"Tu es prête chérie ?" appelle Lena depuis l'entrée de l'appartement.
"J'arrive. Deux secondes"
Je sors de la chambre et la rejoins à la porte.
"Tu es prête pour ta reprise ?" demande-t-elle en arrangeant une mèche de cheveux qui tombait devant mes yeux bleus.
"Oui. J'en ai marre de rester enfermée ici"
"Tu en as aussi marre que je joue les infirmières ?"
"Tu rêves"
Je recommence enfin à travailler. 1 mois et 1 semaine après mon accident. J'ai aimé passé tout ce temps avec elle, à me faire chouchouter mais bouger me manque, mon métier me manque, les gars de l'équipe me manquent.
On sort pour aller vers sa voiture.
"Je viens te chercher à 19h alors ?"
"Oui"
Pour une fois qu'on finit tôt toutes les deux, nous avons prévu un petit restaurant ce soir. Elle me conduit au travail. Elle se gare sur le parking et m'embrasse une dernière fois avant que je sorte.
Quand j'entre dans la caserne, je suis accueillie par des sifflets et des cris. Mes collègues se regroupent autour de moi pour me saluer. Ils sont contents de me revoir. En même temps, ils me chambrent avec ce qu'ils ont pu voir sur le parking.
"Alors, toi et la jolie russe des urgences, ça a bien avancé visiblement" me lance Sati.
"Et oui, je ne perds pas de temps moi" je lui réponds en lui faisant un clin d'œil.
J'entre dans le vestiaire, me change en prenant soin de bien accroché ma chemise pour ne pas la froisser pour ce soir. J'enfile mon uniforme et rejoins mes gars dans la salle de détente.
On parle de tout et de rien, de mes congés, de mon bras, de l'accident, de Lena, de la nouvelle copine de Sati entre deux interventions. Je n'arrête pas de penser à ma belle rousse, à me demander ce qu'elle peut bien faire en ce moment, est-elle en salle d'opération ? A-t-elle sauvé des vies ? A-t-elle perdu des patients ? Est-ce qu'elle pense à moi ?
Un mois à vivre avec elle, j'ai du mal à supporter d'être si loin. Pendant mes congés, elle avait réussi à prendre plusieurs jours des siens pour rester à mes côtés ou elle s'était arrangée pour faire des gardes de nuit pour qu'on soit ensemble en journée.
Et je repense sans cesse à notre discussion de hier soir. Elle veut quelque chose qui me fait peur, mais en même temps, j'en meurs d'envie aussi : un bébé. C'est venu comme ça, par hasard. On regardait un documentaire sur des enfants élevés par des couples recomposés. Il y avait cette petite fille qui vivait avec sa maman qui avait divorcé pour aller avec une femme. En voyant le sourire sur cette petite princesse de 8 ans, on pouvait dire qu'elle était heureuse, pas du tout perturbée, comme le pense la plupart des personnes.
Et en allant se coucher, elle a parlé de cette petite fille et a commencé à me décrire comment ça se passerait si nous avions un enfant nous deux.
Il est exactement 19h quand elle klaxonne devant la caserne. Je sors en courant et la rejoins tout en saluant mes collègues. Je l'embrasse et on file direction le restaurant.
"Ca a été aujourd'hui ?" je lui demande, comme à chaque fois.
Et on part à se raconter notre journée.
Au restaurant, elle commande pour moi et joue la gentlewoman et j'aime ça. Et c'est quand vient l'heure du dessert que je reviens sur notre sujet de discussion.
"Je veux un bébé avec toi" je lui lâche d'un coup, entre deux coups de cuillère dans le gâteau au chocolat que j'ai commandé.
Elle faillit recracher un morceau de sa glace mais elle sourit.
"Vrai ?"
"Oui"
Son grand sourire ne la quitte plus de la soirée, jusqu'à ce qu'on s'endorme nues et épuisées, dans les bras l'une de l'autre.