courut vers le lieu dit, elle ouvrit la porte à toute volée, et là, elle resta figée par l'émotion de revoir les siens. Lila et sa mère sursautèrent en entendant la porte s'ouvrir brutalement, elles avaient cru leur heure arrivée. Hécuba fut la première à réagir en voyant sa fille chérie debout à la regarder les larmes aux yeux. Elle se leva d'un bond et se précipita sur sa fille. - Gabrielle, ma fille, sanglota-t-elle en la serrant dans ses bras, j'ai cru ne plus jamais te revoir. - Mère, Lila, elle tendit son autre bras vers sa sœur qui s'y précipita, vous êtes là, saines et sauves, vous m'avez tellement manquées. - Tu nous as manqué aussi, Gabrielle, tellement. Je suis si heureuse, après avoir retrouvé notre mère, je te retrouve toi enfin. C'est merveilleux et si inattendu. - Tu veux dire que vous n'étiez pas ensemble ? - Non, rétorqua Lila, on nous a vendues séparément. Ce maudit seigneur n'a pas tenu sa promesse, de nous épargner. Il a fait exécuter papa, Perdicus et tous les autres hommes du village et il nous a toutes vendues. Gabrielle, pourquoi la conquérante nous réunit-elle ? Est-ce que tu sais quelques chose, est-ce qu'elle va nous tuer ? Et comment as-tu échappé à Calcius. - Ca fait beaucoup de questions. Mais bon, Xena m'a sauvée juste avant que je n'épouse Calcius. Et elle s'est occupée de moi. Elle m'a même offert une grande bibliothèque pour mon anniversaire et, grâce à elle, je sais maintenant lire et écrire couramment. Et pour finir, elle vous a fait rechercher pour moi, et vous êtes ici parce qu'elle m'aime. - Elle t'aime ?! Tu plaisantes, Gabrielle, cette femme n'a pas de cœur, c'est un monstre, une bête sauvage et sanguinaire. Tout ce qu'elle aime, c'est voir les gens mourir. - Si elle n'en avait pas et si elle était tout ce que tu dis, vous seriez toujours des esclaves, Lila, et je l'aime aussi, et nous allons nous marier, finit-elle les larmes aux yeux, et s'il te plait Lila prends le temps de la connaître avant de la juger, et si tu m'aimes vraiment, ne dis plus ces atrocités devant moi, jamais. Je vais vous laisser vous reposer, je repasserai vous voir plus tard, finit-elle tristement en se dirigeant vers la porte. - Attends, Gabrielle ! Cria sa mère, en jetant un regard sévère à son autre fille, ne pars pas. Pas encore, je viens à peine de te retrouver. Laisse-moi te regarder ma fille, tu as l'air resplendissant. Tu es heureuse, Gabrielle ? - Oui, mère. Je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie. - Tu l'aimes vraiment, Gabrielle ? Et tu vas vraiment l'épouser ? - Oui, et je veux vivre auprès d'elle jusqu'à ma mort, et rien n'y pourra rien changer. - Alors je veux rencontrer la femme qui te donne cette lueur brillante dans le regard et ce sourire si radieux, finit sa mère en souriant tendrement. - Oh mère, merci, merci infiniment. Tu verras quand tu la connaîtras mieux, tu me comprendras. - Je n'en doute pas ma fille. - Je vais la chercher. - Gabrielle, appela doucement Lila, pardonne-moi, mais les gens disent tant d'atrocités à son propos. - Je sais, et ces gens sont comme toi, ils ne la connaissent pas comme moi je la connais, crois-moi, Lila. - Mais Gabrielle, tous les gens ne peuvent pas se tromper, elle a soumis des peuples entiers, et ça, Gabrielle, tu ne peux pas avoir la naïveté de croire que cela se fasse sans qu'il y ait des morts. Et tout le monde sait que son armée n'a aucune pitié. - Lila, la guerre est synonyme de mort, mais sache que Xena n'est pas comme Calcius, elle n'aurait jamais trahi un pacte et son armée est plus disciplinée que tu ne le crois. Xena tue de ses propres mains les soldats qui ne respectent pas ses lois, comme le viol et le meurtre des personnes désarmées. - Eh bien, maintenant que tu le dis, c'est vrai que dans les villes et les villages soumis, peu de gens sont morts. Par contre, notre village a été complètement décimé. - C'est une conquérante, Lila, pas une meurtrière sans cœur. C'est une meneuse née, elle ne peut faire dans les sentiments. - Mais avec toi, elle l'est si j'ai bien saisi. - Voila, tu as tout compris. Gabrielle sortit le cœur plus léger, elle trouva Xena adossée à un mur près de la chambre. Elle vint vers sa protégée et la serra contre elle en l'embrassant. - Tu as tout entendu ? - Oui. - Xena, je suis désolée, elle ne te connaît pas et… - Je sais, mon amour, et ne t'en fais pas, j'ai l'habitude. - Xena, viens, je vais te les présenter officiellement, et je sais qu'elles vont vite t'aimer. - Gabrielle, mon amour, n'en sois pas si sûre, tout le monde n'a pas ton regard. - Oh si, il faut vraiment être buté pour ne pas voir quelle femme merveilleuse tu es. - Ah oui, si merveilleuse que ça ? - Et même plus, Xena. Xena n'aurait jamais cru se sentir, un jour, aussi nerveuse à l'idée de rencontrer pour la première fois une future belle-famille en tant que future belle-fille. Elle suivit Gabrielle en restant derrière elle comme pour se cacher, mais quand elle vit le grand sourire de la mère, elle se détendit. Celle-ci l'acceptait et ne montrait aucune animosité. - Xena, si ma fille vous a choisie, alors je suis heureuse pour vous. Je vous souhaite à toutes deux tout le bonheur du monde. Gabrielle n'a jamais offert son cœur comme elle le fait avec vous alors, s'il vous plait, ne le lui brisez pas. - Jamais Hecube, je vous le promets. J'ai attendu Gabrielle toute ma vie. Et maintenant que je l'ai trouvée, j'ai peur que ce soit elle qui me le brise. - Comment le pourrai-je, renchérit la concernée, tu es toute ma vie, Xena. - En tout cas je peux dire que tu as bon goût, dit Lila en s'approchant timidement de la grande guerrière, et on peut effectivement voir rien qu'à son regard combien elle t'aime. Je suis Lila, mais ça vous le savez déjà. - En effet, je suis ravie que vous soyez là toutes les deux, Gabrielle en avait besoin. - Alors, la Conquérante du monde sera ma belle-sœur. J'avoue que tu ne fais pas dans le banal, Gabrielle. Elles rirent toutes joyeusement. Lila reconnut au sourire plein de chaleur que leur adressait la guerrière, qu'elle s'était peut-être trompée un peu sur son compte. Elle était même subjuguée par la beauté de cette femme. - Alors à quand la noce ? Demanda Hécube. - Le plus vite possible, puisque vous êtes là maintenant, répondit spontanément Gabrielle. - Disons, dans trois jours, ça te va Gabrielle, rétorqua Xena en lui lançant un regard plein d'indulgence. - C'est parfait, Xena. N'est-ce pas mère ? - Oui, ma fille, c'est vous qui décidez. - Xena ? - Oui, mon cœur ? - Est-ce que la couturière pourra leur confectionner des robes pour l'occasion ? - Gabrielle, en tant que future reine, tu n'as pas à me demander ce genre de chose. Tout le monde dans ce palais doit t'obéir comme ils le font avec moi. - Merci et je n'en abuserai jamais, tu sais ce que je pense de l'esclavage. - Hum oui. Bien je vous laisse, j'ai des choses à faire et encore une fois, soyez les bienvenues dans ce palais qui est désormais à votre entière disposition. Elle partit sur ces derniers mots. - Ouah, elle est vraiment intense, Gabrielle, et si belle, finit-elle rêveusement. - Allez venez, je vous emmène voir la couturière, sourit Gabrielle, heureuse de voir la bonne impression qu'avait eue sa compagne sur sa famille. Elle aurait été si malheureuse que sa sœur et sa mère ne comprennent pas son choix. Trois jours plus tard, dans la chambre de Xena, Gabrielle était assise sur le grand lit à baldaquins de la guerrière et la regardait se défaire de son armure. - Attends, je vais t'aider, proposa la jeune mariée avec un sourire coquin. Xena, c'était une fête inoubliable et je n'oublierai jamais ton regard quand tu as dit oui devant la prêtresse. - C'est parce que je n'ai jamais ressenti une telle émotion de toute ma vie, ma petite femme chérie, et tu n'en menais pas large non plus. - Tu as raison, même dans mes rêves les plus fous, je n'avais pas imaginé un moment aussi intense et aussi parfait. Je t'aime, Xena. - Je t'aime aussi, Gabrielle. Xena se rapprocha de sa jeune épouse qui se débattait encore avec son armure et l'embrassa profondément. Gabrielle frissonna de tout son être. Elle délaissa l'armure pour entourer le corps de sa compagne et se serrer d'avantage à elle. - Tu me rends complètement dingue, Xena. Tu le sais ça ? - Oui, mon amour, et c'est définitivement pareil pour moi. La somptueuse robe de Gabrielle se retrouva rapidement à terre, suivie de près de l'habit de Xena. Cette dernière porta la jeune femme et l'allongea sur le lit. Elle s'allongea à son tour près d'elle et l'embrassa avec toute la fureur de son amour. Gabrielle sa cambra, la sauvagerie de ce baiser exacerba son désir. - Je veux que tu sentes à quel point je t'aime, regarde-moi, Gabrielle, implora Xena d'une voix cassée par le désir en plongeant son regard d'acier dans le sien. - Xe… Xena, je veux te sentir profondément en moi, fais-le maintenant Xena, déflore-moi, fais de moi ta femme dans tout le sens du terme. - Mon bébé, haleta Xena que cette demande avait bouleversée, tu es la plus belle chose qui me soit jamais arrivée. Et lentement, elle promena sa bouche et ses mains sur le corps abandonné et confiant, elle voulait d'abord mener sa jeune épouse au paroxysme du désir pour ne pas lui faire mal. Gabrielle s'agrippait au dos de Xena tant la vague de plaisir qui la consumait était forte. La grande femme fit glisser sa langue le long du ventre de la blonde et, lentement, l'achemina jusqu'à son intimité. Elle ferma ses lèvres sur le bourgeon gonflé ce qui fit cambrer sa jeune amante. Elle promena sa langue dans les moindres replis du sexe trempé, puis revint au clitoris qui n'attendait que ça. Elle s'assura que l'écrin de velours soit bien ouvert et, sans quitter le bouton bien érigé, elle introduisit son majeur et commença à le promener en faisant des cercles à l'intérieur du vagin. L'index suivit enfin et, sans cesser les caresses de sa langue, poussa ses doigts profondément et cassa l'hymen. Elle ne bougea plus ses phalanges, guettant le moindre signe de recul de sa jeune femme. Mais celle-ci qui avait senti à peine un léger picotement, ondula du bassin pour inciter son amante à continuer. Et Xena continua en faisant aller et venir son poignet jusqu'à ce que Gabrielle empoigne ses cheveux en collant sa tête à son sexe. Gabrielle sentit une vague de jouissance déferler dans tout son corps, elle hurla le nom de sa compagne avant de retomber mollement sur l'oreiller. Xena remonta le long de sa compagne et, la prenant dans ses bras, la berça tendrement. - Xena, je t'aime, arriva-t-elle à articuler tant l'orgasme l'avait laissée sans force, laisse-moi reprendre des forces et ensuite je m'occupe de toi. - Quelle merveilleuse perspective. Repose-toi, mon amour, nous avons toute la vie devant nous. - Oui, toute la vie. Xena, je suis heureuse et comblée, grâce à toi. Et je te promets que ma vie entière sera consacrée à ton bonheur. - Et au tiens, mon petit ange blond, car il m'importe plus que tout au monde. Je t'aime, Gabrielle. - Je t'aime aussi, Xena, répondit-elle en se blottissant contre la femme qui partagerait désormais sa vie.
|
