Une vie à 200 km/h

Chapitre 19




Au bout de quelques heures dans les bras l'une de l'autre, on a finit par avoir vraiment faim. Je remis le repas à chauffer et elle m'aida à mettre la table.

"Tu commences à quelle heure demain?" elle me demande.
"10h et toi?"
"Pareil"
"Chouette. Tu restes ici pour dormir alors?" je lui demande déjà tout excitée et attendant qu'elle réponde oui.
"Et tu me prête des vêtements?"
"Il faudrait vraiment que tu ramènes des affaires ici et que moi j'en ramène chez toi"
"Ca semblerait plus logique que une s'installe chez l'autre au lieu de faire une fois chez une et l'autre fois chez l'autre"
"Oui c'est vrai, je vais réfléchir à cette proposition. Ecoute, reste ici ce soir et demain avant de te ramener à l'hôpital, on passe chez toi pour que tu te changes"
"Ok. Ca me va"
"Hum. Merci. J'avais vraiment envie que tu restes ce soir."
"J'avais vraiment envie de rester aussi"

On mange et on passe la soirée devant la télé, dans les bras l'une de l'autre. Je n'ai jamais ressenti tant de choses dans les bras d'une femme. Quand je la tiens contre moi, je sens la chaleur de sa peau, sa douceur, sa respiration. Dès qu'elle me touche, j'ai des frissons dans tout le corps. J'adore balader mes doigts sur sa peau nue. Je sens qu'elle aussi ressent la même chose.

"Ca va mon amour?" elle me demande, consciente que je suis en pleine réflexion.
"Bien sûr que je vais bien"
"A quoi tu penses?"
"A toi, à nous"

Elle se retourne face à moi. Je caresse ses cheveux, son visage.

"Raconte"
"Je pensais à ce que tu avais apporté dans ma vie. Tout le bonheur que je vis avec toi en ce moment. Aux frissons que j'ai quand tu me touches. Je suis vraiment amoureuse de toi, vraiment."
"Je sais ce que tu ressens. Je ressens la même chose. Je n'ai jamais été aussi bien avec quelqu'un. Quand je suis comme ça dans tes bras, c'est comme si plus rien n'existait. Que toi et moi. Je ne veux plus bouger de tes bras, jamais."
"Moi non plus mais j'ai une question. Si tu es si heureuse, pourquoi est-ce que tu te caches?"
"Je ne me cache pas Yul. Juste au travail. Autrement, non. Tu comprends, je suis chef de service, j'ai des gens sous mes ordres, comment tu penses qu'ils peuvent me respecter s'ils savent que je suis lesbienne."
"Lena, plus personne ne pense comme ça. Ce temps là est finit. Regarde-moi, je travaille dans un métier d'hommes avec une équipe de 3 hommes et ils savent très bien que j'aime les femmes. Pourtant j'ai autant ma place dans l'équipe que n'importe lequel d'entre eux."
"Oui je sais, mais… Je n'ai pas le courage. C'est trop tôt"
"Trop tôt? Ca veux dire quoi ça? Que tu n'es pas sûr de tes sentiments?"
"Arrête tes conneries, Yul, je viens de te dire juste avant ce que je ressentais pour toi. Tu es importante pour moi."
"Pas aussi importante que ton travail"
"Non. Ne dit pas ça"

Lena se leva de mes bras, le visage rouge de colère. Je vois bien que j'ai touché un point sensible mais c'est vraiment un problème pour moi, de devoir se cacher. Elle est vexée. Elle part dans ma chambre et claque la porte. Soudain, je me rappelle ce qu'elle m'avait dit sur son ex, le fait qu'elle lui ait demandé de choisir entre son travail et son amour.